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dimanche 28 octobre 2018

Route du Rhum à Saint Malo bientôt Guadeloupe

Saint-Malo
sa gare, 
sa médiathèque, à gauche de sa gare,
la rue Waldeck-Rousseau, 
le rond-point de l'étoile,
poissons rouges et papyrus le délicieux jardin
les histoires de sa charmante propriétaire

les maisons neuves bâti urbain
le cinéma -la chasse à l'ours-
la place
le magasin où s'achète tout et n'importe quoi
la poste
les quais
l'escalier pour descendre sur
les brise-lames jamais vus auparavant par quelqu'une :-)
leur légende *
la plage
ses couleurs : des bleus des blancs des gris des violets verts ou roses humides
sa fraîcheur
son ciel
ses nuages
leurs reflets
les flots glacés dans lesquels se mirent
son Grand-Bé
le petit chien
la voix radiophonique d"Axel"
la vieille entrée aux pavés chiants, pour les pieds à talons
la rue principale
la rue du bar aux poupées
Le café du coin d'en bas de la rue du bout de la ville d'en face du port. La java, noire de monde. Sa carte à 2 Zorros :-)
 Mais c'est où la Route du Rhum ?
Certitude, le départ des marins se fera dans un prochain week-en
le 4 novembre :-(
Alors c'est quoi la Route du Rhum ?
C'est, passé les remparts, tout le long des quais.
C'est par où qu'on entre ?
Vérité vérité vraie par l'entrée.
Vive la Radio, France culture, France Info, les ateliers de France-Bleu, ça ne pouvait pas mieux tomber. Où l'on présente "le conducteur" pour une heure d'émission, si on veut. Si on veut ????
Causer du projet ? On en cause un peu, mais on laisse la place aux jeunes ados qui s'en régalent.
Ils sont où les bateaux ?
il est où le catamaran de SoDeBo ? (je mets les majuscules sinon le robot m'offre Sodexo ! :-(
Tout au bout du bout... ah non, on a déjà été dans le café aux poupées;
Désaccord. Non, il ne faut pas sortir du lieu. Ah bon, tu crois ? Oui, il ne l'a pas dit. Ah bon, je croyais l'avoir entendu. Bon OK je m'adapte. L'important c'est le chemin.
Chemin. Très encombré. Beaucoup de visiteurs. Certaines avec poussettes, Beaucoup avec appareils photos. D'autres avec parapluies. Le temps se gâte justement. Bonne idée pour eux et elles. Car il tombe grêle, les parapluies s'ouvrent. Faut lever les yeux, se dresser sur la pointe des pieds.  Que voit-on ? #SODEBO ! Entrons. Le vigile est amusant : nous échangeons. Vous venez voir Thomas ? Thomas ? Mais oui #Thomas Coville. Chance, il est là, submergé par les goûteurs de signatures. Un gâteau ? Mais avec plaisir ? Et nous apprenons qu'ils sont faits maisons.  Comme qui dirait de sol en bouche. Ils sont bons.
Laisser la place. 
Et le catamaran ? On le voit où ? 
"Les géants ?" Pour cause de hauteur de mât ils sont exposés tout au bout du bout du quai qui n'est pas du côté du café du coin d'en bas de la rue du bout de la ville d'en face du port. La Java :-) nous dit notre guide avec un charmant sourire.
Et nous voilà parties. 
"Faï fret", aurait dit en patois Occitan ou en Occitan mon grand-père que je n'ai jamais entendu parler. Mort à la guerre sitôt déclarée. Famille Padchanz :-(
Tout au bout, découvertes, photos, quel froid, mais bel espace. Rephotos.
On s'en va ?
Pas sans photographier la mouette "immobilissimement" immobile sur un poteau. Indifférente à la nuée de goélands.

C'est quoi ces 2 grands igloos blancs bleus ? La porte est ouverte, entrons. Posters aimablement offerts. 
Une vedette : H2O l'hydrogène, tout un projet, on ne vous monte pas un bateau, on y revient... Il s'appelle Energy Observer. Projet de deux marins malouins Victorien Erussard et Jérôme Delafosse, celui-ci, très grand gaillard blond viking, présent dans le lieu. Beau moment : dauphins et requins, tortues et poissons au-dessus de nos têtes, l'avenir en question sur écran géant. 
Il faut bien partir. J'aurais bien vu dans ce lieu quelques conviviales algues à grignoter.
connaîtraient-Iils  @breizhAlgaeSchool ? J'ai bien aimé l'assistante communication.

Le ciel s'obscurcit, les lumières colorées s'allument, les grues prennent couleurs, les mâts de même. Magie du rassemblement marin. 

On s'prend un café ? 
Yes, besoin de se réchauffer. Ce seront deux verres d'un bon Côte du Rhône et, of course, rillettes de poissons avant concert rock. Un peu tard celui-ci. 

