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vendredi 4 août 2017

Cueillettes de champignons : attention danger.

J'avoue que je n'ai pensé à rien d'autre. Rien d'autre qu'à cette seule certitude :  déguster, seule - parfois l'égoïsme a du bon-  une belle omelette bio en voyant dans le pré vert les délicieux petits rosés tout frais. Frais du jour, frais de rosée, délicieusement frais. 
Non, je n'ai pas pensé du tout à passer par la pharmacie.
Oui je les ai tous cueillis. Heu non, j'en ai laissé trois. Pas si égoïste, finalement.
Non, je ne les ai ni lavés, ni pelés.
Oui, je n'ai fait cuire que les têtes.  Les queues -ne riez pas- je les ai déposées dans la terre de mon yucca pour cueillir d'autres petits rosés tout frais et quasi bios,  "bios de chez Bios" au pied de ma porte, cet automne, comme il m'arrivait antan, au pied de ma demeure Corse, de cueillir des girolles ou des trompettes de la mort.
Et alors ?
Alors je vous raconte. La dégustation a eu lieu le vendredi soir. 
Mais le lendemain samedi, je m'apprête à conter dans l'après midi.   Dès 15 h je me prépare. J'enfile une robe longue, noire, j'en décore le col  d'une broche rigolote au style très picassien (de Picasso)  Quand je ressens d'étranges choses : des tremblements, une vision troublée, des nausées et zioup ce à quoi j'étais à dix mille lieues de m'attendre se produit. Pas grave, ça va passer. Allonge-toi, couvre-toi, lis... que nenni, impossible de lire une seule phrase, les mots dansent sous mes yeux.... et zioup, ça recommence de plus belle. Cékoiça qui se passe ? 
Stoïque j'attends de voir. 16 h je commence à m'effrayer. Je pense à Emma Bovary. Mais pourquoi Emma Bovary, vraiment, aucune idée ne me transperce les neurones. Cependant, pourquoi elle ? Je ne vois qu'une seule réponse :  comme ça, pour rien, surtout que je ne l'ai croisée sur aucune étagère depuis, depuis combien d'années au fait ? Non sans blague, tant que ça ? "Comme le temps passe" aurait dit ma mère.  Je réfléchis. Se pourrait-il que... ?
Comme un fantôme, la poêle fait une apparition. J'entends le beurre crépiter, je vois les champignons fondre de plaisir,  j'ai l'eau à la bouche à l'idée de ma prochaine émotion gustative.  Quand il me revient m'être étonnée sur l'étrange couleur que prenaient les lamelles de champignons. Une drôle de sorte de gris un peu verdâtre.  Gris vert à faire peur, peur à m'effrayer. 
Comment se fait-il que mon intuition ne m'ait pas interpellée davantage ? Je ne me suis pas arrêtée du tout sur mon intuition. J'ai juste ajouté quelques 2-3 gousses d'ail et quelques minutes plus tard j'ai tout fait tomber dans mon assiette. J'étais réellement contente, mieux j'étais parfaitement heureuse.
Et ce à quoi je crains de faire face se reproduit. J'épargne les détails mais ils m'effraient réellement. Dois-je appeler quelqu'un ? Ma fille ? Non, je n'ai pas pensé à SOS médecins. Et puis ma fille c'est mieux. Bang, elle est en courses et pas tout près. Bien sûr je me fais un peu houspiller. Que dire ? Rien faire autre qu'attendre.
Entre temps le téléphone sonne. L'amie de ma fille est très aimable. Très gentille. Elle me questionne comme une professionnelle. L'amie de ma fille est peut-être médecin ou journaliste. En tout cas, elle n'habite pas Rennes. Elle est gentille de prendre de mes nouvelles, mais pourquoi elle me dit qu'il va falloir que je sois hospitalisée. Hospitalisée, moi, mais pourquoi ? Je ne tiens pas bien debout, j'ai peine à rester assise, je ne comprends pas que je fréquente le destin d'un culbuto. L'amie de ma fille me dit qu'avec les photos ils feront les vérifications, mais elle veut les photos. 
(photo non contractuelle, prise par la rédactrice du délicieux blog sur son Gers si beau : Gersicotti-Gersicotta : merci à elle)
Les photos ? Quelles photos ? Ils, elle... je n'y comprend plus rien.
Et je vais raccourcir car oui, je dois être hospitalisée ; mais oui d'abord il faut donner ce qu'il me reste des champis et aller photographier ce qui reste de la famille Champi dans le petit pré vert. Tiens, il n'y a pas que moi qui ai cueilli des petits  rosés des près. Et oui Maman, ce n'était pas une amie, au bout du téléphone, j'ai appelé le centre anti-poison.... Tu as fait quoi ? Oui Maman, c'était bien une responsable du centre anti-poison d'Angers. Ah bon !!!! Anti-poison... anti-poison....
Et je vais raccourcir et plaisanter sur du vrai
"Oui", répond l'infirmière au téléphone en me regardant, "la dame aux champignons est bien là mais j'ai rarement vue une personne subissant un empoisonnement et le supportant aussi bien" Elle n'a pas tort,  j'ai belle allure dans ma robe noire et ma mère m'a bien appris à me contrôler. Cependant ma tête tourne pour de vrai et je lui ordonne de bien se tenir.
Le reste se mesure à la crainte de côtoyer la Mort parce que je l'ai moi-même cherchée. Pourvu que mon âme ne lui plaise pas. Pourvue que je ne sois pas encore inscrite sur ses registres.
En fait l'histoire m'aura coûté un tête-à-tête avec une pendule qui, jusqu'aux secondes ne désirait pas avancer d'un iota. "Comme elles sont longues les nuits à Rennes, dites-moi sont-elles aussi longues qu'à Rennes, les nuits des Gayeulles ?" A me prendre pour Laurent héros de mon conte toulousain préfèré "Las nuits de Tolosa". Un tête-à-tête et des douleurs dont franchement jusqu'ici je ne mesurais pas l'existence.
Finalement tout s'est bien fini qui finit bien.  
14 h, le lendemain,  j'apprends que les deux sommités mycologues sont sûres d'elles ou d'eux : je ne suis plus en danger. Je peux partir. Ouf.

Ce qui me donne envie de partager pour la seconde fois une histoire (un petit conte dit "de randonnée") sur le thème des CHAMPIGNONS (article suit) A tout de suite.

mardi 11 août 2015

A venir deux rendez-vous à CHATEAUGIRON (Ille et Vilaine) les samedi 26 septembre et 3 octobre 2015

Bonjour

J'ai le plaisir de vous faire connaître que j'interviendrai au 
Centre d'Art  


LES 3 CHA à Chateaugiron

CHApelle
CHAteau
CHAteaugiron
au cours de

"les rendez-vous du samedi matin" 


26 septembre / 10h30-12h : Atelier d’écoute adulte / 5 €

« Reflets de pierres » avec Lania, conteuse (à partir de 15 ans)

03 octobre / 10h30-12h : Atelier d’écoute enfant / 5 €

« Pinceaux de pierres » avec Lania, conteuse (pour les 8-14 ans)

Je vous emmènerai au travers de rues et ruelles des 22 Petites Cités de Caractère Bretonnes.  De photos en toiles et peintures façon conteuse

"Petit bonhomme petit homme, 
viens t'en vite viens t'en voir 
marron qui veut devenir myrtille, 
je sais le Breton ...
Quel Breton ?"

A vous rencontrer pour y répondre

Tous les ateliers (20 personnes) se font  sur inscription : 

dimanche 18 mai 2014

Et cric et crac le conte est là, du pays de Rance. D'après une lecture faite aux Archives de Rennes.

En ce temps-là on se déplaçait à pied, en carriole, ou en carrosse.
En ce temps-là on s'éclairait à la bougie, on mangeait le pain de son propre four à pain.
On faisait cela en ce temps-là du côté du pays d'Ailleurs ou de celui de la Rance, près de Dinard.
Et du nom d'une fée, du côté de Dinard et de l'îlot Chalibert.  

