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mardi 1 septembre 2015

Un conte merveilleux écrit par une douce Aurore celui de "Monsieur Boule-Haut et Mademoiselle Pleulouse"






Monsieur Boule-Haut et Mademoiselle Pleulouse




I - IL ÉTAIT UNE FOIS…

C’est une vieille histoire.
Il était une fois il y a longtemps au village de Patanksa


Un jour de grand vent fé…oz heu pardon féroce, Monsieur Boule-Haut fut poussé jusqu’à miss Pleulouse. Il était si content, si content qu’il pensait la prendre dans ses bras pour lui dire tout l’amour qu’il avait pour elle.

II - GRRRR UN OGRRRRRRE !

Mais voilà, soudain, sorti d’on ne sait où, un ogre!!!!!!!!! attrape Pleulous et l’emporte  dans sa caverne. Affolé et en colère, Monsieur Boule-Haut s’élance à la poursuite du RK, soit le Ravisseur-Kidnappeur.
Il allonge ses bras mais ses pieds, trop enfoncés, dans le sol le retiennent. 
« A l’aide » crie-t-il à ses amis de l’autre côté de la haie. 
« On t’aide » lui disent-ils en choeur. Mais leurs pieds trop enfoncés dans le sol les retiennent aussi.

Pauvre Boule-Haut. Il est consterné. Sa belle Pleulouse,  Monsieur L’Orgrelaid la serre dans ses bras et l'emporte. Ils ne sont plus. 


III - Boulo par ci, Boulo par là, et patati et patata, scratch» 

Le plus jeune de tous les Boulhaut se penche. Il dit« Comptez sur moi, les Boule-Haut, je vais vous aider ! »

Les vieux Boulhaut répondent « Nous aider ? Toi ? » répondent les Vieux Boulhaut, « pfff tu es trop petit, minuscule rikiki rabougri ! ».

Le petit Boulhaut sait que tout le monde l’appelle Minus d’un raccourci se vexe. « Pas du tout, il faut seulement que je répète trois fois ma phrase magique fort et haut comme une comptine ! » Voilà ma phrase magique ! 
« Boulo par ci, Boulo par là, et patati et patata, scratch» 

Et Minus répète haut et fort par trois fois la formule magique. Vous qui lisez aidez-le à répéter haut et fort !
« Boulo par ci, Boulo par là, et patati et patata, scratch» 
« Boulo par ci, Boulo par là, et patati et patata, scratch» 
« Boulo par ci, Boulo par là, et patati et patata, scratch» 
Bravo Minus

Tous les Boulhaut ont dit « SCRATCH ! » Bravo les Boulhaut et ils ont si bien dit « SCRATCH ! » que leurs corps frissonnent, que  leurs pieds se soulèvent, s’arrachent du sol et se  se mettent en marche; 
Monsieur Boule-Haut est tout  excité :  il hurle 
«Allons-y les amis, poursuivons  l’odieux Orgrelaid »


« Félicitation Minus, heu pardon SCRATCH ! » Tout le monde applaudit Scratch. Il sourit, heureux.

IV - QUELLE POURSUITE ! 

Toute la troupe se met en route bien décidée à retrouver Pleulouse.

Mais sur le chemin nos Boulhaut rencontrent un bûcheron. Il se précipite vers eux en agitant son arme fatale, une hache. Heureusement Scratch courageux, tend sa jambe aussi loin qu’il peut. Le bûcheron trébuche.  L’ennemi est assommé.Il ne bouge plus d’un pouce. Les Boulhaut reprenent leur chemin.

Mais sur le chemin une bande de chauves-souris voulut leur monter dessus. Une fois de plus Scratch intervient « Secouez-vous les gars » 
crie-t-il pour motiver tout le monde. Tous les Boulhaut secouent leur chevelure et les chauves-souris s’envolent. Scratch reprend sa formule magique, une fois, deux fois, trois fois. A la troisième fois scraaaaaatch elles oiseaux noirs s’immobilisent dans le ciel, agglutinées les unes aux autres elle deviennent de lourds nuages noirs totalement immobiles. 
Les Boulhaut reprennent la route.

Mais cette fois au bout de la route ils butent sur une rivière. Catastrophe, aucun Boulhaut ne sait nager. Rien d’autre à faire que de réfléchir. Comment passer l’obstacle ?
Alors ils entendent une voix

« Que voulez-vous ? »
La voix était celle de Saules-pleureurs qui ne pleuraient pas.

