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mardi 19 avril 2011

Le dit du Corbeau au Kibélé à Paris c'est le mercredi 20 avril

mercredi 20 avril · 20:00 - 23:00


Lieu Le Kibélé, bar restaurant culturel
12 rue de l'Échiquier, 75010 ParisParis, France


Créé par : La Maison Européenne des Imaginaires

En savoir plus Allez rejoindre la communauté des amoureux du Grand Nord pour cet événement unique à Paris ! L’occasion de boire un verre ensemble après le spectacle ! ***
La Maison Européenne des Imaginaires et La Grande Oreilleen partenariat avec Grand Nord Grand Large...présentent :

Le Dit du Corbeau … sur la Dernière BrancheUne création Contes & Musique sur un motif sibérien de Yakoutie
(version pour public adulte)

Le mercredi 20 avril à 20h au KIBELE, bar restaurant culturel
12 rue de l’Echiquier, 75010 Paris (M° Bonne Nouvelle ou Strasbourg Saint-Denis)

Jadis, au coeur d’un rude l’hiver comme il y en a en lointaine Sibérie, le corbeau apporta un allume-feu à une jeune femme solitaire qui allait accoucher et se mourait de froid. La jeune femme put faire un feu, elle se réchauffa et rentra chez elle. L’enfant de cette femme fut désignée comme l’ancêtre des Iakoutes, qui, depuis ce jour, remercient le corbeau en le nourrissant à travers le feu.
Aujourd’hui, quand le corbeau s'installe sur la dernière branche et se met à croasser, c’est pour conter les vastes étendues, les larges plaines et les mystères de sous la terre, les hivers longs, les courses de chevaux sous la vibration des guimbardes. Il raconte le roulement des tambours qui prennent soin des hommes, le chamane, sa naissance, ses sagesses.
Lania
Texte
Cyprien
guimbarde,

chant diphonique, flûte et imitations animales

Nombre de places limité, réservez vite :
06.07.62.93.77 ou info.imaginaires@gmail.comwww.eurimaginaires.canalblog.com
- 8 euros la place, 6 euros les suivantes

Sur place : un stand de la Revue La Grande Oreille pour petits et grands, un stand de vente de guimbardes et de flûtes, objets artisanaux de Sibérie

En partenariat avec :

La Grande Oreille, La Revue des Arts de la Parole : http://www.lagrandeoreille.com/
Grand Nord Grand Large : http://www.gngl.com/Bar Restaurant culturel Le Kibélé : http://www.kibele.fr/

mardi 20 avril 2010

Rire et bisou tout doux du côté de Domloup


Ci-dessus dessous, une magnifique équipe de fabricants de silence.

C'était ce mardi matin 20 avril. Brouillard au départ, soleil à la sortie, vue sur palmier et ronds points fleuris. On dirait le sud, cher Nino. Derrière le portail, les enfants souriants me font signe. Ils semblent heureux. Mon pré vide grouillait de tous les côtés, et rêveurs, ils ont récapitulé avec rires et sourires. Et je ne vous raconte pas tout ce qu'ils ont su y trouver. Une belle petite heure sur le souffle.

vendredi 9 avril 2010

Daniel Lhommond, c'est le Périgord.


Il chante. Il conte. Il emmène. On le suit. On attrape au vol des universels (Les femmes veulent toujours nous changer. Elles changent)Il régale.
Embarquez. De Vénézuela, au Canada en passant par le Mexique, sans oublier le pays, les personnages se succèdent et émeuvent. Sans oublier de rire. Alors, laissez-vous faire et rejoignez-le.

Moi Quercy, lui Périgord. Un point commun ? La chaise rouge. J'adore. C'est encore possible demain , 10 avril, ¨Théâtre du Cercle Paul Bert, rue de Paris.

mardi 15 septembre 2009

Images du jour

1 - Alors que je quitte le métro par l'escalator, un jeune corps svelte vêtu de noir et blanc, le descend. Vif, rapide, léger, il ne saute pas il vole : il est élégant. Il traverse le métro tel un météor, un courant d'air ou le tournage d'une séquence de film ? Un nom s'impose : Rudolf Nourieev, une autre image, celle de Satan dans "Le Maître et Marguerite". Inconcevable. Il y a meilleur. J'ai trouvé, c'est un elfe. C'est l'elfe du Métro.
2 - Sur le trajet de la ligne de bus, je remarque devant un établissement médical, interdisant l'entrée à celui-ci, plantée incongrûment devant la porte de l'établissement, une femme d'unn âge et d'une corpulence respectables. Elle lit son journal tranquillement assise sur son déambulateur indifférente à l'activité extérieure. Rien, véritablement rien, ne semblerait pouvoir la divertir.
3 - Quatre jeunes Lycéennes se montrent inquiètes à propos de l'info qui court : "Il n'était pas malade, tu te rends compte, il est mort ! Tu as du produit toi ? Non, mais je vais en acheter !!! Tu vas te faire vacciner toi ? J'avoue que je n'en sais rien. Peut-être pas facile de se concentrer vu le foin qu'on en fait. Soit c'est grave, soit ça ne l'est pas. Qui peut dire, qui peut savoir, qui dira ?
Petite réflexion naïve : il y a peu d'années, quelqu'un demandait un prêt à la CAF. Pour l'aider à acheter un ordinateur pour son enfant. L'agent lui répondit que c'était impossible en précisant : "un frigo, une voiture, un matelas oui, un ordinateur... non !" Pourquoi ? "C'est un objet dont on peut se passer !" Que répondrait-il aujourd'hui aux parents d'enfants sans ordi ? Il y en a encore tout de même quelques uns.

jeudi 27 août 2009

Un instant, des Zozos.... Pour Mademoiselle au Pull Joliment Thé-hier du bus n° 18

Intuition : sera-t-il question de nez rouge ? Les moineaux prennent place.
Ils découvrent une belle entrée
un beau sourire
et un nez, couleur bleu casqué !

"Oh ! ça existe ? C'est vrai Papa, regarde ! J'y crois pas !!!!"
" J'te dis qu'ça existe Petite, c'est même mon meilleur copain ! Na !"
Ou la là, pas commode Nez Rouge.
I sait plus où il est l'Nez Rouge ! Au secours. "Tu peux m'aider ? J'ai un plan de la Voie Lactée"
Faut suivre le papillon rouge ? T'es sûr ? (J'suis sûr !) Merci, j'y vais.
Pendant qu'elle y va... servons-nous un p'tit thé à la menthe !
Salut Nez Rouge..., quoi, que dis-tu .... une forêt de sapins blancs.... magnifique, excellent, fabuleux, ramènes-en un
Que se passe-t-il entre Nez Bleu et Nez Rouge ?