Remonter les quais
S'inouïr de la vague d'humains qui les submerge à la hauteur du casino où trône un immense panneau publicitaire de  SoDeBo. Meilleure vue, y a pas mieux.
Involontaire.
Les vagues frappent les brise-lames. Derniers regards.
Marche rapide : tentative pour échapper au froid. 
Moins de 15 mn "pieschcom" plus tard, non loin d'un cimetière, la fidèle et courageuse Twingo pousse un soupir de soulagement. "Ça faisait longtemps". 

Retour sans difficulté. Sous le regard de Lune Pleine encore.

vendredi 6 juillet 2018

#Rennes #Cancale, en #IlleetVilaine, une p'tite bourriche d'#huîtres s'il vous plaît

Le temps n'est pas beau beau beau à se baigner
Nous sommes le 2 juillet.
T'en penses quoi de rejoindre Cancale ou la Guimaurais est à partir à 17 h ?
"Que du bien" répond-Elle, et ce sera Cancale.

Personne sur la route. Elle veille sur mes amendes "Tu es à 117 c'est à 110"La batterie se recharge.

Elle ne connaissait pas la descente par la côte.
Bingo ! Elle découvre et s'en réjouit : les couleurs, merveilleuses, du bleu clair à l'émeraude en passant par le céladon ; le Mont, là-bas tout là-bas au loin, tu peux te garer là ? Ah non, pas de parking, nous traversons Cancale étonnamment les parkings sont vides; Mais bon, normal, nous ne sommes que le 2 et c'est un mardi... Tu pourras marcher un peu ?
"Pas'prablème !"

Alors nous nous garons sur les hauts de Cancale là où il y a la statue qui me fait toujours penser  à Rio, et les belles maisons 1935-60, leurs niches en murs pour abriter des personnages Bretons ou Bretonnes en faïences vernissées et la descente sur le parc à huîtes.

Aux marchés aux huîtres, quelques stands sont encore ouverts.
Tout au bout, un grand jeune homme nous propose "un service ?" : nous commençons par deux huîtres, pour Elle, moi je n'en consomme pas ; elles me rendent malade.

Mais comme disait ma mère "Faut pas dire : fontaine je ne boirai pas de ton eau".
Un échantillon titille un désir d'y revenir. Nous y revenons : là, assiette pleine, citron, huîtres creuses et plates fines se fréquentent. Nous dégustons.
C'est ça le bien-être... non loin, tout prêt une mouette (goéland n'aurait pas rimé mieux avec "être") lorsque soudain... tout comme dans le conte de La Rose Bleue de Chine sur celle de l'Empereur, quelqu'un pose la main sur mon épaule. José m'interpelle ainsi d'un geste affectueux "ça vous dit un petit verre de vin blanc frais ?"
Un visage ouvert, une chevelure brune, des yeux rieurs et pétillants me font face... Auriez-vous refusé ? Moi pas.  Il s'excuse "Bon c'est un verre pour deux..." je pense c'est parfait, surtout que voilà le verre remplit à bord. Mais comment pourrait-t-on refuser ? J'adore cette spontanéité  dénuée de tout interprétation négative. Ahhh la belle histoire de Saad et Saadi, ou, traduction offerte par ma délicieuse amie Nora, de la Chance et la Joie.

Et suivront près de trois quart d'heure et voire, bien plus que davantage, d'un échange entre Étrangers Padissi. Français et Françaises mâtinés matinées d'origines Russe, Espagnoles, Polonaises et Ch'ti : pas banal et très intéressant. La parole est à l'honneur et les conseils  fusent de notre par à toutes deux : faut visiter Brocéliande : expositions, randonnées dans la belle forêt, miroir aux fées, arbre d'or, tombeau et fauteuil de Merlin et conteurs. Nous parlons quotidien aussi, travail, familles, secrets... tiens dans la foulée, à propos de secret, je conte à Isabelle l'histoire du roi March' et de son cheval Morvarch. On est si bien ensemble qu'on a presque du mal à nous séparer. Alors José et Isabelle, avez-vous suivis nos conseils ? Ou bien nous direz-vous ce qui vous a inspiré dans notre Ille et Vilaine si agréable et si belle.

