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samedi 26 novembre 2011

Gauvain et le Chevalier Vert pour Alexandre, suite journée internationale du BBonJouRR -

Chose promise chose due.
Il était une fois à Camalot le château du roi Arthur.
C'était le dernier jour de l'année. Toute la cour s'apprêtait à fêter l'arrivée de la nouvelle année.
Cuisiniers,maître-queux et marmitons avaient oeuvré dans les cuisines. Les cheminées ronflaient encore dans la grande salle préparée ainsi que de coutume.
Sur les murs se succédaient des tapisseries et des torches ; sur la table, de grands draps blancs en guise de nappes, des pichets et des tranchoirs -les assiettes faites de tranches de pain de seigle épais propice à absorber les jus et les sauces- ;  les pichets d'hypocras, de bière à la châtaigne ou de seigle. Les serviteurs déposaient, des soupières fumantes de soupe aux herbes, ainsi que d'énormes plats de rôtis de sangliers. Les dames et les seigneurs s'étaient vêtus de leurs plus beaux atours. Debout, derrière l'immense table blanche, ils attendaient pour s'asseoir que le roi Arthur de Camalot leur en donnât l'autorisation, mais le roi attendait pour le faire d'avoir écouté  le conte sans lequel il ne prenait jamais part au repas.

Mais ce soir-là, alors que le conteur s'apprêtait à dire, un grand fracas ébranla les murs du château.
Toutes les têtes se sont tournées en direction du fracas. Ce fut pour découvrir  une sorte de géant monté sur un cheval immense,  vert des pieds à la tête pour l'un, de la pointe des oreilles au bout des sabots, pour l'autre. Le géant arborait une lourde hache. Devant le silence de la compagnie Ah ah ah ah il éclata de rire et demanda 
"Suis-je bien au château du Roi Athur ?"
Le roi s'avança d'un pas. Il acquiesça en hochant la tête. Quoique surpris, il offrit  la bienvenue à l'étrange cavalier et l'invita à partager le repas de Noël. Le Chevalier Vert clate de rire "Ah ah ah ah "Je ne suis pas venu pour manger à tes côtés Roi Arthur, mais pour mettre au défi le chef des chevaliers de la Table Ronde : je veux qu'il me tranche la gorge de ma propre hache et d'un seul geste. Tu dois réussir au premier coup !"


  • Le roi Arthur s'interrogeait, il interrogea le Chevalier vert : 
  • "Pourquoi ce jeu Chevalier, il ne me semble d'aucun intérêt !"


Le Chevalier Vert réplique au Roi qu'il n'a pas le choix et que pour ce qui est de lui-même, il rendra au Roi ce coup qu'il aura reçu dans un an et un jour, au pied de la chapelle verte !"  Et tout est dit : Chevalier Vert se tait. 

La reine Guenièvre réprime un frisson autant qu'elle peut. Elle se demande bien ce que va faire son époux.   Elle attend sa décision avec inquiétude. Son malaise n'échappe pas au roi Arthur. Malgré cela il s'apprête à rendre sa décision. Mais une voix claire et jeune déclare " :


  • "Laissez-moi prendre votre place mon oncle, je n'ai encore jamais fait preuve de ma bravoure, il est temps que je le fasse !" 


Cette voix est la voix du neveu du roi. Messire Gauvain lui-même. Le roi dévisage son jeune neveu. Il ne peut pas accepter sa proposition. Mais Gauvain insiste 
"Mon oncle !" Le roi ne cède en rien. 

Gauvin insiste encore. "Mon Roi !" sous-entendu "Acceptez Monseigneur !" Le roi Arthur accepte.

Dans un grand bruit métallique le Chevalier Vert  saute de cheval, tend la hache au chevalier Gauvain, met genou à terre, étire son cou à disposition de la hache.
Dans le plus grand silence, dans la lueur immobile des bougies qui ne vacillent plus de terreur, sous la respiration suspendue de toutes les Dames et de tous les Seigneurs, Gauvain saisit la lourde hache et schlack, il l'abat sur le cou tendu. Cheveux et visage verts compris, la tête du Chevalier Vert tombe, roule et s'immobilise sur le sol. Devant l'assistance effarée, l'impossible surgit. Le Chevalier Vert se redresse, avançe d'un pas, ramasse sa tête et la coince sous le coude droit. Pendant que, décapité, il tourne vers sa monture, la tête nargue l'assistance. Ah ah ah ah elle rit et d'une voix ferme elle rappelle


  • "N'oubliez pas Messire Gauvain, rendez-vous dans un an et un jour à la Chapelle Verte, afin qu'à mon tour je vous rende le coup que vous venez de m'asséner ! Mais sachez que celui-ci vous sera fatal." Ah ah ah ah 


Dans un rire goguenard et dans un grand fracas métallique, le chevalier sans tête enfourche sa monture et disparaît. Tel qu'il était venu.

