mercredi 8 novembre 2017

Conte indien de l'Inde : si vous vouliez la fin, :-) demandez-la moi :-)

- CONTES INDIENS - 

Arkbal Birbal et les 10 idiots

Dix idiots à trouver ? Quelle drôle d'idée? ……………………….


Arkbal était un riche et puissant empereur
Il vivait dans un immense palais

  au milieu
D’un millier de fenêtres
D’un millier d’escaliers
D’un millier de balcons embalustradés
D’un millier de jardins en bosquets fleuris
D’un millier de fontaines joyeuses et de rosiers parfumés
D’un millier de servantes et de serviteurs
Mais de seulement neuf sages…
Neuf sages qui l’ennuyaient profondément

Je me trompe. 
Pas neuf, huit 
et ce neuvième, qui s’appelait Birbal, justement n’ennuyait pas l'empereur Arkbal. Pourquoi, vous demandez-vous ?
Parce que Birbal parlait, -pensait l’empereur Arkbal-, avec des mots qui n’étaient pas des mots mais des clefs pour ouvrir le monde. Et ces clefs étaient importantes pour l’empereur Arkbal.  Figurez-vous que l’empereur Arkbal, tout empereur qu’il était, ne savait ni lire ni écrire.
L’empereur Arkbal, tout empereur qu’il était, était un illettré.
—=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

Voilà qu’un jour
Arkbal convoque Birbal. Birbal se rend à la convocation. Il est persuadé qu’il y rencontrera les 8 autres ministres. Mais que nenni. Quand Birbal entre dans la grande salle du conseil il se rend compte qu’il est tout seul. Il est intrigué. Pour quelle raison Arkbal son empereur l’aurait-il convoqué ?


Quand Birbal l’apprend, il n’en revient pas. C’était clair, l’empereur s’interrogeait. Et ça se voyait
Il était assis sur un petit siège capitonné,
son turban bleu pâle incliné 
son coude droit appuyé sur sa cuisse gauche pour mieux faire brain gym,  traduisez « pour mettre ses neurones en connexion »
et son menton, tendu en avant, reposait lui sur son majeur. 
il est clair qu’il s’interrogeait
et il y a de quoi s’interroger. Birbal, sous l’annonce s’interroge à son tour : 
Comment un empereur peut-il avoir envie qu’on, pardon, qu’il…. lui ramène les dix hommes les plus….. Zidiots  de l’empire !
Comment un empereur peut-il penser que dans son empire il existerait dix idiots !!!!!



Arkbal lit l’étonnement de son sage préféré sur son visage. Il s'empresse de le rassurer en lui disant qu’il ne doit pas faire la tête, qu’il a un mois pour trouver les dix idiots mais qu’après un mois, il… ? Birbal est rapide à voix basse il se dit "Après ça je serai jeté aux fauves, pendu, décapité » et toutes ses possibilités l’effraient… et ce, non sans raison, puisqu’il voit l’empereur souligner sa gorge d’un trait. 
Birbal a la réponse. Il peut…. craindre pour sa vie. Il craint pour sa vie. 

Alors il rassure l’empereur, il lui donne rendez-vous non pas à la fin du mois mais bien avant et sur cette certitude il se retire mains jointes sur la poitrine, tête courbée et à reculons, en signe de déférence et en répétant  « Seigneur, il sera fait selon ton désir » et il s’incline régulièrement en s’éloignant en s’éloignant en s’éloignant

Puis hors de la salle il dévale les escaliers à toute allure, 
traverse sans les admirer les hautes colonnes de marbre blanc, 
sort du palais et s’arrête net !
Et il se prend à croire
à la chance.


Parce qu’à moins que ses yeux ne le trompent, son premier idiot 
il se tient là devant lui.  
En effet, comment appeler autrement cet homme qui lui répond que s’il porte un fagot sur son turban rouge, lui-même posé sur sa tête c’est parce que son animal de cheval ne supporterait pas de porter leur double charge ! 
Birbal retient son rire et s’adresse au  cavalier:
«Ton cheval a de la chance 
et toi tu es un grand chanceux, 
Suis-moi parce que l’Empereur  
veut te voir ! »

« L’empereur veut me voir ?… » Etonnement du drôle de cavalier.
« Oui il veut te voir » 
et Birbal poursuit son chemin cheval et cavalier sur les talons tout en se frottant les mains et en pensant
il ne me reste plus que 9 idiots à trouver. 
Quelle chance, quelle chance, quelle  chance j'ai ! 

