Affichage des articles dont le libellé est #Contes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est #Contes. Afficher tous les articles

mercredi 19 décembre 2018

Bar le Panama - Rennes - 20 ans de contes, dés 20 h le 20 décembre 18


2004 Aux Champs-Libres sur le thème de la paresse















 Saint-Suliac
Bar Le Panama, décollage convivial
pour une sélection sur 20 ans

mercredi 21 février 2018

Si tu veux la paix pose d'abord les armes

Il était une fois, parce qu'une fois suffit bien... il était une fois Eustache. Eustache le soldat. 

Cette fois-là, au cours d'une bataille, le pauvre Eustache est surpris par une déflagration. Dans le souffle, le soldat Eustache est soulevé, il s'envole et retombe violemment au sol. Plus précisément dans un trou.  
Dans le choc, il ferme les yeux ; quand il les ouvre une lueur traverse la nuit. Il se dit qu'il a bien de la chance de voir une étoile filante.  Puis, avec difficulté, car la terre luisante et molle fait qu'il glisse et remonte autant qu'il glisse de nouveau, il finit par  s'extraire du trou tout groggy. 
Il secoue la poussière de ses vêtements puis il cherche son fusil. 
Un soldat sans fusil ce n'est plus un soldat. Eustache interroge son fusil 
« Où es-tu mon fusil, où te caches-tu ?" 
Eustache cherche à droite, à gauche, devant, derrière. C'est derrière lui, dépassant d'un buisson qu'il retrouve son fusil.  Eustache le saisit, se met au garde à vous et déclare : 
« Soldat Eustache,…. assommé au cœur de la bataille
vous êtes de nouveau  prêt au combat ! »
Raide comme un piquet, Eustache attend.  Il attend à l’affût d’un ordre. Mais aucun ordre ne vient troubler le silence de mort. Prudemment, il tourne la tête à droite à gauche, devant, derrière :  la plaine est vide, il est seul, on l'a oublié. Aussitôt le froid le saisit. Eustache  tremble. Puis il se dit  qu’il ne doit pas rester là, planté comme un poireau et pour se donner du courage il se met à chanter
sa seule certitude : 
Je suis un p’tit soldat,
Toujours prêt, toujours là,
Un petit fier à bras
Courageux et tout ça.
Je suis un p’tit soldat,
Toujours prêt, toujours là,

Un petit fier à bras
Dodi dodelida
Et corne démoula.

À pas cadencés, il se met en marche, bien décidé à retrouver sa guerre.

Marche qu’il marche, quand le jour se lève il aperçoit une silhouette humaine. Il n'est plus seul. Réjoui, il l’interpelle
« Bonjour Citoyen ! Je cherche la guerre. Pouvez-vous me dire où elle se trouve ? »
« La guerre ? »  L’homme répète. Eustache remarque les étranges yeux de l'homme, son regard perdu, égaré. Eustache comprend que l'homme a perdu la vue.  Cependant l'homme répond en balançant un bras :  "la guerre? elle est par là, ou par là.  Pourquoi tu m’interroges, ne vois-tu pas qu’elle est partout où tu vas, soldat de malheur ? »
« Comment savez-vous que je suis soldat ? Vous n'y voyez pas ! »
« Apprends, Soldat, qu’on voit avec le cœur peut-être plus sûrement qu’avec les yeux » 
Et sur cette parole l’homme s’est éloigné, le pas sûr, dans la brume du petit matin. 