Chalibert, la fée Chalibert, était comme toutes les fées. Elle avait des pouvoirs. Aujourd'hui on dirait des compétences. Et parmi l'un de ces pouvoirs celui de mettre quiconque cap sur l'autre monde; Et quand cette fantaisie la prenait c'était pour cent ans au moins, 
Ah charmante fée Chalibert.

Un jour, cette fantaisie lui prit.
Et Cric et Crac l’histoire vient. L'histoire est là.   

C'était un de ces jours pris entre deux nuits, un de ces jours disparus depuis belle lurette dans la besace du temps, un de ces jours où deux cortèges de noces se sont présentés à cet endroit de la rive de la Rance appelé Jouvente. Les deux cortèges espéraient que le passeur les mène de l'autre côté. Un prêtre les accueillerait sur l'ilôt d'Aleph et l'un après l'autre, il procèderait aux deux mariages.

A l'arrivée sur le ponton, les deux cortèges eurent une belle surprise. Le passeur n'était pas au rendez-vous. Chaque cortège décida d'attendre. Mais à l'intérieur des deux cortèges, il y avait des impatients. Puis comme le temps passait il y eut des inquiets. Bientôt les conversations allèrent bon train, mais seulement au sein de chaque cortège.  D'un cortège à l'autre il n'était pas question de se parler.

  
L'une des noces était celle de la jeune Rozenn, la fille du Maître du Château  de Pleurtuit. Une plutôt belle fille. Dans le cortège il y avait toute une troupe de gentilshommes, de dames, de pages et de valets, tous dans un brillant apparat. Tous richement vêtus.
La seconde noce réunissait deux familles de basse roture. Aucune noblesse. Peu d'argent. Mais pourtant capable de générosité puisqu'elle avait réuni en son sein, quelques manants, malgré leur allure et leurs droguets. 

Soudain, il y a un mouvement de foule, les gens des deux noces se haussent sur leurs pied. Ils  observent le ciel. Celui-ci s'est grisé, obscurci, il menace de tourner en tempête. Mais ce n'est pas la tempête qui vient c'est une barque. Qui vogue de nuage en nuage et se pose en contrebas du ponton. On se penche pour voir. Et le bruit court dans les deux rangs "C'est une mendiante ! comme elle est vieille ! regardez, ses vêtements sont de vraies loques, des guenilles, voyez comme elles traînent sur le sol tant la vieille est voûtée" Chacun y va de son commentaire. Malgré tout la vieille enjambe la barque et monte sur le ponton. Là, elle tend la main, elle demande l'aumône. Et d'une voix éraillée elle insiste "Quelques pièces m'sieurs dames, à votre bon coeur, trois, cinq autant que voudrez ! Ne vous retenez pas s'il vous plaît c'est jour de bonheur !" Elle aurait fait donner trois sous au pire des mendiants, parlons en, Abou Khacem, le riche marchand de Bagdad qui s'habillait toujours vêtu de guenilles y compris ses babouches !
  
Dans le cortège de basse roture, la jeune fiancée fait immédiatement un signe à son promis. Il plonge sa main dans son escarcelle. Il en retire quelques liards et sans l'ombre d'une hésitation, le futur époux les donne à la mendiante « Que ces quelques liards vous portent chance Madame ! » La mendiante le remercie d'un sourire et se rapproche de la seconde noce.

Le jeune gentilhomme s'apprête à faire autant sinon mieux. Il tire sa bourse d’or et tente de l’ouvrir. Mais à ce moment-là, et ce n’est pas le hasard, sa jeune fiancée lui donne un  coup de coude si brutal que la bourse tombe dans l’eau. La fiancée du chateau s’amuse beaucoup. Elle rit sans retenue. Elle rit toujours quand  le passeur se présente.

Tout le monde se précipite.
Mais quand le passeur monte sur le ponton il a un comportement étrange. Il arrête les deux cortèges et leur demande de ne pas s'avancer. Puis il retient les deux couples. Qui plus est, il les sépare. Il met l'un à sa droite et l'autre à sa gauche et il sépare chacun de sa chacune. "Comme c'est étrange ? Que fait-il ? Pourquoi fait-il cela?" dans les deux noces les commentaires vont bon train.

Dans les deux cortèges c'est le silence. Chacun essaie de comprendre pourquoi le passeur embarque la jolie Rozenn du château de Pleurtuit et pourquoi avec elle, il embarque le futur marié du cortège roturier. et pourquoi il n'embarque aucune autre personne. Mais pourquoi pourquoi pourquoi pas nous ? crient-ils tous en voyant le passeur manoeuvrer et cingler tout soudain droit vers le large.  
C’est à n’y rien comprendre. Chacun est médusé. Certains disent en montrant le ciel « C'est à cause de la mendiante, de la pauvresse, regardez, elle est dans le ciel ! dans les nuages ! » Certains disent qu’en effet, les nuages lui ressemblent ; d’autres disent « bêtise, balivernes, les nuages ne sont que nuages ! » 
La pauvresse  était assise sur un muret. Elle tenait une paume ouverte et dans la paume ouverte on pouvait voir, les quelques liards du paysan. Mais personne ne la regardait. Tout le monde était attentif à la barque qui diminuait comme une coquille de noix

Quand la barque disparut à l’horizon, les deux cortèges se retournèrent. Ils aperçurent la mendiante. Elle s’adressa à eux.
  
« Laissez-moi vous dire qui je suis, on m’appelle la fée Chalibert. Je rendrai à chacun la monnaie de sa pièce ou la pièce de sa monnaie" dit-elle. "Quand je paierai mon dû, personne ne manquera à l'appel. Il vous faudra seulement attendre le temps qu’il me faudra pour le faire". Et sur ces mots la fée Chalibert disparut.


Ils attendirent cent ans.
En ces temps anciens, il n'était pas facile d'atteindre cent ans. C'est  grâce à ses pouvoirs la Fée Chalibert les garda tous en vie. La fiancée du manant, le fiancée de la jeune fille noble et tous ceux qui se trouvaient dans les deux cortèges : certains conteurs disent  même que les chiens des seigneurs et les poux des manants vécurent cent ans à leur tour. Mais personne n’échappa aux sévices du temps.

Au bout des cent ans au matin du même jour,  les deux cortèges se dirigent vers le ponton de Jouvence sans s’être consultés. Sans savoir pourquoi. Ce n'est pas une réponse de leur instincts, c'est la décision de la fée Chalibert. Les deux cortèges étaient étranges. Nombreux étaient ceux qui avançaient sur trois jambes, dont l'une offrait un écho de fer inégal. Chacun y allait de sa musique. Les poitrines toussaient, les bouches crachaient, les jambes titubaient ou boîtaient ; certaines têtes ne pouvaient que regarder le sol, d’autres corps tremblaient de la tête aux pieds. Certaines voix étaient réduites à un filet inaudible, certaines bouches sifflaient plus qu’elles ne parlaient, d'autre bavaient en découvrant des gencives dénudées. Comme bébés faisant leurs dents mais eux ne les faisant pas. C'était un pitoyable spectacle.
  
Ils se placèrent tous, les uns à côté des autres et quand le dernier s'est installé, la barque du passeur est apparue. Elle avançait dans l'estuaire de la Rance, sans voile, sans rame, doucement, vers les vieillards chenus. Chacun reconnaît sans peine la demoiselle fiancée, fraîche comme une rose cueillie au petit matin. Et à ses côtés se tenait le jeune fiancé du cortège roturier qui admettait la présence de quelques manants à ses côtés. Tous deux portent leurs habits de noces dans le même état que le jour de la noce. La robe blanche n'a pas jauni, le costume noir n'est pas flétri.  Leur visage, leur corps reflète l'image de la jeunesse. 
Leur mine est belle et jeune. .

