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mardi 24 novembre 2015

Le fidèle et demi ? Texte réécrit : tiré de l'ouvrage "Le Cercle des Menteurs" Jean-Claude Carrière.

Une fois il était, une fois il n'était pas 

Du côté de Constantinople  un sultan de haut lignage.
Il est homme de bien, de pouvoir, il ne craint pas son peuple, il l’aime ; le peuple aime son sultan. Le sultan soutient les riches, il défend les pauvres,  Inch’Allah, personne n’enviant personne, dans le royaume du Sultan règne l’ordre et les prisons sont vides. Le sultan porte de somptueuses robes de soie ou d’ottoman, des caftans ornés de lunes ou de tulipes brodées de fil d’or. Il porte aussi de somptueux  turbans aux aigrettes précieuses et légères soulignées d’émeraudes et rubis ou saphirs enchâssés d’or pur.  Le sultan est heureux.

Quoique. 
Un jour une rumeur traverse  les murs de son palais. Parvient à ses oreilles sultanes. Il s’étonne 
« Ainsi donc le Sheikh Mémet qui vit sur mes terres, possèderait des centaines  de milliers de fidèles. Ainsi donc, si le Sheik Mémet désirait se retourner contre moi ces centaines de milliers de fidèles seraient difficiles à contrôler !"
Le danger n’est pas là mais le Sultan se prend à douter : possède-t-il, lui-même, plusieurs centaines de milliers de sujets prêts à donner leur vie pour sauver la sienne ? 

Haroun le Sultan convoque Jaffâr son vizir
« Rencontre le Scheikh Memet et demande-lui de venir dans mon Palais, à Constantinople ! »
Le temps d’un aller, le temps d’un retour, le Scheikh Mémet tout habillé de blanc courbe son turban en guise de respect devant Haroun le Sultan. 

« Relève-toi Sheikh Mémet par Allah le Sublime j’ai appris que tu es entouré  de centaines de milliers de fidèles prêts à perdre leur vie pour sauver la tienne ? Qu'en dis-tu ?

"Tu ne te trompes pas Seigneur, j’ai des centaines de milliers de fidèles. Quant à savoir s’ils sont prêts à perdre leur vie pour sauver la mienne, c’est toi qui le dit Seigneur. A la réflexion je n'en compte que... deux, voir … il réfléchit  « je dirai plus sûrement... un fidèle. » 

Le Sultan Haroun réfléchit 
« Deux c’était peu mais un sur des centaines de milliers c'est rien. M'est avis que Scheick Mémet me cache quelque chose» Le Sultan Haroun porte haut le sourcil relevé. Il déclare qu'il veut voir ça.  
« Jâffar, mon Vizir, pars et ordonne aux fidèles du Sheikh Mémet de te suivre jusqu’au palais, en Constantinople » 



le temps d’un aller, le temps d’un retour, quelques jours plus tard, face au palais il y a un pré
au bout du pré une sorte d’éminence
sur l’éminence une tente blanche 
et dans la tente blanche des moutons parqués à l’insu de tous et muets.Ainsi dit le conte.
et devant la tente il y a le sultan dans une robe d’apparat et Memet le Sheikh Mémet,  tout habillé de blanc, de babouches en turban.
Et face à eux, du bout du palais à leurs pieds recouvrant tout le pré, une immense foule s’étale. Silencieuse. En attente.
D’un bras qui ausculte l’espace à 180°
«Est-ce cela que tu appelles n’avoir qu’un fidèle et demi Scheik Mémet ? Ils sont venus par dizaines de milliers tes fidèles, si je ne m’abuse ! »

« Tu ne t’abuses pas Sultan, pour ce qui est de mon peuple par exemple, mais pour ce qui est des fidèles j’insiste, je n’ai qu’un fidèle, d’ailleurs si tu veux t’en rendre compte c’est simple, fais savoir à cette foule que j’ai commis un crime et que tu vas me mettre à mort à moins que l’un d’entre eux n’offre sa vie pour que je garde la mienne. Allez, Sultan Haroun dis-leur".


Le Sultan s’adresse à la foule
« Peuple fidèle  du Sheikh Mémet, je t’ai fait réunir ici parce que ton Sheikh a commis un crime". 
A ces mots un murmure parcours la foule : "Sultan cela est impossible, c'est impossible"
Le Sultan poursuit son discours. 
« Pour ce crime qu’il a commis votre Scheikh doit être tué ! »

Le murmure s’enfle et s’élève au-dessus de cette foule bousculée par une nouvelle qui semble improbable pour elle.

Le sultan Hâroun précise son discours « Peuple fidèle au  Sheikh Mémet,  sachez qu'il aura la vie sauve si l'un de vous donne pour lui, la sienne aujourd'hui !" 

Les têtes tournent à droite, les têtes tournent à gauche, du style qu’en penses-tu, doit-on le croire, que faut-il en penser, est-ce vrai ; iras-tu, moi je n’irai pas ; certaines s’abaissent pour mieux se concentrer ou disparaître dans la foule. Le projet ne semble inciter personne. Quoique. Un homme se déplace. Le silence revient. Que fait-il ? Va-t-il le faire ? Les respirations sont suspendues, cependant  l’homme se déplace, il s’avance, la foule s'ouvre pour le laisser passer, il grimpe sur le monticule et traverse la foule, entreprend  et s’incline devant le Sultan et le Sheikh Mémet. Quand il se redresse il déclare : 

Le Scheikh est mon maître. 
Tout ce que je sais je le lui dois. 
Je donne ma vie pour lui.