Eustache poursuit sa route. Le soleil a fait une apparition timide.
Apprends, Soldat, qu’on voit aussi avec le cœur et peut-être plus sûrement qu’avec les yeux »
« Apprends, Soldat, qu’on voit aussi avec le cœur et peut-être plus sûrement qu’avec les yeux » 
"Apprends, Soldat, qu’on voit aussi avec le cœur et peut-être plus sûrement qu’avec les yeux »
Les mots de l’homme résonnaient dans la tête du soldat Eustache.
Il entendit des enfants rieurs parler entre eux et leur mère intervenir auprès d'eux. le groupe vient vers lui, Eustache le salut : 
« Bonjour Madame ! Bonjour les enfants.  Je cherche la guerre. Pouvez-vous me dire où elle se trouve ? » 

La femme lui répond vertement
« Qu'est-ce que vous racontez, vous cherchez la guerre, je ne veux pas savoir où est la guerre, laissez-nous en paix ! Vous nous avez déjà tout pris ! Honte sur vous ! »
Les paroles de la femme blessent le soldat Eustache. Il ne sait quoi répondre. Plutôt que de répondre il avance la main pour caresser la tête du plus petit des enfants. 
Mal lui en prend. L'enfant le mord violemment de ses petites dents. Tout soldat qu'il est Eustache crie

« Aie ! mais pourquoi m'as-tu mordu jusqu'au sang petit ?"

Le ciel se couvre. Les enfants et leur mère disparaissent.  Eustache est seul une fois de plus. Il recommence à chantonner doucement


Pourquoi suis’j un soldat ?
Je ne le sais même pas.
À quoi ça rime tout ça ?
Je ne le sais même pas !
Pourquoi suis’j un soldat ?
Je ne le sais même pas.
À quoi ça rime tout ça ?

Je ne le sais même pas !
Dodi dodelida
Et corne démoula.

Eustache d'un bon pas poursuit sa route. Des  gouttes de pluie commencent à tomber. Il pense à ses camarades de régiment. Où sont-ils maintenant ?
Il pleut à verse. Eustache ne voit plus rien du paysage.
Caillou ou branche ? Il trébuche. Il s'étale de tout son long dans la boue. Le tonnerre gronde, 1, 2, 3, 4... un éclair déchire le ciel : l'orage est tout proche.
Tout à coup, autour de lui, une forme menaçante apparaît et une voix grave et rauque l'interpelle :  :
« Alors, Soldat, on a perdu la boussole ? »
Eustache bredouille
"Euh… Je je cher je cherche  la guerre… Savez-vous où est la guerre ? »
"Ha ha ha, comme tu es drôle, tu es donc si pressé de mourir ?" s'esclaffe le nouveau venu ! "Regarde-moi bien, Soldat : avant, j’étais comme toi, avant… Ne m’oublie pas, Soldat, ne m’oublie pas… »
Ah ah ah ! la forme menaçante s'efface derrière le rideau de pluie.

1, 2, 3, 4.... 40 l'orage est loin. Eustache, trempé jusqu’aux os, marche comme un automate.
Il tâte son épaule à la recherche de son fusil. Il l'a perdu. Tant pis. Eustache ne le cherche pas. Il continue de 

Marcher, marcher, marcher…
Marcher ça fatigue, marcher ça épuise, Eustache est fatigué-épuisé. Il aimerait bien se reposer. Ce serait bien si... ce serait s'il trouve... Eustache aurait-il de la chance ? Il aperçoit une maison en ruines. 




Les fenêtres vont de travers, la porte est de guingois mais la cheminée tient debout. Autour, il y a  du petit bois et un gros tronc d’arbre, tout pour faire un bon feu. Et sur le manteau de la cheminée, il y a même des allumettes.  Crish crish Eustache se réchauffe ; il aperçoit un levier en fer forgé : il le monte-descend : de l'eau froide coule dans l'évier de pierre.  Eustache fait un brin de toilette et un brin de lessive. Sur un fil, bienvenu et à hauteur d’homme, qui traverse la salle il accroche ses vêtements en marmonnant 
"Pendant que vous sécherez, mes amis de route, moi je vais me reposer" 
Et il  s'étend  sur un vieux banc de guingois.  Malgré cela il   s’endort profondément. Ça s’entend. Eustache ronfle.
L'odeur particulière du "rû" -comme on dit dans le 81- le réveille. Et pour cause : il est en train de prendre feu : ses pantalons, son tricot de peau et sa chemise sont tout calcinés. Il n’a plus rien, pour se vêtir, que son caleçon. Eustache hausse les épaules. Il  enfile le caleçon et reprend sa route le pas léger.
Il chante à tue-tête :


Je n’suis plus un soldat.
Je ne veux plus faire ça :
Toujours marcher au pas.
Ne comptez plus sur moi.
Je n’suis plus un soldat.
Je ne veux plus faire ça :

Toujours marcher au pas
Ne comptez plus sur moi..
Dodi dodelida 
et corne démoula.