Un brouhaha monte du ponton. Les vieillards s’étonnent.
Les jeunes gens sur la barque s’étonnent aussi : ils n’ont jamais vu autant de centenaires à la fois. La barque manoeuvre pour se rapprocher du ponton. Les deux jeunes gens mettent pied à terre. Au même moment la fée Chalibert apparaît.
« Bonsoir » dit-elle «  Je viens vous rendre mon dû, il est temps"
Elle fait un geste en direction du vieux gentilhomme. Le fiancé d’antan du château de Pleurtuit.  Elle lui montre sa jeune fiancée et déclare «Je suis venu vous la rendre, elle est à vous !"

Le vieillard reconnaît aussitôt sa fiancée. Et dans ses yeux luit aussitôt une lueur de gourmandise. Il dit qu'il est d'accord et qu'il est content.
Mais la jeune et jolie fiancée dit qu'elle ne le connait pas, qu'elle ne le veut pas. Et sur le ponton elle périt d'effroi et lui périt, de déception. 

Mais l’histoire n'est pas finie. La fée Chalibert se tourne maintenant vers une vieille paysanne de la noce roturière. Elle l'interpelle d'un lumineux « Demoiselle » et lui dit en riant « je vous rends votre futur mari ; il est à vous» La vieille reconnaît son amour. Elle lui sourit aussitôt et devient presque désirable. Elle  regarde son futur époux et s’avance vers lui les bras grands ouverts. Mais brusquement la Fée Chalibert fait un mouvement et la vieille, bousculée coule dans la Rance. Le fringant fiancé n'hésite pas un seul instant, il plonge dans la rivière et en retire sa promise d'hier. 

L'eau de la Rance a-t-elle des pouvoirs ? Le jeune homme pauvre croit ramener sur le ponton sa vieille à la bouche édentée. Mais au lieu de cela il ramène une belle, la belle de ses vingt ans plus belle que jamais. 

La fée Chalibert leur sourit. Elle dit "Je vous fais don du manoir de Pleurtuit. Vous en êtes désormais les maîtres » Ils veulent la remercier. Elle les en dissuade. « Ne me remerciez pas, vivez, tout simplement." 

L'un prend la main de l'autre et tous deux s'éloignent vers le château de Pleurtuit. Sur le ponton, la fée Chalibert fait en sorte que les vieillards, de l'un ou de l'autre cortège disparaissent. Elle s'éloigne à son tour en riant. Et le conte finit là. 




C’est grâce aux conteurs qui la passent  et la repassent que nous savons qu’il faut traverser la Rance le cœur sincère et bienveillant. Sinon nous pourions passer dans l’autre monde pour au moins cent ans.

jeudi 20 octobre 2011

De Vezin le Coquet les roulottes sont reparties .....

pour la Tsiganie
L'avant-dernière séance "Les mercredis contés" à la Médiathèque de Vezin le Coquet s'est terminée dans la joie et l'étonnement.

Les enfants, une petite quinzaine, ont vu les roulottes s'arrêter et former comme un cercle protecteur. Ils ont vu les brindilles, le bois, le trépied, la marmite -qui n'y étaient pas- "Tendez l'oreille !" ils ont entendu la soupe au maïs qui faisait bloup gloup blop, qui faisait bloup gloup blop.
Les enfants ont vu les Tsiganes-Oiseaux (légende offerte généreusement par Esméralda Romanez elle-même) alourdis par les cadeaux en or ; ils ont vu les pipidons et le houx et l'oeuf, gobe gobi goba, gobé.
Ils ont joué le jeu en répétant passée la troisième proposition "un pipidon, entre deux ongles et scrashhhhhhhhhh un pipidon de moins" Merci pour le bruitage. Et ceci 4 fois de plus, parce que 7 est un chiffre magique.
Ils ont vu Touchatou et son copain, Rien.
Ils ont vu le Tsigane qui voulait épouser la fille du roi. Ils ont assisté au bal du mariage et l'une a dansé avec la conteuse sur les airs du premier violon de légende.
Et pour terminer, ils ont vu la belle Esméral'diabl' dans sa robe rouge. Ils ont vu le forgeron mis au défi de briser la noisette par le p'tit bon'homme.
Et soudain, suite à une manipulation audacieuse du Forgeron,


ce n'est plus 16 ou 17 qu'ils se retrouvèrent dans les lieux, mais 1000, conteuse comprise.
Tout ça volti volta pour une noisette en un lieu sans noisetier trouvée et sur une enclume brisée, à en avoir "le diable au corps"

Prochaine intervention, le mercredi 21 décembre 2011
dès 15 h 30 pour une ambiance de Noël entre ailes blanches et orgues fantastiques.
A bientôt.

vendredi 14 octobre 2011

AUTOMNE

en compagnie de Lania, entre autres,
le samedi 5 novembre, 16 h
pour une après-midi Châtaignes au sein de
l'école Primaire et Maternelle St Michel - St Helier
www.ecolestmichel-rennes.fr/
A bientôt, avec plaisir
"Combien de pommes de terre pour faire la soupe de ma grand-mère
Combien de pommes de terre pour faire la soupe de ma grand
Combien de pommes de terre pour faire la soupe de ma ....
Combien de pommes de terre pour faire la soupe de....
Combien de pommes de terre pour faire la soupe ...
Combien de pommes de terre pour faire la ....
Combien de pommes de terre pour faire...
Combien de pommes de terre pour...
Combien de pommes de terre....
Combien de pommes de.....
Combien de pommes....
Combien de...
Combien.... ?

mardi 24 mai 2011

Mercredi 22 Juin à Cesson Sévigné au Dojo - Privé

Je présenterai une proposition musclée, pour les jeunes enfants, de 4-5 ans à 12 ans garçons et filles qui auront pratiqué le judo durant cette année 2010-2011.
Il me tarde déjà d'être auprès d'eux.
C'est fait. Accompagnée de mon gong tibétain qui déclenchera en fin de prestation un véritable engouement de la part des enfants. "C'est quoi, il vient d'où, non sans blague, il fait chanter l'eau !!!" Et oui et oui.
Où est passé le collier de la petite fille ?
N'Gouo, celui qui a créé la Terre ?
Comment le Maître a montré la Voie du Dojo a l'Elève.
La Rose Bleue de Chine.
Le tout entremêlé de devinettes, vire-langue et chansonnettes.
Zen et amitié pour une belle écoute, à en oublier l'immense gymnase. A bientôt.

mardi 28 septembre 2010

22 septembre 2010 Médiathèque Vezin le Coquet

15 h 30 Heure du conte. Rendez-vous avec les grands des Korrigans. Mais tout le monde peut venir. Qu'on se le dise.
Il s'en est passé des choses pendant les vacances. Visite rigolote et dans le désordre du château de Tuiles Plates (adaptation) et de ses visiteurs obstinés, histoire de faire rimer les mots.
A coup de chat caché dans le rutabaga de Ruth Tabaga le voilà sauva mais pas si sûr pour "Le fils du chasseur" histoire Outches (territoire de Russie). Moment d'inquiétude où l'on apprend qu'il est bon d'écouter ses rêves -sauf exception comme dit l'un avec sagesse-

Dans les châteaux il y a des cuisines et dans les cuisines des cuisinières qui mettent de l'ordre. Pauvres carottes, céleris, choux-fleurs, pissenlits, poireaux, haricots qui ne servent même pas à cuisiner la soupe aux lentilles* de Mère de la mère de la mère de la mère de la mère de la mère de sa mère. A n'en plus retrouver la recette ? Que nenni puisque la voici, offerte par les grands des Korrigans, de vrais amis des mots et des histoires.
[...nous avons adorer les contes. Nous te donnons une recette de la soupe aux lentilles.