Le Sultan montre la tente du bras. Tous les regards accompagnent l'homme et un silence foudroyant s'installe quand il disparaît dans la tente.
Un frémissement d’horreur se répand dans la foule à la vision du liquide rouge qui s’écoule de la tente..
Le Sultan reprend la parole 
« Fidèles, j'ai réfléchi, une vie ne suffit pas pour libérer le Sheikh Mémet  Y a-t-il parmi vous un autre fidèle prêt à sacrifier sa vie pour sauver celle de son maître aujourd’hui ?"
Dans la foule la parole ne court pas, les bras ne se lèvent pas, la précipitation n’est pas de mise, personne ne bouge, on croirait chacun statufié. A peine si certains s’esquivent avec discrétion. C’est l’immobile silence de la sidération…. jusqu’à l’instant où un mouvement se fait. Alors toutes les têtes se tournent, et une bouche s’étonne et une phrase résonne de bouche en bouche  
« C’est une femme ! c’est une femme dit un autre, c’est une femme" la foule est admirative» Une femme en effet grimpe sur l’éminence. Elle s’incline devant les deux hommes et en relevant la tête elle prononce trois mots

"Je suis prête !"

L’aigrette du sultan s'incline sur la gauche.  La femme comprend l’invitation. Elle entre dans la tente. Avant que la toile ne retombe le sultan fait un signe. Un sabre fait son oeuvre. Le liquide rouge s’écoule de nouveau. Un bruit de gorge se répand. La foule suffoque. Puis devant l’inéluctable, silencieuse elle s’ébranle, se disloque, se disperse. Bientôt sous les yeux du Sultan et du Sheikh Mémet il ne reste plus qu’un immense pré. 
Vide. 



"Tu vois Sultan, je ne t’ai pas menti à propos de mes fidèles. Je n’en ai qu’un et demi, à peine !"

"Que veux-tu dire Sheikh Mémet ? Dois-je comprendre que l’homme est un vrai fidèle et la femme seulement une moitié ?"

"Non Sultan je suis en train de te dire qu’un seul de ces deux-là est mon fidèle, et c’est la femme. Quand l’homme est entré dans la tente il ne savait pas qu’il allait être égorgé. Quand la femme s’est décidée, elle savait qu’elle serait tuée puisqu’elle avait vu le sang couler. Et pourtant, malgré cette certitude elle a offert sa vie pour me sauver ! Par conséquent le vrai fidèle en entier ce n’est pas l’homme, c’est elle, la femme.…"

L’homme et la femme sortent de la tente. Ils sourient. Derrière eux les moutons rescapés bêlent tout ce qu’ils savent et reprennent possession de leur pré. 


Ainsi se termine le conte.
Puisse-t-il  monter au paradis
et sur nos lèvres revenir 
quand il sera temps de le redire.


 *
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Ce site est hébergé par Hosteur.com : http://www.hosteur.com
La cOnclusion est empruntée à jean-Jacques FDIDDA. Merci à lui et à Didier Jeunesse.


dimanche 6 septembre 2015

Rennes, samedi 26 septembre, l'Association des Tisseurs de Conte accueillera la conteuse Marie Chiff'mine son sourire et sa gouaille

La prestation se déroulera
à la Maison du Ronceray (Adresse conteuse : "parfois il faut accepter de se perdre", quartier POTERIE - traverser le passage piéton au rond point d'un célèbre Magasin City et d'une non moins connue Banque Régionale) 
dès 20h30 : 
Marie Chiff'Mine contera 
« Pommes en flagrant lices » 
Il était une fois, une graine au bois dormant.... et germe le pommier !

En trois coups de cuillères à mots, la pomme conteuse dévoile ses aventures et ses pépins. Délire savoureux de contes, chants et histoires parfumées d'humour et de sagesse merveilleuse autour de ce fruit de la connaissance... à déguster avec les oreilles !
Spectacle ouvert à tous, dès 6 ans (2,5€/5€) : n'hésitez pas à en parler à vos proches. 
Vous adhérez à l'Association Les Tisseurs de contes :  15 € 
vous avez accès à tous les spectacles* organisés par l'association, soit 1 spectacle par mois, au tarif de 2€50 -sauf en octobre-
Vous n'adhérez pas à l'Association Les Tisseurs de Contes mais 
vous êtes en recherche d'emploi, 
vous êtes un enfant,  
où vous avez la Carte Sortir, 
l'entrée au spectacle est à 2 € 50 par Korrigan.

De toutes les façons, toutes les oreilles sont les bienvenues Korrigan Korrigane ou pas.
(Adresse conteuse : "parfois il faut accepter de se perdre", quartier POTERIE - traverser le passage piéton au rond point d'un célèbre Magasin City et d'une non moins connue Banque Régionale) 

mardi 19 mai 2015

Les Contes du Perroquet - Quelques photos pour un spectacle à disposition des associations ou de particuliers, ou de festivals....

"Les Contes  du Perroquet" 

.... mêlent entre eux, l'émotion, la tendresse, le rire, les moqueries, la sagesse.
Ils offrent donc, côté public, plusieurs niveaux d'écoute aux regards et oreilles.


 Sur la scène 6 conteurs-comédiens, pour un argument à la Feydeau, des histoires à tiroirs, des costumes colorés, le tout introduisant le public à la vie en Inde autour d'us et coutumes encore méconnues.


Soirée "Souffleurs de Merveille" au sein de l'association rennaise
"Les Tisseurs de Contes" le 16 Mai 2015 :
35 personnes à la Salle de La Maison du Ronceray à Rennes,  quand sont passées aux Champs Libres plus ou moins 
3 000 personnes le même soir pour la Nuit des Musées :
un scoop !
Qui nous fait plaisir sachant que les spectateurs sont, en nombre,  venus nous traduire leur contentement.