Sur le chemin une enfant surgit d’un buisson en éclatant de rire. 
« Oh la la la comme tu es drôle toi, tu t'en vas tout nu ! Qui es-tu ? »
Eustache est surpris. Dans un geste réflexe il est aussitôt au garde-à-vous
« Soldat Eustache, toujours prêt au comb… » il ne termine pas sa phrase : il se rappelle qu’il n’a plus de fusil, plus de chemise, plus de tricot de peau, plus de ceinture, plus de pantalon : il éclate de rire.
« T'es pas un soldat toi, t'as pas d'fusil,  toi, tu ressembles plutôt à un clown  ! » dit la petite. 
« C’est vrai , je ressemble à un clown 
mais je ne suis pas.... un clown. Et en fait..." 
Sous les yeux de l'enfant Eustache pose un doigt sur ses lèvres... il réfléchit et poursuit sa phrase ainsi 
« En fait je ne sais plus très bien qui je suis. »
« Moi, je sais, je m’appelle Anastassia et je ramasse du bois pour ma mère Irina. On va faire du feu et surtout du pain. Tu veux nous aider ? »
Tout penaud Eustache répond qu'il n'a jamais fait de pain et qu'il ne sait  pas comment ça se fait ! 
L'enfant répond à son tour que ce n'est pas grave qu'il lui suffit tout simplement de vouloir apprendre à en faire et elle lui demande    "Es-tu prêt à apprendre ? »
Eustache répète timidement qu'il ne sait pas faire. L'enfant le rassure :
"Je sais tu l’as déjà dit, mais dis-moi seulement si tu veux ou tu veux pas …. Si tu veux, tu m'suis.. tu finiras bien par prendre la bonne décision ! »
Eustache suit la petite sur le chemin qui mène à la maison. Le soleil descend lentement sur l’horizon. Il chantonne le dernier couplet de sa chanson.
« Tu chantes la chanson ? »
« Oui, je l’aime bien. »
La porte de la maison s’ouvre et Mère Irina apparaît un bout de son tablier blanc brodé de rouge, relevé dans sa main droite.
L’enfant sautille joyeusement : 
« Maman ! Maman ! C’est Eustache. Il veut apprendre à faire du pain.»
La maman regarde Eustache, regarde sa fille, regarde Eustache : au lieu de dire bonjour, ... elle éclate de rire.
Eustache rougit : il se souvient que seul son slip blanc l'habille. Il est ridicule. Il bafouille des excuses
« Ex- excu- excusez-moi Madame Irina, j’ai brû, brû, brûlé mes vêtements »
« Ne vous excusez pas. Je préfère vous remercier, il y a si longtemps que je n’avais ri d’aussi bon cœur. Entrez et attendez-moi, je vais vous trouver des habits. »
Quelques temps plus tard Eustache, vêtu de nouveaux vêtements, apprend en riant à faire du pain : il mélange le levain, la farine et l’eau… Pendant que la pâte repose, la petite s’endort. Eustache et sa maman  parlent toute la nuit au coin du feu.