Les Boulhaut répondent 
  • « Nous voulons traverser la rivière »
  • « Nous pouvons vous aider » disent les Saules-Pleureurs mais à une condition ! »
  • « Laquelle ? »
  • « L’Orgrelaid est passé avec une prisonnière et il nous a volé notre mouchoir. Sans mouchoir nous ne pouvons plus pleurer : rapportez-le nous ! »
  • « Nous vous promettons de vous ramener le mouchoir, nous sommes justement à la poursuite d’Orgrelaid »

Alors à l’instant de ces paroles, les Saules-Pleureurs des deux rives  croisi crois croisa , ont croisé 
leurs branches créant un pont d’un seul tissage. La route continue  :   les BoulHaut traversent.

Peu après le chemin s’est mis à grimper sous leurs pieds, ils le suivent, précipice d’un côté, rochers de l’autre. La route est difficile. Soudain ils entendent des gémissements. Ils tendent tous l’oreille et dans le silence chacun comprend. Les  plaintes sortent d’un buisson. L’un des Boulhaut s’écrie 
« c’est une hirondelle ! elle souffre » 
Il plongea ses mains dans le buisson. L’oiseau obéit aux mille précautions délicates. Elle les remercie tous et déclare 
« si un jour vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez-moi ! » 
Et la pauvre petite hirondelle s’envole, les ailes toutes froissées.

En la regardant s’envoler les BoulHaut découvrent l’entrée d’une grotte. Ils s’approchent. Quelqu’un pleure encore.
« C’est Pleulouse, sauvons-la ! »
Monsieur Boule-Haut a reconnu la voix de sa bien-aimée.

Entre la caverne et Boule-Haut il y avait un interstice. Monsieur Boulehaut regarde et chuchote à ses amis 
« Je vois Pleulouse, elle pleure et elle est tondue ! »

Malgré son chuchotement Pleulouse l’a entendu. Elle tourne la tête. Ses yeux et sa bouche s’illuminent d’une joie éclatante. A son tour elle chuchote « Seule une graine de volubilis peut me rendre mes cheveux, svp cher BouleHaut rapportez-la moi !»

Où se trouve-t-elle  cette graine ?
Pleulouse ne répond pas, elle ne sait pas. Monsieur BouleHaut est très ennuyé… quand il se souvient de la promesse de l’hirondelle. Il l’appelle.

Damirondelle ne tarde pas. Dans l’instant elle apparaît légère, fine, audacieuse 
« Ai-je eu un appel manqué ? Avez-vous besoin de moi ou ai-je mal lu votre SMS ? »
Monsieur BouleHaut est tout content 
« Merci d’être venue Damirondelle, smartphone ou sms j’ai une petite difficulté, je ne sais comment la résoudre ! »

Et elle de dire « Que se passe-t-il ? » 
Et lui de répondre ce que toi lecteur tu sais déjà.

« C’est pourtant simple » répond-elle, « il suffit de… » et sous les yeux ahuris de Monsieur BouleHaut et de tous ses amis, en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, la disparue était revenue.
Du bout du bec elle donne à monsieur Boulehaut de petites graines noires, des graines de volubilis

« Toutes sont magiques, mais une seule condition aidera Mademoiselle Pleulouse à retrouver ses beaux cheveux verts. »

  • « Quelle condition ?» dit l’amoureux

« A la seule et unique condition suivante : que vous donniez vous-même les graines à mademoiselle Pleulouse »

Dans la main de Monsieur Boulehaut les graines sont soudain présentes. En deux trois pas il entre dans la caverne mais qui arrive sur ses talons  ? Monsieur L’Orgrelaid lui-même. Dans un rugissement effroyable il hurle « que faites-vous là, ces graines sont empoisonnées

  • « Mais non, mais non » chante Monsieur Boulehaut

  • « Je ne vous crois pas », hurle Monsieur L’Orgrelaid et il attrape toutes les graines pour les avaler d’un seul coup. Alors sa gorge gonfle gonfle et il éclate.

c’est la confusion, tout le monde se précipite pour trouver la graine unique, mais comment la reconnaître ?
Pendant ce temps une seule graine se pose sur la tête tondue de Mademoiselle Pleulouse. D’un seul coup elle retrouve tous ses merveilleux cheveux verts.