Merci beaucoup à tous deux pour votre générosité et pour ce beau moment. Et allez savoir les doués de Douai car On ne l'oubliera pas cher José, c'est vrai, Onénénus... Onénénus alors à notre tour, un jour, là-bas dans votre Nord et... ! vive les Ch'ti

mercredi 20 décembre 2017

Conte dans le conte : "La Petite Marie" un de mes premiers spectacles (je le ponctue de textes entre chaque étape)




Une enfant voulait du pain
C'était un matin
Elle avait descendu quatre à quatre l'escalier de chêne, senti le parfum du lait quand il s'apprête à bouillir,  découvert la panière au tissu rouge vichy,  et les petits pains déjà présents et frais du jour. Elle a demandé à sa mère si elle pouvait en prendre un.
Savez-vous ce que sa mère lui a répondu ?
Ben non, suis-je sotte,  vous n'étiez pas là. 
Elle a répondu "D'abord ramène-moi le lait !"
L'enfant est surprise. Elle répète à voix haute "le lait, quel lait, celui qui est sur la cuisinière ?"
"Non" a dit sa mère, "le lait de la vache de la ferme du Noyer !"

L'enfant a fait la grimace, tout en ajoutant que la ferme du Noyer "c'était pas tout près !!!!"
A quoi sa mère lui a répondu qu'elle ne disait pas faux, que oui la ferme du Noyer, ce n'était pas tout près, et elle a ajouté
"Mais si toi tu veux du pain, sache que moi je veux du lait !" 
Jamais l'enfant n'a vu le front de sa mère autant froissé. Il était évident que sa mère ne changerait pas d'avis.  Elle a traversé la grande cuisine, ouvert la porte, dévallé la rue par la droite, tourné à gauche, dévallé la rue tout droit et, sur la droite de la maison dite "hantée", elle a pris  le chemin des marronniers.
Et soudain elle s'est mise à rire. Car elle se rappelait qu'elle allait passer devant la maison du garde-chasse, que devant la maison du garde-chasse il y avait un abreuvoir et qu'auprès d'un abreuvoir il y a toujours une vache. 
Poussée par la certitude, l'enfant prend ses jambes à son cou et vroummmmmmm elle tourne raide à 45° et s'arrête net devant l'abreuvoir. Les plantes qui surgissent d'entre les moellons de pierre offrent leurs ombres. Mais à part les sangsues et les lentilles d'eau,  il n'y a pas l'ombre d'une vache auprès de l'abreuvoir. 