Ce spectacle (adulte) est à la disposition des associations qui désireraient l'offrir à leurs adhérents ou au public de quartier ainsi qu'à tout particulier désireux de proposer un divertissement de qualité autour de la cuisine indienne, par exemple. 
((et pourquoi pas en oeuvre humanitaire : recette mise à la disposition des sinistrés du Népal ou de l'économie népalaise))

mardi 17 mars 2015

Un peu de l'agenda de Lania à venir (avril mai juin juillet 2015)

Mes prochaines dates 


à la Maison Neuve - gîte

pour une soirée Repas Ambiance Conteuse sur un thème légèrement coquin : "Bosquets d'Eros" 

A partir de 19 h  - le vendredi 24 avril, jour de la Saint Fidèle


06 85 01 21 73
02 99 58 05 38


La Maison Neuve à joindre pour le tarif 
contact@arpenteurdessens.fr.


à la Librairie Planète IO 

7 rue Saint Louis à Rennes

A partir de 18 h 30

Le jeudi 6 mai      "Barbierie'Z Schéhérézadiennes"
le jeudi 11 juin      "Merveilleuse histoire Schéhérézadienne"

A partir de 20 h

le jeudi 2 juillet     "Mille et une Nuits en six heures et en jardin sous les étoiles" - 

Performance visée : 

Redire les cinq précédentes séances jusqu'à l'ultime conclusion de nuit, puisque la coutume orientale ne voulait pas que l'on dise des contes en journée, sous peine d'y perdre la tête d'un vif tranchant.

Comme chacun chacune le soupçonne, je suis pour la protection lucide de toute tête aux oreilles généreuses.  


mardi 19 août 2014

Le jeudi 28 août Lania dira "Bouquet d'Eros" à la Librairie Planète IO

Bonjour

Le jeudi 28 août, Lania, conteuse, dira "Bouquet d'Eros"

Horaire : 19 h 30
Tarif : Entrée libre. Sortie au chapeau, sous forme d'un grimoire en cuir de Russie,
           prêt-fendu à recevoir un minium de 3 €. Maximum sans limite





Contenu : textes dits, contés et peut-être chantés.
Hôtes : Bernard et Bernadette Vallée.
Lieu  :  Librairie Planète IO - 7, rue Saint Louis,  à Rennes

Attention : petite jauge. Il serait prudent de venir vers 19 h 15. tel librairie : 02 99 79 35 14
Merci pour votre présence.

A bientôt.
Avec plaisir.

vendredi 9 mai 2014

"Le juge qui voulait faire un break" aurait pu se rendre à Vezin le Coquet demain 10 mai pour la convention de jonglerie

Kartoffen,

ce mot vient à ma bouche sans raison apparente. Il traîne dans ma tête. Il traîne, sans but. C'est un mot banal, un mot allemand, souvent entendu, un mot tout rond d'or, le mot kartoffen,

Je le chante, je le loue, je le vois, j'attrape un livre et je l'ouvre. Il traînait là, à sa façon, sans raison apparente.  C’est une NH, traduisez Nuit Halloween. NH ressemblerait-elle à NPL soit Nuit Pleine Lune ? Les Nuits de Pleine Lune mes livres semblent animés d'une vie personnelle. Ils quittent mes étagères, comme pour se rendre au marché. Belle affluence que je m'en voudrais de gérer.
Livre ouvert je laisse couler les feuilles entre mes mains comme tout magicien  laisse filer les cartes dans les siennes. Le livre s’arrête sur l'une d'entre elles. Ni il poursuit, ni il recule.

Magique.
Je lis. 
Et je découvre une histoire qui viendrait d'Allemagne. Nombreux disent qu'ils reviennent chez eux après trente ou quarante ans de belle carrière. Chez eux. Peut-être moi, chez moi ? Chacun ses légendes.
Dans l'histoire, un juge, la main gauche appuyée sur son bureau, se redresse et porte subitement et brutalementt, la main droite à son front. Comme sous l'évidence soudaine  de la vanité de son travail. Il jette un regard circulaire et les piles de dossiers lui sautent aux yeux. Et devant le nombre d’heures passées sur le dernier dossier posé sous son coude gauche, il pousse un gros soupir et cale.  
Il se lève, enfile son manteau, pose son chapeau et quitte son bureau. Sa décision est prise : il prendra quelques jours de repos avant la dernière audience. Mais où ? Et qu'en fera-t-il ? 
Notre juge ne sait plus que le repos se suffit  à lui-même.