Elle passe une main légère dans ses longs cheveux verts. Monsieur BouleHaut ramasse sur le sol un morceau de tissu blanc.
« N’est-ce pas le mouchoir de nos amis Saules Pleureurs ? »


Tous les Boulhaut applaudissent sauf Scratch qui se réveille et demande

  • « Mais pourquoi applaudissez-vous ? » 

Ils lui répondent,

  • « Suis-nous et tu sauras le fin mot de l’histoire »


C’est vrai notre histoire n’est pas terminée.
Tous les BoulHaut rentrent chez eux. 
En chemin sur qui butent-ils ? 
Sur la rivière sans pont ! Comment faire ?
Monsieur Boule-Haut secoua le mouchoir.
Les Saules-Pleureurs qui ne pleuraient plus pleurèrent de joie et tout contents croisi croisa, ils croisent leurs branches  en créant un pont d’un seul tissage. 
Les Boulhaut traversèrent. Ils poursuivirent leur trajet. 

Ils passent sous les chauves-souris toujours  suspendus en l’air et immobiles comme des statues.

IIs passent prudemment près du bûcheron qui ne bouge toujours pas. 


V - La liesse, la joie, le bonheur

Arrivés au village de Patanksa c'est la liesse pour tous et toutes. Le clocher s'en empare, ses cloches sonnent à tout va et Monsieur Boule-Haut et Mademoiselle Pleulouse pénètrent dans la chapelle. C'est le mariage.  Scratch est très fier : il appose sa signature dans le Grand Livre des mariages : il est leur premier témoin.
Pan pan pan pan 
pan pan pan pan
pan pan pan PAN…..

Et la fête a commencé. Le tambour roule l'information rhâ rhârhârhâ rhâ rhâ   grand banquet pour tout le monde au village de Patanksa. Jusqu'au dernier des mendiants personne n'a été oublié, pas même, je crois bien, les chauves souris.
Kig ha far et Kouign aman, cidre doux et couchant  si vous tendez l’oreille les amis, je crois bien que Yann est monté sur sa barrique et qu'il joue de son accordéon ; je crois bien qu'il entame une gavotte et que tout le monde se met en place pour gavotte ! Allos-y les amis, entrons dans la danse, gavottons aussi. 


S’ils ne sont pas morts Pleulouse et BouleHaut sont toujours vivants : les Boulhaut et Scratch, auprès d’eux, tout heureux.

Oeuvre à deux voix et quatre mains et pas posthume de Aurore E. et Lania conteuse
Si la vidéo fonctionne, sachez qu'elle a été prise à Saint Suliac en août 2015 par moi-même, Lania, un très joli moment de bonheur.
25 août 2015






















jeudi 13 août 2015

12 août - Heure du Conte "Tisseurs de Contes-La Filois" - Binic salle de l'Estran (22)

Bonjour.

Parties avec le soleil nous sommes revenues sous une pluie battante jusqu'à Rennes - 20 kms.
Preuve en est, la plage
 que nous avons découverte abandonnée par les baigneurs, les baigneuses, la charmante Lise, les bouées, pelles, seaux, sable, tamis et râteaux, nattes, serviettes éponges, parasols et cornets à glace.
 il ne restait plus qu'à quitter les lieux.

Qu'en fut-il du spectacle ?
Démarré de dos et en lecture de devinettes alternativement du tac au tac, sans donner les réponses.
Etonnement du public, un beau public d'au moins 90 personnes pour ne pas dire une centaine.
dont une Maman qui m'a dit qu'elle venait pour la première fois et qu'elle reviendrait.
Etonnement du public silencieux, un brin dans l'expectative.
On pose les devinettes pour de vrai. Les enfants se débrouillent fort bien. Bonjour l'ambiance.
Puis Lania introduit d'un subtil renversement de bâton de pluie. Elle suggère la présence sur un rocher d'une femme  mélanésienne. Elle a peau couleur cannelle amande tatouage et yeux rieurs. Et en face d'elle des enfants assis en demi-lune. Tout comme à l'instant. Celui que le bâton de pluie prend pour s'arrêter et passer la parole   à conteuse Marie Annick. La voix douce et rieuse, elle emmène tout le monde dans les mont d'Arrrée cueillir les

  • Citrouilles du Diable, ça sent la négociation, les rires fusent et la chanson. Jean veut devenir jongleur. Il épouse la belle princesse. Il la sauve de la mort en relevant le défi du diable  : jongler avec trois énormes citrouilles sur une longe, étoile et fragile passerelle du Gouffre Noir. 