L’aube approche.
C’est le moment préféré de Anastassia : elle s'est levée et maintenant elle malaxe, 
#lacourdespetits.com
elle triture, elle aide sa mère à diviser la pâte en trois pâtons : ça l’amuse beaucoup : elle pousse des cris de joie quand la porte du four se referme sur eux.
Elle imagine les flammes crépitant joyeusement.
De son côté Eustache sort un instant. Une bonne odeur de pain chaud flotte dans l’air du petit matin. Elle chatouille ses narines.
Eustache respire profondément. Il pense 
"C'est une belle journée qui commence aujourd'hui. Jamais plus mes mains ne toucheront un fusil !" 

Adapté de
"Le Petit Soldat qui cherchait la guerre"
Mario Ramos
Paris, l’école des loisirs, 1998

samedi 17 décembre 2016

Conte du quotidien. Retour de courses dans le brouillard

Il ne fait pas chaud. On n'y voit pas grand chose. Direction : la Poste.
Le comptoir "Envois" de la poste est pris d'assaut.
Destination USA pour mon paquet. Je dois remplir deux bulletins :
On me demande ce qu'il y a dedans ???? Cela fait deux mois que le paquet est prêt, qu'y ai-je mis ????
On me demande combien pèse chaque objet ?????
On me demande leur prix ????
Je fais dans le durable, j'ai envoyé des choses que je possédais mais de qualité.
On me demande le pays de fabrication d'origine ???? Gros doute.
En attendant le pesage, les corrections et mes oublis à rédiger, je prends des timbres à gratter. Je m'interroge : que pourront faire mes amis américains si grattant, ils gagnaient.

Je quitte la Poste.
J'entre dans la petite ou moyenne surface du coin. Chocolat, boudoirs, beurre, oeufs... pour le gâteau sans cuisson. Devant le linéaire "oeufs" j'échange quelques paroles avec une cliente inconnue : tout sourires la conversation vogue : qualité des oeufs, prix, sans gluten, enfants, parole, écriture, le café associatif du quartier... elle ira. Réjouissant.

Je quitte le centre commercial. Un son attire mon Louis ! Non, mon ouïe. ça fait clap clap clap. Son inconnu.  Je cherche l'auteur à plumes, lève la tête, remarque un oiseau noir, non ce n'est pas un aigle, mais il est agile "hope là" dirait Maïa, envolé s'est posé non loin de moi. Et là, m'offre trois sifflements différents. Qui est-il ??? Je vais chercher.

Soudain je remarque que je n'ai pas payé la bande de timbres "à gratter" que j'ai achetée. Je retourne à la poste. Commentaire "Vous êtes généreuse vous, merci" et cet autre "Peut-être que personne ne l'aurait remarqué" !!!!!!

Bon, j'oublie d'enfourner mon gâteau dans le frigo.  J'y cours. C'est dans le frigo que tout doit se passer.
Bon dernier week-end avant les Fêtes Joyeuses. A vous retrouver, avec plaisir.
LaniaMicalement vôtre.


Au fait bla bla bus

"Mais c'est ton fils, comme il a grandi !"
"Oui c'est Jérémie. Le temps passe que veux-tu"
"Et bien Jérémie, quel âge as-tu déjà ?"
L'enfant "J'ai cinq ans !"
"Cinq ans ! et bien.... tu es devenu un grand maintenant dis donc, tu es un vieux"
Riposte immédiatement hurlée par l'enfant
"Nooooooooooon j'suis pas vieuuuuuuuuuuuux !"
Et les adultes de rire devant la vérité.

samedi 5 novembre 2016

Atelier conte d'ici et d'ailleurs contes des cinq continents. Parce qu'il fallait une thématique.

Mais pourquoi pas, puisque c'est celle que j'ai professionnellement choisie en comprenant, à force de me l'entendre dire que "je n'étais pas d'ici" ????

