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samedi 5 novembre 2016

Atelier conte d'ici et d'ailleurs contes des cinq continents. Parce qu'il fallait une thématique.

Mais pourquoi pas, puisque c'est celle que j'ai professionnellement choisie en comprenant, à force de me l'entendre dire que "je n'étais pas d'ici" ????

Mais revenons à la reprise des ateliers.
L'un, le lundi, sera "bijoux - j'ai travaillé un an auprès d'une créatrice- 
L'autre sera "Contes d'ici et d'ailleurs, des 5 continents" 
Quel public a choisi, sauf exception, de faire cet atelier : 
11 filles et deux rêveurs, pourraient dire certaines sachant que ce sont deux garçons. Ils me font plaisir ces gamins et je ne peux m'empêcher de penser à Jean-paul Gauthier. Je l'ai entendu expliquer que s'il est allé vers la création, c'est parce que sa grand-mère lui demandait de regarder les nuages et d'aller derrière les nuages. "Imagine, ce ne sont plus des nuages, qui sont-ils ?" Et il rêvait.
L'une des enfants ne semble pas avoir envie de participer à l'atelier. Elle fait la tronche, c'est évident. Elle vient me dire qu'elle n'est pas contente, qu'elle ne doit pas être avec moi, que le conte ça ne lui plaît pas.
Je pense "mais pourquoi pas" Et je la rassure : "Tu as raison de me le dire, mais tu es sur la liste, alors tu n'as plus le choix, tu dois rester avec moi et je veux bien te garder mais à une seule condition." 
L'air à l'envers elle me demande laquelle
"D'ailleurs la condition ne vient pas de moi, elle vient du Conte"
Elle répète un bout de ma phrase toujours décomposée. : "du conte ?"
"Oui, le Conte n'aime pas les Troncheurs." 
Tous les enfants, ensemble ou presque, me demandent "ça veut dire quoi les "troncheurs" ?
"Les troncheurs sont ceux qui font la tronche. Le Conte dit que faire la tronche, c'est pas joli, le Conte n'aime pas ça, il préfère "les joyeurs" Je me tourne vers l'enfant "As-tu envie de faire la tronche jusqu'à Noël ? puisque nous allons nous retrouver jusqu'à Noêl chaque semaine ? Si oui, tu ne restes pas avec moi et c'est moi qui ne te veux pas ?"
Elle me sourit et me dit "je reste"*
Je les regarde tous : "Donc, chaque vendredi vous deviendrez tous, garçons ou filles des joyeurs, on est bien d'accord ?" Tous hochent la tête en riant. "Ok, moi aussi, je suis un Joyeur"
Jeu de balle pour se rappeler nos prénoms (surtout moi)
Ensuite petite question banale : parmi tous les contes que vous connaissez quel conte préférez-vous ? ça fuse "Cendrillon, La princesse au petit pois, Shavko" Tiens, un conte Russe, ce n'est pas pour me déplaire.
Courte conversation 
"Qu'est-ce qui te plaît, Aline, dans Cendrillon ?" La gentille fée, sa baguette, les jolies robes" 
"Oh bé pas moi, c'est justement pour ça que je préfère la Princesse au petit pois" 
"Alors Camille qu'est-ce qui t'attire dans La Princesse et le petit pois ?" 
"C'est qu'elle n'est pas une princesse ordinaire !" tiens tiens ce n'est pas une princesse ordinaire.
"Et toi Auguste qu'est-ce qui te plaît dans Yashko ?" 
"Ce sont ses aventures" 
"Nous en diras-tu une ?" Là, tollé général 
"On pourra en dire ?" 
"Bien sûr" 
Et là une bonne partie des enfants m'a regardée, pétrifiés.
Je feins l'étonnement "Qu'y a-t-il qu'est-ce que j'ai dit, j'ai dit une bêtise !" 
"Non Lania mais mais...(hésitation) on sait pas trop encore lire ?" 
"Quoi vous ne savez pas encore lire ! (bien sûr je fronce les yeux et la couleur noire de ces derniers, puis j'éclate de rire et jubile 
"C'est parfait, vous n'avez pas besoin de savoir lire pour écouter et pour dire ! Vous n'avez que besoin de voir avec vos oreilles : sachez-le vos oreilles aiment aussi voir" 
C'est la stupéfaction sur les visages. Bien entendu vous avez deviné ce sont des nouveaux, des petits, des CP, des petits choux. Ils sont adorables. Et en plus ils me reconnaissent : je les ai eu en maternelle il y a deux ans. Et ils s'en souviennent.
Autre question banale : "Y en a-t-il parmi vous auxquels les parents ou les frères et soeurs disent qu'ils parlent trop ou qu'ils les saoulent ?"
Le devinez-vous, ma petite opposée, ma petite "troncheuse", lève le bras encore plus haut que les sept autres.
Et moi je pense "quel dommage que les parents ne sachent pas écouter leurs enfants" J'ai écrit ça moi... heu non... faites comme si je ne l'avais pas écrit, je n'aime pas raturer, j'efface pas.

