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mercredi 21 février 2018

Ecole Guillevic Rennes : Intervention sous le préau


Auprès d'élèves et de parents d'élèves.
Thème "Contes des Cinq Continents"
On est tous
montés dans l'avion ; on a bien mis nos ceintures de sécurité, -clic clac, un p'tit coup d'croco- on est parti droit direct en Afrique, faire connaissance avec la gourmande et courageuse Diabou N'Dao, foi de lion ;

On a tous
remis nos ceintures -clic clac un p'tit coup d'croco- l'aviateur a remis les gaz et hop là direct l'Irlande, pour rencontrer Setanta le fils de la belle Detchiré petit héros fabuleux -je reviendrai vous le raconter- ;

On a tous re-remis nos ceintures de sécurité et on est arrivés au Maroc pour rendre son chapeau de mariage, juste à temps, à L'oiseau Chapeau (randonnée extraite à ma façon, du livre "Histoires autour d'un brin de Halfa" recueillies par Véronique LAGNY DELATOUR ;

On a re-re-repris l'avion et re-re-remis nos ceintures de sécurité -et clac, un p'tit coup de crocodile chanteur- pour débouler au Vietnam et comprendre que les enfants, sont INTELLIGENTS. Foi de Tigre et de Buffle. Et celle-là ce n'est même pas moi qui l'ai dite. Ils l'ont mimée.

Je les remercie tous.
Nous avons tous oublié la chaleur et le préau : nous avions les pieds dans l'eau.
Le conte... ça rafraîchit.
Promis la prochaine fois.... je reviens avec mon baobab.

 

Si tu veux la paix pose d'abord les armes

Il était une fois, parce qu'une fois suffit bien... il était une fois Eustache. Eustache le soldat. 

Cette fois-là, au cours d'une bataille, le pauvre Eustache est surpris par une déflagration. Dans le souffle, le soldat Eustache est soulevé, il s'envole et retombe violemment au sol. Plus précisément dans un trou.  
Dans le choc, il ferme les yeux ; quand il les ouvre une lueur traverse la nuit. Il se dit qu'il a bien de la chance de voir une étoile filante.  Puis, avec difficulté, car la terre luisante et molle fait qu'il glisse et remonte autant qu'il glisse de nouveau, il finit par  s'extraire du trou tout groggy. 
Il secoue la poussière de ses vêtements puis il cherche son fusil. 
Un soldat sans fusil ce n'est plus un soldat. Eustache interroge son fusil 
« Où es-tu mon fusil, où te caches-tu ?" 
Eustache cherche à droite, à gauche, devant, derrière. C'est derrière lui, dépassant d'un buisson qu'il retrouve son fusil.  Eustache le saisit, se met au garde à vous et déclare : 
« Soldat Eustache,…. assommé au cœur de la bataille
vous êtes de nouveau  prêt au combat ! »
Raide comme un piquet, Eustache attend.  Il attend à l’affût d’un ordre. Mais aucun ordre ne vient troubler le silence de mort. Prudemment, il tourne la tête à droite à gauche, devant, derrière :  la plaine est vide, il est seul, on l'a oublié. Aussitôt le froid le saisit. Eustache  tremble. Puis il se dit  qu’il ne doit pas rester là, planté comme un poireau et pour se donner du courage il se met à chanter
sa seule certitude : 
Je suis un p’tit soldat,
Toujours prêt, toujours là,
Un petit fier à bras
Courageux et tout ça.
Je suis un p’tit soldat,
Toujours prêt, toujours là,

Un petit fier à bras
Dodi dodelida
Et corne démoula.

À pas cadencés, il se met en marche, bien décidé à retrouver sa guerre.

Marche qu’il marche, quand le jour se lève il aperçoit une silhouette humaine. Il n'est plus seul. Réjoui, il l’interpelle
« Bonjour Citoyen ! Je cherche la guerre. Pouvez-vous me dire où elle se trouve ? »
« La guerre ? »  L’homme répète. Eustache remarque les étranges yeux de l'homme, son regard perdu, égaré. Eustache comprend que l'homme a perdu la vue.  Cependant l'homme répond en balançant un bras :  "la guerre? elle est par là, ou par là.  Pourquoi tu m’interroges, ne vois-tu pas qu’elle est partout où tu vas, soldat de malheur ? »
« Comment savez-vous que je suis soldat ? Vous n'y voyez pas ! »
« Apprends, Soldat, qu’on voit avec le cœur peut-être plus sûrement qu’avec les yeux » 
Et sur cette parole l’homme s’est éloigné, le pas sûr, dans la brume du petit matin. 