L'enfant poursuit sa route sur un chemin de pierres si  caillouteuses que par  trois fois elle s'y tord les chevilles. Mais elle ne perdait pas espoir car au bout du chemin elle savait qu'il y avait un second abreuvoir et qu'auprès d'un abreuvoir il y a toujours une vache.
Sait-on toujours ? L'enfant voit l'abreuvoir, les sangsues, le pommier mais pas l'ombre d'une vache.  Sans perdre espoir, elle fait trois pas en avant et c'est une bonne idée. Car dans le virage elle aperçoit tout au bout du bout, la ferme du Noyer et dans le pré la vache en train de brouter. L'enfant porte ses jambes à son cou et court si vite que le noyer s'interroge : "Qu'est-ce que c'est que je viens de voir passer qui soulevait tant de poussière"
Quant à la vache elle répond "D'abord donne-moi de l'herbe !"
"De l'herbe, quelle herbe", dit l'enfant
"L'herbe du Grand Pré de Vignals !"
L'enfant ne peut pas s'empêcher de répondre "Mais c'est pas tout près"
"C'est vrai c'est pas tout près Fillette, mais si tu veux ton lait, sache que moi je veux mon herbe !"
L'enfant a poursuivi son chemin. Elle est passée devant la petite maison aux volets verts dont on disait qu'elle appartenait à une sorcière qui avait neuf chats noirs. Deux grands pins, vert foncé à presque noir, montaient la garde et derrière chacune des neuf fenêtres, deux yeux d'or observaient, immobiles. L'enfant est arrivée frissonnante de peur au Grand Pré de Vignals. Quand elle lui a demandé de l'herbe il a répondu
"D'abord ramène-moi la tondeuse de Marty !"
"Marty c'est qui ?" a-t-elle dit
"C'est le forgeron du foirail, pardi !"
"Mais il faut que je refasse tout le chemin à l'envers Grand Pré !"
"C'est vrai Petite, mais si tu veux ton herbe, sache que moi je veux la tondeuse de Marty !"
Il avait l'air déterminé le Grand Pré à ne pas changer d'avis. Elle devait donc se remettre en route. Elle est passée devant la maison de la sorcière les yeux fermés ; devant la ferme du Noyer, la vache à l'étable ; devant le cimetière en se figeant quand la grosse voix a crié  
"Cure-moi la dent petite, il y a sept ans qu'elle ne l'a pas été !"
Elle a trop eu peur. Imaginez que vous ayez entendu la voix rauque et éraillée, vu les croix de pierre au-dessus du mur qui se découpaient sur un ciel qui s'apprêtait à devenir nuit, ajoutez à cela le hululement soudain de la chouette.  Vous comprenez que Petite se soit bouché les oreilles de ses deux index et qu'elle ait mis ses jambes à son coup. Quand elle s'est arrêtée, elle se trouvait devant la forge de Marty, le forgeron du Foirail. 
Quelle forge ! 
Quelle fenêtre toute rougeoyante ! 
Quelle porte de bois immense et massive ! Allait-elle oser frapper ?
Elle a si bien osé Fillette, que la porte s'est ouverte.. sur Marty le Géant. Sa grosse voix a demandé
"A quoi pensent-ils tes parents à te laisser courir seule par la nuit, entre donc, tu écouteras un conteur breton !"
Elle s'est assise au bout d'un banc et elle a découvert le conteur breton. 
Il portait une petite barbe et un bonnet rouge sur la tête. 
il racontait l'histoire marrante d'un roi qui n'aimait pas 
que ses sujets traitent tout le monde de menteurs. Alors un jour 
il était allé écouter les contes que racontaient ses sujets 
Il et il leur avait dit que jamais il ne traiterait personne de menteur. 
 avait même demandé qu'on le mette au défi de le faire.
 Et quelqu'un l'avait fait.
Forcément à la fin tout le monde a applaudi de plaisir et tout le monde est parti. Il n'est plus resté que l'imposant Marty, son tablier de cuir et la Petite. Quand il s'est rendu compte de sa présence, il  lui a dit
"Que fais-tu là, tu ne rentres pas chez toi ?"
"Si monsieur mais avant je voudrais...
Tu voudrais quoi ?
Je voudrais votre tondeuse !"
Il lui a répondu 
"D'abord ramène-moi la graisse, j'en ai besoin pour la nettoyer !"
Elle était estomaquée "La graisse" a-t-elle répétée "quelle graisse ?"
Il a répondu "la graisse du petit cochon de Bouloc !"
Elle a fait un grand sourire et elle a dit 
"je sais où trouver ce village, j'y vais souvent à Bouloc avec mon papa, à pied et on s'arrête au café, il prend un verre avec ses copains et il demande toujours "avec un peu de gnole Elise s'il te plaît" et quand il ne me regarde pas je trempe un sucre dedans pour y goûter aussi. J'y vais Forgeron te la chercher ta graisse !"
Et dans le jour qui se lève sur les serres, dans les effilochées du ciel, rose tendre, violet rose thyrien  mêlé de jaunes orangés teints de bleus légers le forgeron  a regardé l'enfant s'envoler, repasser devant la maison de la sorcière, traverser le pont de Vignals et monter la route serpentante et débouler sur le plateau où de nos jours les parachutistes font leurs exercices. Elle est allée droit à l'église du petit village et elle a trouvé au pied de ses murs, l'auge du petit cochon
Il lui a répondu 
"D'abord ramène-moi les glands"
"Quels glands, tu en as tout plein à tes pieds de cochon !"
"Pas ceux-là, ceux du Grand Chêne  de Beaucaire ! au-dessus de la demeure des Rantaux"
Ça l'a inspirée : "je sais je sais" a-t-elle dit, " j'y vais, j'y cours !" et elle y est allée en repassant devant la ferme de la Raterie, en repassant devant le petit hameau de Beaucaire droit dressé sur son piton, au-dessus du ruisselet bordé de peupliers dans lequel son père aimait poser les balances pour capturer les écrevisses
Mais quand elle est arrivée dans le champ de pierres blanc crayeux, quand elle a vu l'immense Grand Chêne elle est devenue toute timide. Allait-elle oser lui parler ?
Quand elle s'est souvenue qu'elle voulait son pain, sa mère son lait, la vache son herbe, le pré sa tondeuse, le forgeron sa graisse, le petit cochon ses glands elle a foncé. Elle a levé la tête et elle a dit.
Il a répondu "D'abord souffle-moi le vent de l'Océan !"
Kezaco le vent de l'Océan ? Elle connaissait le vent du sud, le vent du nord, le foehn, le vent d'autant,  le mistral, la tramontane, le zéphyr mais elle ne connaissait pas le Vent de l'Océan. Comment faire ? Elle fait comme il lui arrivait parfois de faire quand elle ne savait pas, ne savait rien, ne savait plus. Elle a fermé les yeux et elle a tourné sept fois sur elle-même les yeux fermés. Quand elle s'est arrêté, quand elle les a ouverts elle est partie dans la direction où, sans bouger la tête, ses yeux regardaient.