Le juge ne prend pas le taxi comme d'habitude. Il prendra sa voiture ;
Le juge ne prend pas sa voiture. Il se souvient avoir oublié la veille où il l’avait laissée. .
Le juge prendra le bus. Mais il revient au juge, qui s'appelle Hans Schiller, qu’il déteste emprunter ce moyen de locomotion, alors il part à pied. La marche porte conseil. La preuve, en marchant, Frantz Schiller choisit sa destination. Il ira chez son cousin Hans. A Gessen. Comme il y a peu de choses à y faire, il y sera à l'abri de toute activité débordante. C'est son unique nécessité. Son cousin est agriculteur. Il parle peu, de sujets fort terre à terre, c'est une bonne chose, répondre ne sera pas nécessaire.
Le lendemain même, le juge prend le train et descend à Gessen. Son cousin vient à lui au volant de son tracteur "je travaillais non loin de là" se justifie-t-il. Mais pourquoi se justifier. Le juge veut seulement se changer les idées. Faire un break, respirer. Se dé con trac ter.
Son cousin l'accueille avec sympathie. "Tu es chez toi ici, fais comme chez toi". La maison est belle, l'intérieur confortable. Les produits sont bio. C'est la fête quoi. Tartines de charcuteries, plateau fromages, linzertarte aux myrtilles dont il adore le croquant des croisillons ; le repas du soir est un régal. La nuit qui suit, fait rarissime, file son train sans aucune insomnie. Alors qu’il se réveille désormais à la ville, toutes les trois heures. Quand le chant du coq le réveille, -tiens celui-là il l’avait oublié- il lui désobéit. Il paresse sous l'édredon, version été à l'aube de l'automne. Puis il passe la journée tranquille. Il se promène. Le chemin, les buissons, le parfum dees bosquets, les oiseaux, le ruisseau ses libellules irisées : tout fourmille, chante, siffle, frétille, "couleure". Encore un régal qui le surprend. Il n'a pris ni papier ni crayon ni clavier. Surtout ne rien faire. Deux jours, trois jours il s’y plie.  Mais au quatrième, ne rien faire soudain l'indispose. Il s'irrite, il s'énerve. Tant et si bien qu’il déjeune avec son cousin et lui propose de lui apporter son aide. Son cousin s’étonne  :
"Mais Fantz, tu es venu ici pour te reposer, repose-toi."
"J'insiste cousin Hans, il faut que je me mette à travailler"
"Je veux bien mais ici je n’ai guère de dossier à te proposer en consultation » et il le regarde quelques secondes silencieusement, puis il lui demande « que sais-tu faire Frantz ?"
La question le déstabilise. « Comment ça qu’est-ce que je sais faire ? » il en balbutie « je sais... je sais... et finalement il répond par un
"Rien, je ne sais pas ce que je sais faire !" profondément dépité, désemparé, effrayé"
"Je sais moi »  lui répond Hans, « j’ai une petite idée, suis-moi, et sois sans inquiétude, c'est facile"
Frantz traverse la cour, puisque son cousin Hans traverse la cour.
Comme Cousin Hans disparaît dans une énorme grange Frantz pénètre à son tour dans l’énorme grange. Et ce qu’il voit l’étonne : sur le sol de la grange sont étalées, au bas mot ou de visu, à peine moins et plus sûrement, d'un quintal de pommes de terre.
" Ce soir Frantz, je dois rentrer d'autres pommes de terre, il  me faut faire de la place, ta décision est bienvenue, elle me sera d’un grand secours, je dirai même qu'elle tombe bien, tu vas ranger ces pommes de terre. C’est très facile, tu les ranges en trois catégories, d’un côté les grosses, de l’autre, les moyennes, et enfin les petites, tu ne peux pas te tromper, c’est à la portée d’un enfant du Kinder. Quant à moi, je pars travailler aux Grands-Champs de l'autre côté de Gessen. Le temps est à la pluie, les tubercules n'aiment pas ça. Allez cousin, à ce soir et courage" 
Ceci dit, quelques instants plus tard, le moteur qui ronronne annonce à Friedrich le départ de Hans.

Toute la journée, du côté des Grands-Champs, les pommes de terre passent de la terre à la plate forme. Bientôt il est l’heure de rentrer chez soi. Hans prend le chemin de retour. Dès qu’il arrive à la ferme Hans tourne la clef, saute de son tracteur et il appelle Frantz son cousin juge :
« Frantz, où es-tu, Frantz où es-tu ?"
Devant le silence de Frantz qu’il ne voit pas dans la cour, Hans entre dans la maison
« Frantz, je suis de retour,  où es-tu, Frantz où es-tu, comment vas-tu  ?"

Frantz n'est pas dans la cour, il n'est pas dans le salon, il n'est pas dans sa chambre,  Le cousin Hans pense qu'il a dû terminer son travail, qu'il est parti se promener et qu'il ne tardera pas à rentrer. En même temps il doit rentrer ses pommes de terre nouvellement recueillies. Il avance la plate forme et entre dans la grange pour voir le travail accompli. Il stoppe net, bouche bée. Il a beau faire obscur, il comprend très vite qu'aucune pomme de terre n'a bougé. Si le quintal est là, vierge ou iintouché d'une seule pomme de terre, son cousin n'y est pas. Où est-il passé. Par acquis de conscience, Hans balaie les lieux d'un regard à la recherche de Frantz. Il est inquiet. Que s'est-il passé ? Soudain il repère une masse informe écroulée au pied du mur. Il se précipite.
" Frantz que t’es-t-il arrivé, qu’as-tu dis-moi, que s'est-il passé, ou plutôt que ne s'est-il pas passé et pourquoi ?
"Frantz est appuyé mollement contre le mur, il a tout de l'homme hébété, le menton mou et décroché. Il est effondré, catastrophé, perplexe. Mieux, il semble sidéré. Il tient son poing droit fermé à plat sur sa jambe droite.
" Frantz qu'as-tu, es-tu malade, es-tu blessé pourquoi ton poing est-il fermé ?"
Frantz relève la main et le visage en sueur et la parole balbutiante, il l’ouvre sous les yeux de son cousin Friedrich ahuri par la question qu’il s’entend poser,  " Frie Friedrich, ce cé cette pomme de ter re, elle est… grosse, moyenne ou petite ?" !


Photos prises en 2008 par mon amie Martine, lors d'une séance contée du spectacle intitulé
 #Coquine Patate à la frite et vous l'entendez bien à #Visseiche (35)
Cette histoire, je ne l'ai pas inventée, je l'ai librement adaptée d'après celle que vous pouvez trouver dans l'ouvrage intitulé #Le cercle des menteurs  et écrite de Gessen en Allemagne où je ne suis plus

 http://bigoudnjongle.wordpress.com/ Je serai demain sur ce lieu et en compagnie d'autres amoureux de la parole, je conterai. Oreilles connues et inconnues, au plaisir de vous y croiser. 


samedi 29 mars 2014

Aux MYTHOS, vous y rencontrer ne sera pas un hasard....