Mais revenons à la reprise des ateliers.
L'un, le lundi, sera "bijoux - j'ai travaillé un an auprès d'une créatrice- 
L'autre sera "Contes d'ici et d'ailleurs, des 5 continents" 
Quel public a choisi, sauf exception, de faire cet atelier : 
11 filles et deux rêveurs, pourraient dire certaines sachant que ce sont deux garçons. Ils me font plaisir ces gamins et je ne peux m'empêcher de penser à Jean-paul Gauthier. Je l'ai entendu expliquer que s'il est allé vers la création, c'est parce que sa grand-mère lui demandait de regarder les nuages et d'aller derrière les nuages. "Imagine, ce ne sont plus des nuages, qui sont-ils ?" Et il rêvait.
L'une des enfants ne semble pas avoir envie de participer à l'atelier. Elle fait la tronche, c'est évident. Elle vient me dire qu'elle n'est pas contente, qu'elle ne doit pas être avec moi, que le conte ça ne lui plaît pas.
Je pense "mais pourquoi pas" Et je la rassure : "Tu as raison de me le dire, mais tu es sur la liste, alors tu n'as plus le choix, tu dois rester avec moi et je veux bien te garder mais à une seule condition." 
L'air à l'envers elle me demande laquelle
"D'ailleurs la condition ne vient pas de moi, elle vient du Conte"
Elle répète un bout de ma phrase toujours décomposée. : "du conte ?"
"Oui, le Conte n'aime pas les Troncheurs." 
Tous les enfants, ensemble ou presque, me demandent "ça veut dire quoi les "troncheurs" ?
"Les troncheurs sont ceux qui font la tronche. Le Conte dit que faire la tronche, c'est pas joli, le Conte n'aime pas ça, il préfère "les joyeurs" Je me tourne vers l'enfant "As-tu envie de faire la tronche jusqu'à Noël ? puisque nous allons nous retrouver jusqu'à Noêl chaque semaine ? Si oui, tu ne restes pas avec moi et c'est moi qui ne te veux pas ?"
Elle me sourit et me dit "je reste"*
Je les regarde tous : "Donc, chaque vendredi vous deviendrez tous, garçons ou filles des joyeurs, on est bien d'accord ?" Tous hochent la tête en riant. "Ok, moi aussi, je suis un Joyeur"
Jeu de balle pour se rappeler nos prénoms (surtout moi)
Ensuite petite question banale : parmi tous les contes que vous connaissez quel conte préférez-vous ? ça fuse "Cendrillon, La princesse au petit pois, Shavko" Tiens, un conte Russe, ce n'est pas pour me déplaire.
Courte conversation 
"Qu'est-ce qui te plaît, Aline, dans Cendrillon ?" La gentille fée, sa baguette, les jolies robes" 
"Oh bé pas moi, c'est justement pour ça que je préfère la Princesse au petit pois" 
"Alors Camille qu'est-ce qui t'attire dans La Princesse et le petit pois ?" 
"C'est qu'elle n'est pas une princesse ordinaire !" tiens tiens ce n'est pas une princesse ordinaire.
"Et toi Auguste qu'est-ce qui te plaît dans Yashko ?" 
"Ce sont ses aventures" 
"Nous en diras-tu une ?" Là, tollé général 
"On pourra en dire ?" 
"Bien sûr" 
Et là une bonne partie des enfants m'a regardée, pétrifiés.
Je feins l'étonnement "Qu'y a-t-il qu'est-ce que j'ai dit, j'ai dit une bêtise !" 
"Non Lania mais mais...(hésitation) on sait pas trop encore lire ?" 
"Quoi vous ne savez pas encore lire ! (bien sûr je fronce les yeux et la couleur noire de ces derniers, puis j'éclate de rire et jubile 
"C'est parfait, vous n'avez pas besoin de savoir lire pour écouter et pour dire ! Vous n'avez que besoin de voir avec vos oreilles : sachez-le vos oreilles aiment aussi voir" 
C'est la stupéfaction sur les visages. Bien entendu vous avez deviné ce sont des nouveaux, des petits, des CP, des petits choux. Ils sont adorables. Et en plus ils me reconnaissent : je les ai eu en maternelle il y a deux ans. Et ils s'en souviennent.
Autre question banale : "Y en a-t-il parmi vous auxquels les parents ou les frères et soeurs disent qu'ils parlent trop ou qu'ils les saoulent ?"
Le devinez-vous, ma petite opposée, ma petite "troncheuse", lève le bras encore plus haut que les sept autres.
Et moi je pense "quel dommage que les parents ne sachent pas écouter leurs enfants" J'ai écrit ça moi... heu non... faites comme si je ne l'avais pas écrit, je n'aime pas raturer, j'efface pas.