Quel voyage : 

  • un pont toujours pas terminé, appelé le Valentré
  • un village tout rouge perdu dans le brouillard où se croisent les Quatre Mousquetaires
  • une ville en émoi pour son festival de juillet, ses rues sont envahies, Petite s'y fraye un chemin à travers les stands de baladins, plus intéressants les uns que les autres et jusqu'à un merveilleux jardin à la roseraie éblouissante. Quelle drôle d'idée a-t-elle eu de respirer le coeur des pétales les uns après les autres. Aurait-elle elle ne se sentirait pas plus étrangement bizarre. Elle lève la tête. Elle aperçoit une pancarte. Dessus est écrit,... elle déchiffre avec peine "rou-te de Lo Lor-Lorient !"
Son visage irradie de bonheur : elle répète  "Lorient, Lorient... ça va avec Vent de L'Océan Lorient !" et elle se décide "je vais aller par là" et comme la pancarte se déplace, Petite la suit.
La voilà sur une grande route. Elle y marche, elle y court, elle va de plus en plus vite et si vite qu'elle arrive au bout du bout du Morbihan. 
Là où il y a la petite chapelle de pierre ! La porte est ouverte ; l'enfant entre au pas de course et s'arrête net ! Comme il est beau le plafond bleu étoilé de la petite chapelle,   comme ils sont beaux les bateaux et catamarans suspendus dans les cieux, comme il est beau le bel autel, comme ils sont émouvants les ex-votos. Yoann, Yvon, Galahan, Yvonnic, Mathieu et Pierric mousses et marins perdus corps et âme en mer démontée, étranges prénoms d'elle inconnus. 
Elle est émue. Que fait-elle ici ? Elle se souvient, elle cherche le vent de l'Océan, mais où est-il l'Océan. Elle quitte la petite chapelle pour partir à sa recherche.  Elle ne voit Vent de l'Océannulle part. Elle n'a pourtant pas fait tout ce chemin pour rien ! 
Et si l'Océan se cachait derrière la petite chapelle. Elle y court et le découvre se déroulant de tout son long derrière la petite chapelle. 
Elle croirait voir la Méditerranée? Pourquoi est-il aussi calme ? Que regarde-t-il ? Petite suit le regard de l'Océan. Elle découvre une femme qui n'arrête pas de parler, qui parle parle parle sans cesse, sans même prendre le temps de boire. Petite se demande ce qui se passerait si elle arrêtait de parler ? Pire ou mieux, si on lui interdisait de parler ?
Tout se précipite à cet instant précis :
Vent DeLOcéan souffle sur le Grand Chêne
Grand Chêne   donne ses glands
Petite les porte au Petit Cochon
Petit Cochon donne sa graisse
Petite la porte au Grand Forgeron Marty
Marty donne sa tondeuse
Petite la porte au Grand pré
Grand Pré donne son herbe
Petite la porte à Vache
Vache donne son lait
Petite porte le lait à sa Mère
sa Mère lui donne son pain, le double petit pain doux chaud et sucré de Monsieur Larroque, Camille, le boulanger de la place des Cornières. 
Petite descend dans le jardin.
Elle mange son pain, pose le quignon sur le bord de la margelle du puits. Pie arrive et l'emporte. C'est depuis ce jour qu'on chante

Y a une pie, dans l'jardin j'entends la pie qui chante
Y a une pie, dans l'jardin j'entends la pie chanter 
chanter chanter j'entends la pie qui chante
chanter chanter  chanter chanter j'entends la pie chanter.


jeudi 17 novembre 2016

Conte à deux voix et quatre mains par Aurore et Lania : "Monsieur Boule-Haut et Mademoiselle Pleulouse"


stabiloter  - commande c (cmd C + V = COPIER-COLLER



Monsieur Boule-Haut et Mademoiselle Pleulouse




Il était une fois parce qu'une fois suffit bien
Cette vieille histoire qui s'est déroulée un jour au village de Patanksa.