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Photo
Jolie promenade. Qu'elle vous donne envie d'aller écouter les conteurs.
Tous les conteurs.
Aucun conteur n'est identique à un autre conteur ou conteuse.
Laissez-vous entraîner par la parole de chacun chacune. Ne résistez pas, les contes ne concernent pas seulement les Enfants, mais l'Enfant qui est en vous. Et qui a besoin d'être retrouvé, cajolé, réconforté.
Allez, cajolez-le.
Et aux prochains MYTHOS, ne manquez pas RUFUS. http://www.rufus.fr/
http://www.festival-mythos.com/spectacle_2014.php?id_spectacle=35

Il devrait avoir carte blanche. Si je ne m'abuse.
A bientôt. Vous y rencontrer ne sera pas un hasard.

Photo prise par Nicole.

mardi 6 mars 2012

Quelques photos en noir et blanc

Fait-il beau en mer ?

Les mouettes traînent leur vol en ciel de Rennes

Les mésanges passent cassent graines

Et sur le bouleau prélassent. (se)

mercredi 7 décembre 2011

Annulation Contes de Noël ce mercredi 7 à la Médiathèque de Vezin le Coquet


Merci de ne pas tenir compte du billet précédent.
Pas de contes de Noël avec Lania, ce jour, de 15 h 30 à 16 H 30
mais vous êtes invités consulter le programme de la Médiathèque pour le mois de décembre : prestations intéressantes prévues pour tous.
http://www.ville-vezinlecoquet.fr/mediatheque.htm

lundi 5 décembre 2011

Dernier rendez-vous à la Médiathèque de Vezin le Coquet

Mercredi 7 Décembre.
Séance en contes, thème Noël
Toujours à la même heure : 15 h 30
Ligne de bus : le 53
Descendre : arrêt Mairie, juste après le premier rond point. Merci et à mercredi.

samedi 26 novembre 2011

Gauvain et le Chevalier Vert pour Alexandre, suite journée internationale du BBonJouRR -

Chose promise chose due.
Il était une fois à Camalot le château du roi Arthur.
C'était le dernier jour de l'année. Toute la cour s'apprêtait à fêter l'arrivée de la nouvelle année.
Cuisiniers,maître-queux et marmitons avaient oeuvré dans les cuisines. Les cheminées ronflaient encore dans la grande salle préparée ainsi que de coutume.
Sur les murs se succédaient des tapisseries et des torches ; sur la table, de grands draps blancs en guise de nappes, des pichets et des tranchoirs -les assiettes faites de tranches de pain de seigle épais propice à absorber les jus et les sauces- ;  les pichets d'hypocras, de bière à la châtaigne ou de seigle. Les serviteurs déposaient, des soupières fumantes de soupe aux herbes, ainsi que d'énormes plats de rôtis de sangliers. Les dames et les seigneurs s'étaient vêtus de leurs plus beaux atours. Debout, derrière l'immense table blanche, ils attendaient pour s'asseoir que le roi Arthur de Camalot leur en donnât l'autorisation, mais le roi attendait pour le faire d'avoir écouté  le conte sans lequel il ne prenait jamais part au repas.

Mais ce soir-là, alors que le conteur s'apprêtait à dire, un grand fracas ébranla les murs du château.
Toutes les têtes se sont tournées en direction du fracas. Ce fut pour découvrir  une sorte de géant monté sur un cheval immense,  vert des pieds à la tête pour l'un, de la pointe des oreilles au bout des sabots, pour l'autre. Le géant arborait une lourde hache. Devant le silence de la compagnie Ah ah ah ah il éclata de rire et demanda 
"Suis-je bien au château du Roi Athur ?"
Le roi s'avança d'un pas. Il acquiesça en hochant la tête. Quoique surpris, il offrit  la bienvenue à l'étrange cavalier et l'invita à partager le repas de Noël. Le Chevalier Vert clate de rire "Ah ah ah ah "Je ne suis pas venu pour manger à tes côtés Roi Arthur, mais pour mettre au défi le chef des chevaliers de la Table Ronde : je veux qu'il me tranche la gorge de ma propre hache et d'un seul geste. Tu dois réussir au premier coup !"


  • Le roi Arthur s'interrogeait, il interrogea le Chevalier vert : 
  • "Pourquoi ce jeu Chevalier, il ne me semble d'aucun intérêt !"


Le Chevalier Vert réplique au Roi qu'il n'a pas le choix et que pour ce qui est de lui-même, il rendra au Roi ce coup qu'il aura reçu dans un an et un jour, au pied de la chapelle verte !"  Et tout est dit : Chevalier Vert se tait. 

La reine Guenièvre réprime un frisson autant qu'elle peut. Elle se demande bien ce que va faire son époux.   Elle attend sa décision avec inquiétude. Son malaise n'échappe pas au roi Arthur. Malgré cela il s'apprête à rendre sa décision. Mais une voix claire et jeune déclare " :


  • "Laissez-moi prendre votre place mon oncle, je n'ai encore jamais fait preuve de ma bravoure, il est temps que je le fasse !" 


Cette voix est la voix du neveu du roi. Messire Gauvain lui-même. Le roi dévisage son jeune neveu. Il ne peut pas accepter sa proposition. Mais Gauvain insiste 
"Mon oncle !" Le roi ne cède en rien. 