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Soudain des cris l'attirent. 
Il tourne la tête. Il aperçoit des bras qui s’étirent… au-dessus d'un fossé et d'un turban bleu : 
Un homme dans un fossé, il est peut-être blessé, il doit l’aider. Birbal se précipite.  Mais quand il veut attraper les mains de l’homme celui-ci se met à hurler
« Pas par les mains ! Pas par les mains ! »
Birbal a le sens de la fête, il s’adapte. Il saisit l’homme par la taille et l'extirpe  hors du fossé. Mais alors que l’homme est sauvé, il garde toujours ses bras bien tendus et ses mains bien écartées. Pourquoi ?  La réponse qu’il obtient lui enseigne qu’il a trouvé là son deuxième idiot. En effet, comment appeler autrement cet homme qui répond qu'il garde les bras tendus et les mains écartées pour ne pas perdre la dimension de la marmite que sa femme lui a demandé d’acheter au marché ?

 Birbal retient son rire ; il dit seulement 
« Ta femme a bien de la chance 
et toi tu es  un grand chanceux, 
suis-moi, l’Empereur  veut te voir ! »
 l’empereur veut me voir 
l’empereur veut me voir
pendant que Birbal poursuit son chemin 
cheval, cavalier 
et hommes bras écartés au-dessus de son turban 
sur ses talons.
Il retient son rire et se frotte les mains  
Chance pour moi, plus que 8 idiots à trouver. 
Quelle chance, quelle chance, quelle chance j'ai !

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Et voilà que Birbal surprend le bruit de pas précipités. Il lève la tête.  
 Un homme au turban jaune safran  se précipite sur eux. Aucun doute à avoir, l'homme va les heurter.  Birbal tend les bras en avant pour amortir le choc tout en pensant que la chance l’accompagne et qu’il n’est pas loin de rencontrer son troisième idiot. Car en effet, comment ne pas appeler idiot 
cet homme qui lui répond que s’il ne crie pas...
fort 
et s’il ne court pas...
vite 
la mesure de la portée de sa voix sera faussée !   

Birbal retient son rire et répond 
« Tu es réfléchi toi, et tu es chanceux,  
suis-moi, l’ Empereur veut te voir ! 

L’empereur veut me voir 
l’empereur veut me voir
Pendant que le crieur  s’étonne que l'empereur veuille le rencontrer,
Birbal se frotte les mains et pense  
«  Chance pour moi 
plus que 7  idiots à trouver
quelle chance, quelle chance, quelle chance j'ai ! »

Birbal poursuit son chemin avec sur ses talons
  • cheval et cavalier à pied pour ne pas fatiguer sa monture
  • homme mains écartées pour ne pas oublier les mesures d’une marmite
  • homme qui crie fort et court vite pour ne pas fausser la portée de sa voix
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Bientôt la petite troupe arrive au bord d’un grand parc. La porte d'entrée  est une pure merveille : elle représente un paon dont la roue, sous le soleil, éblouie le regard tant les diamants et les émeraudes la parsèment. Devant cette porte immense, deux hommes  aux turbans l’un vert l’autre violet,  tiennent une discussion visiblement houleuse aux mouvements des deux turbans. Du style index pointants alternativement et formule répétitive
« c’est toi !
non c’est pas moi… c'est toi" 
Birbal retient un double sourire : assurément le voilà en présence de deux idiots d’un coup ?  
En effet, comment ne pas appeler 
idiots…. 
deux amis qui répondent que s’ils se…. 
disputent 
c’est parce que l’un a demandé aux dieux de lui obtenir un buffle qu’il fera travailler quand l’autre a demandé un tigre qui, mangeant le buffle de l’un empêchera celui-ci de travailler !!! 
Birbal retient son rire. La dispute s’interrompt. Il en profite pour dire avant qu’elle ne reprenne 
« Faites plutôt la paix vous deux 
et suivez-moi vous êtes chanceux, 
l’Empereur  veut faire votre connaissance 
! »

L’empereur veut faire notre connaissance
l’empereur veut faire notre connaissance. 
Les deux hommes s’étonnent.
Birbal se frotte les mains. Il  pense  
«  Deux idiots d’un coup
Chance pour moi 
plus que 5  idiots à trouver 
quelle chance quelle chance quelle chance j'ai !»