Sachez qu'ainsi, de comportement en réponse, nous avons fini l'atelier en compagnie de la délicieuse chanson intitulée Tibo et composée par Gérard Hecquefeuille (KliKez et vous le et la découvrirez) et de Steeve Waring avec son célèbre "Le matou revient" que je raconte comme un conte, tout en chantant le refrain. Bientôt je les invite à devenir tous ce chat si vivant qu'ils le théâtralisent. Je pousse un cri, car ils ont tous l'air "effrayants" et qu'ils m'effraient pour de vrai. Ils se marrent bien. Moi aussi surtout parce que pas un seul n'est à l'écart. Et surtout pas l'enfant qui m'a dit qu'elle n'était pas capable d'écouter sans bouger. Du coup j'ai proposé à chaque enfant qu'on l'autorise à déambuler. Elle n'en a rien fait. Elle est restée cool calme tranquille et est devenu Matou comme tous les autres. Sans faire de bruit, sans se distinguer de quelque façon que ce soit sauf par l'adhésion au groupe. Un bel et bon moment pour redémarrer.


Le portable sonne. C'est le moment de nous séparer. "C'est déjà fini ?" "ça vous a plu ?" Tous des Joyeurs (peut-être même plutôt des Joyors, j'y pense)

dimanche 25 septembre 2016

Randonnée contée à Montreuil Le Gast avec Annie Gossmann et Lania

Bonjour


Sous un soleil de juillet en septembre la randonnée a été faite dans le cadre de l'Association Rennaise "Les Tisseurs de Contes" Ce fut un plaisir de rencontrer un public disponible et des oreilles de qualité aimant autant rire qu'écouter. Rien n'a manqué : des cailloux, à la vache, au pré.... rien.

De la cloche née en 1953 et honorée ce jour d'un canon bellement entonné du haut des escaliers de la nouvelle Mairie  de Montreuil le Gast inaugurée la veille, très récemment (précisément, la veille de la randonnée) au double petit pain chaud et sucré de Monsieur Larroque le Boulanger de la place des Cornières, celle d'un joli village du Sud-ouest, aujourd'hui obtenu en 3D, le moment fut un fameux "road-contie"

 Je crois pouvoir l'écrire. 
 Annie Gossmann, qui pour l'heure se cache derrière cette meule étonnante, pourrait dire de même.
Une étape étonnante : cet arbre n'est-il qu'un seul et même arbre ou deux (en 1) Les deux possibilités me font rêver. La croix voisine a fait apparaître un rossignol qui égrenait ses trilles. Le moine qui s'occupait de ses rosiers dans le jardin du monastère, intrigué l'a écouté, puis suivi..... Légendaire : Wanted : parti à la recherche du rossignol est-il vraiment revenu au monastère ?
D'un accord commun les conteuses pensent que la randonnée à Montreuil le Gast cet après midi fut un plaisir.  A tous et à chacun, chacune un grand merci, harpiste Morgane et Organiste de Barbarie Sylvain aussi (Manivel'Swing")

lundi 29 août 2016

Contes dans le cadre "Les dimanches au Thabor" : dernier dimanche le 4 septembre 2016

Lieux répertoriés où se placeront les conteurs et conteuses pour des actions de 20 mn en 20 mn
Pour ma part, Lania, histoires malicieuses en zone 6 auprès de la grande pelouse dès 15 h  actions de 20 mn en 20 mn en compagnie de la conteuse Annick Guyot
et en zone 7 pour des Légendes d'Amour, dans l'allée qui se situe au-dessus de la roseraie, idéal fraîcheur s'il venait à faire très chaud.

Alors... à dimanche 4 septembre 2016.
Lania - conteuse pro : siret - ape
pour la contacter
 07 70 34 0 72
Répertoire varié
0-3 ans - et au-delà jusqu'à 99 ans 
Tout anniversaires centenariat
 Mille et une nuits, européen, slave-sibérie
Cuba-Vénézuéla-Brésil
Thèmes : nature, fleurs, pomme de terre, 
fer, forge, forgeron
moyen-âge
peinture, couleur, Eros...
Boxe !


jeudi 18 août 2016

Conte et goûter sur le lieu de la Prairie Nicolas à Quimperlé

C'était le mardi 16 août.

Il faisait très chaud. Les enfants auraient-ils terminé leur sieste ? Leurs parents et grands parents auraient-ils le courage de se déplacer malgré la chaleur ?

Réponse positive.
Les uns ont accompagné les autres et les autres étaient une bien bonne trentaine.
Le thème "Voulez-vous monter dans mon bateau ?"était d'actualité puisque une 2CV remontait le courant de la Laïta
Je m'installe et pose devant moi le tapis de mon "Royaume Noiréor" sur lequel je dépose un crabe, une pieuvre, un homard ou une crevette, un papillon.
"Elle va lire un livre ?" "ça me plairait !"
J'écoute tout en faisant. J'entends. Je commente. "J'en ai toujours un sur moi"
je précise :
"Chers enfants je ne vais pas lire, je vais dire ; je ne suis pas conteuse parce que j'ai entendu des gens conter, je suis conteuse parce que j'ai lu très tôt, beaucoup lu et j'ai inventé plein d'histoires et tant d'histoires qu'on me disait des choses gentilles comme "Tais-toi" me disait-on "Tais-toi, tais-toi, mais faites-la taire ! Mais où va-t-elle chercher tout ça !" Heureuse je finissais dans ma chambre à lire davantage. Chers enfants, oui, j'ai des livres partout, la preuve, j'en ai un aujourdhui-même dans ma tortue." La Tortue leur plaît beaucoup.
Par quoi je commence ?
Par la pieuvre me répond une enfant qui a fort envie de saisir la mienne. J'en profite :
"Bonjour Eric Satie, la pieuvre est dans la caverne, elle s'amuse avec un crabe....
Puis je dis une introduction conteuse polonaise, histoire de poursuivre illico presto dans la fantaisie, celle d'une poésie russe dans laquelle toutes sortes de bateaux sont nommés et où de barque en radeau on s'en va chez Maman qui fait de bons gâteaux,... si jamais on m'offre un cadeau.
Ensuite la chanson, avec le même titre, bien connu des Maman et Mamie dont l'oeil s'enchante.
et je me laisse aller à l'imaginaire d'un enfant qui me propose un ingrédient auquel je n'avais pas pensé.  Va pour l'ancre.
En même temps, leçon de grimaces parce que ce sont des grimaces*