Ce jour-là Monsieur GranVan soufflait fort très fort son grand vent féroce. Il bouscula Monsieur Boule-Haut si violemment que celui-ci ne put faire autre chose que de se retrouver tête en bas, dans un inattendu face à face avec Miss Pleulouse.   Ma foi, ce n'était pas si mal que ça ; ma foi, c'était même une belle aubaine ; ma foi, depuis le temps où il n'osait déclarer sa flamme à cette délicieuse, aux cheveux verts courts et bouclés qu'il aimait depuis longtemps c'était le moment. Pourtant il n'osait pas s'exprimer. Combien de fois avait-il imaginé l'instant où il la prendrait dans ses bras, où il la serrerait très fort, où il lui dirait "Je t'aime un peu beaucoup passionnément..." et à cet instant il n'en aurait pas dit davantage. Il n'irait pas jusqu'au "point du tout" de Pâquerette Pitchounette. Ce jour-là monsieur Boule-Haut
se répétait silencieusement et autant de fois qu'il pouvait, du fond de son coeur "Merci GranVan, merci GranVan !"
II - GRRRR  !
Soudain, au moment où Miss Pleulouse s’apprêtait à lui répondre, sorti d’on ne sait où, apparut un ogre!!!!!!!!! Il attrape Pleulouse sans tambour ni trompette et l’emporte  dans sa caverne. Affolé et en colère, Monsieur Boule-Haut s’est élancé à la poursuite du RK, le Ravisseur-Kidnappeur.
Il allonge ses bras mais il se sent retenu. Il comprend d'un regard :  ses pieds, depuis trop longtemps enfoncés dans le sol, l'empêchent de se lancer à leur poursuite. 
Il appelle ses amis « A l’aide, mes amis à l’aide » 
Les amis répondent dans un même choeur de voix 
« T’inquiète, on va t’aider ! » Et à leur tour, ils ont tendu les bras. C’est alors qu’ils ont compris qu’ils ne pouvaient que tendre leurs bras en direction de… tant leurs pieds, trop enfoncés dans le sol, les retenaient.
Le pauvre Boule-Haut était consterné. Sous ses yeux, au bout de ses  bras tendus, au bout de ses dix doigts, Monsieur Lorgrelaid, le RK ravisseur-kidnappeur s’évanouissait au bord de l’horizon, là bas et c’était lui qui tenait la Belle Pleulouse serrée entre ses bras.
III - Boulo par ci, Boulo par là, et patati et patata, scratch» 
Dans le silence de la consternation, une voix fluette s’est élevée  « Comptez sur moi, Monsieur Boule-Haut, je vais vous aider ! » c’était la voix du dernier-né ZarbreVoiZin. 
« Nous aider ? Toi ? » ont répondu les Vieux ZarbreVoiZin "à quoi tu penses, tu es si minuss minuscule trop petit rikiki rabougri, laisse-nous rire" Et de rire. 
Le dernier-né ZarbrVoiZin sait que tout le monde l’appelle Minus.  A cette agglutination de noms, il se vexe. « Le Minus minuscule trop petit rikiki rabougri peut tout. Surtout si vous lui donnez le temps de répéter trois fois de suite sa phrase magique, haut et fort comme une comptine, la voilà ! »
« Boulo par ci, Boulo par là, et patati et patata, scratch» 
Il se tait.
Tous se taisent.
Et puisqu’il l’a dit il répéte et vous qui lisez ou bien écoutez, vous allez l’aider en répétant en même temps que lui, trois fois de suite haut et fort !
« Boulo par ci, Boulo par là, et patati et patata, skratch» 
« Boulo par ci, Boulo par là, et patati et patata, skratch» 
« Boulo par ci, Boulo par là, et patati et patata, skratch» 
Tous les amis ZarbreVoiZin ont crié « Bravo Minuss »
Parce qu’au troisième scratch leurs corps ont frissonné, leurs pieds se sont soulevés et ils se sont arrachés du sol. La troupe s’est mise en marche aussitôt.
Monsieur Boule-Haut  tout  excité hurlait 
«Allons-y les amis, poursuivons  l’odieux Lorgrelaid 
« Félicitation Minuss » a dit l’un des amis puis il a répété , « heu pardon SkRATCH ! » 
C'est vrai. On n’a plus jamais appelé Minuss « Minuss », dès ce jour on l’a appelé SkRATCH. Et depuis ce temps, lui qui souriait peu souvent, il rit aussi souvent qu’il peut. Heureux à l’idée d’aider quelqu’un.

IV -LA POURSUITE ! 


Une deux une deux c’est en marchant qu’on fait son chemin la troupe marche marche marche bien décidée à retrouver Miss Pleulouse.

Sur le chemin, les amis de Boulehaut croisent  un drôle de bûcheron. Il se précipite vers eux en agitant sa hache. Ce n’est plus une hache c’est une arme fatale. Scratch a le courage au coeurIl tend sa jambe aussi loin qu’il peut. Le bûcheron la rencontre. Il trébuche.  L’ennemi au sol ne bouge plus d’un pouce. 

Une deux ! une deux ! c’est en marchant qu’on fait son chemin, la troupe marche marche marche Les amis de Boulehaut reprennent leur chemin.

Mais sur le chemin cette fois une bande de chauves-souris veut les agresser. Tout le monde s’arrête. Scratch ne perd pas courage. Il motive sa troupe. Il suggère 
« Surtout ne vous arrêtez pas, secouez-vous plutôt les gars » 
Toutes les chevelures dansent. Déstabilisées les chauves-souris s’envolent. Mais certaines reviennent et les amis n’ont plus qu’une seule envie : s’en aller !

SKratch veille « Surtout ne partez pas, répétez plutôt avec moi 
« Chauves-souris par ci, Chauves souris par là, et patati et patata, skratch» 
« Chauves-souris par ci, Chauves souris par là, et patati et patata, skratch»
« Chauves-souris par ci, Chauves souris par là, et patati et patata, skratch»

La formule magique agit : au troisième scraaaaaatch les oiseaux noirs s’immobilisent dans le ciel, agglutinées les unes aux autres les chauves -souris deviennent de lourds nuages noirs totalement immobiles. 
Marche que je marche c'est en marchant qu'on fait son chemin la Troupe reprend la route.