Et Birbal poursuit son chemin avec sur ses talons
  • cheval mais cavalier à pied pour ne pas fatiguer sa monture
  • homme mains écartées, pour ne pas oublier les mesures d’une marmite
  • homme qui crie fort et court vite pour ne pas fausser la portée de sa voix
  • deux amis qui se disputent pour savoir qui, du tigre ou du buffle, mangera l'autre .
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Soudain au détour d'un chemin un homme surgit. 

Il porte sur sa tête un turban rose et sur le turban rose une jarre d’huile. Il stoppe la troupe et déclare à Birbal 
«Promis juré, ne prends surtout pas 
ces deux-là au sérieux. 
Ils ne cessent, n’ont cessé et ne cesseront jamais de se disputer » Et il ajoute 
"Que mon sang se répande comme cette huile que je porte si ces deux hommes arrêtaient de se battre ! » 
Dans le mouvement qu'il fait la jarre bascule offrant toute l’huile à la terre qui s’en régale. L’homme déconfit, se met à pleurer ! »

Birbal retient son rire. Il pense "j'ai trouvé mon  5ème idiot !
Il rassure le porteur  d’huile
« Tu n’es pas chanceux l'ami, 
mais arrête de pleurer car tu l'es tout de même : 
suis-moi, l’Empereur veut faire ta connaissance ! »

L’homme litanise : 
l’empereur veut faire ma connaissance, 
L’empereur veut faire ma connaissance 
Birbal lui…. visualise en se frottant les mains 
«  Chance pour moi plus que 4 idiots à trouver
quelle chance quelle chance quelle chance j'ai !»


Birbal Le Sage poursuit son chemin avec sur ses talons
  • cheval mais cavalier à pied pour ne pas fatiguer sa monture
  • homme mains écartées, pour ne pas oublier les mesures d’une marmite
  • homme qui crie fort et court vite pour ne pas fausser la portée de sa voix
  • deux amis qui se disputent toujours pour savoir qui du tigre ou du buffle mangera l'autre .
  • homme à la jarre d’huile, qui rapporte à propos d’autrui


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Soit derrière Birbal le sage réjouit d’avoir trouvé en un seul jou six idiots, un choeur de six hommes, répétant esbaudis 
-vous qui lisez ou vous qui écoutez pouvez en faire autant-
« l’empereur veut faire ma connaissance
l’empereur veut faire ma connaissance 
l’empereur veut faire ma connaissance
l’empereur veut faire ma connaissance 
l’empereur veut faire ma connaissance 
l’empereur veut faire ma connaissance» 
six idiots, et le jour n'est pas fini.... à ce rythme-là, ....  sourires aux lèvres Birbal le Sage profite d'un raccourci pour reprendre la direction du palais ?


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Les hauts murs de l’édifice s'érigent à l'horizon ; comme les dômes en forme de bulbe de tulipes ; comme leurs reflets dorés et les milliers de fenêtres. Birbal soupçonne les milliers de couloirs. Mais il s’étonne, à propos d’un turban émeraude qui tremble à ras du sol. 
Ce turban couvrerait-il la tête de son 7ème idiot ? 
La chance serait-elle encore une fois  avec lui ? Elle est avec lui. 
En effet, comment ne pas appeler "idiot" cet homme, à quatre pattes sur le sol, qui lève la tête vers lui pour lui répondre qu’il a perdu sa bague dans le buisson de roses mais préfère la chercher sur le chemin parce qu’il y a plus de lumière pour la trouver !

Birbal retient son rire et répond 
« Tu es un chercheur toi, 
et un chanceux aussi. Suis-moi, 
l’Empereur veut faire ta connaissance ! »


 Et pendant que l’homme qui cherche sa bague s’étonne qu’un empereur veuille le  rencontrer,
 Birbal se frotte les mains en pensant  «  Chance pour moi plus que 3 idiots à trouver


Et il se rapproche du palais, avec sur ses talons
  • Cheval portant cavalier portant fagot sur sa tête
  • Homme étirant bras et mains
  • Homme criant fort et courant vite 
  • Deux amis qui se disputent 
  • Homme à la jarre pleine d’huile
  • Homme qui cherche sa bague dans l’allée
Il reconnaît les hauts murs de l’édifice ; les dômes en forme de bulbe de tulipes ; leurs reflets dorés et les milliers de fenêtres. Il soupçonne déjà, les milliers de couloirs. Mais il s’étonne, à propos d’un turban émeraude qui semble chercher quelque chose sur le sol. Pourrait-il y avoir dessous son 7ème idiot ? La chance est avec lui ? En effet, comment ne pas appeler "idiot" cet homme qui lui répond qu’il a perdu sa bague dans le buisson de roses mais préfère la chercher sur le chemin parce qu’il y a plus de lumière pour la trouver !