Dans l'assistance, personne n'aurait osé prononcé un mot. Tous les regards étaient arrêtés sur le jeune Gauvain. Celui-ci, abasourdi, tétanisé, s'interrogeait. Qu'avait-il fait ? 
Il n'était plus temps de se le demander.

Cette année-là, au fur et à mesure où les jours s'écoulaient ceux qui croisaient Gauvain manquaient de mots. Ils se taisaient. L'atmosphère s'alourdissait. Gauvain était muet.
Enfin par un brumeux matin d'automne Gauvain quitta le château. Son départ s'accompagna d'un "bonne chance" qui en dit long sur son retour improbable. Chacun pensait le voir pour la dernière fois. Roi et Guenièvre compris.



Sous le pas balancé de son cheval Gauvain réfléchissait. Où allait-il ? Où était-elle cette  Chapelle Verte ? Par où aller ? Personne n'avait su lui donner une indication. Il avait seulement appris qu'au jeu du 
"Tranchez-moi la tête, je vous trancherai la vôtre" 
le Chevalier Vert avait toujours gagné. 

Gauvain en oubliait d'admirer les enchevêtrements de couleurs sur les arbres : c'était l'automne. Verts, jaunes, roux, rouille, les couleurs de l'automne s'en donnaient à coeur joie. Mais il ne trouvait à leur contemplation aucun réconfort. La route est longue, les arbres sont dénudés, le froid perce. Au pas cadencé de sa monture, Gauvain se rappelle les circonstances qui l'ont amenées à faire ce voyage. Quand trouvera-il la Chapelle Verte ?


C'est alors que Gringalet a fait un écart. L'animal tente d'éviter un ours qui est soudain sorti du bois. Le chevalier Gauvain ne peut pas ne pas affronter la bête. Il se dresse devant eux, menaçant. Gauvain n'hésite pas. Il descend de cheval, extrait la belle Excalibur de son fourreau et combat l'animal sans acharnement. L'ours tombe. "Merci Roi Arthur de m'avoir prêté ton épée"
Gauvain chemine. L'hiver se fait de plus en plus froid. Son cheval fait un nouvel écart. Cette fois ce n'est pas un ours c'est un loup qui les met en danger. Gauvain n'hésite pas. Il saute de cheval, dégaine la belle Excalibur et slash slash râââ il n'y a plus de loup.
Messire Gauvain reprend la route. Il se demande dans combien de temps il trouvera la Chapelle Verte ?
Pour l'heure Gringalet s'arrête à la limite d'une falaise. Un pas de plus et s'il ne l'avait pas fait, cheval et cavalier auraient versé dans le ravin. Ils seraient morts. Gauvain scrute le ravin. Il aperçoit une vallée, une forêt et au milieu de la forêt il distingue les tours d'un château. Rassuré à l'idée de rencontrer une compagnie prochaine, Gauvain souligne des talons les flancs de Gringalet. Le cheval s'élance. En contrebas il y a un chemin.
Gauvain et son cheval s'enfoncent dans la forêt. Elle est profonde. Plus ils vont plus elle est austère. Enfin, cheval et cavalier déboule dans une clairière. Le château est là. Il s'étire de toutes ses tours et tourelles vers le ciel gris et bas.
L'homme qui accueille Gauvain n'est autre que le maître des lieux. "Le seigneur de Bercilak", lui-même précise-t-il. Il invite chaleureusement Messire Gauvain à visiter les lieux en sa compagnie. Messire Gauvain en appelle à sa fatigue. Monsieur de Bercilak offre l'hospitalité à Messire Gauvain pour autant de jours qu'il voudra. Messire Gauvain évoque la recherche à laquelle il est obligé. Il parle de la Chapelle Verte. Monsieur de Bercilak dit que la Chapelle est à trois pas et qu'il peut donc profiter de ce château jusqu'au jour du rendez-vous. "Prenez tout votre temps pour prendre votre décision, prenez tout ce que l'on vous donnera" déclare l'hôte de Messire Gauvain et d'ajouter " accompagnez-moi à la chapelle du château, nous pourrons assister à la messe de Noël"