Sachez qu'ainsi, de comportement en réponse, nous avons fini l'atelier en compagnie de la délicieuse chanson intitulée Tibo et composée par Gérard Hecquefeuille (KliKez et vous le et la découvrirez) et de Steeve Waring avec son célèbre "Le matou revient" que je raconte comme un conte, tout en chantant le refrain. Bientôt je les invite à devenir tous ce chat si vivant qu'ils le théâtralisent. Je pousse un cri, car ils ont tous l'air "effrayants" et qu'ils m'effraient pour de vrai. Ils se marrent bien. Moi aussi surtout parce que pas un seul n'est à l'écart. Et surtout pas l'enfant qui m'a dit qu'elle n'était pas capable d'écouter sans bouger. Du coup j'ai proposé à chaque enfant qu'on l'autorise à déambuler. Elle n'en a rien fait. Elle est restée cool calme tranquille et est devenu Matou comme tous les autres. Sans faire de bruit, sans se distinguer de quelque façon que ce soit sauf par l'adhésion au groupe. Un bel et bon moment pour redémarrer.


Le portable sonne. C'est le moment de nous séparer. "C'est déjà fini ?" "ça vous a plu ?" Tous des Joyeurs (peut-être même plutôt des Joyors, j'y pense)

lundi 31 octobre 2016

"Vent vent oh la la quel vent !" Randonnée contée sur Balconnier

mardi 30 juin 2009 -rectifiée ce jour 27 décembre 2016


Dans une cité, sur un balcon fleuri, dans une ville de province, une fillette joue avec son poupon. 
Le bras droit du poupon se détache. Il  tombe.
Pauvre poupon.
Mais heureux bras, Lebras Devenu.

Voilà que "Chic" se dit-il "à moi les voyages ! » et
il s'envole 
Mais Vent s’en mêle et hop là le mène-emmène, 
hop la la le mène-emmène-tourne-emporte  où ?
Tout là haut au-dessus de la tour des Horizons



Tour des Horizons à Rennes





« D’en haut tout est beau  oh comme c’est beau » C’est beau comme l’enfant qui tourne-danse bras levés et pieds pointés sur le rebord de la fontaine de l'esplanade Colombia.


















Mais Vent s'en mêle, hop là, 
mène-emmêle, tourne-emporte 
Lebras Devenu où ?
Tout là haut là-bas au-dessus du sommet 
de la montagne Himalaya



Photo appartenant à "Le Figaro" 



Nez au frais, joues rosies, Lebras devenu découvre le Gange, le plus long fleuve de l’Inde. Il naît dans les neiges éternelles, et il s’en va sautant bondissant grossissant de rocher en rocher puis filant, paisible à travers la vallée pour s'unir à l’Océan.






Mais Vent s'en mêle, hop là, 
mène-emmêle, tourne-mène-emporte 
Lebras Devenu et le dépose aux pieds de Miss Toureiffel 
sur l’esplanade du Champ de  Mars



Photo de J.L.





