samedi 9 janvier 2016

Bonne et heureuse année, à moi, à vous, à tous et toutes pour 2016 voici mon programme

UN, DEUX, TROIS
Un, deux, trois bacs à la pointe d’un pic ;
Deux étaient vides et le troisième sans eau.
Un, deux, trois potiers s’y sont installés ;
Deux étaient sans bras et le troisième manchot.
Un, deux, trois grains de riz ont été bouillis ;
Deux sont sortis crus et le troisième pas cuit.
Un, deux, trois coups de poing lui sont tombés dessus ;
Deux l’ont manqué et le troisième ne l’a pas touché…
Il a frappé un éléphant qui passait par-là
Et lui a brisé deux côtes et demie !
L’éléphant a perdu la tête
Il a plongé dans une théière qui débordait.
Puis il est ressorti par  le bec
Et tout le corps y est passé
Sauf sa queue qui est restée coincée ! Il a tiré, il a forcé…
Mais la théière a explosé, et de tout cela il n’est plus rien resté
Qu’un éléphant sans queue ni tête et cette histoire à raconter.
Jean-Jacques FDIDA
Plan de Travail
Chaque matin :
Cirer les taches de soleil,
Encaustiquer les feuilles de saule,
Bien brosser les ombres poussiéreuses
Pour qu’elles cachent
Au plus noir d’elles-mêmes,
Les insectes voraces.
Peigner soigneusement 
l’herbe verte des prés,
Briquer le soleil levant
Et repeindre au pinceau le dos des coccinelles.
Epousseter les oiseaux au plumeau
Et laver la lumière
Jusqu’à la transparence
Et puis se dépêcher
D’attraper la comète
De sept heures dix-sept
Christian Poslaniec


Un enfant m’a dit : le soleil
Est un œuf dans la poêle bleue…
Un enfant m’a dit : le soleil
Est une orange dans la neige…
Un enfant m’a dit : le soleil
Est une pêche jaune et rouge
Sur un lit de velours qui bouge…
Un enfant m’a dit : le soleil
Est un bijou sur une robe…
Un enfant m’a dit : je voudrais
Je voudrais cueillir le soleil
Pierre Gamarra
Scène de vie
Je viens vous donner bonsoir bonne gens
Je viens vous donner bonsoir
Je viens causer en votre compagnie
Je suis comme un oisillon
Qui peut se poser n’importe où
Je viens vous donner bonsoir
Le monde est comme un oignon cru
Je viens vous donner bonsoir
Point de graine dans l’oignon cru
Je viens vous donner bonsoir
Le monde est comme un vieux rayon de miel
Je viens vous donner bonsoir
Point d’envers ni d’endroit dans le rayon de miel
Je viens vous donner bonsoir
Le monde est comme la ceinture d’une grande dame
Je viens vous donner bonsoir
Point d’endroit unique pour nouer la ceinture
Je viens vous donner bonsoir
Je viens vous donner bonsoir
A vous vielles gens je viens vous donner bonsoir
Je viens causer en votre compagnie
Mor-Gueye
Paroles d’Afrique
Terre à bonheur 
J’ai vu le sable des plages
Et je ne veux pas mourir.
J’ai entendu le chant des phoques
Et je ne veux pas mourir.
J’ai remué le sable sur les plages
Et sur ce sable j’ai dormi.
J’ai laissé dans mes mains le sable
Se laisser faire par le vent.
Et le temps s’occupait de moi 
Sans que je sache et que j’y pense.
J’ai dormi dans le creux des roches
Contre le sable et l’océan.
Je comprends jusqu’à la clameur
Que fait la vague au pied des roches
Je comprends bien le chant des phoques
Et moi non plus je ne veux pas
Que ça finisse.
Guillevic
Pour faire une table
Pour faire une table
il faut du bois,
pour faire du bois
il faut un arbre,
pour faire un arbre
il faut une graine,
pour faire une graine
il faut un fruit,
pour faire un fruit
il faut une fleur :
pour faire une table
il faut une fleur.
Gianni Rodari
Scène de vie
Je viens vous donner bonsoir bonne gens
Je viens vous donner bonsoir
Je viens causer en votre compagnie
Je suis comme un oisillon
Qui peut se poser n’importe où
Je viens vous donner bonsoir
Le monde est comme un oignon cru
Je viens vous donner bonsoir
Point de graine dans l’oignon cru
Je viens vous donner bonsoir
Le monde est comme un vieux rayon de miel
Je viens vous donner bonsoir
Point d’envers ni d’endroit dans le rayon de miel
Je viens vous donner bonsoir
Le monde est comme la ceinture d’une grande dame
Je viens vous donner bonsoir
Point d’endroit unique pour nouer la ceinture
Je viens vous donner bonsoir
Je viens vous donner bonsoir
A vous vielles gens je viens vous donner bonsoir
Je viens causer en votre compagnie
Mor-Gueye
Paroles d’Afrique

C'était l'histoire d'un petit pâtissier
dont l'amour se meurt
ainsi qu'un éclair 
J'lui ai offert 
un saint-honoré
j'en suis tout baba
car il s'en moqua
j'ai tant de peine
j'pleure comme une madeleine
car je l'aime
comme un chou à la crè è me
si mon amour va
toujours croissant
j'fi nirai mes jours
dans 
Zun puits d'AAAAAAAAmour
ANONYME