Mais cette fois au bout d'un virage ils butent sur Rivière Sanpon. Tu sais nager, toi ? Tu sais nager toi ? Tu sais na….. » 
Catastrophe, aucun ZarbreVoiZin ne sait nager. Rien d’autre à faire que de réfléchir. Comment passer l’obstacle ? Tous les neurones se mettent en marche quand une voix retient l'attention de tous.

« Que voulez-vous faire ?» dit un choeur de voix
Le choeur de voix est celui de la famille Saules-Pleureurs qui ne pleure pas. Un vrai drame.

IV - LA POURSUITE
  • « Nous voulons traverser la rivière » dit la troupe
  • « Nous pouvons vous aider » disent les Saules-Pleureurs « mais à une condition ! »
  • « Laquelle ? »
  • « L’Orgrelaid est passé avec une prisonnière et il nous a volé notre mouchoir de soie fleurie. Sans mouchoir de soie fleurie nous ne pouvons plus pleurer : rapportez-le nous ! »
  • « Orgrelaid, dites-vous ? Condition acceptée. Vous allez retrouver votre mouchoir, nous sommes justement à la poursuite d’Orgrelaid »

Alors à l’instant de ces paroles les Saules-Pleureurs des deux rives ont, croisi croisa, croisé tissé leurs branches souples. La troupe a traversé le pont en sifflant une vieille chanson

la chanson du Pont de la rivière Kwaï encore appelée Le soleil brille 


Peu après, le chemin s’est mis à grimper sous leurs pieds, ils le suivent, précipice d’un côté, rochers de l’autre. La route est difficile. Soudain ils entendent des gémissements. Silence. Tous tendent l’oreille et dans le silence chacun réalise que les  plaintes sortent d’un buisson. L’un des Zarbre VoiZin se penche. Il s’écrie 
« C’est une hirondelle ! elle est en souffrance » 
Il plonge ses mains dans le buisson. L’oiseau se laisse aller aux mille précautions délicates. Quand il retrouve sa liberté dans les mains du sauveur, elle les remercie tous et déclare 
« Si un jour vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez-moi ! » 
Et la pauvre petite hirondelle s’envole, les ailes toutes froissées.

En la regardant s’envoler les ZarbreVoiZin découvrent l’entrée d’une grotte. Ils s’approchent. Quelqu’un pleure de nouveau.
« C’est Pleulouse, c’est sa voix, Pleulouse  pleure, aidez-moi, sauvons-la ! »
Monsieur Boule-Haut a reconnu la voix de sa bien-aimée.

Entre la caverne et Boule-Haut il y avait un interstice. Monsieur Boule-Haut regarde à travers et chuchote à ses amis 
« Je vois Pleulouse, elle pleure et, oh l’horreur, elle est tondue ! »

Il a parlé tout bas, mais Pleulouse l’a entendu. Elle tourne la tête. Ses yeux et sa bouche s’illuminent d’une joie délicieuse. A son tour elle chuchote 
« Lorgrelaid a parlé cette nuit. Il a dit que seule une graine de volubilis pourrait me rendre mes cheveux, svp cher BouleHaut rapportez-la moi !»

Où se trouve-t-elle  cette graine ?
Pleulouse ne répond pas, elle ne sait pas. Monsieur BouleHaut est très ennuyé… quand il se souvient de la promesse de l’hirondelle. 
« Si tu as besoin de quelque chose, appelle-moi ! » Il l’appelle.

FRirondelle ne tarde pas. Dans l’instant elle apparaît légère, fine, audacieuse 
« Ai-je manqué un appel ? Avez-vous besoin de moi ? Ai-je mal lu votre SMS ? »
Monsieur BouleHaut est tout content 
« Merci d’être venue FRirondelle, smartphone ou sms j’ai une petite difficulté, je ne sais comment la résoudre ! »

Et elle de l’interroger « Que se passe-t-il ? » 
Et lui de répondre ce que toi Lecteur, tu sais déjà.