Eustache poursuit sa route. Le soleil a fait une apparition timide.
Apprends, Soldat, qu’on voit aussi avec le cœur et peut-être plus sûrement qu’avec les yeux »
« Apprends, Soldat, qu’on voit aussi avec le cœur et peut-être plus sûrement qu’avec les yeux » 
"Apprends, Soldat, qu’on voit aussi avec le cœur et peut-être plus sûrement qu’avec les yeux »
Les mots de l’homme résonnaient dans la tête du soldat Eustache.
Il entendit des enfants rieurs parler entre eux et leur mère intervenir auprès d'eux. le groupe vient vers lui, Eustache le salut : 
« Bonjour Madame ! Bonjour les enfants.  Je cherche la guerre. Pouvez-vous me dire où elle se trouve ? » 

La femme lui répond vertement
« Qu'est-ce que vous racontez, vous cherchez la guerre, je ne veux pas savoir où est la guerre, laissez-nous en paix ! Vous nous avez déjà tout pris ! Honte sur vous ! »
Les paroles de la femme blessent le soldat Eustache. Il ne sait quoi répondre. Plutôt que de répondre il avance la main pour caresser la tête du plus petit des enfants. 
Mal lui en prend. L'enfant le mord violemment de ses petites dents. Tout soldat qu'il est Eustache crie

« Aie ! mais pourquoi m'as-tu mordu jusqu'au sang petit ?"

Le ciel se couvre. Les enfants et leur mère disparaissent.  Eustache est seul une fois de plus. Il recommence à chantonner doucement


Pourquoi suis’j un soldat ?
Je ne le sais même pas.
À quoi ça rime tout ça ?
Je ne le sais même pas !
Pourquoi suis’j un soldat ?
Je ne le sais même pas.
À quoi ça rime tout ça ?

Je ne le sais même pas !
Dodi dodelida
Et corne démoula.

Eustache d'un bon pas poursuit sa route. Des  gouttes de pluie commencent à tomber. Il pense à ses camarades de régiment. Où sont-ils maintenant ?
Il pleut à verse. Eustache ne voit plus rien du paysage.
Caillou ou branche ? Il trébuche. Il s'étale de tout son long dans la boue. Le tonnerre gronde, 1, 2, 3, 4... un éclair déchire le ciel : l'orage est tout proche.
Tout à coup, autour de lui, une forme menaçante apparaît et une voix grave et rauque l'interpelle :  :
« Alors, Soldat, on a perdu la boussole ? »
Eustache bredouille
"Euh… Je je cher je cherche  la guerre… Savez-vous où est la guerre ? »
"Ha ha ha, comme tu es drôle, tu es donc si pressé de mourir ?" s'esclaffe le nouveau venu ! "Regarde-moi bien, Soldat : avant, j’étais comme toi, avant… Ne m’oublie pas, Soldat, ne m’oublie pas… »
Ah ah ah ! la forme menaçante s'efface derrière le rideau de pluie.

1, 2, 3, 4.... 40 l'orage est loin. Eustache, trempé jusqu’aux os, marche comme un automate.
Il tâte son épaule à la recherche de son fusil. Il l'a perdu. Tant pis. Eustache ne le cherche pas. Il continue de 

Marcher, marcher, marcher…
Marcher ça fatigue, marcher ça épuise, Eustache est fatigué-épuisé. Il aimerait bien se reposer. Ce serait bien si... ce serait s'il trouve... Eustache aurait-il de la chance ? Il aperçoit une maison en ruines. 




Les fenêtres vont de travers, la porte est de guingois mais la cheminée tient debout. Autour, il y a  du petit bois et un gros tronc d’arbre, tout pour faire un bon feu. Et sur le manteau de la cheminée, il y a même des allumettes.  Crish crish Eustache se réchauffe ; il aperçoit un levier en fer forgé : il le monte-descend : de l'eau froide coule dans l'évier de pierre.  Eustache fait un brin de toilette et un brin de lessive. Sur un fil, bienvenu et à hauteur d’homme, qui traverse la salle il accroche ses vêtements en marmonnant 
"Pendant que vous sécherez, mes amis de route, moi je vais me reposer" 
Et il  s'étend  sur un vieux banc de guingois.  Malgré cela il   s’endort profondément. Ça s’entend. Eustache ronfle.
L'odeur particulière du "rû" -comme on dit dans le 81- le réveille. Et pour cause : il est en train de prendre feu : ses pantalons, son tricot de peau et sa chemise sont tout calcinés. Il n’a plus rien, pour se vêtir, que son caleçon. Eustache hausse les épaules. Il  enfile le caleçon et reprend sa route le pas léger.
Il chante à tue-tête :


Je n’suis plus un soldat.
Je ne veux plus faire ça :
Toujours marcher au pas.
Ne comptez plus sur moi.
Je n’suis plus un soldat.
Je ne veux plus faire ça :

Toujours marcher au pas
Ne comptez plus sur moi..
Dodi dodelida 
et corne démoula.