Tout le monde tend l'oreille

Pas facile à comprendre pour les Grands. ça tombe bien c'était pour les Enfants. : bag moalkjemllkjsouqdflkj baelkjr dkkkoooooooooooooooaaaaaaaaa, borborygmes bonjour, ils zadorent. Tout est bien qui finit bien.

mercredi 21 janvier 2009

Légende de la construction du Pont Valentré à Cahors

Sur le Pont Valentré, que le diable a bâti
Et qu’un ange, depuis a bénit trois fois.

Sul Poun de Balandré, que lou diable a bastit
Et qu’un ange, dempuèy, tres cots a benezit
(Jansemin - Las Papillotos)

Patric DELMAS Felibre Majoral
Cigalo de la Tour Magno

La décision de bâtir un pont qui enjamberait le Lot à l’ouest de la ville de Cahors, fut prise en 1306, par deux membres du conseil de la cité. Deux années après, au son des cloches et devant une foule considérable, on posa la première pierre. L’évêque répandit sa bénédiction et récita tout ce qu’il savait comme prières. Ce ne fut que réjouissance et toasts innombrables. Tout le monde riait, tout le monde chantait. Les farandoles se déployaient dans les rues et le long des remparts. Il faisait nuit que la fête durait encore…

A l’époque, architecture et aisance régnaient d’une manière incontestée, dans la ville fortunée. On y faisait

grand commerce de vins, de laine, et de bois. Banquiers aux doigts crochus

ou changeurs, comme on disait en ce temps là, faisaient merveille. Cahors était à son apogée. La cité rayonnait de toute sa grande influence. Ah ! Le bon temps, l’heureuse ville !


Sous l’influence de son enfant, Jean Duèze qui en 1316 devint le Pape Jean XXII, la situation dura encore quelques temps. Le pontife souverain s’employa à en faire une place de premier plan. Il transforma l’école cathédrale en une véritable Université avec ses quatre facultés et les mêmes privilèges que les Universités de Toulouse et de Paris. Tout allait pour le mieux. C’était une période faste pour tous.

La vie allait son train. Et pour tout dire, après une ardeur sans pause, le vent tourna. La construction du pont commença à traîner en longueur. On aurait dit que jamais, elle ne s’achèverait. Les Quercynois se faisaient même à l’idée de voir le travail abandonné. Quel dépit ! Quelle honte ! Le rire n’était plus de mise. Las, de sortir l’argent de la bourse, les seigneurs criaient à la tromperie.

La colère venait d’une ville mécontente et impatiente

Ce pont est une source d’ennui criaient certains. Et ça va mal tourner… C’est assez supporté et la bonde de la patience finira par péter. C’est l’heure de manier le bâton ! Criaient les plus courroucés.

C’était prévisible ! Mais aussi, on ne prend jamais conseil auprès de nous, les anciens…répliquaient les vieux, en haussant les épaules.

De joyeuse et enjouée qu’elle était, la ville devint moins avenante. Elle semblait endormie dans sa gloire passée. On ne pouvait plus laisser les choses en l’état. L’agitation était toujours à craindre. Aussi, dans la crainte de troubles, on convoqua une assemblée publique. Elle fut très animée. Les notables cherchèrent les moyens de calmer une colère légitime et de dépasser une faiblesse qui ne durait que trop.

Des hommes de pensée et de raison délibérèrent. Ils affirmèrent que la réputation de la ville souffrait. Cependant, ils firent valoir, tout le parti qu’on tirerait de l’achèvement de ce travail. Clefs de l’avenir pour les nouvelles générations. On décida de faire table rase du passé, et de renvoyer aussitôt le maître d’œuvre qui n’était plus l’homme de la situation. A la bonne heure ! La rumeur courait que le pauvre bougre allait tout seul à l’abreuvoir. Un comportement peu apprécié. Désormais, la construction se devait de prendre le pas sur tout. L’intérêt de la ville l’exigeait.

Un matin du mois de janvier, les événements se précipitèrent. Un nouveau maçon se présenta. Il semblait ne pas avoir froid aux yeux et affirma à qui voulait bien l’entendre, ne pas tenir à la commande. Il se dit à la hauteur, pour venir à bout d’un travail qui faisait parler et déparler les gens. Sa manière avenante et franche plut. Il ne semblait pas né de la dernière pluie. Du coup, les consuls pensèrent que ce dernier avait un passé riche d’expérience pour donner confiance. Ils lui laissèrent carte blanche. Mais en lui faisant comprendre toutefois, qu’il se devait d’achever, coûte que coûte, avant les prochaines vendanges.

Oeuvrez comme bon vous semble
Mais en cas de manquements attention !
Ce ne sont pas des paroles en l’air.
Le maçon accepta. Il confirma qu’avec lui, l’affaire trouverait enfin une conclusion heureuse. En temps et en heure.

Ce qui est promis sera tenu fit
-il un peu orgueilleux, en se tournant vers les autorités qui l’entouraient.

Vous n’avez pas besoin de vous inquiéter.
Il en sera comme vous l’entendez.
Au risque d’y perdre la vie.

Les notables établirent et portèrent aussitôt par écrit, les conditions de cet accord. Pour finaliser le marché, les protagonistes se frappèrent dans les mains avec solennité

Bientôt, bourgeois et marchands, tout le gratin de la contrée, en grande tenue, vinrent le saluer et lui porter leurs vœux de réussite. L’espoir renaissait. Mais, le temps était compté et il restait encore beaucoup à faire !

Le nouveau maître ne se perdit pas en atermoiement. Il n’était pas homme à brasser du vent. En un rien de temps, il distingua les priorités, se mit à l’œuvre avec l’ardeur que vous devinez et une volonté farouche de changer le fond des choses. Aussitôt, il fit preuve de grandes capacités et d’un sens aigu des réalités. Par la seule parole, il avait la manière pour commander les gens et les faire courir à son rythme. Il ne se laissait point détourner de son chemin et aucune difficulté ne semblait en mesure de diminuer sa foi. Il remuait ciel et terre et motivait sans cesse un échantillon d’ouvriers choisis qui convoyaient des blocs de pierres. Il allait de l’un à l’autre, maniant la règle et la truelle, grimpant d’un échafaudage à l’autre.