Birbal retient son rire et répond 
« Tu es un chercheur toi, 
et un chanceux aussi. Suis-moi, 
l’Empereur veut faire ta connaissance ! »



Et pendant que l’homme qui cherche sa bague s’étonne qu’un empereur veuille le  rencontrer,
 Birbal se frotte les mains en pensant  «  Chance pour moi plus que 3 idiots à trouver


Il se rapproche du palais, avec sur ses talons
  • Cheval portant cavalier portant fagot sur sa tête
  • Homme étirant bras et mains
  • Homme criant fort et courant vite pour ne pas fausser la mesure de sa voix 
  • Deux amis qui se disputent pour savoir qui du tigre ou du buffle mangera l'autre
  • Homme à la jarre pleine d’huile qui parle des deux amis
  • Homme qui cherche sa bague dans l’allée alors qu'elle est tombe sous le buisson

Le palais se rapproche. 
Les bulbes s'offrent démesurés. 
Les fenêtres apparaissent autant innombrables que celles en façades de la mairie de Toulouse, appelée Capitole, 
Le monumental escalier se dresse devant lui
Combien a-t-il dit l'empereur Arkabal, dix idiots en moins d'un mois... Birbal sourit : 7 idiots en moins d'un jour, c'est un record satisfaisant.

et il se demande s'il se trompe à penser qu'il va incessamment sous peu trouver un huitième idiot.....
Quand il comprend qu'il ne se trompe pas
L'homme au turban garance tunique et pantalon blancs, qui grattait creusait la terre et grimaçait en regardant le ciel, est en train de lui dire qu'il avait caché  un trésor en prenant pour repère un nuage et que le nuage n'est plus là et qu'il est bien embêté car il ne trouve pas son trésor !!!! C'est la faute au nuage, dit-
Comment ne pas jubiler ?

Birbal retient son rire et dit 
«  Tu es un rêveur  toi mais un chanceux aussi. 
Suis-moi,l’Empereur veut faire ta connaissance ! »



Et pendant que l’homme qui cherchait le nuage pour trouver son trésor s'étonne qu’un empereur veuille le  rencontrer,
Birbal se frotte virtuellement les mains en pensant  «  Chance pour moi plus que 2 idiots à trouver »

« Après tout se dit-il mieux vaut 8 idiots en un seul jour que dix idiots en un mois. Plus la peine de chercher. Je vais me rendre au palais. Je présenterai mes 8 idiots à l’empereur. L’Empereur sera content de moi, et il me félicitera ! » Perrette sur sa tête….., Birbal a le pied léger. 

Il monte les escaliers au plus vite. Sur ses talons suivent 
Cavalier portant turban rouge portant fagot sur la tête 
Homme au turban bleu étirant haut et loin bras et mains pour ne pas perdre le diamètre de la marmite de sa femme
Homme au turban jaune safran criant fort et courant vite pour mesurer la portée de sa voix
Deux amis aux turbans vert et violet qui se disputent 
L’homme au turban rose et à la jarre d’huile 
L’homme au turban émeraude qui cherche sa bague  
L’homme au turban garance qui râle contre le nuage  Soit 8 idiots estampillés vrai de vrai sur les 10 idiots espérés par l'Empereur

Arkbal est assis sur son trône, le menton sur l'index et l'air maussade. La troupe est bruyante. Il lève la tête : à la vue de Birbal et des hommes aux turbans colorés qui le suivent, le visage de l'empereur s'éclaire.   Birbal présente chaque homme et il raconte leur histoire. Arkbal rit. Il s'étouffe de rire. Quelle histoire préfère-t-il ? Même lui ne sait dire.
À chaque histoire racontée chaque homme reçoit une bourse d’or et l'autorisation de quitter le palais..