La chapelle est très belle, le service est parfait mais ce qui l'est plus encore c'est la jeune femme qui fait semblant d'y prier alors qu'elle tient les yeux innocemment braqués sur Messire Gauvain. A ses côtés, une sorte d'encore femme, toute ridée, monte la garde. Tout annonce que cette jeune femme est difficile d'accès. Mais "quelle audacieuse" pense Gauvain. D'autant plus lorsque Bercilak lui apprend qu'elle est son épouse.

Le lendemain le Seigneur de Bercilak annonce à Gauvain qu'il doit quitter le château pour des chasses qu'il a l'habitude de faire. "Mais" dit-il, "vous êtes ici chez vous Gauvain. Ma Femme se fera un plaisir d'être à vos petits soins. Tout ce dont vous aurez envie elle s'en chargera. Faites-lui confiance. De mon côté, ce que j'aurais tué et ramené comme prise vous appartiendra. En échange, vous me donnerez ce que vous aurez reçu durant mon absence. C'est un jeu Messire Gauvain. Il s'appelle "le jeu d'échange des gains". Je l'aime bien." Et sur ce, chacun part dans ses appartements.

Le lendemain matin, les chiens sont préparés, les chiens se rassemblent, les premiers henissent, les seconds aboient, Gauvain n'entend ni les animaux ni les hommes et la chasse s'éloigne. Mais il entend un léger glissement sur le carrelage froid de sa chambre. Il n'ose bouger. Il fait semblant de dormir. Il découvre avec stupeur que la femme de Bercilak est entrée dans sa chambre et s'arrête au bord de son lit. Elle ne bouge pas, mais derrière ses paupières à peine entrouverte Gauvain comprend qu'elle ne le quitte pas du regard. Puis elle se penche et l'embrasse sur une joue. Puis elle s'éloigne et quitte la pièce !
Gauvain est très troublé. Mais passe le jour. Au soir revient la chasse. Bercilak dépose aux pieds de Gauvain un cerf magnifique. Gauvain dépose sur la joue de Bercilak un bisou. Bercilak rit. Comme si de rien n'était.
Le lendemain, chevaux, chiens, chasseurs se réunissent mais ils n'interrompent pas le sommeil de Gauvain. Cependant il s'interrompt lorsqu'un pas léger frôle le sol de la chambre. Gauvain se réveille quand la dame, s'assied sur le rebord de son lit. Gauvain est très gêné, partira-t-elle ? Que doit-il faire ? Il décide de ne rien manifester. Dans l'obscurité, la jeune femme dépose un baiser sur l'autre joue puis, elle s'éloigne.
Au soir, Bercilak ne ramène pas un cerf de la chasse, mais seulement un sanglier. Il s'en excuse. "Quand il demande à Gauvain "n'avez-vous rien à m'offrir ce jour" Gauvain ne répond rien.. Il s'avance vers Bercilak et dépose sur sa joue gauche un nouveau baiser. L'hôte des lieux rit et salue son épouse.
Le lendemain Gauvain entend les chiens et les chevaux se rassembler comme il entend tous les serviteurs préparer le cheval. Mais surtout ce qu'il entend et espère, c'est le pas léger sur le carrelage. Quand il l'entend, le pas léger ne s'arrête pas devant le le lit de Gauvain. Il poursuit jusqu'à la fenêtre obscurçie par un épais rideau. Une main délicate soulève la courtine et la tire avec femeté. Le jour pénètre dans la salle et Gauvain, qui regardait entre les cils, ouvre grands les yeux en remarquant le beau décolleté profondément offert à son regard. Gauvain fait mine de n'en rien voir. La belle le rejoint au bord du lit. Elle s'étonne. Elle lui demande s'il est pris. Il dit n'avoir aucune attache. Elle lui demande un baiser. Il dit qu'il ne peut pas embrasser la femme de son hôte. Elle lui en donne trois sans s'occuper de son avis. Mais les baisers ne semblent pas lui suffire. Elle veut recevoir de sa part quelque chose qui lui appartienne en propre afin qu'elle se souvienne de lui, "votre paire de gants" par exemple. Il répond que rien de ce qu'il possède n'est assez beau pour elle. Alors la Dame ôte de sa taille une ceinture de soie verte "Prenez au moins cette ceinture de soie mon Ami, elle vous protégera sitôt que vous pourriez être aux portes de la Mort" Gauvain pense au sitôt à son rendez-vous et à la hache qui devrait