Tout allait pour le mieux et se déroulait comme prévu. Maçons, charpentiers, terrassiers, unis comme des frères, chacun de son côté, accomplissaient un travail irréprochable. Sans s’économiser. Les fondations assurées, les piliers montaient et les voûtes s’élevaient. Bientôt, c’était sur, à l’automne prochain, le Pont Valentré serait maître de l’horizon. Il provoquerait l’admiration de tous.

Avec cette réalisation, la vie du maître maçon prendrait un virage. Un vent de gloire soufflerait pour lui. Il goûterait enfin aux promesses de la vie en la marquant de son empreinte. Finie l’existence étriquée, menée jusqu’à ce jour… Rassurés, les consuls eux, soupiraient profondément, pas mécontents de voir un tel changement. Pour la première fois depuis fort longtemps, la ville retrouvait bonheur et activité.

Ce fut un matin du mois de mars, que quelque chose commença à se détraquer dans la tranquille existence du chantier. Vint un mauvais passage, où tout alla de travers. Un matin, un jeune manœuvre pris d’un étourdissement, glissa tête bêche de la hauteur d’un échafaudage. Il vint se briser le crâne, devant l’équipe épouvantée. Cette disparition provoqua un grand remue ménage. Un malheur ne venant jamais seul, à la même période, la pluie tomba, sans discontinuer, six jours durant. La rivière en crue, charriait des eaux rouges, couleur de sang. Elle emporta chaussées et barrages, semant terreur et désolation sur son passage. Il n’en fallait pas plus, pour arracher la ville à sa sérénité et éveiller la méfiance. Le long des rives du Lot, désormais, on chuchotait. Des rumeurs se répandaient. Le soir, à voix basses, on parlait de sorcellerie, d’influences maléfiques ou du mauvais œil… On envoya même en procession, les hommes d’église, pour déposséder le lieu qui semblait maudit.

Le temps passait : Les jours et les semaines. Il fallait se rendre à l’évidence : le chantier traînait en longueur. Transformé qu’il était en un incroyable cauchemar. Craintifs et découragés, la plupart des ouvriers étaient sur le point de virer la veste. La discipline se devait d’être maintenue et le maître maçon essayait bien de mettre tout le monde au pli. Peine perdue ! Il semblait bien seul désormais, pour faire front. Comment cacher l’affreuse réalité ? Ce pont décidemment semblait ployer sous le poids de la fatalité. Dompté par le mauvais sort, il n’en finissait pas de répandre secrets et mystères…

Les relations, comme vous pouvez l’imaginer, étaient à l’orage. Cela mena la colère des consuls qui poussaient par l’impatience, haussèrent le ton et lui parlèrent du pays. C’était compréhensible.

On n’avait pas besoin de ça…
Ce fanfaron nous aura vendu du vent.
Vous ne voyez pas le chemin emprunté ?
Avec lui, les choses n’ont pas évolué dans le bon sens et on n’a rien gagné à changer !
Brama un dégourdi.
Puis d’ajouter le regard noir et les bras au ciel :
"Nous lui ferons voir que nous ne sommes pas de l’espèce des plaisantins. Ce n’est pas de la moelle de sureau que le sang des Quercynois . Il rassemblera vite ses affaires celui là aussi…"

Les protestations fusaient de partout. Le feu couvait et le maître maçon dansait sur la braise. Comme on exigea de lui une explication, il baissa la tête pour se donner bonne contenance et choisit de plaider patience. Mais la vérité, limpide, sautait aux yeux. Quelque chose au fond de lui, lui disait que cette folle promesse serait bien difficile à honorer. Et maintenant, le pauvre, il se voyait boire le calice des humiliations. Il ne pouvait plus faire machine arrière ou se dédire. Comment trouver une porte de sortie honorable ?

Passaient les jours et les semaines. Nous étions le 21 août. Les vendanges approchaient. Aux dires de certains, elles seraient hâtives. Bientôt, on en proclamerait le ban. De l’autre côté de la rivière, sur les collines voisines, le raisin mûrissait. Il se gonflait sous l’ardeur du soleil cuisant. Toute la ville était en effervescence. A chaque coin de rues, tonneliers, cercleurs, apprêtaient la futaille et les cuves disjointes. Haut la mailloche et les doloires ! Les vignerons en arrangeant paniers et entonnoirs criaient à plein gosier dans la langue du terroir :

Le vin Quercynois est un vin de vaillance
Généreux et fort comme la terre et la soleillée
Guérissant l’âme et le corps de toute meurtrissure


Même en se hâtant plus que de raison, la partie semblait perdue. Le maître maçon ne pouvait plus faire face. De toute évidence, le marché ne serait pas respecté. Il secouait la tête. Le regard perdu. Honte et remords s’emparaient de lui. Le visage malingre et l’œil fiévreux, des idées sombres dans la tête. Miné, il se laissait peu à peu gagner par un profond désespoir. Non pas qu’il ait peur de la mort mais, en homme de devoir qu’il était, il sentait meurtri aujourd’hui, dans sa fierté de mâle et son orgueil Et ce manquement lui pesait.

Englué dans le doute, quelque chose se devait de basculer. Notre homme n’y tenait plus. Il en était là, à produire des idées noires, de toutes sortes. A la longue, la lumière vint. Une idée curieuse, germa dans la tête du maître maçon.

Un soir, en secret, il prit sur lui, d’aller consulter une sorcière. Certes, il ne le fît pas sans hésiter. Mais, il n’avait plus le choix. On mettait sur le compte de cette vieille sorcière, une multitude de choses qui passaient l’entendement et vous faisaient dresser les poils. Bien souvent, elle jouait de son pouvoir surnaturel. C’était là, peut être, la garantie de trouver réponse a son problème. Encouragé par l’obscurité, en cachette, il quitta la maison. Le cœur serré et l’âme souffrante, dans le grand silence de la nuit, il se dirigea vers le village voisin. Quelques chiens aboyèrent, mais personne n’ouvrit ni portes ni fenêtres. Il passait incognito et sans bruit.