Ah Birbal, ah Birbal mon plus sage conseiller, je me suis régalé à écouter  toutes ces histoires. Bravo, je te félicite.... Puis il fait un instant de silence et il demande "mais au fait combien y a-t-il eu d'histoires ???? Brilla s'interroge !!!
Que va-t-il se passer ?
Arkbal  s'amuse, à sa façon, à les récapituler du bout des doigts
il y avait l'histoire
de l’idiot protecteur des animaux
de l’idiot astucieux
de l’idiot réfléchi
des deux idiots qui se disputent
de l’idiot malchanceux
de l’idiot chercheur
de l’idiot rêveur
mais dis-moi Birbal, ça ne fait que huit histoires, huit histoires huit idiots ne t'avais-je pas dit .... 
« Je t’avais pourtant bien dit 
de me trouver dix idiots Birbal ? »

"En effet  Monseigneur,  c’est ce que vous avez dit, mais j’en ai trouvé huit en un jour j’ai pensé que les deux derniers ne manqueraient pas beaucoup vu toutes leurs histoires. Il ne faut pas abuser des histoires Monseigneur.
Et d’ailleurs à la réflexion Monseigneur, à l'instant... je pense que…"
Birbal s’arrête, fait silence

  • "Tu penses quoi Birbal, dis-moi, 
  • tu me dois une explication"

- C'est à dire Empereur que je pense que les deux autres idiots sont ici-même !

- "Ici-même Birbal ?....mais où donc, je ne les vois pas !"

- Je les vois moi, Monseigneur,
- Tu les vois toi ? 
- Oui, je les vois, ils sont dans cette salle et chacun parle en face de  l'autre. 

Dans la salle le silence devient bruyant. Birbal a beau être le sage préféré de l’empereur, il se demande ce que Arkbal fera de son....  son impertinence ?" 
"Explique-toi Birbal, je ne comprends pas ! » 

Birbal se penche, se courbe, se redresse, joint ses mains sur la poitrine « Tout de suite Monseigneur" 
« Je pense, si vous me le permettez, 
que les deux idiots manquants sont ici :
l’un, c’est vous, 
pour m’avoir donné une tâche ridicule et
l’autre, c’est  moi, 
pour l’avoir exécutée ! »

Le silence n'est pas bruyant, il est assourdissant. L’empereur, turban à aigrette sur la tête immobile ; plastron croulant sous ses colliers de rubis, diamants et émeraudes ; pantalon bouffant et ceinture sur les hanches est assis sur son trône d’or et  de pierres précieuses. Ses jambes sont croisées, il n'est rien moins que silencieux. 


Soudain, il se trémousse, ses jambes se décroisent, il se gondole, il rit à hoqueter. Et tout en riant il fait signe à un serviteur. La main pleine d'un sac d'or il reprend ses esprits : 

« Approche Birbal, 
tu n’es pas bon Birbal, 
tu es excellent, 
Tu es bien mon conseiller préféré. 
Reçois ce sac d’or, tu l’as bien mérité, 
car je le reconnais Birbal, 
tu es impayable, impayable im pay yable ah ah ah !»

Les idiots sont-ils repartis moins idiots ?
Le sourire ne quitte plus Arkbal. 
Désormais, quand il le perd il en appelle à Birbal et lui dit
« Je me sens maussade aujourd'hui  conte moi l’histoire des dix idiots, veux-tu  et n'oublie surtout pas l'histoire des deux derniers idiots, les neuvième et dixième ? »


C'est dit c'est dit, c’est même écrit et plus encore c'est FINI












samedi 4 novembre 2017

Sur le magazine "Les Rennais nov-déc17 : manger une tour Eiffel

ça donne envie
"une tour Eiffel en crêpe, de la purée en forme de carotte... et bien autres choses encore grâce aux l'imprimante 3D du Cercle Culinaire Contemporain sis à Rennes.
 moi, contant dans un lieu  si magique que la parole s'y dédouble
 le chemin allant vers la bastide
 la bastide
 conteur au repos
 Petite Marie au bout du bout du bout du Morbihan
 à trois pas de la célèbre petite chapelle
 entremets exquis en peau dès l'enfance jusqu'au  pain