Sur le chemin une enfant surgit d’un buisson en éclatant de rire. 
« Oh la la la comme tu es drôle toi, tu t'en vas tout nu ! Qui es-tu ? »
Eustache est surpris. Dans un geste réflexe il est aussitôt au garde-à-vous
« Soldat Eustache, toujours prêt au comb… » il ne termine pas sa phrase : il se rappelle qu’il n’a plus de fusil, plus de chemise, plus de tricot de peau, plus de ceinture, plus de pantalon : il éclate de rire.
« T'es pas un soldat toi, t'as pas d'fusil,  toi, tu ressembles plutôt à un clown  ! » dit la petite. 
« C’est vrai , je ressemble à un clown 
mais je ne suis pas.... un clown. Et en fait..." 
Sous les yeux de l'enfant Eustache pose un doigt sur ses lèvres... il réfléchit et poursuit sa phrase ainsi 
« En fait je ne sais plus très bien qui je suis. »
« Moi, je sais, je m’appelle Anastassia et je ramasse du bois pour ma mère Irina. On va faire du feu et surtout du pain. Tu veux nous aider ? »
Tout penaud Eustache répond qu'il n'a jamais fait de pain et qu'il ne sait  pas comment ça se fait ! 
L'enfant répond à son tour que ce n'est pas grave qu'il lui suffit tout simplement de vouloir apprendre à en faire et elle lui demande    "Es-tu prêt à apprendre ? »
Eustache répète timidement qu'il ne sait pas faire. L'enfant le rassure :
"Je sais tu l’as déjà dit, mais dis-moi seulement si tu veux ou tu veux pas …. Si tu veux, tu m'suis.. tu finiras bien par prendre la bonne décision ! »
Eustache suit la petite sur le chemin qui mène à la maison. Le soleil descend lentement sur l’horizon. Il chantonne le dernier couplet de sa chanson.
« Tu chantes la chanson ? »
« Oui, je l’aime bien. »
La porte de la maison s’ouvre et Mère Irina apparaît un bout de son tablier blanc brodé de rouge, relevé dans sa main droite.
L’enfant sautille joyeusement : 
« Maman ! Maman ! C’est Eustache. Il veut apprendre à faire du pain.»
La maman regarde Eustache, regarde sa fille, regarde Eustache : au lieu de dire bonjour, ... elle éclate de rire.
Eustache rougit : il se souvient que seul son slip blanc l'habille. Il est ridicule. Il bafouille des excuses
« Ex- excu- excusez-moi Madame Irina, j’ai brû, brû, brûlé mes vêtements »
« Ne vous excusez pas. Je préfère vous remercier, il y a si longtemps que je n’avais ri d’aussi bon cœur. Entrez et attendez-moi, je vais vous trouver des habits. »
Quelques temps plus tard Eustache, vêtu de nouveaux vêtements, apprend en riant à faire du pain : il mélange le levain, la farine et l’eau… Pendant que la pâte repose, la petite s’endort. Eustache et sa maman  parlent toute la nuit au coin du feu.

L’aube approche.
C’est le moment préféré de Anastassia : elle s'est levée et maintenant elle malaxe, 
#lacourdespetits.com
elle triture, elle aide sa mère à diviser la pâte en trois pâtons : ça l’amuse beaucoup : elle pousse des cris de joie quand la porte du four se referme sur eux.
Elle imagine les flammes crépitant joyeusement.
De son côté Eustache sort un instant. Une bonne odeur de pain chaud flotte dans l’air du petit matin. Elle chatouille ses narines.
Eustache respire profondément. Il pense 
"C'est une belle journée qui commence aujourd'hui. Jamais plus mes mains ne toucheront un fusil !" 

Adapté de
"Le Petit Soldat qui cherchait la guerre"
Mario Ramos
Paris, l’école des loisirs, 1998

samedi 5 novembre 2016

Atelier conte d'ici et d'ailleurs contes des cinq continents. Parce qu'il fallait une thématique.

Mais pourquoi pas, puisque c'est celle que j'ai professionnellement choisie en comprenant, à force de me l'entendre dire que "je n'étais pas d'ici" ????