« C’est pourtant simple » répond-elle, « il suffit de… » et elle disparaît sous les yeux ahuris de Monsieur BouleHaut et de tous ses amis. Heureusement, en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, la disparue est revenue.
Du bout du bec elle donne à monsieur Boulehaut de petites graines noires, des graines de volubilis

« Toutes sont magiques, mais une seule offrira à Mademoiselle Pleulouse ce qui lui manque. Cependant une condition aidera Mademoiselle Pleulouse à retrouver ses beaux cheveux verts. »

  • « Quelle condition ?» dit l’amoureux

« Que vous lui donniez vous-même la bonne graine Monsieur Boulehaut»

Dans la main de Monsieur Boulehaut les graines apparaissent. Trois pas lui suffisent pour entrer dans la caverne. Mais qui arrive sur ses talons  ? Monsieur L’Orgrelaid lui-même. Il hurle, il rugit celui-ci : « Que faites-vous là dans mon grenier, ces graines sont empoisonnées »

  • « Pas du tout tout pas du tout, mais non, mais non » chante Monsieur Boulehaut
  • « Je ne vous crois pas », hurle Monsieur LOrgrelaid "et si cela était, vous ne pourriez pas les utiliser" et hop il secoue la main de Monsieur BOulehaut et ouvre grand sa gueule : il avale toutes les graines d’un seul coup. Alors ses pieds s’élèvent s’élèvent s’élèvent ; alors sa gorge gonfle gonfle, et comme il éclate en l’air toutes les petites graines noires se répandent ici et là et donnent naissance à une merveilleuse forêt de volubilis qui montent montent montent en tourbillons bleus verts roses et violets vers le ciel. 

C’est la confusion, tout le monde se précipite pour trouver la graine unique, mais comment la reconnaître ?
Pendant ce temps Monsieur BouleHaut se demande quel est ce petit point noir installé sur le dos de sa main droite et qui pourrait bien vouloir tomber s’il ne le ramassait pas. Et si c’était la bonne graine. Quelque chose lui fait penser que c’est la bonne graine. Le coeur battant Monsieur BouleHaut s’avance vers Mademoiselle Pleulouse ;
« J’ai quelque chose à vous donner Mademoiselle Pleulouse, c’est une petite graine de volubilis, prenez-la, vous trouverez bien une façon de lui donner vie » Mademoiselle Pleulouse prend la graine et la pose sur son crâne chauve. D’un seul coup Mademoiselle Pleulouse retrouve tous ses merveilleux cheveux verts.

Elle passe une main légère dans ses longs cheveux verts. Monsieur BouleHaut ramasse sur le sol un morceau de tissu blanc.
« Qu’est-cela ? » dit-il « N’est-ce pas le mouchoir de nos amis Saules Pleureurs ? » Et il ramasse le mouchoir qui manque tant aux  Saules Pleureurs qui ne pleurent plus.

Tous les ZarbreVoizin applaudissent sauf SKratch qui se réveille et demande
  • « Mais pourquoi applaudissez-vous ? » 
  • « Suis-nous » disent-ils et tu sauras le fin mot de l’histoire »
C’est vrai notre histoire n’est pas terminée.
Toute la troupe repart au pays. En chemin sur qui bute-t-elle ? 
Sur  Rivière Sanpon ! Comment faire ? Personne n'a appris à nager.
Monsieur Boule-Haut secoue le mouchoir.
Les Saules-Pleureurs qui ne pleuraient plus pleurent de joie et tout contents croizi croiza croizi, ils croisent leurs branches  et créent un pont d’un seul tissage. 
Boulehaut et sa troupe traversent. Marche que je marche c’est en marchant que l’on fait son chemin, lls poursuivent leur trajet. 

Ils passent sous les chauves-souris. Elles sont toujours  suspendues en l’air et immobiles comme des statues.

IIs passent prudemment près du bûcheron. Immobile, celui-ci ne bouge pas même  le petit doigt. 

CONCLUSION



Quand la troupe heureuse arrive à Patanksa les cloches du clocher sonnent joyeusement. Au bout d’un grand escalier une haute porte de bois plein est grande ouverte.  Monsieur Boule-Haut et Mademoiselle Pleulouse pénètrent dans la chapelle décorée de fleurs de volubilis ipoméa



Pan pan pan pan pan pan Mariage.
SKratch signe dans le Grand Livre des mariages : il est le premier témoin.
Pan pan pan pan 
pan pan pan pan
pan pan pan PAN….. Grand banquet et Grande Fête. Au menu du premier  
Kig ha farz Kouign aman et cidre doux 
Au menu de la seconde biniou bombarde cornemuse ou vielle à roue, accordéon, violon pour faire danser les danses que vous connaissez : an-dro, rond, passepied, jabadao, ridée, 
aéroplane* 

et dérobée 


et si vous tendez l’oreille les amis, je crois bien que tous dansent déjà une gavotte. Vous qui lisez, à votre tour allez-y, dansez dansez. 
S’ils ne sont pas morts Pleulouse et BouleHaut sont toujours vivants : auprès d’eux Skratch et les ZarbrVoiZin sont tout heureux.

Oeuvre à deux voix et quatre mains Aurore Esposito et Lania conteuse - 25 août 2015 - repris le 17 novembre 2016
Ah ah ah je ne connaissais pas cette danse appelée "aéroplane" : elle me plaît beaucoup. Bravo aux bretons d'Acigné.