  • que je veux durant le refrain difficile à apprendre "Ton bateau l'est pas beau"
  • que fait Albert LePaPillon en se réveillant un matin devant la goutte de rosée
  • que le papa, la maman et le grand frère de DJakoumba font, alors que DJakoumba écrase des gnioules sur la grande pierre avec des petites pierres afin de mieux les croquer. Elle en mange beaucoup trop, c'est sûr elle va être dévorée par le Lion, "il arrive", dit Maman, "il s'approche" dit Papa ; "il est là" et il va te manger dit Grand Frère ! 

Suspense et grimaces sur le front de tout un chacun chacune. Belle réactivité des enfants, filles ou garçons. Et ouf, super, Djakoumba va devenir conteuse.
Il est justement l'heure du goûter dans la prairie Nicolas. Je dis FIN
J'entends "On a tout notre temps Lania !"
J'essaie l'alternative "Conte court ou conte long ?"
Surprise : l'adhésion est totale au conte long.
J'en profite
"Toundra, Taïga, Nef Volante et Vaniouchka" Voulez-vous monter dans mon bateau recommence. Après bien des rencontres vive le mariage. Vive le repas, la fourchette dans le dos du porc à la peau rosée. J'y étais. Albert aussi. Qui m'a dit "Monte sur mes ailes, je t'emmène dans la Prairie Nicolas, tu verras une 2cv  remonter la Laïta et des enfants qui veulent écouter tes histoires. Des histoires, ça alors mais je n'en connais pas.
Croyez moi, croyez moi pas, j'ai raconté des histoires dans la prairie Nicolas. La preuve est là :
Photo de Monsieur Flescher - extraite du journal Le Télégramme


* vite, concours de grimaces - photos.

Conte et goûter sur le lieu de la Prairie Nicolas à Quimperlé

C'était le mardi 16 août.

Il faisait très chaud. Les enfants auraient-ils terminé leur sieste ? Leurs parents et grands parents auraient-ils le courage de se déplacer malgré la chaleur ?

Réponse positive. Les uns ont accompagné les autres et les autres étaient une bien bonne trentaine.
Le thème "Voulez-vous monter dans mon bateau ?"était d'actualité puisque une 2CV remontait le courant de la Laïta
Je m'installe et pose devant moi le tapis de mon "Royaume Noiréor" sur lequel je dépose un crabe, une pieuvre, un homard ou une crevette, un papillon
"Elle va lire un livre ?" "ça me plairait !"j'entends. Je commente. "J'en ai toujours un sur moi"
je précise : "Chers enfants je ne vais pas lire, je vais dire ; je ne suis pas conteuse parce que j'ai entendu des gens conter, je suis conteuse parce que j'ai très tôt beaucoup lu et inventé des histoires et tant d'histoires que je faisais l'unanimité "Tais-toi" me disait-on "mais où va-t-elle chercher tout ça , mais tais-toi, mais fais-la taire !" et heureuse je finissais dans ma chambre à lire davantage. Chers enfants, oui, j'ai des livres partout, la preuve, j'en ai un aujourdhui-même dans ma tortue." La Tortue leur plaît beaucoup.
Par quoi je commence ? Par la pieuvre me répond une enfant qui a fort envie de saisir la mienne. Bonjour Eric Satie, la pieuvre est dans la caverne, elle s'amuse avec un crabe....
Puis je dis une introduction conteuse polonaise, histoire de poursuivre illico presto dans la fantaisie, celle d'une poésie russe dans laquelle toutes sortes de bateaux sont nommés et où de barque en radeau on s'en va chez Maman qui fait de bons gâteaux,... si jamais on m'offre un cadeau.
Ensuite la chanson, avec le même titre, bien connu des Maman et Mamie dont l'oeil s'enchante.
et je me laisse aller à l'imaginaire d'un enfant qui me propose un ingrédient auquel je n'avais pas pensé.  Va pour l'ancre.
En même temps, leçon de grimaces parce que ce sont des grimaces*

  • que je veux durant le refrain difficile à apprendre "Ton bateau l'est pas beau"
  • que fait Albert LePaPillon en se réveillant un matin devant la goutte de rosée
  • que le papa, la maman et le grand frère de DJakoumba font, alors que DJakoumba écrase des gnioules sur la grande pierre avec des petites pierres afin de mieux les croquer. Elle en mange beaucoup trop, c'est sûr elle va être dévorée par le Lion, "il arrive", dit Maman, "il s'approche" dit Papa ; "il est là" et il va te manger dit Grand Frère ! 