Au bout de deux heures d’un parcours malaisé, il pénétra dans la maison de la sorcière. Une demeure creusée dans la roche, recouverte de buissons et de lierres qui en disloquaient les murs. Il était dans ses petits souliers. Pour peu, on lui aurait fermé le derrière avec un pois chiche. Il restait immobile, sans oser bouger. Une fois encore, un temps d’épreuve se présentait à lui. La ronde et les cris des chauves souris excitées, lui laissaient imaginer que sa dernière heure était venue. Il se recommanda aux Saints du Paradis. Mécréants ou dévots, il en est de même pour tous, quand la peur vous saisit. La faible flamme d’une chandelle lui procurait un peu de lumière. Les secondes passaient longues… Tout d’un coup, la sorcière se trouva face à lui. Courbée de vieillesse, toute de noir vêtue, elle traînait une jambe blessée en s’appuyant sur un bâton. Son œil crevé, défigurait un visage ridé et affreux qui aurait effrayé le cœur le plus endurci.

Homme, je sais ce qui te mène ici. Ainsi que l’angoisse et les pensées qui te taraudent, aujourd’hui. Mon œil avisé ne peut pas être trompé… dit elle.

Puis en fouillant dans l’obscurité, elle saisit sa baguette et un livre de sorcellerie dont les feuilles étaient à moitié rongées par les rats. Elle l’examina peu de temps, et prononça des paroles incantatoires. Elle fit une grimace et affirma d’une voix fêlée :

Je n’ai pas la possibilité de te sortir de l’embarras. Le Diable, lui seul, en est capable. Cependant, s’il te donne un coup de main, tu devras te plier à ses volontés. A toutes ses volontés… Sans quoi, tu ne goûteras pas le vin nouveau…

Un long ricanement suivit ces paroles et la sorcière disparut. Notre homme resta là, un instant, dans ses pensées. Il n’arrivait pas à distinguer ce qu’il venait de vivre et ce qui l’attendait réellement. L’idée de faire appel au Diable, ne lui plaisait qu’à moitié. C’est sur, l’affaire était risquée. Mais en se raisonnant, il pensa qu’il ne pouvait pas laisser s’éteindre, la dernière lueur d’espoir qui lui restait. Il fallait en passer par là.

L’échéance approchait à grands pas. Il s’agissait de précipiter les choses. L’attente ne fut pas de longue durée. Les esprits maléfiques, tout le monde le sait, ont des oreilles qui traînent partout… Le lendemain, à la tombée du jour, par un mystérieux hasard, alors qu’il promenait sa peine seul, le long des rives, se leva un vent qui le fit tressaillir. Puis, une sorte d’éclair descendit du ciel et, le tonnerre gronda. Le maître maçon, le souffle coupé, en fut comme assommé, ne sachant plus où il était. Il sentit autour de lui comme une étrange présence. Dans un tourbillon d’eau trouble, tout d’un coup, il vit apparaître, une bête dotée de cornes qui ressemblait fort au diable avec sa queue en forme de trident et sa grande fourche à trois dents de fer.

Passée la première émotion, le maître maçon s’ouvrit franchement. L’heure des confidences était venue. Le Diable qui depuis longtemps, devinait ses intentions, riait déjà sous cape… Et sans plus attendre, il y alla de sa proposition. Il marchanda l’âme du maître maçon en échange de l’achèvement du pont !

Surpris par ce qu’il venait d’entendre, le pauvre malheureux, serra les mâchoires. Il savait parfaitement, qu’il ne pourrait point échapper à ce marché. C’était là, le prix à payer. Aussi, fallait il consentir au bon vouloir du Diable où le pari serait perdu… Il ne restait plus qu’une semaine avant le début des vendanges. Le jour tant craint viendrait bientôt.

Va pour ça. L’affaire est entendue dit le maître maçon qui ne se considérait pas encore perdu.

Mais, tu le sais bien, au jour d’aujourd’hui, personne ne donne rien pour rien… Aussi, en échange, aussitôt le pont achevé, tu devras accomplir une dernière chose pour moi. En cas d’échec notre pacte sera rompu et nous serons quittes…

Le Diable, pris à l’improviste, resta un instant interloqué. Le sifflet coupé, il avala sa salive.

Puis, il ronchonna quelques propos entre les dents. Mais, habitué qu’il était à ne jamais céder, devant rien, il précisa : J’achèverai avant la fin de la semaine. Le travail n’est rien pour celui qui sait le prendre !

Et sur ce, son rire se perdit dans la nuit.

Cela paraissait à peine croyable, mais le lendemain quand le soleil se leva, les gens s’aperçurent d’un changement profond et radical. Ils n’en revenaient pas. A côté du maître maçon, un inconnu dirigeait la manœuvre à la hâte et d’une manière magistrale. Excité au travail, il se surpassait véritablement. Se dépêchant de brandir la truelle et de courir partout. De ci delà, en haut en bas, devant derrière. Ce qui jusqu’alors, n’était que travail pénible et peine, était accompli en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Ouvriers et badauds croyaient rêver. Ils débordaient de joie. Imaginez un peu, si les gens jasaient … Le pont, presque achevé se détachait dans le ciel. Il s’agissait maintenant de couvrir de lauses, les trois tours et de paver le chemin d’accès. Une bagatelle, pas plus…

Aussi, le soir, le Diable on ne peut plus content, arriva. Il se frotta les mains et chantait déjà victoire.

Tout compte fait, je m’en suis bien sorti fit il un peu fier. Demain, comme prévu l’affaire s’achèvera à mon avantage…

Mais le maître maçon malin le coupa sans ménagement : Pas si vite ! Tu n’es pas encore au bout du chemin. Tu vois, là haut, cet ouvrier perché, en train de pétrir de la terre glaise dans un baquet. A charge pour toi de lui fournir l’eau dont il a besoin.

Et les yeux brillants de malice, il lui tendit un crible pour assurer le transport… Et maintenant pensa t’il : « A toi de jouer ! »

Le Diable se saisit de l’outil grillagé et cessa de rire. Enragé, il descendit au bord de la rivière. Il trempa le crible dans l’eau et se précipita dare-dare, vers la tour. Dégoulinant de sueur, il allait de l’un à l’autre mais, toute l’eau passait à travers la toile de fer, avant qu’il n’arrive au sommet… Il me se rebuta point et recommença à plusieurs reprises. En vain. Les jurons n’y firent rien ! Tenu de reconnaître sa défaite, il abandonna au milieu des rires et des railleries. Il plongea dans le Lot en répandant une kyrielle de jurons.

Le soir, alors que le maître maçon, l’âme en paix, se laissait aller à la contemplation du chantier, il constata la disparition d’une pierre d’angle de la tour centrale. Il la découvrit qui traînait au pied de l’édifice. Il l’examina et chose étrange qui lui donna chair de poule, il distingua, cinq coups de griffes dessus. Aussitôt, il pensa que le Diable griffu, n’en avait pas encore fini avec son œuvre malfaisante. Le moment était venu d’y mettre définitivement le holà.