Mais revenons à la reprise des ateliers.
L'un, le lundi, sera "bijoux - j'ai travaillé un an auprès d'une créatrice- 
L'autre sera "Contes d'ici et d'ailleurs, des 5 continents" 
Quel public a choisi, sauf exception, de faire cet atelier : 
11 filles et deux rêveurs, pourraient dire certaines sachant que ce sont deux garçons. Ils me font plaisir ces gamins et je ne peux m'empêcher de penser à Jean-paul Gauthier. Je l'ai entendu expliquer que s'il est allé vers la création, c'est parce que sa grand-mère lui demandait de regarder les nuages et d'aller derrière les nuages. "Imagine, ce ne sont plus des nuages, qui sont-ils ?" Et il rêvait.
L'une des enfants ne semble pas avoir envie de participer à l'atelier. Elle fait la tronche, c'est évident. Elle vient me dire qu'elle n'est pas contente, qu'elle ne doit pas être avec moi, que le conte ça ne lui plaît pas.
Je pense "mais pourquoi pas" Et je la rassure : "Tu as raison de me le dire, mais tu es sur la liste, alors tu n'as plus le choix, tu dois rester avec moi et je veux bien te garder mais à une seule condition." 
L'air à l'envers elle me demande laquelle
"D'ailleurs la condition ne vient pas de moi, elle vient du Conte"
Elle répète un bout de ma phrase toujours décomposée. : "du conte ?"
"Oui, le Conte n'aime pas les Troncheurs." 
Tous les enfants, ensemble ou presque, me demandent "ça veut dire quoi les "troncheurs" ?
"Les troncheurs sont ceux qui font la tronche. Le Conte dit que faire la tronche, c'est pas joli, le Conte n'aime pas ça, il préfère "les joyeurs" Je me tourne vers l'enfant "As-tu envie de faire la tronche jusqu'à Noël ? puisque nous allons nous retrouver jusqu'à Noêl chaque semaine ? Si oui, tu ne restes pas avec moi et c'est moi qui ne te veux pas ?"
Elle me sourit et me dit "je reste"*
Je les regarde tous : "Donc, chaque vendredi vous deviendrez tous, garçons ou filles des joyeurs, on est bien d'accord ?" Tous hochent la tête en riant. "Ok, moi aussi, je suis un Joyeur"
Jeu de balle pour se rappeler nos prénoms (surtout moi)
Ensuite petite question banale : parmi tous les contes que vous connaissez quel conte préférez-vous ? ça fuse "Cendrillon, La princesse au petit pois, Shavko" Tiens, un conte Russe, ce n'est pas pour me déplaire.
Courte conversation 
"Qu'est-ce qui te plaît, Aline, dans Cendrillon ?" La gentille fée, sa baguette, les jolies robes" 
"Oh bé pas moi, c'est justement pour ça que je préfère la Princesse au petit pois" 
"Alors Camille qu'est-ce qui t'attire dans La Princesse et le petit pois ?" 
"C'est qu'elle n'est pas une princesse ordinaire !" tiens tiens ce n'est pas une princesse ordinaire.
"Et toi Auguste qu'est-ce qui te plaît dans Yashko ?" 
"Ce sont ses aventures" 
"Nous en diras-tu une ?" Là, tollé général 
"On pourra en dire ?" 
"Bien sûr" 
Et là une bonne partie des enfants m'a regardée, pétrifiés.
Je feins l'étonnement "Qu'y a-t-il qu'est-ce que j'ai dit, j'ai dit une bêtise !" 
"Non Lania mais mais...(hésitation) on sait pas trop encore lire ?" 
"Quoi vous ne savez pas encore lire ! (bien sûr je fronce les yeux et la couleur noire de ces derniers, puis j'éclate de rire et jubile 
"C'est parfait, vous n'avez pas besoin de savoir lire pour écouter et pour dire ! Vous n'avez que besoin de voir avec vos oreilles : sachez-le vos oreilles aiment aussi voir" 
C'est la stupéfaction sur les visages. Bien entendu vous avez deviné ce sont des nouveaux, des petits, des CP, des petits choux. Ils sont adorables. Et en plus ils me reconnaissent : je les ai eu en maternelle il y a deux ans. Et ils s'en souviennent.
Autre question banale : "Y en a-t-il parmi vous auxquels les parents ou les frères et soeurs disent qu'ils parlent trop ou qu'ils les saoulent ?"
Le devinez-vous, ma petite opposée, ma petite "troncheuse", lève le bras encore plus haut que les sept autres.
Et moi je pense "quel dommage que les parents ne sachent pas écouter leurs enfants" J'ai écrit ça moi... heu non... faites comme si je ne l'avais pas écrit, je n'aime pas raturer, j'efface pas.