_ des lentilles
_ de l'eau chaude
_ de la lavande
_ du persil
_ 3 oufs -amusant, je laisse, ça me fait rire et le rire est le propre de Lania-
_ de la ciboulette
_ des oignons
_ de la crème fraîche

.... Maël, Clémentine, Maxence, Maxime, Hugo, Sarah, Ewen, Téo, Nino, Corentin, Pauline, Tom,Thomas, Célénie, Antoine. Un grand merci à eux. Y a plus qu'à vous y mettre. A au fait, roses, les lentilles, roses évidemment. A bientôt les gars les filles.

Prochain RDV avec Anastasia LaRose (Lania) pour les plus petits des Korrigans, le 17 novembre, même heure, 15 h 30 et même lieu domaine de Corinne, Médiathèque de Vezin le Coquet, rue des Violettes, bus N° 53
* Célèbre histoire turque où l'on apprend que les grands-mères sont des rusées, et que la moustache de l'homme turc est un ornement précieux comme une balayette à toilettes. ??? Si si Messieurs, croyez Fille de la fille de la fille de la fille de la fille de sa mère. Bon enfin confiance ou pas, mais confiance tout de même, il y avait, il n'y avait pas, voilà c'est fini.

Photo signée Mathieu Galliussi

dimanche 4 juillet 2010

4 - Picsou- Hardor : Tanguy est retrouvé

La vague court, court et au-delà il y a une île. Sur cette île deux garçons courbés se redressent et poussent une barque vers la mer. Ils sont comme des joyeux drilles : ils chantent, ils s'esclaffent, ils rient, ils battent des mains et hop-là en trois pas ils s'installent dans la barque. Leur joie est de courte durée devant l'immense vague qui vient vers eux. Ils vont mourir noyés. Quel dommage après tant d'effort pour remettre la barque en état. Mais leurs rires reprennent et ils n'en peuvent plus de s'embrasser quand ils remarquent que la vague entre dans l'aber, et les dépose juste derrière une chaumière. Silence.

"C'est la chaumière de mon père" dit l'un ; "c'est le hennissement de mon cheval" dit l'autre ; le fils du roi est de retour. "Le fils du roi est de retour" hurlent des soldats chargés de veiller auprès de la chaumière au retour du fils du roi. Les soldats tirent des coups de canon qui se font entendre par-delà la forêt de Brocéliande. Près de Paimpont au château, le roi cesse de pleurer, il tend l'oreille, "Mon fils n'est pas mort, Tanguy est vivant, Cuisiniers sortez la farine de sarrazin, cassez vos oeufs, du beurre de l'eau, galettes "faisez" ; héraults invitez tous ceux de mon royaume au château. Et les hérauts invitent. Que les tables soient mises. Et les gens courent, femmes et enfants mettent. Que le cidre coule à flots mes amis. Et bolée après bolée, le cidre coule. On accueille Tanguy Hourrah. On accueille l'enfant Hourrah. Les canons tonnent, les bouchons sautent, les galettes s'avalent, les musiciens jouent, les invités chantent. Le roi s'éloigne. Tant de joie ! Tant de joie. Le voilà auprès du feu. Sous le chêne. Sous la branche. Où soudain il entend un bruit. Il lève la tête. Il reconnaît une chouette. Il lui sourit. C'est la première fois qu'il sourit à une chouette. Mais est-ce bien une chouette ? Viviane lui sourit "Bonsoir Roi Hardor, Je suis venue te dire que le roi des Mers te remercie du don que tu lui as su lui faire. Il t'a rendu ton fils désormais il te rendra ton or. Chaque année que dieu fera. Au printemps, ton pays, ta Bretagne toujours verts jusqu'à ce jour en cette saison, se couvriront de l'or des fleurs d'ajoncs et genêts. Ainsi le roi des mers te rend-il l'or que tu lui as offert.

Pain blanc
banc peint
bain plein à redire autant que voudrez, cet or tout doré de Rennes à Douarnenez d'avril à mai, je l'ai si bien vu qu'au feu ma main l'y mettrai. Par souci de sécurité seul dans le sac ce conte mettrai. Puisqu'il est FINI.

3 - Picsou-Hardor - La disparition de Tanguy fils de roi

Depuis la mort de sa femme, le roi Hardor ne se préoccupait plus de son fils. C'est à peine s'il remarquait sa présence lors des repas qu'ils partagaient ensemble. Il paraît ne pas comprendre les paroles de son serviteur. Il les répète "que dis-tu, le cheval de mon fils a été retrouvé au bord de la mer ? Une barque a disparu avec un enfant de pêcheur à bord ! Pourquoi mon fils serait-il monté dans une barque !" Le roi ne veut pas croire au pire. Son fils, dans les flots déchaînés. Son fils soudain emporté, à jamais. L'intérêt qu'il porte à son argent disparaît. A quoi peut-il lui servir en l'absence de son fils, de sa femme. La douleur du roi s'aggrave. Il ne retient pas ses larmes. Il laisse aller sa peine. Secoué de sanglots, le roi s'effondre.

Le plus proche de ses écuyers se présente à lui. Il lui demande de garder confiance. De pas croire au pire. Il lui conseille d'aller dans la forêt de Brocéliande. Le roi s'étonne : "Pourquoi faire ? Je ne veux plus voir mon or, ne me parle plus de la caverne, je ne veux plus !" L'écuyer coupe le roi et lui dit que seule la fée Viviane pourrait l'aider. Il ne doit pas oublier qu'elle possède tous les pouvoirs que Merlin lui a donné. Il suffit de la rencontrer.

Le roi relève la tête. Il est prêt à quitter le château. L'écuyer prépare leurS chevaux. Ils pénètrent bientôt dans la forêt fabuleuse. Les arbres offrent au soleil leurs feuilles mordorées. L'humus exhale le parfum des champignons. Les deux hommes avancent. Pourquoi pas, pense le roi Hardor pourquoi ne pas rencontrer la fée Vivianne. Mais il doute. D'abord les saluent les enfants des charbonniers, puis les fumerolles qui s'échappent des fours à charbon de bois viennent chatouiller leurs narines ; bientôt ils croisent des cerfs, des sangliers et des castors ; bientôt ce sont les oiseaux qui les accueillent. Jamais le roi n'a pénétré aussi loin ces lieux. Il est fatigué, il a soif. "Courage Monseigneur, je sais une fontaine qui n'est plus loin !". A peine ces mots prononcés que les deux hommes entendent l'eau chanter. "Buvez mon roi, voilà la fontaine !" L'écuyer désigne d'une main la falaise devant laquelle il passe. Pendant que le roi se désaltère, l'écuyer allume un feu sous un chêne. Il est bienvenu, la nuit tombe. Elle sera fraîche. Les deux hommes tendent leurs mains vers les flammes. Au bout d'un temps un léger bruit attire leur attention. Le roi lève la tête. Il écarquille ses yeux devant un écuyer capable de s'adresser à une chouette.

"Bonsoir Fée Vivianne" Son écuyer a-t-il perdu la tête ? Mais il se demande s'il ne va pas perdre la sienne en voyant la chouette sauter auprès de lui et devenir une fort jolie personne vêtue d'une magnifique robe blanche. Et s'adresser à lui. "Bonsoir roi Hardor" La ravissante créature lui parle. Il reste bouche bée, L'écuyer raconte, la perte de Guénola, la disparition de Tanguy, sa mort probable en mer, les recherches qui n'aboutissent pas, le double chagrin du roi, inconsolable.
Silence.

Cette fois le roi Hardor n'en croit ni ses yeux ni ses oreilles : la blanche Viviane plonge dans le feu et s'il ne rêve pas, une chouette s'en envole. Dans la tête du roi roulent déjà les quarante trois chariots tirés par six boeufs chacun, chargés de tous les tonneaux pleins emplis de l'or de sa caverne. C'est ce qu'il doit faire, s'il doit en croire les paroles de la fée Vivianne, belle conseillère. Il les croit.