Aussitôt dit, aussitôt fait. En lieu et place, de la dite pierre, il en fit placer une autre, mais rapportée celle-ci, de Terre Sainte, par un croisé. Puis, le maître maçon, lui-même, marmonna des prières de sorcellerie. Ainsi, pensa t-il la pierre ne pourrait point échapper à la protection du Bon Dieu… La veille de l’inauguration, le diable, au crépuscule, grimpa en cachette jusqu’à la tour centrale. Il tendit la main, pour arracher une nouvelle fois l’objet, sans ménagement. Mais quand il fut pour la retirer, voici qu’il resta figé. Il se remua, se démena et se tordit dans tous les sens, des heures durant. En vain.

Le lendemain, quand le coq poussa son cri, le Pont Valentré se dressait magnifique.


Les comptes réglés, le maître maçon se signa et pleura de joie et de soulagement. L’histoire n’a pas gardé mémoire de son nom. C’est le Diable au contraire qui a laissé son empreimte et elle hante l’esprit des Quercynois. Vous n’avez qu’à lever les yeux vers la tour centrale, vous le verrez pétrifié dans la pierre. Pour toujours…



Merci à Patric DELMAS
Felibre Majoral
Cigalo de la Tour Magno
site Quercy
(je me demande si je n'avais pas des cousins et très exactement du côté de Cazes Monsdenard : un genre de type, de sorte, de secret encore)

mardi 20 janvier 2009

Une exposition photos de Franck HAMEL, rennais et webmestre de ce site

Vernissage ce jour, mardi 20 janvier à l'E.P.I. des Longchamps à Rennes
et pour vous qui ne pouvez vous déplacer, reste la visite du site de Franck Hamel, ami de longue date, du tout début des fous rires, des mots, du conte, et de l'aventure de la construction de la Yole de Maurepas. Des souvenirs bien sympathiques.

http://www.franckhamel.com/ un long grand être discret et respectueux, au regard toujours à l'affût. Belle visite à vous sur son site.

dimanche 14 septembre 2008

J'ai un faible pour le blog de la Luciole



Toujours dans l'intuition, je vous invite à reporter le lien qui suit dans Google envoyer http://khassiopee.over-blog.com/article-12421960.html
et vous retrouverez cette bastide dont j'aime vous parler à propos d'un pain me dit-on universel (ah bon ?.... Mais oui, celui de notre enfance, me répond-on. Ah nostalgie.) Et en plus on y écrit. Va falloir que j'y retourne et concrétise.

lundi 28 juillet 2008

http://www.lauzerte.fr/


Je me suis surprise récemment à dire "Qu'elle est belle ma place de la Mairie à Rennes". Ce possessif s'est imposé avec tranquillité. Il n'empêche que je garderai toujours un souvenir affectueux pour ma vieille place aux Cornières de Lauzerte. En ce temps-là et en son centre, elle hébergeait une haute halle -j'étais enfant- sous laquelle se déroulait entre autre le marché et aussi le bal du mois d'août au cours de la Fête dite de la Ville, donnée à l'occasion de la célébration de la Saint Barthélémy, foire aux bestiaux et aux chiens comprise. Mes parents avaient un couple voisin et forain -Monsieur et Madame Dausse que j'aimais beaucoup : avec d'autres enfants, dans leur petite salle de vie, je, comment dire, m'exercais parfois d'un savant glissé-pouce-index-main droite, à ouvrir des sachets de célophane bien luisants et argentés et même chantants, pour y introduire des cacahouètes, des bonbons divers ou des chouchoux -à manger ces derniers et non pas à mettre dans les cheveux- Il me revient aussi que sous la halle on collait, sur de belles longueurs de fil, des triangles de couleurs destinés à être suspendus d'une maison à l'autre pour égayer les rues à la même occasion : des guirlandes. Et que c'est aussi à l'occasion de cette fête que cerises ou pruneaux à l'eau de vie goûté(e)s, j'adore encore. Bien sûr je rêve toujours du double petit pain chaud et sucré de Monsieur Camille Larroque. Et à ce propos il me semble que je ne tarderai pas à évoquer les macarons de Pierrot (BONNET) dont le magasin faisait face à la Barbacane avec vue sur Molière -il me plaisait de croire que ce petit village était le lieu de naissance du célèbre auteur- sa fameuse et fine croustade d'or livrée de nuit dans la maison de mes parents et les over-doses de ses choux à la chantilly commises par mon père qui en raffolait : son dernier score ? Faudra que je l'interroge la prochaine fois que je le joindrai. Nous avons beau être voisin il n'en aurait guère plaisir. Dommage. De quoi envisager et d'autant plus une prochaine fournée de contes sucrés à laquelle je l'inviterai. Lui qui a pris cette si tendre photo jointe, qu'elle me permet de devenir de jour en jour spécialiste de la paresse ma plus souple et heureuse légitimité. Je suis née de la paresse, de la flânerie, du vagabondage, de la rêverie, et c'est à Lauzerte que j'y ai pris goût : à travers ses petits chemins ombrés qui nous menaient à La Vigne, à Vignals, en passant par le pont de Paillasse, en-dessous de Beaucaire, ou encore au Moulins de Tauran. Comment ne pas être gagné par la paresse à la seule vue dans ses rues de ses étroites zones d'ombre coupées au cutter par un soleil torride. Des siestes obligatoires derrière les volets à persiennes j'ai gardé ce goût pour l'identification de tous les sons qui nous parvenaient. J'ai d'ailleurs aujourd'hui à l'oreille -mais il ne faut pas le répéter- ces portes qui s'ouvraient aussi silencieusement que possibles mais pas suffisamment cependant et le bruit particulier du glougloutis d'un arrosage interdi pour cause de sécheresse. C'était quand déjà : deux, deux mille.... Chut, je n'en dirai pas plus. Bel été à tous sur les chemins de Compostelle surtout si vous vous arrêtez à Lauzerte et que vous laissiez résonner rue de la Gendarmerie le cri de votre bâton : je l'entend de Rennes où je vis : il "monte". Je l'écoute au momment où il "silence" alors que vous commentez telle fenêtre à ogive ou telle autre ou que vous envisagez la possible rudesse hivernale. Dans l'obscurité de la vieille cuisine seulement traversée par un puissant rai de soleil, je l'écoute reprendre sa bonne route et quitter l'actuel Lauzerte, qui à force de ressembler au moyennageux m'est tellement inconnu qu'à redécouvrir.