    Le bâton de pluie renversant ramène la femme, peau couleur amande cannelle et yeux rieurs et la mer. Lania chante le désespoir d'une baleine. Conteuse Marie-Annick reprend le refrain avec le public.  une façon pour Lania d'entrer dans le conte qui suit, la
  • Guerre des Poissons : (Conte de Micronésie-extrait spectacle Mille et une Iles d'Océanie) grands poissons contre petits poissons : ça sent le combat. Et les assaillants. Les voilà sous la voix de Coelecanthe LeVieux : il distribue militairement les consignes :
Hélène LaBaleine contre Harry Brillant LeHareng
Romain le Requin contre Juliette Lassardinette
Hannibal LeNarval et sa longue dent qui lui fait croire qu'il est cousin de la douce Licorne, contre Tupik Lourssin
Denis Lepoissonsscie contre Limande Laplate
et Théo LeRequinMarto contre Traverss LeCrabe
Rassurez-vous personne ne sera blessé.

Le bâton de pluie subtilement renversant rappelle la femme peau couleur amande-cannelle tatouage et yeux rieurs et passe la parole à conteuse Marie Annick.

Sous la voix douce et souriante, le public rencontre Petit-Jean le charbonnier des Monts d'Armée. Il a été nourri par une louve, comme Rémus et Romulus l'ont été. Petit Jean devient chef de meute, puis meneur de loups. Avec Valentine, il a onze garçons : tous deviennent meneurs de loups, comme leur père.
Nous le suivons jusqu'à son mariage.

A l'heure du goûter.
C'est une belle heure qui suggère à Lania, sur le même thème du loup, un air de sa composition intitulé "Bébé Panda a une faim de loup"

Tout à une fin.
La fin de cette Heure du Conte à Binic, Lania l'enfile sur une randonnée dessinée à mains nues par tous et elle félicite chacun. Encore une fois elle passe à côté de son rêve : présence d'un photographe et participation affectueuse et ludique d'un public hétérogène qui ne serait pas au courant (sinon pas marrant) pour identifier chaque geste et écrivant parallèlement le texte, faire du tout... un livre-photos. Tout un public en face de soi dessinant en même temps une maison, un grenier, un tas de farine, un rat, un chat, un chien, une vache, une jolie demoiselle, un méchant brigand, un gentil commissaire, un coq qui l'éveille, le grain de blé qu'il mange, Pierre qui a semé le grain et Margot qu'il épouse : à chaque fois un bijou.

Histoires dans l'histoire, trois plaisirs persos :
L'enfant qui mime la tête de Théo LeRequinMarto
La Maman anglaise qui remercie Lania pour le plaisir qu'elle a pris et lui présente ses deux petits anglais de fils, vêtus de la même marinière blanche rayée de bleu... et Lania qui éclate de rire et se met à leur parler en anglais se souvenant de ce que La Maison que Pierre a bâtie soit une adaptation d'une randonnée anglaise. 
Et un troisième. Une autre Maman qui lui dit que sa petite fille veut lui parler. Lania s'agenouille pour tendre l'oreille. L'enfant a trois ans et lui dit "Je m'appelle Margot" Tilt t t t t t...  tout comme la femme de Pierre. qui était aussi dans la salle et que Margot a entraîné derrière le fameux rideau noir.





mardi 11 août 2015

A venir deux rendez-vous à CHATEAUGIRON (Ille et Vilaine) les samedi 26 septembre et 3 octobre 2015

Bonjour

J'ai le plaisir de vous faire connaître que j'interviendrai au 
Centre d'Art  


LES 3 CHA à Chateaugiron

CHApelle
CHAteau
CHAteaugiron
au cours de

"les rendez-vous du samedi matin" 


26 septembre / 10h30-12h : Atelier d’écoute adulte / 5 €

« Reflets de pierres » avec Lania, conteuse (à partir de 15 ans)

03 octobre / 10h30-12h : Atelier d’écoute enfant / 5 €

« Pinceaux de pierres » avec Lania, conteuse (pour les 8-14 ans)

Je vous emmènerai au travers de rues et ruelles des 22 Petites Cités de Caractère Bretonnes.  De photos en toiles et peintures façon conteuse

"Petit bonhomme petit homme, 
viens t'en vite viens t'en voir 
marron qui veut devenir myrtille, 
je sais le Breton ...
Quel Breton ?"