s'abattre sur sa nuque. Bien qu'il ne la connaîsse pas Gauvain imagine la Chapelle Verte et surtout le Cavalier Vert portant la hache censée trancher la tête de son coprs. A l'idée de cette terrible épreuve Gauvain accepte la ceinture. La belle demande à Gauvain de ne faire à son mari, aucune mention du cadeau qu'elle lui fait. Gauvain assure la belle de sa discrétion et toute la journée ils se promènent dans les champs et dans les prés. Au retour de la chasse Bercilak semble déçu et pour cause. Ni cerf, ni sanglier. Un renard, voilà son maigre butin. "Et vous Messire Gauvain qu'avez-vous à m'offrir !" Ce soir-là Bercilak reçoit trois baisers sur ses deux joues. Son visage est obscur.
Le lendemain, dans un matin à la fraîcheur glaciale, un serviteur harnache le cheval de Gauvain. Il accompagne Gauvain à la Chapelle Verte. Elle n'est pas loin, à presque deux pas. Mais le serviteur s'arrête bientôt. Il refuse de poursuivre davantage. Il conseille à Gauvain de retourner sur ses pas. "D'autres que vous ont eu rendez-vous avec le Cavalier Vert. Aucun n'a gagné. Tous son morts. Partez Messire Gauvain où vous périrerez à votre tour." Gauvain serres la ceinture verte d'une main. Il dit qu'il n'est pas question pour lui d'échapper au défi. Alors le serviteur lui montre d'un doigt la direction à prendre puis il s'éloigne en marmonnant "Je vous aurai prévenu Messire Gauvain, c'est par là !" Gauvain prend la direction indiquée et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire il trouve la Chapelle Verte. Et il entend tout aussitôt un sifflement si aigu que s'il avait pu fermer ses oreilles il l'aurait fait. Gauvain lève la tête. Une silhouette gigantesque assise sur un cheval se dresse. Il la reconnaît. Devant lui se tient bel et bien le Chevalier Vert. Impressionné, il recule de quelques pas.
"Merci d'être à l'heure à notre rendez-vous Gauvain. Ne me dites pas que vous pensiez fuir ? Fuir n'est pas ah ah ah ah digne d'un chevalier de la Table Ronde !""
"Allons, il saute du haut du monticule sur le sol, préparez-vous pour le châtiment Gauvain !"
Gauvain descend de son cheval Gringalet. Il met genoux en terre et il tend sa tête.
Gauvain s'agenouille, mais, au premier coup de hache il ne peut éviter de se retirer brusquement. "Avez-vous peur Gauvain que vous ayez osé vous écarter ? " Le Chevalier Vert se moque de Gauvain. Gauvain nie et de nouveau il se prépare à recevoir le tranchant de la hache sur la peau du cou. Le Chevalier abat la hache mais... mais il arrête le mouvement quelques centimètres à peine au-dessus du coup de Gauvain. "Que faites-vous Chevalier, vous moquez-vous, allez, tranchez !"
"Puisque c'est vous qui le demandez Chevalier j'abats la hache!" Mais cette fois sur le cou de Gauvain à peine s'il y a une petite entaille.

"J'ai tenu ma promesse Chevalier Vert, je n'ai pas bougé !" Gauvain s'est relevé d'un bond.
"Je n'en attendais pas moins d'un des plus fameux Chevaliers de la Table Ronde Messire Gauvain, pas moins de vous qui avez su fort bien vous tenir devant les audaces de mon épouse... oui, Messire Gauvain, je suis aussi le seigneur de Bercilak et ma Dame n'est autre que Morgane chargée de vous défier à son tour. Vous n'avez pas cédé à ses instances sauf en ce qui concerne la ceinture de soie verte. Vous l'avez acceptée dans le seul but de rester en vie. Comment vous le reprocher ?
Allez Messire Gauvain retournons à ma demeure voulez-vous ?"Gauvain ne fut pas de cet avis. Il préféra retourner au château de Camalot. Tout le monde fut très heureux de le voir vivant. Comme il arriva au tout début du repas de la nuit du Nouvel an, le Roi Arthur attendait son conteur pour écouter une histoire QI4qu'il aimait à entendre, avant de débuter le repas. Le conteur fut, ce soir-là, Messire Gauvain lui-même.
Quelque chose me dit qu'il raconta l'histoire du Chevalier Vert?Il raconta , il y avait il n'y avait pas, un château, un roi, le roi Arthur.
Là s'arrête cette histoire.