Il saisit la main de son écuyer "Pas de temps à perdre mon ami, faisons ce que Vivianne a dit !" C'est à bride abattue patacloc patacloc que les deux hommes quittent la forêt et remontent au château. C'est un grand branle-bas de combat. Il en faut du monde pour réunir quarante trois carrioles, deux cent boeufs et davantage, envoyer une estafette demander au Conquet que trois vaisseaux se préparent pour recevoir tout le chargement d'or du roi Hardor. Se rendre à la caverne, traverser la forêt et charger, charger, charger des tonneaux encore des tonneaux encore des tonneaux plein emplis d'or.

Le convoi se déplace la nuit. La terre tremble sous les pas des boeufs. Dans les villages qu'ils traversent, dès qu'on entend la terre trembler on ferme les volets et on se dit, derrière, qu'il doit y avoir quelque diablerie à passer dans si grand bruit. Enfin on atteint le port du Conquet. Trois vaisseaux avec pavois et oriflammes se tiennent à quai. Le convoi s'arrête au premier et tous les marins se précipitent : et les tonneaux passent de carriole à vaisseau, de carriole à vaisseau, de carriole à vaisseau. Enfin le roi Hardor lui-même dépose le dernier tonneau dans le troisième vaisseau. Et en avant, pleine mer toute, pour offrir au roi des mers la plus belle cargaison d'or jamais vue, et retrouver un fils disparu.
C'est le roi lui-même qui verse le dernier tonneau. Une vague naît aussitôt fabuleuse. Qui se met à ondoyer courir à la surface des eaux. Le roi et les trois équipages s'interrogent. Où va-t-elle ? .... .../....

2 - Picsou-Hardor


En entendant le bruit Tanguy remarque une chaumière au bord de l'aber. Le bruit vient de la façade qu'il ne voit pas. Tanguy descend de cheval. Accroche l'animal à un piquet et apparaît derrière la demeure. Il découvre un jeune enfant. Il colmate une barque avec de l'étoupe barbouillée de goudron. Tanguy le salue et lui dit qu'il est trop jeune pour faire ce travail. L'enfant est très maigre. Il paraît si fragile. Tanguy a pitié de lui. Il lui propose de le faire à sa place. Mais l'enfant répond qu'il ne saura pas. Il lui fait remarquer la finesse de ses mains, de ses doigts. Il ajoute qu'ils ne sont pas habitués à travailler. Il dit "Laisse-moi faire, j'ai l'habitude" Tanguy s'étonne que ce jeune enfant ait déjà l'habitude de travailler. C'est ainsi qu'il apprend que c'est la faute du roi Hardor. Le père de l'enfant a tant travaillé qu'il ne peut même plus se lever pour gagner trois francs six sous et régler ses impôts. C'est l'enfant lui-même qui ira pêcher et les gagnera. "Voilà pourquoi je rafistole moi-même cette vieille barque" Tanguy n'a jamais entendu parler de son père ainsi. Il est tout penaud. Il propose de nouveau son aide. L'enfant accepte et c'est ainsi que quelques heures plus tard, tous deux voguent sur la rivière, entrent en mer, s'avancent en pleine mer. Tanguy remarque le regard de l'enfant levé vers le ciel. Il semble inquiet. L'enfant répond qu'il va devoir s'accrocher car, dit-il, "Vois-tu ce vilain nuage noir ? C'est un gros grain qui s'annonce" Quelques leçons de filets à tendre plus tard, l'enfant ne s'est pas trompé, et le vent éloigne dangereusement le frêle esquif de la terre. .../...

1 - Picsou serait-il d'origine bretonne ? S'il y a du Brocéliande par ici, allons-y


Pourquoi pas ? Disons qu'il pourrait tenir de ce roi-là.
Qui vivait il y a bien longtemps tout auprès, pas trop loin de Paimpont et par extension, tout auprès, pas très loin de la célèbre forêt de Brocéliande. Célèbre forêt bretonne.
Certain, dit que ce roi-là était gentil. Ce roi-là était surtout avare. Il aimait l'or étonnamment. Et si fort qu'il le "collectionnait". Dans une caverne sise dans la dite forêt brocéliandaise. A force d'impôt. Il le fait entasser dans une caverne connue de lui seul et il y court certains soirs pour l'admirer, le voir, le toucher. Et le prenant à pleines mains, il entrouvre ses doigts et se régale de la musique qu'il fait. En clair et do majeur, pendant qu'elle alourdit celle de son peuple, cette musique apaise son âme.


Heureusement pour le peuple, le roi avait pour épouse une jolie personne qui répondait au doux prénom de Guénola. Les paysans, harcelés par l'avarice du roi, lui demandaient d'intervenir pour eux, quand ils ne pouvaient donner la somme qu'ils devaient au roi. Belle et douce, presque silencieuse, quand la reine intervenait auprès du roi, le roi ne lui résistait pas. Et les paysans la remerciaient de leurs plus beaux sourires.
Malheureusement, une année, en plein hiver, -on dit que cette année-là, il avait neigé en Bretagne de Quiberon à Rennes et de Nantes à Fougères- Guénola croisa quelques méchants courants d'air dans les couloirs du château mal chauffé. Elle en tomba si malade qu'elle en mourut. Hardor en tomba si chagrin qu'il se mit -dit-on- à inventer des impôts tout au long de l'année. Solstice d'été*, solstice d'hiver, à chaque fois un petit impôt supplémentaire, ne lui suffisent plus. Certains soirs le roi court à sa caverne et touche son or pour le rassurer mais son or ne le rassure pas. Le lendemain, impôt supplémentaire. Il en oublie son fils, sauf aux repas. Et il offre à l'enfant, lui aussi meurtri, une compagnie froide et silencieuse.

Tanguy souffre de son indifférence. Il lutte à sa manière. Il apprend à monter à cheval et dès lors qu'il sait il parcourt les terres du royaume par leur quatre coins. C'est ainsi qu'un jour, il en sort. Il galope tant qu'il arrive sur les côtes du Trégor, sur les rives d'un aber*. Il surprend un bruit. .../...


*solstice : Epoque de l'année à laquelle la hauteur du Soleil au-dessus du plan équatorial (déclinaison)dans son mouvement apparent sur l'éclipse est maximale (21 juin hémisphère Nord) ou minimale 21 décembre (hémisphère Nord toujours)
* aber : régional : petite ria en entonnoir ouverte sur le large, en Bretagne
Des idées : http://www.paganisme.fr/paganisme/fetes-celtiques/litha

lundi 22 mars 2010

22 mars 2010 Bonjour, bonjour, on me dit bonjour

... On me dit bonjour
Quel bonheur, quelle joie ! Dites-moi,
J'ai un rêve mais je ne sais pas faire

Si je savais faire

J'organiserai la journée du bonjour
ce jour-là...
Imaginons.
Nul lieu
de crèche en maison de retraite
dans lequel on n'entrerait sans dire bonjour
nul trottoir
sur lequel on se croiserait sans dire bonjour
nul regard sans bouche ne disant bonjour

Et ce
sur tous les tons
dans toutes les langues
patois ou idiomes

Je sais rêver
Organiser ne sais
Mais si je savais faire
J'organiserai la JOUrNEE DU BONjOUR
Elle deviendrait
HLMIENNALE
QUARTIENNALE
CITADIENNALE
REGIONALE
NATIONALE
EUROPIENNALE
NORDIALE
SUDIALE
AMERICANIALE
AFRICANIALE
PACIFIKIALE
CHINOYALE -que ça tu meurs- cette incise concerne tous les habitants des "Noyal sur"
RUSSIALE
ENFANTIALE
et j'en passiale
qu'on me pardonne

Et ce seul mot
pour n'oublier personne
MONDIALE

J'ai un rêve créer la journée mondiale du bonjour.
C'est fait.



J'imagine.
On en mourrait de rire
Imaginons
Ah la belle mort.