Suspense et grimaces sur le front de tout un chacun chacune. Belle réactivité des enfants, filles ou garçons. Et ouf, super, Djakoumba va devenir conteuse.
Il est justement l'heure du goûter dans la prairie Nicolas. Je dis FIN
"J'entends "on a tout notre temps Lania !"
J'essaie l'alternative "Conte court ou conte long ?"
Surprise : l'adhésion est totale au conte long.
J'en profite
"Toundra, Taïga, Nef Volante et Vaniouchka" voulez-vous monter dans mon bateau recommence. Après bien des rencontres vive le mariage. Vive le repas, la fourchette dans le dos du porc à la peau rosée. J'y étais. Albert aussi. Qui m'a dit "Monte sur mes ailes, je t'emmène dans la Prairie Nicolas, tu verras une 2cv  remonter la Laïta et des enfants qui veulent écouter tes histoires. Des histoires, ça alors mais je n'en connais pas.
Croyez moi, croyez moi pas, j'ai raconté des histoires dans la prairie Nicolas. La preuve est là :
Photo de Monsieur Flescher - extraite du journal Le Télégramme


* vite, concours de grimaces - photos.

mardi 24 novembre 2015

Le fidèle et demi ? Texte réécrit : tiré de l'ouvrage "Le Cercle des Menteurs" Jean-Claude Carrière.

Une fois il était, une fois il n'était pas 

Du côté de Constantinople  un sultan de haut lignage.
Il est homme de bien, de pouvoir, il ne craint pas son peuple, il l’aime ; le peuple aime son sultan. Le sultan soutient les riches, il défend les pauvres,  Inch’Allah, personne n’enviant personne, dans le royaume du Sultan règne l’ordre et les prisons sont vides. Le sultan porte de somptueuses robes de soie ou d’ottoman, des caftans ornés de lunes ou de tulipes brodées de fil d’or. Il porte aussi de somptueux  turbans aux aigrettes précieuses et légères soulignées d’émeraudes et rubis ou saphirs enchâssés d’or pur.  Le sultan est heureux.

Quoique. 
Un jour une rumeur traverse  les murs de son palais. Parvient à ses oreilles sultanes. Il s’étonne 
« Ainsi donc le Sheikh Mémet qui vit sur mes terres, possèderait des centaines  de milliers de fidèles. Ainsi donc, si le Sheik Mémet désirait se retourner contre moi ces centaines de milliers de fidèles seraient difficiles à contrôler !"
Le danger n’est pas là mais le Sultan se prend à douter : possède-t-il, lui-même, plusieurs centaines de milliers de sujets prêts à donner leur vie pour sauver la sienne ? 

Haroun le Sultan convoque Jaffâr son vizir
« Rencontre le Scheikh Memet et demande-lui de venir dans mon Palais, à Constantinople ! »
Le temps d’un aller, le temps d’un retour, le Scheikh Mémet tout habillé de blanc courbe son turban en guise de respect devant Haroun le Sultan. 

« Relève-toi Sheikh Mémet par Allah le Sublime j’ai appris que tu es entouré  de centaines de milliers de fidèles prêts à perdre leur vie pour sauver la tienne ? Qu'en dis-tu ?

"Tu ne te trompes pas Seigneur, j’ai des centaines de milliers de fidèles. Quant à savoir s’ils sont prêts à perdre leur vie pour sauver la mienne, c’est toi qui le dit Seigneur. A la réflexion je n'en compte que... deux, voir … il réfléchit  « je dirai plus sûrement... un fidèle. » 

Le Sultan Haroun réfléchit 
« Deux c’était peu mais un sur des centaines de milliers c'est rien. M'est avis que Scheick Mémet me cache quelque chose» Le Sultan Haroun porte haut le sourcil relevé. Il déclare qu'il veut voir ça.  
« Jâffar, mon Vizir, pars et ordonne aux fidèles du Sheikh Mémet de te suivre jusqu’au palais, en Constantinople » 



le temps d’un aller, le temps d’un retour, quelques jours plus tard, face au palais il y a un pré
au bout du pré une sorte d’éminence
sur l’éminence une tente blanche 
et dans la tente blanche des moutons parqués à l’insu de tous et muets.Ainsi dit le conte.
et devant la tente il y a le sultan dans une robe d’apparat et Memet le Sheikh Mémet,  tout habillé de blanc, de babouches en turban.
Et face à eux, du bout du palais à leurs pieds recouvrant tout le pré, une immense foule s’étale. Silencieuse. En attente.
D’un bras qui ausculte l’espace à 180°
«Est-ce cela que tu appelles n’avoir qu’un fidèle et demi Scheik Mémet ? Ils sont venus par dizaines de milliers tes fidèles, si je ne m’abuse ! »

« Tu ne t’abuses pas Sultan, pour ce qui est de mon peuple par exemple, mais pour ce qui est des fidèles j’insiste, je n’ai qu’un fidèle, d’ailleurs si tu veux t’en rendre compte c’est simple, fais savoir à cette foule que j’ai commis un crime et que tu vas me mettre à mort à moins que l’un d’entre eux n’offre sa vie pour que je garde la mienne. Allez, Sultan Haroun dis-leur".


Le Sultan s’adresse à la foule
« Peuple fidèle  du Sheikh Mémet, je t’ai fait réunir ici parce que ton Sheikh a commis un crime". 
A ces mots un murmure parcours la foule : "Sultan cela est impossible, c'est impossible"
Le Sultan poursuit son discours. 
« Pour ce crime qu’il a commis votre Scheikh doit être tué ! »

Le murmure s’enfle et s’élève au-dessus de cette foule bousculée par une nouvelle qui semble improbable pour elle.