mercredi 23 juin 2010

Année scolaire 2010-2011 Instituteurs, Institutrices, instances scolaires, primaires ou secondaires, .... vos projets pédagogiques

Pour les faciliter, un nouveau site -que je ne connais pas- mais que je vous présente. http://www.idanim.fr/

Pour ma part, je suis conteuse. Pas professeur, ni instituteur. Depuis que j'interviens en bibliothèques, en écoles, en maisons de retraites, en structures, j'ai accumulé la connaissance de nombreux textes, (contes, histoires, chants, devinettes, vire-langues, poésies qui peuvent s'entre-mêler) de nombreux thèmes et le goût de certains sans en exclure aucun.

Je reste attentive à croiser les générations, si le public est mixte.
Je privilégie la fonction écoute-rêve-imagine du conte, consciente qu'il soit dit à un instant T et puisse éveiller ou réveiller l'oreille qui l'écoute, en un instant T ou Y.
Je reste toujours attentive au plaisir que manifestent ceux qui, même âgés, redécouvre ou découvre tout simplement le conte.

Je considère que le conte est "Jeu", connivence. Je joue avec son côté pédagogique. Qui souhaite travailler avec moi peut me joindre au 02.99.38.67.57
A nous entendre.
Lania

Dernière tristesse : entendre un enfant de quatre ans dire en entrant dans une bibliothèque de maternelle "c'est nul une bibliothèque !".
Dernier plaisir gourmand : entendre le même enfant réclamer une "autre histoire"

Priorité actuelle : les textes russes avec chants et poésies dans la langue

mercredi 21 avril 2010

mercredi 21 avril, silence on écoute


Les enfants d'aujourd'hui savent fabriquer le silence. C'est dans un grand silence que je suis entrée. Je me suis assise sur la toute petite chaise. Et j'ai montré mon carré vert. Main, fleur, jardin, verger... les enfants avaient travaillé sur les mots : ils en avaient un bel échantillon !

Roi, espace, soleil, étoile : j'avais tout ça dans ma besace. Ils ont écrit leurs prénoms sur un tryptique. C'était parfait pour dire l'histoire du "Monstre mangeur de prénoms". Auparavant, ils ont dansé la valse, le tango et le rock avec le papillon, par copain-copine interposé. Une belle heure. Souvenirs à l'appui. Puisque tout s'est fini chez le photographe.
Références bibliographiques
Le monstre mangeur de prénoms, texte de David Cavaillon - illustrations de Julien Billaudeau. www.benjamins-media.org. Il est référencé à la médiathèque des Champs Libres
"De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête" de WERNER HOLZWARTH ET WOLF ERLBRUCH - collection personnelle
Une réalité qu'il faut avoir en tête. J'aime bien la réalité. "Et d'ailleurs chez les petits humains ça ne se fait pas sur la tête du voisin, n'est-ce pas Charles-Henri"

dimanche 27 septembre 2009

Festival de la Rue de L'Orguenais 27 09 09 à Bruz

Un p'tit air de Panama
Mondo Bizarro ?
Ce musicien-là n'est pas venu "à vélo" !
Rencontres hasardées : verticales et horizontales Merci chères bénévoles pour votre sympathique sourire.
Et pour le final, avec Véronique et moi-même et Croqu'notes c'est... en attente.
Ma carte 4GB, un atavisme, ne veut pas déposer ses images. RRRRRRRRRRRRRRRrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr
Bonne nuit ceux de l'Orguenais. Bravo et merci.

mardi 5 mai 2009

Un magnifique contact à la MdQ Ste Thérèse ce 5 5 09

Sur une échelle de 5 ne lésinons pas, au pays Dentrenou, pour ce que nous avons vécu cet après midi, la note sera 5/5. Je l'attribue à votre aimable attention, à la qualité de vos oreilles, au feeling qui est passé, parmi les citoyens du pays Dentrenou. Un plaisir. Que l'on pourra découvrir sur la photo que je déposerai bientôt.

mercredi 22 avril 2009

Un petit conte du pays de Rance : Drôle de Fée Croquellen

Il y avait dans les temps lointains dans le pays de Rance un Mont Croquellen. Et, pour y habiter, une fée du même nom aux connaissances si nombreuses que, de toute part, chacun venait la consulter.