Et me reviennent l'étonnement et le rire des spectateurs et trices quand je clôture l'enchaînement conteur de "Elle court, elle court la petite Marie, mais où court-elle ?" en disant 
"Aujourd'hui, c'est ainsi qu'on obtient le pain.... par imprimante" 
Et que je poursuis en faisant dire à la petite-fille de la grand-mère " 
"Maman donne-moi des céréales de Tatie Muesli !"
Concluant 
"Ainsi les enfants, filles ou garçons déjeunent-ils aujourd'hui" 
Je pratique la visualisation. 
Je fais du "conte éveillé" et parfois "réveillé"
Ce texte, je l'ai écrit en 1998. Et je l'ai dédié à Monsieur Larroque, anciennement le très célèbre boulanger de la place des cornières d'une bastide qui me fut chère et le devient pour un tas d'oreilles qui pensent,  (universel, bonjour) au village et au boulanger de leur enfance et viennent me le dire. Emotion. D'autant plus que le jour où je suis entrée dans ce village pour le contacter et dire à ce boulanger ainsi qu'à son épouse, la magie du goût de son "petit pain doux chaud et sucré", des cloches sonnaient une sorte de fin d'enterrement : le sien. Fin, émue.

lundi 30 octobre 2017

Petite histoire de non-violence -Rennes- Landrel, "La Flamme et le Souffle, Mouvement de la Paix Bretagne

 Petite histoire de non-violence lors d’un vernissage à ciel ouvert dans un quartier rennais
Non-violence : un concept pas si facile à exploiter. 
Entrer au Mouvement de la Paix, quartier du Blosne, square de Galicie, c’est tout de
même rejoindre l'Histoire,
un historique et une opinion politique et accepter l'utilisation d'un comportement. 
Non violent par exemple. Et justement, à ce propos, un fait “divers” m’a beaucoup 
interrogée sur moi-même au début de l’été.
Le projet de Victor Cova Correa, conteur, sur un quartier voisin du Blosne. Si voisin,
que j’y ai retrouvé l'enfant avec lequel le fait divers s’était produit. Quand il m'aperçoit l'ahurissement se lit sur son visage. Il se questionne; Que va-t-elle dire ? Que faut-il 
que je fasse ?

Je m'approche. Lui parle. Lui demande de m'apprendre à dire "bonjour" ainsi qu'il le
fait avec ses copains. Je lui dis que d'un endroit à un autre on peut être différent et
qu'on peut décider d'être au mieux partout ailleurs. Depuis... ? Quand il me rencontre
sur son visage naît un sourire éblouissant auquel j'offre le mien.

Je l’ai retrouvé lors du vernissage de LA Fresque (par l'association
#LeSouffleetlaFlamme et ses partenaires) à la peinture de laquelle il a participé. Il y
avait des gâteaux, des bonbons, des boissons. Je servais, avec le conteur... 
tout en écoutant les musiciens





... lorsque trois enfants sont venus me demander .... des ciseaux.
Des ciseaux, ici ? Pourquoi faire ?
Pour couper un ballon !
Couper un ballon ? Pourquoi faire ?
Là, moment d’hésitation de tous, puis reprise de parole, maladroite, par l’un
des trois
“Pour faire une fronde”
Regards menaçants des deux autres envers celui qui vient de me répondre et
étonnement de ma part
“Une fronde ! avec un ballon ? Je vous reprends les ciseaux les enfants, 
une fronde, même avec un ballon, c’est une arme et à la Maison de la Paix, 
que vous côtoyez, vous le savez, les armes ne sont pas les bienvenues ! 
Vous êtes d’accord ?”
Ils ont tous hoché de la tête. Ils se sont éloignés. Un, brin dépité. Deux, mécontents.
Quelques instant plus tard, je raconte le petit événement. Une enfant écoute. Elle
s’immisce d’un air mi-grave-mi-rieur
“Ils l’ont quand même faite, la fronde, Lania !”
Naïve : “Ah bon ?”
“Hé oui " me répond-elle, rieuse”
Elle est délicieuse. Je lui ai donc expliqué ma façon de penser.
L’important était d’avoir posé un interdit. Le respecter, ou pas, leur appartenait.
Dans le second cas, s'il arrivait quelque chose, ils devraient assumer
la responsabilité de leur refus .

Fin de l'Instant
26 10 17

jeudi 5 octobre 2017

Aïka et Bêk ... au 30 avril en forêt de Sibérie

C'est curieux, ce matin 5 octobre me voilà arrêtée au 30 avril.
C'est ça, par la magie de la lecture.