Le sultan Hâroun précise son discours « Peuple fidèle au  Sheikh Mémet,  sachez qu'il aura la vie sauve si l'un de vous donne pour lui, la sienne aujourd'hui !" 

Les têtes tournent à droite, les têtes tournent à gauche, du style qu’en penses-tu, doit-on le croire, que faut-il en penser, est-ce vrai ; iras-tu, moi je n’irai pas ; certaines s’abaissent pour mieux se concentrer ou disparaître dans la foule. Le projet ne semble inciter personne. Quoique. Un homme se déplace. Le silence revient. Que fait-il ? Va-t-il le faire ? Les respirations sont suspendues, cependant  l’homme se déplace, il s’avance, la foule s'ouvre pour le laisser passer, il grimpe sur le monticule et traverse la foule, entreprend  et s’incline devant le Sultan et le Sheikh Mémet. Quand il se redresse il déclare : 

Le Scheikh est mon maître. 
Tout ce que je sais je le lui dois. 
Je donne ma vie pour lui.

Le Sultan montre la tente du bras. Tous les regards accompagnent l'homme et un silence foudroyant s'installe quand il disparaît dans la tente.
Un frémissement d’horreur se répand dans la foule à la vision du liquide rouge qui s’écoule de la tente..
Le Sultan reprend la parole 
« Fidèles, j'ai réfléchi, une vie ne suffit pas pour libérer le Sheikh Mémet  Y a-t-il parmi vous un autre fidèle prêt à sacrifier sa vie pour sauver celle de son maître aujourd’hui ?"
Dans la foule la parole ne court pas, les bras ne se lèvent pas, la précipitation n’est pas de mise, personne ne bouge, on croirait chacun statufié. A peine si certains s’esquivent avec discrétion. C’est l’immobile silence de la sidération…. jusqu’à l’instant où un mouvement se fait. Alors toutes les têtes se tournent, et une bouche s’étonne et une phrase résonne de bouche en bouche  
« C’est une femme ! c’est une femme dit un autre, c’est une femme" la foule est admirative» Une femme en effet grimpe sur l’éminence. Elle s’incline devant les deux hommes et en relevant la tête elle prononce trois mots

"Je suis prête !"

L’aigrette du sultan s'incline sur la gauche.  La femme comprend l’invitation. Elle entre dans la tente. Avant que la toile ne retombe le sultan fait un signe. Un sabre fait son oeuvre. Le liquide rouge s’écoule de nouveau. Un bruit de gorge se répand. La foule suffoque. Puis devant l’inéluctable, silencieuse elle s’ébranle, se disloque, se disperse. Bientôt sous les yeux du Sultan et du Sheikh Mémet il ne reste plus qu’un immense pré. 
Vide. 



"Tu vois Sultan, je ne t’ai pas menti à propos de mes fidèles. Je n’en ai qu’un et demi, à peine !"

"Que veux-tu dire Sheikh Mémet ? Dois-je comprendre que l’homme est un vrai fidèle et la femme seulement une moitié ?"

"Non Sultan je suis en train de te dire qu’un seul de ces deux-là est mon fidèle, et c’est la femme. Quand l’homme est entré dans la tente il ne savait pas qu’il allait être égorgé. Quand la femme s’est décidée, elle savait qu’elle serait tuée puisqu’elle avait vu le sang couler. Et pourtant, malgré cette certitude elle a offert sa vie pour me sauver ! Par conséquent le vrai fidèle en entier ce n’est pas l’homme, c’est elle, la femme.…"

L’homme et la femme sortent de la tente. Ils sourient. Derrière eux les moutons rescapés bêlent tout ce qu’ils savent et reprennent possession de leur pré. 


Ainsi se termine le conte.
Puisse-t-il  monter au paradis
et sur nos lèvres revenir 
quand il sera temps de le redire.


 *
****
 *


Ce site est hébergé par Hosteur.com : http://www.hosteur.com
La cOnclusion est empruntée à jean-Jacques FDIDDA. Merci à lui et à Didier Jeunesse.


mercredi 18 novembre 2015

Anniversaire avec Lania : magies du verbe. Parole hypnotique.

Les photos le prouvent. Lania, conteuse, raconte une histoire et ceux qui l'écoutent lui obéissent sans savoir pourquoi.

Pourquoi justement ?

La soirée est forcément rieuse.

Mais que fait-elle, que va-t-elle faire de nous ? 
Même les plus sceptiques ont le sourire.
 Vous avez dit Forge ? Quelque part en Ille et Vilaine
 Semblançay du côté de Tours, festival de la Pomme de Terre
Artiste Assoiffé - Bar de Rennes -

Contes en 3D relaxation comprise, une spécialité de la conteuse.
Voulez-vous la joindre : 07 70 34 90 72 - lcomlania@gmail.com

jeudi 10 septembre 2015

Un joli souvenir de Saint Suliac, été août 2015

Nous nous reposions.
Tant de choses vues, découvertes, re-découvertes, "suivies" et revues, nous goûtions au lieu, prenions plaisir à voir 
les promeneurs tenter un délicat toucher de l'eau d'un pied, 
le fragile décollage de cerf-volant par un papa et ses deux enfants, tous les trois vêtus de blanc, 


ou à entendre quelques conversations s'extasiant sur le beau temps ("un palmier et on finirait bien par se croire au Maroc, ou en Corse ! C'est pas beau la Bretagne ?)
et soudain la valse écossaise et le couple de danseurs qui a quitté son groupe visiblement pour notre seul  plaisir. J'étais suffisamment éloignée pour que vous ne les reconnaissiez pas. Droit à l'image oblige. En même temps, ils représentaient le "terroir" l'authentique d'antan donc ils sont tombés dans le "domaine public" en quelque sorte,
comme ces trois délicieuses dames, souriant à mon "Piak-ti" ne voulant faire de publicité à quiconque.
Juste deux souvenirs marquants parmi tant d'autres.
Fabuleux Saint Suliac 2015 au revoir.