Dans le même temps, une fille du pays, pourtant pas très fine, se laisse aller, de notoriété publique, à écouter des fariboles. De très très près. Et par les gars. Si près, qu'on se demande bien pourquoi elle s'étonne de voir son justaucorps devenir trop juste.
Mais le fait est là. Et en elle, elle ne trouve pas de réponse. Comme elle se sent de plus en plus embarrassée, elle va interroger la fée du Mont Corquellen. La fée Corquellen ne peut pas ne pas savoir.

Ce jour-là elle n'est pas seule à avoir l'idée de questionner la Fée. Ils sont trois. Elle.
Une mendiante et un bossu.

La mendiante se rend chez Croquellen, parce que, à près de soixante dix ans, elle ne comprend pas pourquoi on l'appelle "la vieille boune foume".

Le petit bossu, plutôt charmant, se présente pour comprendre pourquoi lui, on l'appelle "le petit bossu ?" Non mais des fois.

C'est la fille, qui n'était pas trop fine, qui entre la première dans la hutte de la fée Croquellen. Elle lui raconte son histoire et son pourquoi. La fée lui demande de s'asseoir et de l'attendre. Elle ne tarde pas à revenir. Quand elle revient la fée porte un grand miroir. Elle le pose devant la fille et lui demande de se regarder dans le miroir.

La fille se regarde, mais elle a beau se chercher, elle ne se voit pas. C'est ce qu'elle dit à la Fée Croquellen. "C'est étrange. Presque impossible. Dis-moi au moins ce que tu vois !" réplique la Fée un peu moqueuse. La jeune fille répond qu'elle voit des lièvres qui se sauvent devant des chiens" "Tu as raison, tu ne pouvais pas te voir, mais c'est dommage, car si tu avais couru devant les gens que tu as rencontrés comme les lièvres font dans le miroir, tu ne te serais pas retrouvée dans la situation qui te trouble ! "

La fille est un peu gênée. Comprend-elle ? Elle quitte la hutte et c'est au tour de la vieille femme d'entrer dans la hutte de la Fée. La fée lui demande de s'asseoir et de lui poser sa question. "Je t'écoute !" dit-elle, et ce faisant, elle tourne le miroir vers la vieille. Elle lui demande "Que vois-tu dans ce miroir ?" La pauvre vieille femme est très émue C'est à peine si elle peut parler. Elle finit par dire qu'elle voit une jeune fille de 18 ans, morte pendue.

"C'est exactement ce que tu devais voir," lui dit la fée, et sache que si tu avais fait comme cette jeune fille, on ne t'aurais jamais nommée la "Vieille boune foume" (mdr)

La pauvre vieille s'en va d'un pas trébuchant. Le petit bossu lui succède. Et que pensez-vous que lui ait répondu la Fée Croquellen quand elle a su son pourquoi du comment ?

Vous aussi vous voudriez savoir ?

"Osez !"
J'ose, dit la fée. La réponse fuse, à l'ancienne et plutôt gauloise. Le pauvre petit bossu décampe aussitôt dite.

Au pays de Rance, on ne sait toujours pas ce qu'il est devenu. On y dit à ce propos :
"Toi non plus ? Cherche-le et mets ton nez dans son ... Alors on sera sûr qu'il n'est pas perdu !!!!"
Rarrissime de ma part, mais aujourd'hui, me fait rire et fait penser à la merveilleuse déesse Baubo.

jeudi 2 avril 2009

L'Association ANE à St Jacques de la Lande, programme

le dimanche 5 avril une promenade asine dans le parc de La Gautrais, à St Jacques de la Lande. Pour en savoir davantage, copier-coller le lien suivant :
http://lezane2lalande.blogspot.com/
Et si vous avez des enfants, n'hésitez : entre Isablle, Caramel et les autres, des ânes, ils en verront et dans leur cariole, ils monteront.

jeudi 11 septembre 2008

Babar ? Je me souviens bien de ces deux pages

A re-découvrir côté parents dans "L'Art de Babar" ou "L'oeuvre de Jean et Laurent de Brunhoff" de Nicholas FOX WEBER chez Nathan Image