mercredi 18 juin 2008

Coup de foudre Carla Bruni chanteuse in Sol en cirque

Je ne peux m'empêcher de le conseiller aux mamans des petits rennais et pourquoi pas à leurs maris ou amis en leur compagnie (Pôle Jeunesse rez de chaussée cubes CD face au comptoir d'accueil N0 710 A.SOL, livret compris) : c'est un conte, tout ce que j'aime ; musical, un must ; il y a Baguian, (j'adore) et Daniel Auteuil (que j'apprécie : il est le narrateur) Francis Cabrel et Henri Dès, Catherine Lara et Maxime Le Forestier, Claude Nougaro et Alain Souchon, Anne Sylvestre, Laurent Voulzy et Zazie, presqu'une poésie supplémentaire rien qu'à l'énumération de leurs seuls noms. Puis il y a les autres que je découvre, dont Carla Bruni La Taupe modèle (rigolote ou sérieuse ? Ce n'est jamais la réponse qui est intéressante mais la question). Bref, pour revenir au conte, sachez-le
Eléphant est big malade... On ne sait pas ce qu'il a Mais ça va pas Il a plus la banane
L'affaire est sérieuse, appel sur radio, il faut trouver la pierre molle...
Pour le reste prenez les grands moyens faites un tour aux Champs Libres Pôle Jeunesse (ou d'autres bibliothèques et Médiathèques) Ou offrez-le. Rappel du titre
SOL EN CIRQUE

samedi 24 mai 2008

A toutazard : un p'tit coup d'foudre pour les enfants

J'en suis sûre, c'était aujourd'hui sur la Une, non pas la Lune comme un point sur un i, mais un dessin animé musical. Je m'explique : j'aime les mots, tous les mots et ceux de la musique : scherzo, andante, andantino, passacaille, pause, soupir... mmmmmmmm ils m'inspirent. Et j'ai trouvé sympathique, cette idée de reprendre un conte anglais que j'aime, "Jack and the beanstalk", d'y associer Beethoven, et sa cinquième, tan tant tan TAN et d'y remarquer une oie d'or, en lieu et place de poule ! Bizarre, quoique, car, qui peut assurer que, parce que c'est écrit, c'était une poule... ? Je plaisante bien sûr. A découvrir cette reprise, -je n'apprécie guère tout ce qui oblige les enfants à entrer dans un apprentissage forcé au lieu de le plonger dans le désir d'y parvenir-j'étais conquise.
Je voulais vous le faire savoir.
Bon, c'était pour les pitchous, -impossible de lire le nom, mes yeux n'étaient pas à leur place- ce samedi sur l'Une, qui plus est Walt Disney, (enfin les initiales W D : no doubt but why not !) Et puis té, comme dirait François : nul n'est parfait.... (C'est vrai ça) J'ajouterai ce petit mot : indulgence, il rime avec enfance..
Fin de semaine pluvieuse, fin de semaine joyeuse !
J'en termine avec une devinette chantée (ou presque) :
Tan tan tan tan tatantan tan tan tan ta tan tatan (qui trouvera ?)