A propos de danse, , il était une fois...
dans le palais de l'empereur qui pleurait sans cesse, à l'appeler l'Emplereur, celui-ci qui l'avait appelé ainsi eut l'idée, un jour, de lui offrir une soirée de divertissement. Pour le tirer de son malheur. Pour lui tirer quelques sourires.
La salle est belle, des miroirs, des piliers recouverts d'éclats de miroirs pour que chacun choisisse à son insu son chacun ou sa chacune, des magiciens, des fakirs, des musiciens, des chanteuses et une danseuse défilent toute la soirée.
Justement, la danseuse, elle met en émoi tous les regards, tous les coeurs masculins. Chacun bat  la chamade : son délicat visage, son bassin généreux, ses pieds tout fins ; ses bijoux, ses bracelets, de poignet ou de chevilles ; le mouvement de ses hanches ; celui de sa poitrine ; le jeu de ses doigts au bout desquels tintent de minuscules cymbales ; son regard, paupières fermés ; la musique qui s'arrête et ses hanches qui s'immobilisent, puis sa fuite légère qui laisse ses admirateurs encore davantage dans l'émoi. A tel que point, l'un de ceux-là la suit.
Elle est vive, dans l'escalier noir aux mille et une marches d'or ; elle est vive, dans les allées de la roseraie ; vive et légère, dans sa fuite les graviers chantent sous ses pieds ; bientôt elle s'arrête et s'allonge vivement sur la dalle de marbre auprès de la fontaine. Là, les yeux fermés, elle se remet de tout ce qu'elle a donné.
Soudain l'homme s'arrête et se penche. "Vous étiez merveilleuse et très voluptueuse"
Elle ouvre les yeux et répète "Comment dites-vous, "voluptueuse" ? je ne connais pas du tout ce mot-là. Elle referme les yeux. D'une main qui volète, elle lui fait comprendre qu'il doit la laisser seule.
A regrets... il l'a quittée.
Extrait du célèbre conte "La rose Bleue de Chine"

mercredi 5 août 2015

La Voyageuse. Sorties Ville de Rennes mercredi 27 juillet à Locmariaquer : jolie destination

 Départ pour Locmariaquer : température un brin frisquette. Ex toulousaine la voyageuse étonne : dès qu'elle aperçoit un rayon de soleil elle se découvre.
 L'autobus s'ébranle. C'est parti. La Vénus anyadomène s'incline sur son passage.
 Il est rare que la Voyageuse aperçoive les horizons ainsi. Photo. 
 Lochmariaquer, tout le monde descend. Bienvenue. Petit vent à peine frais. Le soleil brille. Au Syndicat d'initiative le renseignement est offert sourire compris. Plaisant. La plante grasse est étonnante.
Accueil sur les murs d'un sourire et d'une poignée de pousse-pieds. 
 La Voyageuse collectionne les photos de girouette. Le coq de l'église est une belle prise.
 1914-1918, dans l'église ceux morts pour la France. Parmi les prénoms Mathurin a la cote.
 Dans l'église, une surprise : le magnifique escalier en fer forgé façon dentelle, pour se rendre dans le clocher et le faire sonner
 Trois petites notes de musique... heu non, la Voyageuse fait erreur, trois étranges petites lucarnes
 La jolie porte bleue
 le diabolo bio nommé "roses trémières" auprès du bar du Golfe elle y mange elle y mange
la Voyageuse y prend le café et elle y rencontre des Tarn et Garonnais, des Albigeois. Le chapeau de paille au ruban noir.  Impossible de ne pas échanger quelques palabres. 
Un must. Un plaisir. L'accent multiplié.
 Bateau morbihannais
 Beau décor
 Par où on passe ? Gauche ? Droite ? Droite s'impose.
 Les vigiles du Golfe
 Maman les petits bateaux qui vont sur l'eau ont-ils des jambes ?????
 Entrée 
 L'amie de  la Voyageuse
 Voiles blanches
 Quand elles ont vu le crâne elles ont plaisanté. Laquelle a dit "Crâne qui t'a mené là ?" 
Peu importe. Mais elles ont répété la phrase pour rire, comme ça, au moins une fois chacune. Puis elles ont fait silence. 
Alors les mâchoires du crâne se sont ouvertes en crissant. Puis elles se sont abaissées et elles ont articulé la réponse "La parole !" Elles répétaient chacune "La parole, le crâne a parlé, le crâne a dit "la parole" il a répondu à notre question. le crâne a parlé, il faut le dire au maire" Elles dansaient sur le sable en riant puis  elles se sont retrouvées à la mairie. Le maire n'en a rien voulu croire.
"j'ai du travail à faire, des dossiers à terminer, je ne peux pas vous suivre..." 
"Il le faut Monsieur le Maire, nous vous l'assurons, le crâne a parlé, un crâne qui parle, sur votre plage  c'est extraordinaire. Il a dit "la parole" quand nous lui avons demandé "Qui t'a mené là ?" "Vous devez interroger cet étrange administré !" 
Monsieur le Maire a cédé. La voiture de fonction s'est avancée et elles sont montées après lui.  Bientôt sous leurs pieds le sable crissait. "Alors, il est où votre crâne ? De toute façon s'il ne répond pas, craignez pour vos têtes !" 
Elles ont dit
"oh nous ne craignons rien, nous l'avons vu et entendu et nous sommes deux à avoir vu cela". Enfin Monsieur le Maire à son tour a remarqué le crâne.  Osseux, troué, sifflant, le vent s'engouffrant dans les orbites et le nez.  
Laquelle a dit : "Crâne qui t'a mené là "? Elles l'ont dit une fois, deux fois, trois fois. Monsieur le Maire parlait de ses dossiers qui prenaient du retard. Il a pris colère 
"ce crâne ne parle pas, un crâne n'a jamais parlé, on n'a jamais ni vu ni entendu un crâne parler !" Au comble de sa colère, d'un geste désordonné, mal dirigé, il a fait tomber leurs têtes.
Ebahi, sous le choc, il a quitté les lieux.  Pendant que les têtes  roulantes ont roulé, roulé, roulé et se sont arrêtées au pied du crâne.  Façon de parler. 
Les mouettes ont arrêté de crier ;  les poissons se sont arrêtées de nager. Aucun bruit, aucun mouvement, aucun grain de sable à se déplacer. Le silence pur et dur. 
Soudain les mâchoires ont crissé, et le crâne a véritablement parlé. Il a dit en regardant leurs têtes.
"Têtes, qui vous a menées là ?"
 La vierge et l'enfant qui veillent sur les bateaux et leurs équipages qu'ils sortent ou qu'ils rentrent, légende pour preuve à découvrir dans l'église
 La Voyageuse tente de garder l'équilibre sous le vent soufflant
 Le cerf-volant tient tête au vent violent
 Kerpenhir le lieu dit
 Les deux voiliers
 Bonheur
 Les trois marches à descendre pour goûter l'eau : design.
 Ouf, vlà l'bout
 La photo préférée de la Voyageuse
 Retour. Tout le monde embarque.