A vous rencontrer pour y répondre

Tous les ateliers (20 personnes) se font  sur inscription : 

lundi 27 juillet 2015

Personne ne le sait. Sachez-le. Peut-on peindre la mer en son entier.

Personne ne le sait.
Au  château de Mordreuc en Bretagne et long de Rance, face à Pleudihen-sur-Rance


débarqua il y a longtemps une femme, jeune et belle. Pour seul bagage elle portait un tableau sous le bras. Le tableau représentait le château persan qu'elle avait quitté il y avait longtemps, le temps d'arriver en long de Rance, à peine du côté de France.

Personne ne le sait.
Là, elle prit l'habitude de vivre.
Là, elle prit l'habitude de regarder, chaque matin, posé sur son chevalet, le tableau qui  représentait son palais, les arbres, les buissons, toute la végétation et les oiseaux qui volaient par-dessus la mer.

La mer qui n'était pas peinte en son entier. Elle pensait "Peut-on peindre la mer en son entier ?

Chaque matin en ce pays de Rance, pas même encore en ce pays de France, elle se rappelait ses armées en déroute, l'assaillant prêt à vaincre, celui-ci prêt à s'emparer d'elle. Elle, faite prisonnière, devenir butin de guerre.
Elle avait pris la décision de fuir son royaume, de quitter son palais. 
Elle l'avait fait à toute allure, par l'escalier dérobé.
Comme elle passait devant l'atelier du peintre elle s'était arrêtée et aussitôt, en trois pas, était revenue en arrière. Par la porte entrouverte, le tableau sur le chevalet avait attiré son attention. Il n'était pas terminé.

La mer n'était pas peinte en son entier. Elle avait pensé : "Peut-on peindre la mer en son entier ?

Elle avait saisi le tableau et tableau sous le bras elle avait dévalé l'escalier dérobé. Et fuit.


Comment était-elle arrivée en Pays de Rance ? 
Aucune réponse à cette interrogation. Personne ne l'a jamais su. 
Comment avait-elle eu un enfant ? 
Aucune réponse à ce questionnement. Personne ne l'a jamais su. 
L'enfant était un bonheur, son unique bonheur. L'enfant était une fille. 
Quelqu'un l'a dit. Un autre l'a dit. D'autres l'ont répété. Qui ? Personne ne le sait. 
Mais chaque matin, dès que l'enfant "dans ses trois ans" fut en capacité de distinguer l'orange du jaune, le bleu du vert, le violet du pourpre, la reine avait montré la peinture à l'enfant. Elle lui montrait  ce palais qu'elle avait quitté. Et les arbres et la végétation et la mer. Et elle disait "un jour tu découvriras ce palais avec moi" Et elle se taisait en regardant le tableau.

La mer n'était pas peinte en son entier.  Elle pensait Mais peut-on peindre la mer en son entier ?

Ainsi l'enfant était-elle élevée.
Et le fut-elle jusqu'à la disparition de la reine : oui un jour, vous,  les autres, moi, nous disparaîtrons. La reine, tout comme vous, les autres et moi, un jour disparaîtrait. La reine disparut sans avoir revu, accompagné de sa fille, le palais qu'elle avait quitté.
Passés les pleurs, les cris, les lamentations éperdues, la jeune princesse continua de contempler chaque matin la peinture, le palais et les arbres et la végétation et la mer. 
Cette mer qui n'était pas peinte en son entier. A son tour la jeune princesse se demandait "Peut-on peindre la mer en son entier ?"



Un jour, lequel, personne ne le sait, la jeune princesse quitta les bords de Rance.
Pour se rendre en pays persan, sur le lieu où se dressait le palais de sa mère.
Quand elle y parvint, combien d'heures, de jours, de mois après, aucune réponse à cette question, elle fut prise d'un grand étonnement. 
Le palais du tableau était bien plus beau que la réalité qu'elle découvrait. Bien plus beau que le palais de sa mère.  