lundi 19 mai 2008

Maison-Russie, un site que je ne connaissais pas

http://www.maison-russie.fr/index.php?option=com_alphacontent&section=9&cat=24&task=view&id=543&Itemid=31
Faut-il vous amuser par un conte ? J'en* connais un d'étonnant, tout plein de merveilles et de miracles....
Sac-à-Malices
De serviteur plus malin que Sac-à-malices, vous n'en trouverez pas! Quand il s'attaque à quelquechose, rien ne lui résiste! Sac-à-malices s'embaucha comme valet de ferme, mais l'année était mauvaise:le blé ne poussait pas, les légumes non plus. Son patron qui ne savait comment joindre les deux bouts, était fort en peine.-"Holà, patron, ne te fais pas de souci! lui dit Sac-à-malices, de l'argent, je vais en trouver!"Et Sac-à-malices gagna la digue du moulin."- Avec un peu de chance,pensait-il, je vais attraper du poisson. Je le vendrai, cela fera toujours de l'argent! Tiens, tiens, mais je n'ai pas de fil pour ma ligne....Attends, je vais en trouver!" Il demanda au meunier une poignée de chanvre et commença à se fabriquer une ligne.
Tout à coup, un gamin vêtu de noir et coiffé de rouge émergea:
"-Que fais -tu ici, brave homme?-Tu vois, je fabrique une ligne.-Pour quoi faire?-Pour nettoyer l'étang et vous tirer hors de l'eau, diables maudits!-Arrête! Attends que j'aille prévenir mon grand pére"
Le diable plongea et Sac-à-malices se remit au travail."-Attendez un peu, songeait-il, maudite vengeance, je vais vous jouer un de ces tours, que vous allez m'en apporter de l'or et de l'argent!"
Et Sac-à-malices se mit à creuser une fosse au-dessus de laquelle il disposa une chapka trouée.
"-Sac-à-malices! Grand-père dit que je marchande avec toi! Que veux-tu pour ne pas nous tirer hors de l'eau?-Cette chapka, tu la vois?Bon eh bien remplissez-la d'or et d'argent!
Le diablotin plongea, ressortit:" Grand-père dit que je me batte d'abord avec toi!-Parce que tu veux te battre avec moi, blanc-bec! Mais tu n'es même pas capable de te battre avec mon petit frére Michka! -Et où il est, ton petit frére Michka?- Là-bas, contre le talus, regarde, il se repose sous un buisson.-Mais il faut le prévenir, comment faire?-Tu n'as qu'à t'approcher et le frapper sur le flanc, il sera vite levé!"
Le diablotin s'approcha de l'ours et lui donna un coup de gourdin. Michka se redressa et se mit à serrer le diablotin à lui faire craquer tous les os. Le malheureux eut du mal à échapper, et il retourna chez le vieux de l'onde.
"-Tu sais grand-père, annonça-t-il tout tremblant, Sac-à-malices a un jeune frére, Michka, qui a voulu se battre avec moi, et il m'a fait craquer les os! Qu'est-ce qu'il me serait arrivé si j'avais eu affaire à Sac-à-malices lui-même?-Hum, bon, eh bien, essaie donc de faire la course avec lui!"
Et le gamin au bonnet rouge remonta à la surface. Il transmit l'ordre du grand-pére à Sac-à-malices, qui répondit:
"-Parce que tu te figures l'emporter sur moi à la course! Mais même mon petit frére Levraut te laissera loin derrière lui!-Et où il est, ton petit frére Leuvraut?- Làs-bas, dans l'herbe, il se repose. Approche-toi de lui, saisis-le par l'oreille et il ne refusera pas de courir avec toi!"
Le diablotin s'approche du lièvre, lui touche l'oreille. L'autre bondit et détale. Le diablotin veut le suivre.
"-Attends, attends, Levraut, partons ensemble!...Il n'écoute rien!"
"-Eh bien, grand-pére, s'en fut-il raconter au vieux de l'onde, j'ai voulu me mettre à courir. Mais à quoi bon? Il ne m'a même pas laissé le rejoindre et, encore, ce n'était pas Sac-à-malices lui-même, mais seulement son petit frère!- Hum! marmonna le vieux en fronçant les sourcils, remonte, et voyez qui, de Sac-à-malices et de toi, sifflerez le plus fort."
"- Holà, Sac-à-malices! Grand-pére a dit que nous sifflions pour voir de nous deux sifflerait le plus fort!-Bon commence!"
Le diablotin se mit à siffler d'une voix tellement forte que Sac-à-malices eut du mal à rester debout et que les feuilles des arbres tombèrent.
"-Tu siffles bien, reconnut Sac-à-malices, mais pas aussi bien que moi! Si je m'y mets, tu ne pourras pas rester debout et tes oreilles ne le supporteront pas....Couche-toi face contre terre et bouche-toi les oreilles!"
Ainsi fit le diablotin. Sac-à-malices prit son gourdin et lui asséna coup sur coup, tout en sifflant à tue-tête.
"-Aïe, aïe, grand-pére! Sac-à-malices a sifflé si fort que j'en ai vu trente-six chandelles! Et quand je me suis relevé, mes reins et mon dos m'ont fait si mal que je crois bien que je suis cassé de partout!-Oh, oh, C'est donc que tu n'es pas bien fort, diablotin! Mais va donc dans les roseaux prendre ma canne de fer et essayez de voir lequel de vous deux la lancera le plus haut en l'air!"
Le diablotin prit la canne, la mit sur son épaule et rejoingnit Sac-à-malices.
"-Eh bien, Sac-à-malices, grand-pére a donné l'ordre de faire encore un essai pour voir lequel de nous deux lancerait cette canne le plus haut en l'air.-Bon, eh bien, vas-y, je regarde!"
Le diablotin jeta la canne en l'air, haut, haut, jusqu'à ce qu'elle ne fasse plus qu'un tout petit point noir. Il fallut attendre longtemps avant qu'elle ne retombe. Quand Sac-à-malices voulut la soulever,elle était lourde! Alors il la planta, s'appuya dessus, et se mit à fixer attentivement le ciel.
"-Eh bien, qu'est-ce que tu attends?, demanda le diablotin.-J'attends que ce gros nuage là-bas,sois au-dessus de nos têtes pour envoyer ta canne. Car, là-haut vois-tu, se trouve mon frére le forgeron et il a besoin de fer!- Non, non, Sac-à-malices, ne fais pas cela, grand-pére va se mettre en colére!" Le diablotin lui arracha la canne des mains et replongea.
Lorsque le grand-pére sut que Sac-à malice avait voulu faire disparâitre sa canne dans les nuages, il prit peur pour de bon et il ordonna que la rançon en argent lui soit versée. Le diablotin se mit à transporter l'argent, encore et encore, sans arriver à remplir la chapka.
"-Vrai, grand-pére, Sac-à-malices a une chapka merveilleuse. On a beau la remplir, elle est toujours vide! Et il ne reste plus que ton dernier coffre!-Cela ne fait rien, dépêche-toi! Est-ce qu'il fabrique toujours sa ligne?-Toujours grand-pére!- Alors, vite, vite!"
Et le diablotin tira hors de l'eau le coffre précieux du grand-pére, il se mit à en déverser le contenu dans la chapka de Sac-à-malices, enfin il parvint à la remplir.
Depuis ce temps-là, Sac-à-malices vit comme un prince. Il m'a invité à boire du miel et de la bière, mais je n'y suis pas allé:on dit que chez lui le miel est amer et la bière trouble.

POURQUOI, à VOTRE AVIS ?

* Ce n'est pas moi-même (Lania) peut-être Natacha RIMASSON

mercredi 26 mars 2008

Pierre Gripari ?.... pourquoi pas ? http://www.gripari.net/r_gp.php

GRIS PAS PLEURE ET GRIPARI de JEAN GUENOT

http://www.gripari.net/r_gp.php

Jean Guenot imagine un dialogue entre le président de l'Entraide des Travailleurs Intellectuels et sa secrétaire… Et c'est un portrait plein d'humour de Pierre Gripari qui apparaît mettant en évidence l'originalité de l'homme et de son œuvre…


" Secrétaire
Vous êtes sûr ?
Ah oui. C'est rudement curieux.
Il est vraiment écrivain, Monsieur Pierre ?
Président
Oui. Passionnément.
Secrétaire
Il a commencé par hasard ?
Président
Non. Il a décidé de ne rien faire d'autre en 1957.
Secrétaire
Comme on entre dans les ordres ?
Président
Par sacerdoce.
Secrétaire
C'est pour ça qu'il ressemble à un aumônier militaire ?
Président
Vous le voyez souvent ?
Secrétaire
Tous les jours. A la cantine.
Président
Il déjeune ici ?
Secrétaire
Oui. Chacun apporte quelque chose, le pain, la viande, les légumes, le vin, le fromage. Lui, Monsieur Pierre, c'est la vaisselle.
Président
Il apporte des assiettes en papier ?
Secrétaire
Non. Il lave la vaisselle. Il fait ça très bien. Avec beaucoup d'entrain. Je crois qu'il vient ici pour le plaisir de laver la vaisselle.
Président
Peut-être qu'il n'a pas d'argent et qu'il aime bien faire au moins un repas par jour.
Secrétaire
En tous cas, la vaisselle, il la lave, il la rince. Après, c'est nickel. Tellement propre qu'on mangerait dedans.
Président
Quand il écrit, c'est la même chose. Après, on peut lire. "


70 pages au format 14x19 - 80 F - En vente aux Éditions Guenot, BP 101 - 92216 Saint Cloud
Édition de luxe à tirage limité, sur vergé de chiffon, en vente à l'association des Amis de Pierre Gripari

vendredi 7 mars 2008

Allez-y, voici l'adresse : http://fcbonfil.blogspot.com/

A la nuit
une fourmi
entendit du bruit
dans le grenier du clocher
Elle y grimpa
Déconfite
les mains sur les hanches
elle s'excusa
"Lune, pardonne-moi
J'avais oublié
Mon rendez-vous avec Toi
et elle lui sauta dans les bras"

C'est depuis ce jour, que certains disent,
que sur la lune il y a une petite souris
... il était une fois
où il n'était pas : allez savoir.