Illustrations ¨du rêve de Babar, à voir dans l'album "Le roi Babar" : la vieille Dame est mordue par un serpent et Babar rêve d'éléphants angéliques et de démons.

mardi 19 août 2008

Conte du Dauphiné "à faire peur" : La main verte


LA MAIN VERTE

Texte original remanié par Lania

Il y a main et main. Il y a main à donner ou à serrer, main à tendre ou à prêter, mains de maître ou mains jointes, mains sales à laver, main de fer, ou main de velours, main droite ou main gauche et de la main à la main d'autres mains et demains.
Mais aujourd'hui il y a main verte. La main verte. Non pas celle qui donne de l'âme aux fleurs, mais celle qui donne des peurs à l'âme, l'âme des petites filles.
QUITTEZ VOS LUNETTES ENFANTS QUI EN AVEZ. FERMEZ VOS YEUX ENFANTS QUI N'EN AVEZ. L'HISTOIRE S'APPROCHE. L'HISTOIRE VIENT. L'HISTOIRE EST LA. Il était une fois une maman demanda à sa fille d'aller chercher sa bassine à laver. Elle lui expliqua qu'elle donnait le sein à son petit frère et qu'elle ne pouvait le faire elle-même. Elle lui indiqua où elle l'avait rangée et lui dit "Allez petite et ramenez-la moi !" L'enfant aussitôt accepta et sur l'instant elle s'en alla. Sa maman écouta le claquement de ses pas diminuer en direction de la cave, jusqu'à ce qu'ils ne fassent plus tacatac comme ils faisaient sur chacune des marches à claire voie qui descendaient à la cave. Alors la maman imagina les petits pieds. Elle les voyaient se poser sur le sol de terre molle et irrégulière qui étouffait les bruits. Elle imagina l'enfant en train de chercher la bassine en métal. Mais elle ne put imaginer ce que découvrit l'enfant quand elle la découvrit. Pas plus qu'elle ne put entendre le cri qu'elle poussa en sursautant devant une main verte qui se tenait debout tout raide devant elle en la regardant fixement. La petite fille fut dans l'incapacité de bouger. Elle voulait fuir mais elle ne pouvait ni décoller un pied du sol ni bouger un seul doigt de ses mains. Seules ses oreilles pouvaient écouter. Elles écoutèrent la Main Verte. Elle disait :"Attention fillette, ne raconte surtout pas à ta mère que tu m'as vue sinon ce soir je me régalerai d'une petite fille qui aura trop parlé !"
La petite fille comprit tout. Elle n'avait aucune envie de servir de repas au monstre qui la narguait à trois pas de son nez. Elle lui répondit en s'empêchant maladroitement de trembler : "Je je je ne pense pas que hoc hoc je le dirai à hoc hoc ma mama ma maman, c'est hoc promis !"

Sitôt cette promesse la Main Verte disparut. L'enfant retrouva peu à peu sa respiration.
Dans la cave il y avait très peu de lumière mais beaucoup de toiles d'araignées. Il ne ferait pas bon s'attarder, pensa-t-elle. Elle se pencha pour attraper la bassine à laver et fit un rapide demi-tour.