Gauvin insiste encore. "Mon Roi !" sous-entendu "Acceptez Monseigneur !" Le roi Arthur accepte.

Dans un grand bruit métallique le Chevalier Vert  saute de cheval, tend la hache au chevalier Gauvain, met genou à terre, étire son cou à disposition de la hache.
Dans le plus grand silence, dans la lueur immobile des bougies qui ne vacillent plus de terreur, sous la respiration suspendue de toutes les Dames et de tous les Seigneurs, Gauvain saisit la lourde hache et schlack, il l'abat sur le cou tendu. Cheveux et visage verts compris, la tête du Chevalier Vert tombe, roule et s'immobilise sur le sol. Devant l'assistance effarée, l'impossible surgit. Le Chevalier Vert se redresse, avançe d'un pas, ramasse sa tête et la coince sous le coude droit. Pendant que, décapité, il tourne vers sa monture, la tête nargue l'assistance. Ah ah ah ah elle rit et d'une voix ferme elle rappelle


  • "N'oubliez pas Messire Gauvain, rendez-vous dans un an et un jour à la Chapelle Verte, afin qu'à mon tour je vous rende le coup que vous venez de m'asséner ! Mais sachez que celui-ci vous sera fatal." Ah ah ah ah 


Dans un rire goguenard et dans un grand fracas métallique, le chevalier sans tête enfourche sa monture et disparaît. Tel qu'il était venu.

Dans l'assistance, personne n'aurait osé prononcé un mot. Tous les regards étaient arrêtés sur le jeune Gauvain. Celui-ci, abasourdi, tétanisé, s'interrogeait. Qu'avait-il fait ? 
Il n'était plus temps de se le demander.

Cette année-là, au fur et à mesure où les jours s'écoulaient ceux qui croisaient Gauvain manquaient de mots. Ils se taisaient. L'atmosphère s'alourdissait. Gauvain était muet.
Enfin par un brumeux matin d'automne Gauvain quitta le château. Son départ s'accompagna d'un "bonne chance" qui en dit long sur son retour improbable. Chacun pensait le voir pour la dernière fois. Roi et Guenièvre compris.



Sous le pas balancé de son cheval Gauvain réfléchissait. Où allait-il ? Où était-elle cette  Chapelle Verte ? Par où aller ? Personne n'avait su lui donner une indication. Il avait seulement appris qu'au jeu du 
"Tranchez-moi la tête, je vous trancherai la vôtre" 
le Chevalier Vert avait toujours gagné. 

Gauvain en oubliait d'admirer les enchevêtrements de couleurs sur les arbres : c'était l'automne. Verts, jaunes, roux, rouille, les couleurs de l'automne s'en donnaient à coeur joie. Mais il ne trouvait à leur contemplation aucun réconfort. La route est longue, les arbres sont dénudés, le froid perce. Au pas cadencé de sa monture, Gauvain se rappelle les circonstances qui l'ont amenées à faire ce voyage. Quand trouvera-il la Chapelle Verte ?


C'est alors que Gringalet a fait un écart. L'animal tente d'éviter un ours qui est soudain sorti du bois. Le chevalier Gauvain ne peut pas ne pas affronter la bête. Il se dresse devant eux, menaçant. Gauvain n'hésite pas. Il descend de cheval, extrait la belle Excalibur de son fourreau et combat l'animal sans acharnement. L'ours tombe. "Merci Roi Arthur de m'avoir prêté ton épée"
Gauvain chemine. L'hiver se fait de plus en plus froid. Son cheval fait un nouvel écart. Cette fois ce n'est pas un ours c'est un loup qui les met en danger. Gauvain n'hésite pas. Il saute de cheval, dégaine la belle Excalibur et slash slash râââ il n'y a plus de loup.
Messire Gauvain reprend la route. Il se demande dans combien de temps il trouvera la Chapelle Verte ?
Pour l'heure Gringalet s'arrête à la limite d'une falaise. Un pas de plus et s'il ne l'avait pas fait, cheval et cavalier auraient versé dans le ravin. Ils seraient morts. Gauvain scrute le ravin. Il aperçoit une vallée, une forêt et au milieu de la forêt il distingue les tours d'un château. Rassuré à l'idée de rencontrer une compagnie prochaine, Gauvain souligne des talons les flancs de Gringalet. Le cheval s'élance. En contrebas il y a un chemin.
Gauvain et son cheval s'enfoncent dans la forêt. Elle est profonde. Plus ils vont plus elle est austère. Enfin, cheval et cavalier déboule dans une clairière. Le château est là. Il s'étire de toutes ses tours et tourelles vers le ciel gris et bas.
L'homme qui accueille Gauvain n'est autre que le maître des lieux. "Le seigneur de Bercilak", lui-même précise-t-il. Il invite chaleureusement Messire Gauvain à visiter les lieux en sa compagnie. Messire Gauvain en appelle à sa fatigue. Monsieur de Bercilak offre l'hospitalité à Messire Gauvain pour autant de jours qu'il voudra. Messire Gauvain évoque la recherche à laquelle il est obligé. Il parle de la Chapelle Verte. Monsieur de Bercilak dit que la Chapelle est à trois pas et qu'il peut donc profiter de ce château jusqu'au jour du rendez-vous. "Prenez tout votre temps pour prendre votre décision, prenez tout ce que l'on vous donnera" déclare l'hôte de Messire Gauvain et d'ajouter " accompagnez-moi à la chapelle du château, nous pourrons assister à la messe de Noël"

La chapelle est très belle, le service est parfait mais ce qui l'est plus encore c'est la jeune femme qui fait semblant d'y prier alors qu'elle tient les yeux innocemment braqués sur Messire Gauvain. A ses côtés, une sorte d'encore femme, toute ridée, monte la garde. Tout annonce que cette jeune femme est difficile d'accès. Mais "quelle audacieuse" pense Gauvain. D'autant plus lorsque Bercilak lui apprend qu'elle est son épouse.