« Belle demoiselle, corset de fer d'or, 
joliment tête en l'air, offre-moi un baiser" dit Lebras Devenu. 
Miss Toureiffel rit, se penche à la Chagall, dépose 
un baiser de feu de fer sur la joue fraîche de Lebras Devenu 
mais se redresse en le déposant sur la plus haute de ses terrasses. 
Lebras Devenu découvre le Tout Toits de Paris.  
« Quelle belle ville, comme c’est beau ici ! » 









Mais Vent s'en mêle, hop là, 
s’en mène-emmêle, et tourne-mène-emporte 
par dessus l’Océan. Vent dépose Lebras Devenu 
dans le port de New York, sur la main de la statue de la Liberté



fr.freepik.com - Statue de la Liberté




"Bonjour, petit Français de Paris" 
dit la célèbre couronnée, 
"Chatouille-moi s'il te plaît 
il y a longtemps que je n'ai pas ri" 
Lebras Devenu, gamin de Paris 
offre bise bise et guili guili et les chatouilles 
enchantent la belle dame à la robe verte.










Déjà Vent s'en mêle, hop là, 
mène-emmêle, tourne-mène-emporte
Lebras Devenu sur le flambeau  de la statue de la liberté
Ho ho comme c'est haut ici 
"C'est vrai mon ami, c'est très haut" Dit la Belle Dame Verte  
"mais  d'ici vous découvrez New York
et ses gratte-ciels"







Déjà Vent s'en mêle, hop là, 
mène-mêle, tourne-mène-emporte
Lebras Devenu 
par-dessus l’île de Cuba, 
par-dessus la ville de Bogota, enfin il le dépose 
sur la dernière terrasse du Machu Pichu
"Ho ho, comme c'est haut ici" dit Lebras Devenu 
et il descend les escaliers pentus du Machu Pichu.



latinaish.com



« Bravo pour ton bel exploit » dit  Pachamama la déesse de la Terre .
Sa bouche rit et son rire va d’un roc à l’autre 
dans une valse d’échos qui ne s’éteignent jamais. 




Déjà Vent s'en mêle, hop la, 
mène-emmêle, tourne-mène-emporte 
et Lebras devenu s'envole et atterrit 
cette fois sur le bord des chutes du Niagara. 
Quel bruit,
 quelle pluie, 
quelle humidité, quels fols tourbillons.  




http://www.mackoo.com/canada/falls.htm






Lebras Devenu enfile imperméable et chapeau cirés jaunes. Il monte dans le minuscule bateau qui tourne-danse-remue-cahote sur la mousse blanche. Lebras Devenu caresse la brume qui se dépose sur ses paupières, front et joues. 






Déjà Vent s'en mêle, hop la, 
le mène-emmêle-emmène, le tourne-mène-emporte 
et Lebras Devenu s’envole. Où s'en va-t-il cette fois ?



Sur un balcon rennais une fillette se réveille. 
« Maman mon poupon a perdu un bras, il m’a emportée avec lui loin très loin dans le monde ! »

"Qu'est-ce que tu racontes, Fiyette, ton poupon est dans tes bras ! Tel qu'il est, il est tout entier : une tête deux bras deux jambes, comme toi et moi »
Fiyette ouvre les yeux, Fiyette baille à tout va. 
« Oh Maman si tu savais tout ce que j’ai vu, j'en suis fatiguée ! »

 « Qu’as-tu vu Fiyette, dis-moi ! » Maman sourit et l'enfant répond :




Du haut du ciel Maman je tai vu Toi
sur ton Balcon
Me crois-tu Maman ?
"Pour le balcon je sais que tu l’as vu Fiyette, tu es même dessus. Pour le reste pour moi tu as rêvé et comme je ne sais pas de quoi, tu vas me raconter ton rêve. toi seule sais, et pour moi qui ne sais pas, tu vas me raconter ? "
Et Fiyette raconte…. qu’elle a vu à Rennes
La haute tour des Horizons 
au Tibet
Les hauts sommets de l’Himalaya
à Paris
la Belle Miss Tour Eiffel
à New York
La statue de la Liberté
au Pérou
Les terrasses du Machu Pichu
aux USA 
du lac Erié
Les Niagara falls

les Niagara Falls ?
Oui Maman, on dit aussi les chutes du Niagara. J’ai vu tout ça.



Voilà, c'est fait. 
Et ri ri, la petite souris a tout pris. 

Ri ri, le conte finit ici.