Illustration possible à cette adresse http://fcbonfil.blogspot.com/

lundi 18 février 2008

Une conteuse à Toulouse A la MJC Pont des Demoiselles



pour rendre visite à ce joli visage mutin, une conteuse qu'elle ne connaît pas. Contes en pyjama : j'ai moi-même emmené ma chemise de nuit et mes chaussons d'argent. L'heure est à la tisane : 19 h. J'arrive en avance : elle installe son décor en compagnie de quelques animateurs du lieu -deux sont du Mans : y a plus de rennais, ya plus de toulousains.... je plaisante, sourire- Je me présente et en deux temps trois mouvements j'apprends que les Sybilles -Sybille est son prénom- sont des oracles : autant pour moi. L'un de mes personnages s'appelle ainsi mais je ne connaissais pas la référence. Ce qui me plaît, ce sont les deux rouleaux de prés verts étendus sur le sol ; les deux gros pochons d'où elle sort, le geste auguste, coussins de couleurs étoilés et doudoux divers. Les lampes de nuit qui projettent des dessins animés ; son rideau de fond qui miroite doucement ; son trône or et rouge ; quelques fleurs et marionnettes indiennes ; sa voix avec micro je crois ; son entrée en matière un peu moins mais elle fait rire les enfants et prétexte leur sagesse ; ses histoires ; celle de Palestine Marrouské -je me trompe peut-être- ; celle d'Afrique, du Baobab blessé et au cours de celle-ci la jeune enfant de moins de deux ans qui déambule en prononçant comme une gourmandise baO baB bA ObAb BAOBaB ; la dernière, jamais dite par moi, mais peut-être l'une de mes préférées : la petite sirène d'Argentine : parmi le petit public, au cours de celle-ci, la même enfant qui se promène seule au monde : elle se prend et mime la vague. Nous sommes tous ailleurs : les adultes ont le sourire aux lèvres : ils flottent. Je me demande si ce n'est pas nous qui prétextons les contes pour les enfants pour les écouter de nouveau et même en découvrir d'autres ; ah les enfants, merveilleux prétextes. Ah la jolie voix cristalline de Sybille -marionnettiste aussi- son joli costume coloré et miroitant, et ses belles mimiques et cette façon de devenir l'un des personnages puis tout aussitôt celui qui suit. Théâtral mais en accord avec la scène. Et le tout grave, joyeux, grave, vivant, tendre, souriant, émouvant. Et le petit verre de tisane. Pour en savoir plus sur Sybille : La Ch'tite Bohême Cie - contact : sybille-bligny@wanadoo.fr Ce qui me plaît : cette jeune maman aux longs cheveux bruns qui entre avec ses deux garçons et avec laquelle j'échange conversation. La colline de Fourvière soudain apparaît dans la pièce. Nous nous retrouverons. Secret entre nous : chut, aujourd'hui, c'est fait : vive le net.

dimanche 17 février 2008

La recette des Doigts de Fée : hum délicieux






Courage :


Facile, 30' de préparation, 12 mn de cuisson "ma o meno comme disent les vénézuéliens : prudence, sinon les doigts brunissent trop. Mais soudain me vient une réflexion : et quand les fées sont africaines de quelle couleur sont leurs doigts à la cuisson ? J'ai une réponse. Elle s'approche d'une interprétation de Théodore Monod : peu importe la couleur de dieu !


Ingrédients :


Pour 6 personnes : 130 g farine, 100 g amandes en poudre, 100 g beurre ramolli, 60 g sucre glace, 1 blanc d'oeuf, 1 cuillère à café fleur d'oranger, 1 pincée de sel, sucre glace pour décorer.


A partir de là c'est, ma o meno, comme dans la recette du gâteau d'amour de Peau d'âne, moins le côté poétique. Alors mesurez ou amplifiez vos gestes pour être dans la fairie


A - Verser la farine dans une terrine. Creuser un puits. Déposer sel et amande en poudre. Mélanger du bout des doigts, ajouter le beurre coupé en dés et le sucre glace.


B - Travailler toujours du bout des doigts et délicatement jusqu'à obtenir une pâte bien liée. Mélanger rapidement -ces deux choses à la réflexion me semblent difficile à faire mais ma fée de fille a semble-t-il bien réussi l'expérience-


C - Préchauffer four à 180°C. Fariner le plan de travail, partager la pâte en deux longs boudins. Les découper en petits morceaux.


D - Leur donner la forme effilés de doigts d'environs 5cm de long -où à votre convenance-. Recouvrir la plaque du four de papier sulfurisé. Y déposer les biscuits.


E - Mettre au four pendant ma o meno comme disent les vénézuéliens. A la sorie saupoudrer les doigts de sucre glace et laisser-les refroidir.


Parfum : au goût de votre touche personnelle : extrait de vanille, de café, essence de citron ou zestes d'oranges, soupçon de cannelle ou de gingemb re : entre les deux chênes pour la fantaisie la porte est ouverte sur le monde de faierie. Belle dégustation








mercredi 19 décembre 2007

Une idée de cadeau pour Noël.... ou anniversaires

Avec Chouchou, son éléphant, leur aventure,
seul ou en compagnie,
votre enfant, fille ou garçon, découvrira l'univers musical et conteur du compositeur Debussy : un délicat bonheur sur un support livre-CD fort original.
Pour vous le procurer,
toutes les bonnes librairies musicales à Rennes,
le site www.microphaune.fr
ou
le site de l'association ANACROUSE, toute une équipe créative, avec à sa tête
Isabelle Lecerf-Dutilloy, pianiste

http://www.anacrouse-betton.com/

Bonnes fêtes à tous mais surtout, surtout aux enfants

mardi 13 novembre 2007

http://www.henrigougaud.fr/blog/

Pour vous plaire et tout simplement parce qu'à tant L'avoir écouté, dans les années 73 et suivantes, aujourd'hui encore je lis ses textes, au rythme de ses respirations.