Le lendemain le Seigneur de Bercilak annonce à Gauvain qu'il doit quitter le château pour des chasses qu'il a l'habitude de faire. "Mais" dit-il, "vous êtes ici chez vous Gauvain. Ma Femme se fera un plaisir d'être à vos petits soins. Tout ce dont vous aurez envie elle s'en chargera. Faites-lui confiance. De mon côté, ce que j'aurais tué et ramené comme prise vous appartiendra. En échange, vous me donnerez ce que vous aurez reçu durant mon absence. C'est un jeu Messire Gauvain. Il s'appelle "le jeu d'échange des gains". Je l'aime bien." Et sur ce, chacun part dans ses appartements.

Le lendemain matin, les chiens sont préparés, les chiens se rassemblent, les premiers henissent, les seconds aboient, Gauvain n'entend ni les animaux ni les hommes et la chasse s'éloigne. Mais il entend un léger glissement sur le carrelage froid de sa chambre. Il n'ose bouger. Il fait semblant de dormir. Il découvre avec stupeur que la femme de Bercilak est entrée dans sa chambre et s'arrête au bord de son lit. Elle ne bouge pas, mais derrière ses paupières à peine entrouverte Gauvain comprend qu'elle ne le quitte pas du regard. Puis elle se penche et l'embrasse sur une joue. Puis elle s'éloigne et quitte la pièce !
Gauvain est très troublé. Mais passe le jour. Au soir revient la chasse. Bercilak dépose aux pieds de Gauvain un cerf magnifique. Gauvain dépose sur la joue de Bercilak un bisou. Bercilak rit. Comme si de rien n'était.
Le lendemain, chevaux, chiens, chasseurs se réunissent mais ils n'interrompent pas le sommeil de Gauvain. Cependant il s'interrompt lorsqu'un pas léger frôle le sol de la chambre. Gauvain se réveille quand la dame, s'assied sur le rebord de son lit. Gauvain est très gêné, partira-t-elle ? Que doit-il faire ? Il décide de ne rien manifester. Dans l'obscurité, la jeune femme dépose un baiser sur l'autre joue puis, elle s'éloigne.
Au soir, Bercilak ne ramène pas un cerf de la chasse, mais seulement un sanglier. Il s'en excuse. "Quand il demande à Gauvain "n'avez-vous rien à m'offrir ce jour" Gauvain ne répond rien.. Il s'avance vers Bercilak et dépose sur sa joue gauche un nouveau baiser. L'hôte des lieux rit et salue son épouse.
Le lendemain Gauvain entend les chiens et les chevaux se rassembler comme il entend tous les serviteurs préparer le cheval. Mais surtout ce qu'il entend et espère, c'est le pas léger sur le carrelage. Quand il l'entend, le pas léger ne s'arrête pas devant le le lit de Gauvain. Il poursuit jusqu'à la fenêtre obscurçie par un épais rideau. Une main délicate soulève la courtine et la tire avec femeté. Le jour pénètre dans la salle et Gauvain, qui regardait entre les cils, ouvre grands les yeux en remarquant le beau décolleté profondément offert à son regard. Gauvain fait mine de n'en rien voir. La belle le rejoint au bord du lit. Elle s'étonne. Elle lui demande s'il est pris. Il dit n'avoir aucune attache. Elle lui demande un baiser. Il dit qu'il ne peut pas embrasser la femme de son hôte. Elle lui en donne trois sans s'occuper de son avis. Mais les baisers ne semblent pas lui suffire. Elle veut recevoir de sa part quelque chose qui lui appartienne en propre afin qu'elle se souvienne de lui, "votre paire de gants" par exemple. Il répond que rien de ce qu'il possède n'est assez beau pour elle. Alors la Dame ôte de sa taille une ceinture de soie verte "Prenez au moins cette ceinture de soie mon Ami, elle vous protégera sitôt que vous pourriez être aux portes de la Mort" Gauvain pense au sitôt à son rendez-vous et à la hache qui devrait s'abattre sur sa nuque. Bien qu'il ne la connaîsse pas Gauvain imagine la Chapelle Verte et surtout le Cavalier Vert portant la hache censée trancher la tête de son coprs. A l'idée de cette terrible épreuve Gauvain accepte la ceinture. La belle demande à Gauvain de ne faire à son mari, aucune mention du cadeau qu'elle lui fait. Gauvain assure la belle de sa discrétion et toute la journée ils se promènent dans les champs et dans les prés. Au retour de la chasse Bercilak semble déçu et pour cause. Ni cerf, ni sanglier. Un renard, voilà son maigre butin. "Et vous Messire Gauvain qu'avez-vous à m'offrir !" Ce soir-là Bercilak reçoit trois baisers sur ses deux joues. Son visage est obscur.
Le lendemain, dans un matin à la fraîcheur glaciale, un serviteur harnache le cheval de Gauvain. Il accompagne Gauvain à la Chapelle Verte. Elle n'est pas loin, à presque deux pas. Mais le serviteur s'arrête bientôt. Il refuse de poursuivre davantage. Il conseille à Gauvain de retourner sur ses pas. "D'autres que vous ont eu rendez-vous avec le Cavalier Vert. Aucun n'a gagné. Tous son morts. Partez Messire Gauvain où vous périrerez à votre tour." Gauvain serres la ceinture verte d'une main. Il dit qu'il n'est pas question pour lui d'échapper au défi. Alors le serviteur lui montre d'un doigt la direction à prendre puis il s'éloigne en marmonnant "Je vous aurai prévenu Messire Gauvain, c'est par là !" Gauvain prend la direction indiquée et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire il trouve la Chapelle Verte. Et il entend tout aussitôt un sifflement si aigu que s'il avait pu fermer ses oreilles il l'aurait fait. Gauvain lève la tête. Une silhouette gigantesque assise sur un cheval se dresse. Il la reconnaît. Devant lui se tient bel et bien le Chevalier Vert. Impressionné, il recule de quelques pas.
"Merci d'être à l'heure à notre rendez-vous Gauvain. Ne me dites pas que vous pensiez fuir ? Fuir n'est pas ah ah ah ah digne d'un chevalier de la Table Ronde !""
"Allons, il saute du haut du monticule sur le sol, préparez-vous pour le châtiment Gauvain !"
Gauvain descend de son cheval Gringalet. Il met genoux en terre et il tend sa tête.
Gauvain s'agenouille, mais, au premier coup de hache il ne peut éviter de se retirer brusquement. "Avez-vous peur Gauvain que vous ayez osé vous écarter ? " Le Chevalier Vert se moque de Gauvain. Gauvain nie et de nouveau il se prépare à recevoir le tranchant de la hache sur la peau du cou. Le Chevalier abat la hache mais... mais il arrête le mouvement quelques centimètres à peine au-dessus du coup de Gauvain. "Que faites-vous Chevalier, vous moquez-vous, allez, tranchez !"
"Puisque c'est vous qui le demandez Chevalier j'abats la hache!" Mais cette fois sur le cou de Gauvain à peine s'il y a une petite entaille.