samedi 18 juillet 2015

Cité des Volubilis, Kisséssékiki.... ? Ou quand l'amitié aide le destin, un seul ami suffit.

"Holà holà" il était une fois c'était une nuit bleu noir
dans une cité, sur un balcon, ça crie, ça pleure et
ça interpelle.
"Holà hola la, Kisséssékiki pleure ?"
Une petite voix a répondu
"C'est moi !"

"C'est moi ? Qui c'est c'est qui "Moi" ?"
"C'est Moi, BabyGrain' de Volubilis"

"Et pourquoi tu pleures BabyGrain'?"

"Je pleure parce que j'ai peur du noir,
j'veux de la lumière,
donne-moi de la lumière
Lanterne Chinoise"











"Oh la oh la la... BabyGrain' 
pas de musique pas de lumière, 

donne-moi  de la musique 
et je te donnerai de la lumière !"


Pauvre  BabyGrain'.
Il ne sait pas faire de la musique
Et il a peur du noir.
Et il veut de la lumière.
Qui donnera de la musique à Lanterne Chinoise ?



Baby Grain' pleure

"Holà holà la, Kisséssékiki pleure ?"
La petite voix a répondu
C'est moi ?
"C'est moi ? Kêissésséki Moi ?"
"Moi, BabyGrain de Volubilis!"

"Et pourquoi tu pleures BabyGrain' ?"
"Je pleure parce que je veux de la lumière, 
mais Lanterne Chinoise veut de la musique, 
sois gentil donne-lui de la musique Carillon Japonais. Elle me donnera de la lumière et je m'endormirai tranquille sous mon édredon de terre"









"Oh la oh la la... BabyGrain' je suis tout mou, 
pas de vent, pas de musique, 
donne-moi le vent et je te donnerai de la lumière !"

Pauvre  BabyGrain'.
Il ne sait pas faire du vent.
Et il a peur du noir.
Et il veut de la lumière.
Qui donnera du vent à Carillon Japonais ?
Baby Grain' pleure

"Holà holà la, Kisséssékiki pleure ?"
C'est moi !
"C'est moi ? Kisséssséki Moi ?"
"Moi BabyGrain de Volubilis!"

"Et pourquoi tu pleures BabyGrain ?"
"Je pleure parce que je veux de la lumière 
mais Lanterne Chinoise veut de la musique et 
Carillon Japonais veut du vent, 
sois gentil Bel Eventail 
souffle le vent 
sur Carillon Japonais 
Il jouera de la musique
Lanterne Chinoise 
me donnera de la lumière 
et je m'endormirai tranquille 
sous mon édredon de terre.












"Oh la oh la la... BabyGrain' pas de capucines qui dansent, 
pas de vent, 
fais danser les Capucines et je te donnerai de la lumière !"


Trouver de la musique,
trouver du vent,
trouver des capucines
C'est comment des capucines ?
BabyGrain' ne connaît pas les capucines,
y en a -t-il seulement, et s'il y en a où sont-elles ?