22 mars 2010

jeudi 18 mars 2010

"Les Justes ?" Ça te dit jeudi
Tiens pourquoi pas. Elle s’apprêtait à les relire. En direct, en live, en vivant, c’est mieux. Cétoké.
Elle accepte.
« Té sûre, tu y seras, sinon… »
Sinon quoi ? Elle ne sait pas ; elle rassure.
La soirée ne la quitte pas de la journée. Il y a longtemps qu’elle n’a été au théâtre.
Un regard à la pendule aux cuillères et fourchettes d'acier. C'est le branle bas de combat. Elle a juste le temps. Plus de brushing plus de maquillage, pas de tal… si si, des talons aiguilles.
Elle adore. Qui plus est ils sont neufs.
l'escalier de béton avec les talons : pas coton
le parcours jusqu’à l’arrêt de bus : combattant
et l’info sur le papier orange : pas marrant.
Grève des bus. Désolant. L’heure tourne.
Trois bus défilent en sens inverse. Belote, trompe-couillon, bataille : ils ont le temps les chauffeurs. C’est leur jeu du jour. Passer le temps. Pourquoi pas.

Enfin l’un passe à temps. Catastrophe elle reconnaît son enfant. Clin d’œil. Motus bouche cousue. C’est ta mère ?? Oh les sourcils ! Du coup elle spleen, fait trop jeune ou trop vieille. Peu importe. Ne pas manquer l’arrêt.
Râpé. 19 h 45 sont bels et bien passés. Essayer, tenter, courir. Aïe, plus de cheville droite ! Souffrance ! Résistance. Tu as promis. Tu y seras. Fichue promesse. Satanés talons aiguilles. Quelle idée, mais quelle idée ces talons.
Terminée la soirée. Fermeture des portes annoncée. Essayer, tenter, grimper. L’imposant escalier. Satanés talons aiguilles. "Madame Madame, voulez-vous une place ?" Tête relevée. Eclat de rire. « Ah c’est toi ! » Fou rire. Pas le temps, pas le temps de rire. Allons-y. Juste le temps de se glisser derrière les deux portes. Mais pas celui d’aller sur leurs places respectives.
Va pour le strapontin les filles.
« Chutttt » disent les voisins.
Satané fou rire. C'est juste !

lundi 7 décembre 2009

Les fenêtres sont vides : pour Anne et Odile (Rabah Belamri)


Quel beau nom.

Les fenêtres sont vides

La pierre de la porte offerte au silence retient le regard

Les rideaux ne bougent plus derrière les vitres brisées
lourds de la cendre des coeurs

Dans l'ombre des maisons nues
l'été dérive comme une mer de solitude

Le passant se retourne et se tait

De l'autre côté de la route
le vertige des tournesols découpe
l'éternité en tranches

(Lauzerte, le 15 juillet 1986)

Rabah Belamri n'est plus. Pour la petite histoire, dès que j'ai commencé de lire de ce texte l'image du village de mon père s'est imposée à moi. La pierre de la porte, les rideaux qui ne bougent plus étaient miens, presque un chez moi. Le texte était pourtant dans un album aux calligraphies sublimes qui auraient pu prétendre à évoquer désert et villages ocres. J'ai filé jusqu'à la signature. Inconnue. Sauf la date et le lieu. Lauzerte. Le nom du village de mon père. D'autant plus aujourd'hui où je comprends que Rabah Belamri avait perdu la vue. Pour en savoir davantage sur lui http://www.camomille64.com/categorie-10143177.html

mercredi 25 novembre 2009

C'est un blanc jour de pluie aujourd'hui

C’est un blanc jour de pluie
Elle a surgi de nulle part
Elle touche mon bras

J’ai baissé la tête. J'ai découvert sa silencieuse beauté.
Elle est gracieuse à laisser quiconque bouche bée.
Elle dit
« Ecoute-moi ! » sans prononcer de paroles.
Etonnamment je l’entend
« Ecoute-moi, laisse-moi te dire, j’ai vu une biche ! »
« Oui une belle biche.. »
Avant même que je pense elle me répond
"Je l’ai regardée, elle s’est approchée de moi, je l’ai caressée, c’est une belle biche… avec de petite tâches blanches sur le pelage »
A cet instant la gracieuse pose sa main sur mon coude. Elle quitte l’abri-bus. Je le quitte aussi.
Malgré l’heure, malgré le rendez-vous, malgré le gros budget à défendre. On dirait dit que j’ai tout oublié. Auprès de l’enfant, j’avance.
Guidée par elle, j’entre dans une forêt. Qui s’épaissit. Qui s’assombrit. Qui s’obscurcit. La main sous mon coude me presse de m'arrêter. Je m'arrête. L'enfant m'abandonne.
D’un regard d’oreille*, j’entends des craquements. Je la suis doucement.
Soudain d’un geste elle relève un rideau de feuilles. Je suis éblouie. La lumière est blanc bleue, métallique et dorée à la fois. Je ferme les paupières. J’entends des sons, des rires, Peu à peu j’ouvre les paupières. Je distingue des milliers d’enfants heureux, tous, habillés de blancs. Ils dansent, rondent*, chaînent-anglaisent*, chantent et rient.
D’un regard d’oreille je pervois* de légers froissements d’ailes. Je reconnais celles, soigneusement colorées, de milliers d’elfes. Ils portent de minuscules chapeaux pointus et violets. A l’extérieur de ce magnifique tableau je distingue des écureuils, des chouettes, des hiboux, des renards, des sangliers, des chevaux sauvages, des cerfs. Soudain je comprends que les elfes m’ont remarquée. Ils viennent vers moi, lentement, ils disent des mots que je ne comprends pas. Ils s’arrêtent devant moi et là je les entends
« La biche sacrée nous amène une élue »
Je voudrais m’échapper, retourner en arrière, fuir. Mes jambes semblent pétrifiées. Tout mouvement, tout cri, me sont impossibles. J’ai peur. Quand les elfes saisissent le bout de mes doigts je m’abandonne. Alors, je ne marche plus. Je vole. Et soudain je tourbillonne et je descends dans un puits seulement éclairé par les ailes mordorées des elfes. Jusqu’au tout au bout du bout du bout. Nous pénétrons dans un obscur boyau et les elfes n’agitent plus leurs ailes. Ils me disent simplement, je les entends, ils me disent d’être très silencieuse. Ils ajoutent « Notre reine est très craintive » Comme je ne bouge pas, comme je ne dis rien, comme je pense, c’est un rêve tu vas te réveiller, ils disent « allez, va, avance, tu as rendez-vous avec elle ! »
Alors je n’hésite plus, je me lance et j’avance, et je trébuche sur les racines qui croisent mon chemin. Une lumière bleue apparaît. Qui ne m’éblouie pas, je marche encore quelques pas et je la vois. A mes côtés, c’est une belle biche blanche, aux grands yeux doux avec une lame sur le front. Elle porte la tête haute. Me voit-elle ?
« Maman à quoi tu penses ? Voilà le bus, tu m’accompagnes ? »
Maman a fait tristement non, non de la tête « Tu sais bien Nany que je ne peux pas »
Je savais en effet.
Nous nous sommes quittées sur un dernier baiser. Je savais. Mais peut-être que je ne savais pas.
Dans le bus, une fois installée, je découvre ma voisine. Elle porte un imperméable marron à pos blancs, elle a souligné ses jolis yeux, elle a un tendre sourire de biche. Je me pétrifie quand elle dit "Bonjour petite, Blanc jour de pluie aujourd’hui !...."
* jeux : verbes de mots

vendredi 20 novembre 2009

La main menteuse de TH ? Non, celle étrangleuse, peinte par Maupassant.-18 11 09 actualité de Main en main-