Sachez qu'ainsi, de comportement en réponse, nous avons fini l'atelier en compagnie de la délicieuse chanson intitulée Tibo et composée par Gérard Hecquefeuille (KliKez et vous le et la découvrirez) et de Steeve Waring avec son célèbre "Le matou revient" que je raconte comme un conte, tout en chantant le refrain. Bientôt je les invite à devenir tous ce chat si vivant qu'ils le théâtralisent. Je pousse un cri, car ils ont tous l'air "effrayants" et qu'ils m'effraient pour de vrai. Ils se marrent bien. Moi aussi surtout parce que pas un seul n'est à l'écart. Et surtout pas l'enfant qui m'a dit qu'elle n'était pas capable d'écouter sans bouger. Du coup j'ai proposé à chaque enfant qu'on l'autorise à déambuler. Elle n'en a rien fait. Elle est restée cool calme tranquille et est devenu Matou comme tous les autres. Sans faire de bruit, sans se distinguer de quelque façon que ce soit sauf par l'adhésion au groupe. Un bel et bon moment pour redémarrer.


Le portable sonne. C'est le moment de nous séparer. "C'est déjà fini ?" "ça vous a plu ?" Tous des Joyeurs (peut-être même plutôt des Joyors, j'y pense)

mardi 17 mars 2015

Un peu de l'agenda de Lania à venir (avril mai juin juillet 2015)

Mes prochaines dates 


à la Maison Neuve - gîte

pour une soirée Repas Ambiance Conteuse sur un thème légèrement coquin : "Bosquets d'Eros" 

A partir de 19 h  - le vendredi 24 avril, jour de la Saint Fidèle


06 85 01 21 73
02 99 58 05 38


La Maison Neuve à joindre pour le tarif 
contact@arpenteurdessens.fr.


à la Librairie Planète IO 

7 rue Saint Louis à Rennes

A partir de 18 h 30

Le jeudi 6 mai      "Barbierie'Z Schéhérézadiennes"
le jeudi 11 juin      "Merveilleuse histoire Schéhérézadienne"

A partir de 20 h

le jeudi 2 juillet     "Mille et une Nuits en six heures et en jardin sous les étoiles" - 

Performance visée : 

Redire les cinq précédentes séances jusqu'à l'ultime conclusion de nuit, puisque la coutume orientale ne voulait pas que l'on dise des contes en journée, sous peine d'y perdre la tête d'un vif tranchant.

Comme chacun chacune le soupçonne, je suis pour la protection lucide de toute tête aux oreilles généreuses.  


jeudi 12 mars 2015

Une vidéo qui m'a attirée à propos du livre "Mina et les Livres"


un petit régal succulent et non pas "suxssulent",

Et si vrai dans l'introduction qu'à mourir de rire (sauf notre fille) et d'autant plus apprécié,  qu'aujourd'hui même deux livres de plus se sont ajoutés à mes étagères. Un de plus qu'hier. Ouf.

Et d'autant plus étonnant qu'il y a peu, alors que je contais à des cm2, voilà que l'un d'eux me demande  "mais Madame, montre-nous le livre et les images"

J'ai souri et j'ai continué à conter sans tenir compte de leur intervention.

Un mot vient encore à mon esprit : "visualiser : un art pas si simple ?"