"J'ai tenu ma promesse Chevalier Vert, je n'ai pas bougé !" Gauvain s'est relevé d'un bond.
"Je n'en attendais pas moins d'un des plus fameux Chevaliers de la Table Ronde Messire Gauvain, pas moins de vous qui avez su fort bien vous tenir devant les audaces de mon épouse... oui, Messire Gauvain, je suis aussi le seigneur de Bercilak et ma Dame n'est autre que Morgane chargée de vous défier à son tour. Vous n'avez pas cédé à ses instances sauf en ce qui concerne la ceinture de soie verte. Vous l'avez acceptée dans le seul but de rester en vie. Comment vous le reprocher ?
Allez Messire Gauvain retournons à ma demeure voulez-vous ?"Gauvain ne fut pas de cet avis. Il préféra retourner au château de Camalot. Tout le monde fut très heureux de le voir vivant. Comme il arriva au tout début du repas de la nuit du Nouvel an, le Roi Arthur attendait son conteur pour écouter une histoire QI4qu'il aimait à entendre, avant de débuter le repas. Le conteur fut, ce soir-là, Messire Gauvain lui-même.
Quelque chose me dit qu'il raconta l'histoire du Chevalier Vert?Il raconta , il y avait il n'y avait pas, un château, un roi, le roi Arthur.
Là s'arrête cette histoire.

dimanche 13 novembre 2011

Incroyable, je croyais que les fantômes....

n'existaient pas. Ils existent. Enfin au moins un. Un fantôme. Celui que la conteuse a vu pour de vrai ce dimanche 13 novembre.Sur le parking.
Contre quoi se débattait-il ? Il se débattait. Bras à droite, bras à gauche. Le drap blanc en mouvement avait l'air empêtré, maladroit.
Contre quoi luttait-il ?
Vite Lania, photos. Mais l'appareil était sans pile. Pas de photos restent les mots, merveilleuse substance à souvenirs, mensonges ou vérités essentiellement Confidentiels.
Sur le parking, entre fin de nuit et naissance de l'aube, entre lampadaires d'or et voitures imprécises j'ai vu un vrai fantôme, comme à l'instant je vois, jolie mésange matutinale. Croque graines mésange, zinzinule et croque graines. Au revoir à bientôt.

samedi 5 novembre 2011

Millefeuille d'automne, c'est FINI

Une séance agitée : une feuille qui se moque d'un jardinier perfectionniste ;
Le vent qui vient

un scarabée qui s'allonge devant la cheminée, sur le tapis blanc et rouge et un p'tit Benjamain fûté pour de vrai qui prend son rôle pour s'opposer à la sorcière aux cinq verrues sur le nez ;

un refrain de Jean Ferrat ;
la p'tite fille qui demande du pain à sa mère ou le grand voyage de bastide en bout du bout du Morbihan à croiser Alain Legoff contant dans une forge du sud-ouest ou à chanter
y a une pie dans l'jardin, j'entends la pie qui chante
y a une pie dans l'jardin, j'entends la pie chanter.
Chanter, chanter, j'entends la pie qui chante,
chanter chanter la pie s'est envolée.

"Maman, pourquoi elle a pris mon pain la pie ?"

l'enfant qui mange le lion ont tenu les enfants en haleine.

Une jolie séance. Merci les enfants surtout les plus petits qui se tenaient au fond de la salle. Merci pour l'attention de tous et de chacun chacune grands ou petits. Merci pour vos "trop forts"

Félicitations aux amateurs de théâtre qui ont ait connaître les virelangue et autres petits textes de leur cru: un vire-langue offert : kabulanolac ? lanolacabulo (répéter autant de fois que l'on veut, jusqu'à se tromper et en rire) Ou alors "panier piano panier piano panier piano" et encore le plus fort "bon pain, banc peint, bain plein" Bonjour, bonsoir et à vous revoir... "Le bonjour vous va bien"