Elle fit appeler le peintre.
Quand il se présenta elle déclara :
"Tu m'as, par ta peinture, complètement trompée sur le palais de ma mère. Il est sur la toile que tu as peinte, bien plus beau qu'en réalité. Et pour cette déception, pour cette douleur que je viens de vivre, je veux te tuer. Mais avant, je veux que tu termines ta peinture, je veux que tu peignes la mer en son entier"
Dans  le même temps elle pensait "Peut-on peindre la mer en son entier ?"




Le temps avait passé. Le peintre était devenu tout vieux, tout courbé, tout penché. Tout tremblant. Cependant, il fit venir des pinceaux et des couleurs et il se mit à peindre la mer en son entier. 
La princesse attendait. Elle pensait "Peut-on peindre la mer en son entier ?"
Sur la barbe du peintre, qui dissimulait son vieux menton ridé tout tombant, naissait un drôle de sourire.

Le vieux peintre peignit la mer. "Il la peignit si bien, de façon si vraie", que la mer déborda de la peinture. Que la mer se prit à envahir la salle du palais où le peintre peignait la mer sous les yeux de la jeune princesse et de sa cour. L'eau monta de chevilles en genoux, de genoux en tailles, jusqu'à atteindre la taille du peintre. Soudain le peintre esquisse une barque, un mât, sa voile, un vent à souffler à tout rompre puis il saute dans la barque et sous les yeux interloqués de la jeune princesse et de sa cour, le peintre disparaît. A l'horizon de sa propre peinture. 


Le conte a monté comme mer. 
Je l'ai offert à des princes et des princesses, des rois et des reines. Lecteurs, lectrices merci.

Ce texte n'est pas le mien, il n'est plus tout à fait non plus celui de  Julos BEAUCARNE pour lequel la reine est un roi. Et la princesse fille de reine, un prince fils de roi.  Cependant c'est toutefois grâce à lui que je l'ai rencontré et vous l'offre aujourd'hui.

jeudi 16 avril 2015

La caperucita roja y algunos trabalenguas


le petit chaperon rouge en Espagnol...

marionnettes et version modernisée plaidant pour la réintroduction des loups dans les Pyrénées.
La modernisation ne me paraît pas souhaitable.
Elle minimise ce qui malheureusement existe toujours : la méchanceté, la violence (toutes sortes de méchancetés, toutes sortes de violences)
A la question posée "c'est quoi le racisme ?" à des CP, la réponse a été "elle a des cheveux longs et moi je les ai courts" !!!

Trabalenguas ou vire-langue

lundi 21 juillet 2014

La fête médiévale des remparts de Dinan et si contait. Un fameux non anniversaire.

C'est vrai ça et si on contait ? L'idée trottinait, faisait son chemin. Mais la fraîcheur s'installait, direction le quai pour retrouver la petite laine. Cependant, en descendant la rue qui montait, l'idée nous est venue de nous arrête à la crêperie du Gouverneur.  Puisqu'elle nous était venue, nous lui avons obéi.
La salle est impressionnante, le manteau de la cheminée aussi. La carte est simple. Tout va bien. Et bien mieux, lorsque la charmante serveuse intervertit nos assiettes avec celles de la tablée voisine. J'en ris encore de me rappeler la tête d'Annie voyant son assiette lui passer sous le nez. La charmante serveuse la réconforte en lui précisant avec un joli sourire  "que le cuisinier mijote nos petits pois" et elle dépose nos assiettes sur la table des convives anglais.  La certitude contenue dans sa réponse "Mais il n'y a pas de petits pois dans nos complètes !" révèle son erreur à la jeune serveuse. C'est au tour des anglais de faire une drôle de tête en voyant leurs assiettes quitter leur table et arriver sur la nôtre. 
J'en ris de nouveau. 
La charmante serveuse peinée par sa méprise ne cesse de s'excuser. 