La main étrangleuse
On faisait cercle autour de M. Bermutier, juge d'instruction qui donnait son avis sur l'affaire mystérieuse de Saint-Cloud. Depuis un mois, cet inexplicable crime affolait Paris. Personne n'y comprenait rien.
M. Bermutier, debout, le dos à la cheminée, parlait, assemblait les preuves, discutait les diverses opinions, mais ne concluait pas.
Plusieurs femmes s'étaient levées pour s'approcher et demeuraient debout, l'œil fixé sur la bouche rasée du magistrat d'où sortaient les paroles graves. Elles frissonnaient, vibraient, crispées par leur peur curieuse, par l'avide et insatiable besoin d'épouvante qui hante leur âme, les torture comme une faim.
Une d'elles, plus pâle que les autres, prononça pendant un silence:
— C'est affreux. Cela touche au « surnaturel ». On ne saura jamais rien.
Le magistrat se tourna vers elle:
— Oui, madame, il est probable qu'on ne saura jamais rien. Quand au mot « surnaturel » que vous venez d'employer, il n'a rien à faire ici. Nous sommes en présence d'un crime fort habilement conçu, fort habilement exécuté, si bien enveloppé de mystère que nous ne pouvons le dégager des circonstances impénétrables qui l'entourent. Mais j'ai eu, moi, autrefois, à suivre une affaire où vraiment semblait se mêler quelque chose de fantastique. Il a fallu l'abandonner, d'ailleurs, faute de moyens de l'éclaircir.
Plusieurs femmes prononcèrent en même temps, si vite que leurs voix n'en firent qu'une:
— Oh! dites-nous cela.
M. Bermutier sourit gravement, comme doit sourire un juge d'instruction. Il reprit:
— N'allez pas croire, au moins, que j'aie pu, même un instant, supposer en cette aventure quelque chose de surhumain. Je ne crois qu'aux causes normales. Mais si, au lieu d'employer le mot « surnaturel » pour exprimer ce que nous ne comprenons pas, nous nous servions simplement du mot « inexplicable », cela vaudrait beaucoup mieux. En tout cas, dans l'affaire que je vais vous dire, ce sont surtout les circonstances environnantes, les circonstances préparatoires qui m'ont ému. Enfin, voici les faits:
J'étais alors juge d'instruction à Ajaccio, une petite ville blanche, couchée au bord d'un admirable golfe qu'entourent partout de hautes montagnes.
Ce que j'avais surtout à poursuivre là-bas, c'étaient les affaires de vendetta. Il y en a de superbes, de dramatiques au possible, de féroces, d'héroïques. Nous retrouvons là les plus beaux sujets de vengeance qu'on puisse rêver, les haines séculaires, apaisées un moment, jamais éteintes, les ruses abominables, les assassinats devenant des massacres et presque des actions glorieuses. Depuis deux ans, je n'entendais parler que du prix du sang, que de ce terrible préjugé corse qui force à venger toute injure sur la personne qui l'a faite, sur ses descendants et ses proches. J'avais vu égorger des vieillards, des enfants, des cousins, j'avais la tête pleine de ces histoires.
Or, j'appris un jour qu'un Anglais venait de louer pour plusieurs années une petite villa au fond du golfe. Il avait amené avec lui un domestique français, pris à Marseille en passant.
Bientôt tout le monde s'occupa de ce personnage singulier, qui vivait seul dans sa demeure, ne sortant que pour chasser et pour pêcher. Il ne parlait à personne, ne venait jamais à la ville, et, chaque matin, s'exerçait pendant une heure ou deux, à tirer au pistolet et à la carabine.
Des légendes se firent autour de lui. On prétendit que c'était un haut personnage fuyant sa patrie pour des raisons politiques; puis on affirma qu'il se cachait après avoir commis un crime épouvantable. On citait même des circonstances particulièrement horribles.
Je voulus, en ma qualité de juge d'instruction, prendre quelques renseignements sur cet homme; mais il me fut impossible de rien apprendre. Il se faisait appeler sir John Rowell.
Je me contentai donc de le surveiller de près; mais on ne me signalait, en réalité, rien de suspect à son égard.
Cependant, comme les rumeurs sur son compte continuaient, grossissaient, devenaient générales, je résolus d'essayer de voir moi-même cet étranger, et je me mis à chasser régulièrement dans les environs de sa propriété.
J'attendis longtemps une occasion. Elle se présenta enfin sous la forme d'une perdrix que je tirai et que je tuai devant le nez de l'Anglais. Mon chien me la rapporta; mais, prenant aussitôt le gibier, j'allai m'excuser de mon inconvenance et prier sir John Rowell d'accepter l'oiseau mort.
C'était un grand homme à cheveux rouges, à barbe rouge, très haut, très large, une sorte d'hercule placide et poli. Il n'avait rien de la raideur dite britannique et il me remercia vivement de ma délicatesse en un français accentué d'outre-Manche. Au bout d'un mois, nous avions causé ensemble cinq ou six fois.
Un soir enfin, comme je passais devant sa porte, je l'aperçus qui fumait sa pipe, à cheval sur une chaise, dans son jardin. Je le saluai, et il m'invita à entrer pour boire un verre de bière. Je ne me le fis pas répéter.
Il me reçut avec toute la méticuleuse courtoisie anglaise, parla avec éloge de la France, de la Corse, déclara qu'il aimait beaucoup cette pays, cette rivage.
Alors je lui posai, avec de grandes précautions et sous la forme d'un intérêt très vif, quelques questions sur sa vie, sur ses projets. Il répondit sans embarras, me raconta qu'il avait beaucoup voyagé, en Afrique, dans les Indes, en Amérique. Il ajouta en riant:
— J'avé eu bôcoup d'aventures, oh! yes.
Puis je me remis à parler chasse, et il me donna des détails les plus curieux sur la chasse à l'hippopotame, au tigre, à l'éléphant et même la chasse au gorille.
Je dis:
— Tous ces animaux sont redoutables.
Il sourit:
— Oh! nô, le plus mauvais c'été l'homme.
Il se mit à rire tout à fait, d'un bon rire de gros Anglais content:
— J'avé beaucoup chassé l'homme aussi.
Puis il parla d'armes, et il m'offrit d'entrer chez lui pour me montrer des fusils de divers systèmes.
Son salon était tendu de noir, de soie noire brodée d'or. De grandes fleurs jaunes couraient sur l'étoffe sombre, brillaient comme du feu.
Il annonça:
— C'été une drap japonaise.
Mais, au milieu du plus large panneau, une chose étrange me tira l'œil. Sur un carré de velours rouge, un objet noir se détachait. Je m'approchai: c'était une main, une main d'homme. Non pas une main de squelette, blanche et propre, mais une main noire desséchée, avec les ongles jaunes, les muscles à nu et des traces de sang ancien, de sang pareil à une crasse, sur les os coupés net, comme d'un coup de hache, vers le milieu de l'avant bras.
Autour du poignet, une énorme chaîne de fer, rivée, soudée à ce membre malpropre, l'attachait au mur par un anneau assez fort pour tenir un éléphant en laisse.
Je demandai:
— Qu'est-ce que cela?
L'Anglais répondit tranquillement:
— C'été ma meilleur ennemi. Il vené d'Amérique. Il avé été fendu avec le sabre et arraché la peau avec une caillou coupante, et séché dans le soleil pendant huit jours. Aoh, très bonne pour moi, cette.
Je touchai ce débris humain qui avait dû appartenir à un colosse. Les doigts, démesurément longs, étaient attachés par des tendons énormes que retenaient des lanières de peau par places. Cette main était affreuse à voir, écorchée ainsi, elle faisait penser naturellement à quelque vengeance de sauvage.
Je dis:
— Cet homme devait être très fort.
L'Anglais prononça avec douceur:
— Aoh yes; mais je été plus fort que lui. J'avé mis cette chaîne pour le tenir.
Je crus qu'il plaisantait. Je dis:
— Cette chaîne maintenant est bien inutile, la main ne se sauvera pas.
Sir John Rowell reprit gravement:
— Elle voulé toujours s'en aller. Cette chaîne été nécessaire.
D'un coup d'œil rapide j'interrogeai son visage, me demandant:
— Est-ce un fou, ou un mauvais plaisant?
Mais la figure demeurait impénétrable, tranquille et bienveillante. Je parlai d'autre chose et j'admirai les fusils.
Je remarquai cependant que trois revolvers chargés étaient posés sur les meubles, comme si cet homme eût vécu dans la crainte constante d'une attaque.
Je revins plusieurs fois chez lui. Puis je n'y allai plus. On s'était accoutumé à sa présence; il était devenu indifférent à tous.
Une année entière s'écoula. Or, un matin, vers la fin de novembre, mon domestique me réveilla en m'annonçant que sir John Rowell avait été assassiné dans la nuit.
Une demi-heure plus tard, je pénétrais dans la maison de l'Anglais avec le commissaire central et le capitaine de gendarmerie. Le valet, éperdu et désespéré, pleurait devant la porte. Je soupçonnai d'abord cet homme, mais il était innocent.
On ne put jamais trouver le coupable.
En entrant dans le salon de sir John, j'aperçus du premier coup d'œil le cadavre étendu sur le dos, au milieu de la pièce.
Le gilet était déchiré, une manche arrachée pendait, tout annonçait qu'une lutte terrible avait eu lieu.
L'Anglais était mort étranglé! Sa figure noire et gonflée, effrayante, semblait exprimer une épouvante abominable; il tenait entre ses dents serrées quelque chose; et le cou, percé de cinq trous qu'on aurait dits faits avec des pointes de fer, était couvert de sang.
Un médecin nous rejoignit. Il examina longtemps les traces des doigts dans la chair et prononça ces étranges paroles:
— On dirait qu'il a été étranglé par un squelette.
Un frisson me passa dans le dos, et je jetai les yeux sur le mur, à la place où j'avais vu jadis l'horrible main d'écorché. Elle n'y était plus. La chaîne, brisée, pendait.
Alors je me baissai vers le mort, et je trouvai dans sa bouche crispée un des doigts de cette main disparue, coupé ou plutôt scié par les dents juste à la deuxième phalange.
Puis on procéda aux constatations. On ne découvrit rien. Aucune porta n'avait été forcée, aucune fenêtre, aucun meuble. Les deux chiens de garde ne s'étaient pas réveillés.
Voici, en quelques mots, la déposition du domestique:
Depuis un mois, son maître semblait agité. Il avait reçu beaucoup de lettres, brûlées à mesure.
Souvent, prenant une cravache, dans une colère qui semblait de démence, il avait frappé avec fureur cette main séchée, scellée au mur et enlevée, on ne sait comment, à l'heure même du crime.
Il se couchait fort tard et s'enfermait avec soin. Il avait toujours des armes à portée du bras. Souvent, la nuit, il parlait haut, comme s'il se fût querellé avec quelqu'un.
Cette nuit-là, par hasard, il n'avait fait aucun bruit, et c'est seulement en venant ouvrir les fenêtres que le serviteur avait trouvé sir John assassiné. Il ne soupçonnait personne.
Je communiquai ce que je savais du mort aux magistrats et aux officiers de la force publique, et on fit dans toute l'île une enquête minutieuse. On ne découvrit rien.
Or, une nuit, trois mois après le crime, j'eus un affreux cauchemar. Il me sembla que je voyais la main, l'horrible main, courir comme un scorpion ou comme une araignée le long de mes rideaux et de mes murs. Trois fois, je me réveillai, trois fois je me rendormis, trois fois je revis le hideux débris galoper autour de ma chambre en remuant les doigts comme des pattes.
Le lendemain, on me l'apporta, trouvé dans le cimetière, sur la tombe de sir John Rowell, enterré là; car on n'avait pu découvrir sa famille. L'index manquait.
Voilà, mesdames, mon histoire. Je ne sais rien de plus.
Les femmes, éperdues, étaient pâles, frissonnantes. Une d'elles s'écria:
— Mais ce n'est pas un dénouement cela, ni une explication! Nous n'allons pas dormir si vous ne nous dites pas ce qui s'était passé, selon vous.
Le magistrat sourit avec sévérité:
— Oh! moi, mesdames, je vais gâter, certes, vos rêves terribles. Je pense tout simplement que le légitime propriétaire de la main n'était pas mort, qu'il est venu la chercher avec celle qui lui restait. Mais je n'ai pu savoir comment il a fait, par exemple. C'est là une sorte de vendetta.
Une des femmes murmura:
- Non, ça ne doit pas être ainsi.
Et le juge d'instruction, souriant toujours, conclut :
— Je vous avais bien dit que mon explication ne vous irait pas.
Déposé(e) grâce à http://www.reves.ca/songes.php?fiche=412. Bonne lecture, à bientôt