dimanche 21 décembre 2014

Bonjour action contée Rue de Jerzual à Dinan

Plus tard on dira "C'était le 13 décembre 2014"  
Le haut de Dinan était en liesse et la rue de Jerzual allait de l'avant. Grâce à une partie des commerçants présents.
La convivialité était là, offerte à tout passant : des gâteaux, des boissons à l'entrée de chaque boutique, de l'accueil.
Le départ se faisait dans le haut de la rue, devant la boutique dans laquelle quiconque peut acheter ceintures et bracelets. Au son du mélodica Lania entraîne l'écoute du joli groupe d'oreilles qui lui fait face en lançant
"Il y avait dix filles dans un pré" 
Les spectateurs ne sont pas longs à reprendre le refrain avec enthousiasme, certains connaissent les couplets. Il y a du souvenir dans l'air.
Dix filles dans un pré et un prince qui passait. L'instant bascule dans le Moyen Age.
Dix filles dans un pré et un Père Noël qui se lamentait. Une voix masculine succède à la voix de Lania c'est celle de  Yacine Abdhallah. La voix rieuse de ce conteur scotche les enfants présents, trois jolis lutins et lutines. Il fait froid et pourtant personne ne bouge. Les applaudissement résonnent, une proposition est lancée : "Suivez-nous, randonnons ensemble"
Certains suivent, d'autres pas, mais qu'ils montent ou descendent, il y a toujours des visiteurs qui choisissent de se laisser aller à l'instant et rejoignent l'assemblée. Et le groupe s'étoffe ou se délite au gré des escales. 
Les boutiques se succèdent. Celles de peintres, sculpteurs, de bois, de verre, bijoutiers, souffleurs de verre, illustrateurs, créateurs ; les contes soulignent les thèmes de la création mêlée à celui du bonheur. Le rire, l'apprentissage, la recherche de la paix, la ruse et le plaisir sont les ingrédients. Et "ça marche et surprend" tout comme l'inattendue pancarte, sur laquelle chacun peut lire "rendez-nous notre sapin", invite Yassine à conter comment une autre a justement permis à Nazrreddine Hodja de retrouver l'âne qui lui avait été volé au marché. Fous rires à "donf"
Lania et Yassine sont contents. Certes il ne fait plus que tout au bout de la rue bien connue, température propice à glisser un conte russe, mais ils se rappellent déjà le soudain rayon de soleil qui a animé de sa chaleur les mobiles à la Calder glissés dans la tour, le moelleux au chocolat, les tranches de pain d'épices et le fameux vin chaud sans une seule once de vin, offert par la charmante hôtesse de la Maison Bleu Lin Maison Bleu Lin à Dinan et tous ceux de la rue qui ont partagé ces instants.
Merci à tous et à chacun.
Et pour eux et tous ceux qui aiment lire, petit cadeau de l'Avent Noël, l'histoire qui suit  : bon rêve. 
Il était une fois 
parce qu'une fois suffit bien
C'était peut-être à Meillonnec. 
C'était peut-être pas, qui peut savoir ?
Mais à l'école de Meillonnec, la maîtresse, et ça c'est vrai, avait averti les enfants qu'un  symposium de sculpture se déroulerait sur la place de Meillonnec. Maîtresse et élèves sont allés voir voir l'arrivée des fantastiques blocs de granit. Et les enfants ont pris plaisir à écouter le bruit des burins. L'un d'eux avait tant pris goût à leur sonorité, que chaque soir il s'attardait et regardait travailler les sculpteurs. Et surtout l'un d'entre eux, dont il suivait, poussière comprise, chaque outil dans son chant et le mouvement des mains du sculpteur.   
Au fur et à mesure des jours l'élève n'eut plus qu'une idée : poser la question qui lui brûlait les lèvres.
Enfin le dernier jour est arrivé. L'enfant tremblait en voyant le sculpteur essuyer son burin d'un vieux chiffon défiguré puis, se reculer pour souligner son ouvrage d'un ultime geste, quasi câlin. Avec courage il s'est approché. 
Et le sculpteur a demandé "Pourquoi tires-tu sur ma manche, petit ?"
"Parce que je veux savoir !"
"Quoi, petit, que veux-tu savoir ?"et en prononçant ces mots le sculpteur plongea ses yeux et ses sourcils hirsutes dans le regard transparent de l'enfant qui a répondu 
"Je veux savoir comment tu as su qu'il y avait un cheval dans le bloc de pierre ?"
 pierre, tronçonneuse, culture, sculpteur, symposium


Vous pouvez découvrir cette histoire dans le volume "Le cercle des menteurs" de Jean Claude Lacarrière. Beau livre pour un super cadeau de Noël ou de 1er de l'An.

mardi 19 août 2014

Thème du jour : le cirque ou la nouvelle magie, soit en un seul mot : vous avez dit "conte" ?

Il existe des contes sur le cirque, c'est vrai, mais le lieu était particulier. Auprès d'un étang, bien caché dans la Chapelle des Fougeretz.
Imaginez. 
Un jardin avec des plantes méditerranéennes : un eucalyptus au tronc ressemblant à une trompe d'éléphant, des aloès géants, un bananier de belle hauteur, un jasmin blanc volumineux, un plaqueminier par la force des saisons, encore trop vert tout comme ses fruits. Vous venez de reconnaître, ainsi l'appelle-t-on au Japon, by Wikipédia,  le kaki no ki plus simplement encore appelé chez nous, "le kaki"
Un jardin avec une belle fontaine, et une rectangulaire et étroite pièce d'eau tout à la main travail de mosaïste marocains chevronnés : La Chapelle des Fougeretz jardin, merci Alain, auteur du site.
il existe aussi des contes sur la magie, c'est vrai, mais le lieu était particulier.
Imaginez. Des bancs qui se font face et une sorte de tonnelle, caractéristiquement marocaine avec son toit de tuiles vernissées bleu vert