Je me rappelle tenir dans mon sac une bougie feu d'artifice. Je me dis que ça peut donner de la fantaisie dans ce moment difficile pour la charmante serveuse. Pas si simple à faire avec un briquet mais le voisin de la table d'à côté s'en mêle et y parvient parfaitement au moment même où les vraies assiettes sont présentées à la table de nos voisins anglais. La bougie est plantée au milieu de l'une d'elles et disperse sa lumière étincelante. Tout le monde sourit. Et dans la foulée quelqu'un entame un "Joyeux anniversaire"  : quoi de mieux pour la tablée anglaise que de penser à Lewis Carroll en fêtant un joyeux non anniversaire ! Nous sommes mortes de rire. Le calme revient. Et l'idée aussi : et si on contait ? L'air de rien j'invite Annie à me suivre sur Petit bonhomme, petit vieux, viens t'en vite viens t'en voir marron qui veut devenir myrtille, je sais le breton ! Quel breton, breton de pierre ! Quelle pierre ? Pierre à tique !
Inspirée, Annie invente puisqu'elle ne connaît pas et c'est moi, -Krystin au secours- qui ne trouve pas la parade une fois l'enchaînement déconstruit... alors Annie se lance, se lève et courageusement entre en conte dans l'histoire "Du champ des Korrigans" 
qui veulent aider Jean le paysan. 


"Qu'est-ce que tu fais" dit à jean un drôle de petit homme bizarrement habillé et sortit de nulle part


Et c'est ainsi qu'apparut, dans ce lieu....
Génial. Plus personne ne parle, tout le monde écoute, subitement soulagé que nous ne nous disputions pas. Ce que tout le monde croyait. Quand elle termine, c'est l'engouement. Les applaudissements sont très nourris.


Et chacun repart à sa dégustation. Notre voisin anglais se penche vers Annie. Pour lui apprendre que si son français ne lui a pas permis de comprendre l'histoire,  il a beaucoup apprécié ses gestes, ses rythmes et ses intonations.

Nous sommes plutôt contentes mais le si on contait nous reprend et le temps que tous et toutes avancent dans leur repas, je remets bientôt Annie dans la connivence du Petit bonhomme petit vieux viens t'en vite, viens t'en voir marron qui devient myrtille, 
Je sais le Breton ! quel Breton ?
Breton de pierre ! Quelle pierre ?
pierre à tique ! quelle tique ?
tique de pin ! quel pin ?
pin de charbon ! quel charbon ? 
charbon d'écuelle ! quelle écuelle ?
écuelle de terre ! quelle terre ?
terre jaune ! quel jaune ?
jaune d'oeuf ! quel oeuf ?
oeuf de poule ! quelle poule ?
poulette blanche avec une crête comme une toque sur la tête le conte part maintenant à mon tour de me lever et d'entrer en conte dans la forêt de Brocéliande, puisque La couturière de l'échoppe de Scapi, si agréable avec son accent des Causses, nous en a demandé l'existence et le chemin dans l'après-midi même.

Le roi Harder est avant tout un avare. 
Un couloir trop froid, une chambre immense, une cheminée inutile , la reine Guénola par un terrible hiver tombe malade.

Lania dans un exercice herculéen. J'avoue ne pas me souvenir des mots que soulignait ce geste
La même attention est donnée à ce conte qui touche tout le monde. 
Je vais en finir avec tout ce fatras que je viens dire 
Petit bonhomme, petit vieux viens t'en vite, viens t'en voir marron qui devient myrtille, 
Je sais le Breton ! quel Breton ?
Breton de pierre ! Quelle pierre ?
pierre à tique ! quelle tique ?
tique de pin ! quel pin ?
pin de charbon ! quel charbon ? 
charbon d'écuelle ! quelle écuelle ?
écuelle de terre ! quelle terre ?
terre jaune ! quel jaune ?
jaune d'oeuf ! quel oeuf ?
oeuf de poule ! quelle poule ?
poulette blanche avec une crête comme une toque sur la tête le conte est fini maintenant
Les applaudissements nourris tombent. D'une autre table voisine, voilà qu'on nous offre nos boissons. Nous sommes ravies.
Le plaisir se lit sur le visage de notre charmante serveuse. Tout le monde nous remercie avec chaleur. Le "Si on contait" a bien fonctionné. Qui plus est, le conte amenant à l'échange et au partage,  voilà que la personne qui nous offre nos boissons nous invite à nous pencher sur une particularité qui existe du côté du 56 et dont nous n'avons jamais entendu parler. Chut chut chut nous n'ébruiterons rien. Nous nous mettrons à nos claviers et nos recherches bientôt, sous peu, rapidement en texte se concluront.  
Quoique. Le conte demande du temps au temps. 
Quant à nos hôtes de la Crêperie du Gouverneur, qui nous ont laissé faire, nos vifs remerciements et peut-être des à revoir qui ne seront pas des au revoir. A bientôt.
A tous, à bientôt sur les chemins du conte.
Au fait, j'ai promis à la tablée anglaise de traduire dans leur langue les deux histoires dites ? Quelqu'un m'y aiderait-il ?