BabyGrain' ne connaît qu'une chanson, la chanson des ouin ouin.
BabyGrain' chante la chanson des ouin ouins.
BabyGrain pleure

"Holà holà la, Kisséssékiki pleure ?"
C'est moi !
"C'est moi ? Kissésséki Moi ? "
"Moi BabyGrain de Volubilis!"
"Et pourquoi tu pleures ?" disent Capucines Lébelles, en choeur


"Je pleure parce que je veux de la lumière 
mais Lanterne Chinoise veut  de la Musique 
Carillon Japonais veut  le vent, 
et Bel Eventail veut vous voir danser 
soyez gentilles Capucines Lébelles
dansez pour Bel Eventail
il éventera Carillon Japonais 
qui jouera de la musique pour Lanterne chinoise
qui me donnera de la lumière 
alors rassuré et tranquille  je m'endormirai sous mon 
édredon de terre.















"Oh la oh la la... BabyGrain'  nous sommes toutes fripées défraîchies 
pas de douche, pas de capucines qui dansent" 


BabyGrain' a de la peine. Il veut sa lumière.
Qui douchera Capucines Lébelles ?
BabyGrain' pleure et il cherche dans la nuit :
pas de robinet, pas de bassin, pas de fontaine
mais soudain une voix qui dit
"Kisséssékiki pleure ?"


"C'est moi, M'sieur Larrosoir,  BabyGrain'deVolubilis.
"Pourquoi tu pleures ?" 
BabyGrain' raconte tout 
Parce que j'ai peur du noir, j'peux pas m'endormir, j'veux d'la lumière 
mais Lanterne Chinoise veut de la Musique 
Carillon Japonais veut sentir le vent, 
 Bel Eventail veut voir danser 
Capucines Lébelles, 
Et Capucines Lébelles veulent se doucher ! 
Douchez Capucines Lébelles  M'sieur Arrosoir
elles danseront pour Bel Eventail
Bel Eventail éventera Carillon Japonais 
Carillon Japonais jouera de la musique pour Lanterne chinoise
Lanterne Chinoise me donnera de la lumière 
alors, tranquillisé et réconforté,  je m'endormirai sous mon 
édredon de terre.

Monsieur Larrosoir est de très mauvaise humeur, 





"Oh la oh la la... BabyGrain'  je meurs de soif, 
tu veux ta lumière,  je veux boire, 
donne-moi à boire et je doucherai Capucine Lébelles

BabyGrain' pleure, il veut sa lumière : mais il n'y a
aucune bouteille, aucun verre et le bar voisin est fermé, Comment faire ?
Soudain une voix tombe du ciel
BabyGrain relève sa tête
"Pourquoi tu pleures BabyGrain' ?"



BabyGrain' raconte tout
Mademoiselle Pluie Pluie est toute triste pourtant elle dit




"Oh la oh la la... BabyGrain'  j'aime Monsieur Lorage 
mais il ne le sait pas
dis-le lui et je donnerai à boire à Monsieur Larrosoir. 


BabyGrain' veut sa lumière
Mais il ne sait pas où est M'sieur Lorage
Il pleure.
Une voix déchire le ciel

"Kisséssékiki pleure ?"
"C'est Moi M'sieur Lorage,
BabyGrain' de Volubilis"
et il lui dit tout, et surtout
"Miss PuiePluie vous aime, épousez-là"





"Oh la oh la la... BabyGrain', je l'aime aussi mais 
je ne l'épouserai que si
Monsieur Larkenciel signe le registre de mariage"

C'est fini BabyGrain' n'aura pas sa lumière, il ne pourra pas s'endormir, il pense : 
"Jamais on n'a vu jamais on ne verra 
Monsieur Larkenciel sortir de nuit"
Et ouin ouin ouin il chante la chanson des ouins ouin.
Et soudain à travers ses larmes il aperçoit des couleurs dans le ciel, du rouge du bleu du jaune du vert du rose... il croit rêver. Il frotte ses yeux. Et il rit. Car il ne rêve pas, 
"On verra verra, on le voit déjà
Monsieur Larkenciel 
se promène la nuit











Monsieur Larkenciel veut bien signer le registre
Alors tout va très vite tan tan tan tan musique de mariage
Monsieur Lorage épouse Mademoiselle PluiePluie
Mademoiselle PluiePluie sert à boire à Monsieur Larrosoir
Monsieur Larrosoir douche Capucines Lébelles
Capucines Lébelles dansent pour Bel Eventail 
Bel Eventail évente Carillon Japonais
Carillon Japonais musique pour lanterne Chinoise
Lanterne Chinoise éclaire BabyGrain 
BabyGrain s'endort tranquille et rassuré sous son bel édredon de terre

Le lendemain matin il y a du monde sur le parking : des femmes, des enfants, leurs maris,  leurs papas, leurs grand-pères et tous s'étonnent à grands bras, à grands mots : 
"Avez-vous entendu cette nuit ?"
"Quoi, vous parlez, du bruit, du raffut, du ramdam ?"
"Oui, nous parlons de tout ça. Savez-vous qui a fait tout ce bruit cette nuit ?"
"Non, c'était qui, c'était quoi ?"

Ils ont tous redressé la tête quand la petite voix a répondu : 
"C'était Moi, BabyGrain de Volubilis
Et pour vous remercier de n'avoir rien dit je vous offre toutes mes couleurs et toutes mes prochaines graines"

L'année suivante
de nombreux BabyGrain ont dormi 
sur les balcons de la cité des Volubilis. 

Lania - conteuse
07 70 34 90 72
19 juillet 2015