Merci Alain, le photographe
Le public n'était pas nombreux, mais il était fait de vrais seigneurs et princesses.
L'une d'elles s'y est mise. Elle se nomme Marie-Claude et a raconté avec charme et brio, l'histoire du petit gars de Camaret qui voulait un nom et qui fut fort applaudie. Cette histoire, je peux en témoigner, émeut beaucoup et étonnamment les hommes. Nous évoquons donc la part symbolique du conte et dans la foulée je m'avance à conter à ma façon, l'histoire "juive" de celui qui s'était perdu. Je vous rassure et c'est pour cela qu'elle est intéressante : il se retrouve. 
Encore des applaudissements nourris et dans la foulée c'est au tour de Yassine d'intervenir. 
Alors là, sur un conte merveilleux, Yassine nous scotche et nous re-scotche puisqu'il y joue de la magie. Nous voilà, tous et toutes, estomaqués.
Et moi deux fois plus, dès lors qu'il sort une banane numérotée et que sans qu'elle soit découpée d'aucune façon, dit-il, il nous assure que le fruit l'est, en deux morceaux. Stu-pé-fac-tion à l'instant de la vérification. Non je ne donnerai pas la solution, mais sachez que cet homme est fabuleux, puisque banane 3 et banane 4 confirment que Yassine Abdallah sait, véritablement, tout sourire et convivialité, couper le fruit en 3 et quatre morceaux sans qu'on puisse s'en douter de l'extérieur. Finalement nous sommes tous heureux et heureuses qu'il ait pensé à notre goûter. Nous restons tous et toutes cois et coites jusqu'au bout de son conte merveilleux sauf nos mains qui n'en finissent pas d'applaudir.  Sachez qu'il était accompagné d'une étonnante voyante. Tête sous plaid, elle est d'une efficacité remarquable. Elle nous confond. Non, je n'en dirai pas davantage. 
Quoique. Sachez que pas plus tard que la veille, j'ai ouvert un bouquin que je ne me souvenais plus posséder. Et que j'y prenais connaissance du coup de la banane. Extraordinaire hasard non ? On dit que celui-ci fait bien les choses. C'est vrai. 
Marie-Claude, qui a dit la première histoire, retourne à la parole. Elle nous offre un conte japonais subtil et superbe à propos du rêve qu'un fils annonce avoir fait à son père. Et au cours du conte Marie Claude tire, d'on ne sait où, un éventail pour de vrai.
Me voilà de nouveau confondue car j'ai justement reçu, aujourd'hui, dans ma boîte aux lettres, un éventail japonais du plus bel effet. 

Je transforme sur l'instant cette concomitance en histoire "increible".
Et je me permets de conclure avec un conte marocain, qui invite trois frères à dire successivement un gros mensonge en courant le risque d'obtenir une maison de Maître. Mais, il n'est pas forcément facile de dire un gros mensonge. Seul le plus jeune des frères y parviendra.
Quelque chose reste vrai : une heure durant, trois conteurs n'ont pas cessé de s'y essayer et, j'ose le prétendre, ils y ont réussi, mêlant cirque et magie. Si le propriétaire des lieux avait été présents, sûr qu'il leur aurait offert son Jardin Marocain. Rires.
Nous repartons tous, oreilles et langues, réciproquement séduits et séduites, par ce moment conté enchanteur. Comme il était dit, disons-le :
"le conte a coulé comme un fleuve, nous l'avons dit pour des seigneurs"
Cette séance s'est déroulée dans le cadre de l' Association Les tisseurs de Contes, association qui promeut avant tout le goût du Conte et celui de le dire à travers de nombreux ateliers. Rejoignez-les. Forums le 6 septembre, par exemple au Centre Social de Villejean. 

vendredi 25 juillet 2014

Voyage avec Monsieur Monsieur - Jean Tardieu - Vendredi 25 juillet 2014

Avec Monsieur Monsieur 
je m’en vais en voyage.
Bien qu’ils n’existent pas
je porte leurs bagages.
Je suis seul et ils sont deux.
Lorsque le train démarre
je vois sur leur visage
la satisfaction
de rester immobiles
quand tout fuit autour d’eux.
Comme ils sont face à face
chacun a ses raisons.
L’un dit : les choses viennent
et l’autre : elles s’en vont.
Quand le train les dépasse
est-ce que les maisons
subsistent ou s’effacent ?
moi je dis qu’après nous
ne reste rien du tout.
Voyez comme vous êtes !
lui répond le premier,
pour vous rien ne s’arrête
moi je vois l’horizon
de champs et de villages
longuement persister.
Nous sommes le passage
nous sommes la fumée ...
C’est ainsi qu’ils devisent
et la discussion
devient si difficile
qu’ils perdent la raison.
Alors le train s’arrête
avec le paysage
alors tout se confond.
  • Jean TARDIEU, « Voyage avec Monsieur Monsieur », Le Fleuve caché,

Monsieur c'était l'espace et l'espace se meurt

Monsieur interroge Monsieur 
Monsieur pardonnez-moi 
de vous importuner 
quel bizarre chapeau 
vous avez sur la tête ! 