"La fête médiévale des remparts de Dinan" ce dimanche 20 juillet et pourquoi pas ?

"Dring dring Coucou Lania, "La Fête des Remparts de Dinan" cela te dirait-il ?"
Inattendue proposition. Que pensez-vous que j'ai répondu ? Oui, bien sûr ! "Bonne idée, la fête médiévale des remparts de Dinan il y a longtemps que je n'y suis pas allée, je t'attends"
Et nous voilà parties. Et nous voilà arrivant. Direction le parking. Quelqu'un de généreux a la bonne idée de quitter les lieux. Nous sommes à trois pas de la rue qui n'en finit pas de monter -pour ceux qui connaissent Dinan. 
Et d'admirer le pavage le long du quai. 
Et de monter en constatant que Dinan est l'égale de Babel : de tout côtés, langues étrangères. Soleil en sus comme souvent. Qu'on se le dise. il ne pleut pas souvent sur Dinan surtout pur la Fête médiévale des remparts.
Les échoppes se succèdent. Celle de Capucine, illustratrice entre autres, de livres de contes. Le mot est lancé.
L'échoppe Emergences, celle du peintre-sculpteur que vous pouvez découvrir sur Jacques Degan, avec lequel nous avons eu une conversation très intéressante, à propos du chemin artistique, du blanc et du noir, du vide et du plein à faire penser à François Cheng Vide et plein, et l'ensemble à faire me faire penser à Charles de Gaulle écrivant "La durée est une nécessité d'accomplissement" ou encore celle de Gérard Macé in "la Nef des Fous"
"L'inspiration est une improvisation à la manière d'un souffle"
 Plus que la coiffure d'un bouffon, 
plutôt un air de statue de la liberté !
 Cékoissa ? Ne serait-ce pas un célèbre doudou ?
 Transparence ensoleillée
Lania
 A propos de souffle, il s'agit dans la montée de ne pas le perdre. Les admirables fenêtres fleuries nous permettent d'y arriver, sous le fallacieux prétexte de les admirer.  Ainsi les roses trémières et bien d'autres. 
Pendant que nous gravissons, d'autres descendent, nombreux en costume d'époque. 
Enfin, nous pénétrons dans Dinan la belle. Nous sommes au coude à coude ; croisons forgerons, soldats, manants et manantes avec leurs charrettes et parfois leurs cochons roses et noirs ; rencontrons  belles dames et damoiseaux, chevaliers ; chanteurs et chanteuses et chansons grivoises, en sus distributions de baisers s'il vous plaît ; nous intéressons aux vêtements du Moyen-Âge ; rêvons sur les coiffures,, chausses et  larges ceintures de cuir ; apprenons à faire la différence entre les différentes de montage de manche ; les différents tissus : lin, chanvre -ai-je bien écrit chanvre ?- soie et justement si ceux-là vous disent, sur commande, artisan costumier historique.
 non ce n'est pas le monsieur inconnu le plus important. C'est la belle qui soudain a posé.
 Arthur et la belle Guenièvre ?
 Tiens je n'avais pas vu qu'ils s'embrassaient. Qu'en pense-t-il celui-ci, qui traversait la foule le pas lent et indifférent ?
Le roi Hardor et sa reine Guénola incognito, hors de leur château brocéliandais.


Un instrument que je ne peux pas nommer mais un beau moment d'écoute et un regret celui de ne pas m'avoir obéi et achetant son CD


Le roi Arthur et sa reine la jolie Guenièvre





Les plus drôles, vêtus comme des gros bébés, et à chanter des chants marins !

Suivre tout ce beau monde a pris du temps. Il a passé comme si de rien n'était, si bien que nous avons eu faim. La crêperie du Gouverneur fut la bienvenue. Histoire... à suivre.