mardi 17 novembre 2009

Jeannie Jeannette Hier ma Jeannette riait

Jeannie Jeannette Hier ma Jeannette riait

"Mon enfant s'appelle Jeanne" dit la Maman,
L'enfant sait. Elle rit. Comme Jeannie Jeannette. L'amie.
Elle s'appelait Jeannette.
Jeanne, a les joues rebondies. La fossette rieuse
Jeanne a deux dents. Elle est curieuse. Dans l'abri-bus tout attire Jeanne.
Suspendue dans l'indienne blanche sa tête, tourne tourne girouette, ainsi vont vont camions autos enfants passants.
Jeanne gonfle les joues, pince les lèvres, fronce le nez.
Fait sa petite moue. Je souris. Cligne l'oeil. Jeanne rit. Jeanne aux joues rebondies cligne l'oeil

Tut tut !!! vient le bus. Tout le monde monte dans l'autobus
Jeanne Larieuse est joueuse. Jeanne joue dans l'autobus
Suspendue à l'indienne blanche Jeanne gonfle les joues. Pince les lèvres. Fronce le nez. Fait sa petite moue.
Moue rieuse, cramponnée à l'indienne blanche, Jeanne se penche. Dansle dos de la Maman tous les clients rient.
"Coucou ma Jeanne ?" dit la Maman
Beu leu beu leu beu leu beu leu
"je joue le jeu de la moue rieuse Maman" .
Tout le monde rit.
Dans le dos de sa Maman Jeanne fait la moue aux passants. Ils rient.
Comme hier ma Jeannette riait Comme les mouettes rient Comme Jeanne rit aujourd'hui

samedi 14 novembre 2009

Noël, ça commence. Faites-les taire.

Choisissez les sujets ou éteignez les écrans. Les enfants ont des oreilles ; ils ont des yeux ; ont-ils besoin de voir et de savoir que le pn n'existe pas ? Les adultes ont-ils besoin d'avoir le pn avec eux ? Je vais hurler ! Qui hurle avec moi ? Vous préférez chanter ? Chantons.

dimanche 25 octobre 2009

Changement horaire

Certitudes : vous n'allez pas toutes, à reculons. Vérité du jour.
Premier frimas cotonneux
fait l'après-midi joyeux.
Soleil sans souci se réjouit
Tic tac, tic tac, l'horloge aux fruits peints, égrène les heures Les verres ont soif
Le feu a faim,
qui s'espère à dorer ces trois grasses pommées

tic tac tic tac à déguster.
Dans sa caverne Laugre se réjouit.

dimanche 27 septembre 2009

Festival de la Rue de L'Orguenais 27 09 09 à Bruz 2

"C'est un jardin extraordinaire, il y a des canards qui parlent anglais"
chante Charles Trenet. Moi je dis
C'est un jardin extraordinaire, il a une gardienne...et un veilleur de jour
un océan vert, et des poissons moqueurs
et deux enfants tranquilles
" On y trouve aussi une femme jardin", dit le Maître Jardinier
Un monde en boule, parfait...ement
transparent ; Oeilbleu-Oeilrouge, le dragon qui crache du feu....
en hilarant ! Plutôt marrant les enfants ? Eventail s'il vous plaît, finissons l'étape jardin...
en saluant la jolie lanterne, dupliquée de la chaleur mémorable de ce 27 septembre 2009