-Monsieur vous vous trompez 
car je n'ai plus de tête 
comment voulez-vous donc 
que je porte un chapeau ! 

-Et quel est cet habit 
dont vous êtes vêtu ? 


-Monsieur je le regrette 
mais je n'ai plus de corps 
et n'ayant plus de corps 
je ne mets plus d'habit 

-Pourtant lorsque je parle 
Monsieur vous répondez 
et cela m'encourage 
à vous interroger : 
Monsieur quels sont ces gens 
que je vois rassemblés 
et qui semble attendre 
avant de s'avancer ? 


-Monsieur ce sont des arbres 
dans une plaine immense 
Ils ne peuvent bouger 
car ils sont attachés 

Monsieur Monsieur Monsieur 
au-dessus de nos têtes 
Quels sont ces yeux nombreux 
qui dans la nuit regardent ? 


-Monsieur ce sont des astres 
Ils tournent sur eux-même 
et ne regarde rien 

-Monsieur quels sont ces cris 
quelque part on dirait 
on dirait que l'on rit 
on dirait que l'on pleure 
on dirait que l'on souffre ? 


-Monsieur ce sont les dents 
les dents de l'océan 
qui mordent les rochers 
sans avoir soif ni faim 
et sans férocité 

-Monsieur quels sont ces actes 
ces mouvements de feux 
ces déplacements d'air 
ces déplacements d'astres 
roulements de tambour 
roulements de tonnerre 
on dirait des armées 
qui partent pour la guerre 
sans avoir d'ennemi ? 

-Monsieur c'est la matière 
qui s'enfante elle-même 
et se fait des enfants 
pour se faire la guerre 

-Monsieur soudain ceci 
soudain ceci m'étonne 
Il n'y a plus personne 
pourtant moi je vous parle 
et vous vous m'entendez 
puisque vous répondez ! 


-Monsieur ce sont les choses 
qui ne voient ni entendent 
mais qui voudraient entendre 
et qui voudraient parler 

-Monsieur à travers tout 
quelles sont ces images 
tantôt en liberté 
et tantôt enfermées 
Cette énorme pensée 
Où des figure passent 
Où brillent des couleurs ? 

-Monsieur c'était l'espace 
et l'espace 
se meurt 


Tardieu Jean 

mardi 15 juillet 2014

Meuh Vache à l'oreille rouge, comptine pour les moins de trois ans.

Il était une fois
"La vache à l'oreille rouge" est une comptine identifiée région Bretagne
Je l'ai rencontrée sur un vieux livre de chansons, Breton. Avec sa partition.
Les livres ont leur vie à l'intérieur de mon domicile. Pour l'instant je ne remets pas la main dessus et ne peux donc pas faire une photo pour la déposer ici. 
Cependant, et curieusement, voici un lien, bordelais, pour vous permettre d'identifier même un second couplet, qui bien entendu peut se tripler et davantage.

Vache vache à l'oreille rouge
ta rouge oreille je la tiens
vache vache à l'oreille rouge
je bois ton lait le matin

vache vache à la p'tite main rouge
ta p'tite main rouge je la lève
vache vache à la p'tite main rouge
je bois ton lait le matin

Vache vache au petit nez rouge
ton p'tit nez rouge je le tiens
vache vache au p'tit nez rouge
je bois ton lait le matin

Vache vache au p'tit soulier rouge
ton sabot rouge je le montre
vache vache au p'tit soulier rouge
je bois ton lait le matin

Vache vache au p'tit balai rouge
ton p'tit balai rouge je le tourne
vache vache au p'tit balai rouge
je bois ton lait le matin. 

Alors meuh toute, allez-y dites ou faites dire et chanter la  vache à l'oreille rouge
Tiens, on m'appelle, excusez-moi je vous quitte. 

Que dis-tu Lassoury ?
Que c'est fini ?
Ah bon, et bien d'accord, c'est fini, au revoir p'tite Lassoury, à bientôt. 

dimanche 15 juin 2014

Bonjour. Il existe des contes du Niger

contes du Niger
Cliquer pour connaître comment vous pouvez vous les procurer.
Promenade dans Tarbiyya Tatali, bonjour à l'antenne de Cesson Sévigné (35)
Ainsi qu'à tous et tous qui passez ici sans me voir (rire)
mon n° de téléphone pour passer au "chair et en os"
"Coquine Patate a la Frite et vous l'entendez bien"
à l'Artiste Assoiffé
Quand la Pomme de terre légende...