"Dans les forêts de Sibérie" par Sylvain Tesson. 
Un livre qui m'accompagne depuis... peut-être deux mois. Un livre dont je recule l'instant d'arriver à la fin parce que je ne veux pas arriver à la fin. Un livre que je goûte, presque à chaque mot jusqu'au mot "soûler" que je déteste. Comment ne pas déposer un extrait ?
J'hésitais, j'avais la flemme, il y a tant d'extraits possibles, sur lesquels je me suis arrêtée.  Mais ce matin, l'arrêt s'impose. Au risque de me répéter, à celui de vous ennuyer, me voilà au 30 avril et je ne vous dirai pas combien de fois je l'ai déjà lu.
Pourquoi ?
Comme je le dis aux enfants, les "pourquoi ?" ne m'intéressent pas. Je ne connais pas toujours -d'ailleurs peut-être jamais- la réponse aux "pourquoi ?" Je leur préfère les "comment ?"
Et ne me demandez surtout pas pourquoi !

Donc l'arrêt s'impose, ce 4 octobre 17, rennais, gris, mat, plat, humide, silencieux, volubilis, papyrus et ficus sur mon balcon, ces deux derniers pour donner une touche verte et violette à ce texte signé #SylvainTesson,  p.170-171 #Gallimard.

30 avril
La taïga est noire. La neige disparaît des branches des arbres. Les montagnes sont frappées de taches sombres. Aïka et Bêk se précipitent sous la fenêtre aux lueurs de l'aube. Quand deux petits chiens vous fêtent au matin, la nuit prend la saveur de l'attente. La fidélité du chien n'exige rien, pas un devoir. Son amour se contente d'un os. Les chiens ? On les fait coucher dehors, on leur parle comme à des charretiers, de temps en temps, vlan ! une baffe dans les côtes. Ce qu'on leur offre en coups, ils nous le rendent en bave. Et je comprends soudain pourquoi les hommes ont fait du chien leur meilleur ami : c'est une pauvre bête dont la soumission n'a pas à être payée en retour. Une créature qui correspondait donc parfaitement à ce que l'homme est capable de donner.

Nous jouons sur la plage. Je leur lance l'os de cerf déniché par Aïka. Ils ne se lassent jamais de me le rapporter. Ils en mourraient. Ces maîtres m'apprennent à peupler la seule patrie qui vaille : l'instant* Notre péché à nous autres, les hommes, c'est d'avoir perdu cette fièvre du chien à rapporter le même os. Pour être heureux, il faut que nous accumulions chez nous des dizaines d'objets de plus en plus sophistiqués. La pub nous lance son "va chercher !" Le chien a admirablement réglé le problème du désir.

Contes dits avec les merveilleux instants musicaux de Cyprien Bole 
dans le cadre d'une collaboration avec Emilie Maj ethnologue

Longue marche jusqu'au cap des Cèdres du Sud avec les petites bêtes. Le ciel est en charpie et le vent s'est levé. A travers les nuages, des rayons balaient la taïga de traînées fauves et y plaquent des empiècements d'or... Les chiens s'arrêtent net devant une zone gorgée d'eau. Ils gémissent, refusent d'avancer et je m'engage à pas prudents pour leur montrer qu'ils peuvent passer. Un aigle tournoie, hors de portée. Le vent soulève des gerbes de paillettes. Elles deviennent poussière de pyrite quand elles croisent un rai de soleil. La forêt gronde sous les rafales. Les forces du printemps sont là. Je les sens, prêtes à l'attaque, n'osant pas encore la reconquête.

Le ciel est fou, ébouriffé d'air pur, affolé de lumière. Des images d'une intense beauté surgissent et disparaissent. Est-ce cela l'apparition d'un dieu ? Je suis incapable de prendre la moindre photo. Ce serait double injure : je pêcherais par  inattention : j'insulterais l'instant.

Quand nous arrivons au cap où je voulais.....

* l'un de mes blogs s'intitule ainsi. La capacité de goûter à l'instant m'enivre de plus en plus, de jour en jour ... et si bien, qu'à me soûler. :-)

"Dans les forêts de Sibérie" - Gallimard - Sylvain Tesson
Et de me permettre ce lien http://www.enfancesnomades.com 
et de préciser que les contes de Sibérie sont un de mes thèmes de prédilection : pour les enfants ou pour les adultes, dans les écoles, bibliothèques ou autres sites, ils sont prêts à l'écoute. Pour me contacter
lcomlania@gmail.com
07 70 34 90 72