Déjà les petits souliers ne font plus taca tac tacatac sur les marches à claire voie de l'escalier qui surgit de la cave. Ils glissent sur le parquet ciré du couloir. Mais le coeur de l'enfant bat si fort la chamade que la maman l'entend dès qu'elle apparaît. Elle tourne la tête et s'exclame " Petite, vous pleurez ? Pourquoi donc, dites moi tout, je veux savoir : que vous a-t-on fait ?"
Aussitôt dans la tête de la petite fille apparaît la Main Verte dressée au-dessus de la bassine à laver. Elle voit l'index accusateur, elle l'entend dire "Attention Petite, ne dis pas que tu m'as vue sinon ce soir je te tue !" L'enfant ferme les yeux. Elle se souvient de sa promesse. Elle se taira. Mais sa maman insiste. Elle demande encore une fois "Pourquoi pleurez-vous mon enfant, pourquoi donc, parlez-moi ! C'est important Je dois savoir !" L'enfant en hoquetant répond "Si je vous le dis Ma Mère, la Main Verte me mangera !" Et dans sa gorge un nouveau hoquet trébuche. "C'est une histoire idiote fillette que vous me racontez-là, une Main Verte qui parle ! Si vous continuez ainsi avec cette parole, assurément vous serez conteuse plus tard ! Une main verte qui aurait envie de manger, ça n'existe pas ! Cessez de pleurez s'il vous plaît. Et n'oubliez pas que de toutes les façons je suis là pour vous garder, pour vous protéger ! Mademoiselle, tant que je serai là personne ne vous mangera !" Ce sont de belles paroles mais l'enfant se remet à pleurer et à hoqueter de plus belle. Elle est terrorisée. Elle voit la main verte, yeux fermés. "Alors fillette, racontez-moi tout !". L'enfant raconte tout ce qu'elle a vu de ses yeux vus "Maman il y a dans votre cave une affreuse Main Verte. Elle m'a sauté au nez du plus profond de la bassine à laver. J'ai eu très peur. J'ai sursauté. J'ai manqué tomber. Elle m'a parlée. Je l'ai écoutée. Elle m'a dit qu'elle me mangerait si je m'avisais de vous raconter !" Et l'enfant se remet à trembler. "Venez dans mes bras, calmez-vous, n'ayez pas peur" dit la mère tout en lui caressant les cheveux. " Montez vous coucher et soyez sans crainte j'irai vous voir dans le milieu de la nuit ! Allez bonne et douce nuit petite !" L'enfant embrasse sa maman qui la regarde avec tendresse. La voilà rassurée. Quelques tac tac tac rapides elle monte les marches deux par deux comme un jeu et au bout de l'escalier elle entre dans sa chambre. Vite je me déshabille et je me couche. La voilà endormie d'un bon sommeil d'enfant. Bientôt la nuit se fait profonde, épaisse, noire et une chouette hulule. C'est à cet instant précisément que dans l'escalier de la cave une planche gémit. Puis une autre et une autre encore. L'enfant est réveillée. Elle a entendu. Mais elle n'entend plus. Elle retient son souffle. Elle écoute le silence. C'est alors qu'une voix dit "Tu m'as désobéi fillette, tu as parlé, me voilà non loin de toi, en haut de l'escalier de la cave. Je viens te prendre et je te mangerai !" L'enfant bouche ses deux oreilles de ses deux mains et elle appuie bien fort sur elles. Mais cela ne l'empêche pas d'entendre de nouveau des pas. "Ni la voix : "Qui m'a désobéi fillette ? Je suis dans la cuisine, j'aiguise les couteaux et je prépare ma tartine pour t'étaler dessus !" Cette fois l'enfant se glace et se coule en entier sous le drap de lit qui est secoué de tremblements. La porte s'ouvre et la voix dit "Fillette qui a trop parlé me voilà arrivée !" Sous le drap le coeur de l'enfant bat de nouveau la chamade. Le lit bouge : son coeur va éclater. "Me voilà près de toi fillette, je vais te manger !" Le drap se soulève et l'enfant s'évanouit. Dans la pâle lueur de la lune, le lit n'est plus qu'une plaque blanche vide ! Dans l'escalier une enfant sidérée pend au bout d'une Main Verte ! Quand le coq chante le jour se lève et la maman aussi. Elle se précipite dans la chambre de son enfant et pousse un cri. Sur le drap blanc une tache de sang. Alors elle hurle puis soudain lui revient en mémoire tout ce que lui a dit l'enfant. Elle disait vrai. Cla cla cla cla cla ses pieds dévalent les escaliers en trombe ; glissent sur le plancher ciré à toute allure, dégringolent de nouveau vers la cave. La Main Verte est bien là. La Maman n'hésite pas. De ses deux mains voilà une Main Verte bel et bien tranchée. L'enfant, toujours vivante, quitte le coin où elle s'était cachée et se jette dans les bras de sa mère. Toutes les deux rient et pleurent de joie. Ouf, cette fois l'histoire est finie. Tout va pour le mieux sauf pour la main qui l'a écrite : elle est bleue de peur.




chamade : Batterie de tambour ou sonnerie qui annonçait l’intention de capituler dans une ville assiégée
• mais aussi, cœur dont le rythme s’accélère sous l’effet d’une violente émotion :
Au revoir
Et à bientôt
Le texte original de "La Main Verte" se trouve dans l’ouvrage intitulé
« 365 contes de la Tête aux Pieds » sûrement chez Gallimard sous la direction de Muriel Bloch (à vérifier)