Qu’en pensez-vous ? Ce programme fou vous plaît-il
Demandez les contes en cuisine, mains à la pâte ou pas !
Lania, par goût, s'adapte en mots  à vos désirs culinaires :
Toulousaino-franco-polono-russo-bretano (son origine) sans oublier
cubano-venozolano (lieux de vie) et dans la foulée curiosito : alsaciano-provençalo,  tahitianno, ch'tio- savoyardo-hispanico, greco, algéro, marocano-maghrébino-perso-égypto,milleetounonocto.... : les contes sont de partout et son répertoire, "en réalité augmentée" accumulé depuis  bien avant 1998, lecture et écoute obligent. 

En toute amitié "papilles et oreilles" en marche
07 70 34 90 72
lcomlania@gmail.com
ou tcommetartine@gmail.com
à bientôt... plaisir de vous entendre.



mercredi 6 janvier 2016


Erase una vez


Il était une fois, 

au temps des rois et des reines, il y a longtemps
derrière une chaîne de montagnes longues lourdes et massives un royaume. 
Un royaume et un palais
Un palais d’où le roi Fernando et la reine Blanca pouvaient découvrir la neige sur le plus haut des sommets : le pic Nikagoo et cela toute l’année

Au royaume de ce roi et de cette reine la vie est simple. Le roi mène son royaume d’une main ferme et douce, la reine n’a aucun besoin de défendre les sujets devant le roi. Les sujets sont heureux et si heureux qu’il ne leur vient pas l’idée de se rebeller, pas même celle de quitter le royaume.

A une exception près, un beau matin, l’idée de Rosario. 

Rosario est le fils du roi Fernando, il est le fils de la Reine Fernanda. 

Le roi Fernando et la Reine Blanca ont longtemps attendu la naissance de leur fils unique. Rosario est le cadeau que la vie leur a offert. 
Et le roi se souvient de cet instant précis. 
où arpentant un couloir il a reconnu  les pas légers de sa Reine Blanca.
où reconnaissant les pas légers de sa reine Blanca il avait  levé la tête et découvert le geste inhabituel…. la délicieuse manière  qu’elle aurait de poser sa main sur son ventre. 
Le roi se souvient qu’en entendant la merveilleuse nouvelle il lui avait tendu la main. 
Il se souvient comme rieuse, elle avait pris la sienne
Il se souvient que dans le couloir, il l’avait entraîné dans la danse lente que tous deux apprécient encore, la chaconne, peut-être celle de Charles Mouton »


Rosario, mon fils tu veux partir, dit la reine et sa voix tremble ? 
Rosario, dit le roi veux-tu vraiment partir ?
Rosario prend les mains de sa mère et regarde ses parents 
je ne veux pas partir, chers parents, je dois le faire. Je ne trouve pas ici la princesse que je désire. je dois chercher ailleurs.

Dans la cour du château le roi Fernando et la reine Blanca assistent au départ de leur enfant devenu homme.

Reviendra-t-il ? pense la reine
Me succèdera-t-il ? pense le roi

le voyage du jeune prince Rosario

Le prince Rosario quitte le royaume de son père et un beau matin il pénètre dans un royaume voisin. Il est reçu au palais comme on peut recevoir fils de roi dans la magnificence. Il fait la connaissance avec la princesse royale, il partage son temps avec elle, banquets, promenades, bals où il apprend  à danser la sarabande durant quelques temps mais au bout de ce temps

Voulez-vous vraiment partir ? dit le roi
allez-vous me laisser seule ? dit la princesse, 
mais le jeune prince poursuit sa route

Et dans le second royaume Il est reçu au palais comme on peut recevoir un fils de roi. Il fait la connaissance avec la princesse royale, il partage son temps avec elle, banquets, promenades, bals où il apprend  à danser la baroque danse, la passacaille de Persée
Cependant  au bout de ce temps…

Voulez-vous vraiment nous quitter ? dit le roi
allez-vous me laisser seule ? dit la princesse, 
mais le jeune prince poursuit sa route


Et dans le troisième royaume Il est reçu au palais comme on peut recevoir un fils de roi. Avec magnificence. Il fait la connaissance avec la princesse royale, il partage son temps avec elle, banquets, promenades, bals où il apprend  en sa compagnie durant quelques temps à danser le passe pieds une danse de Bretagne 
Mais bientôt …
Voulez-vous vraiment partir ? dit le roi
allez-vous me laisser seule ? dit la princesse, 
le jeune prince poursuit sa route mais sans jamais trouver pantoufle à son pied, il rentre définitivement au palais du roi Fernando son père, au royaume de la Reine Blanca sa mère . 


Qui revoit sa naissance, ses regards lorsque quelqu’un se penche sur son berceau, ses sourires, 
Qui revoit…. l’enfance tranquille, l’être vif et joyeux auquel rien n’échappe ; les maîtres…. mis à sa disposition afin qu’ils lui apprennent  ce qu’il se doit d’apprendre : espagnol, histoire, géographie, philosophie, sociologie, mathématiques, philosophie, sans oublier musiques, contes et poésie.

Mais ni le roi ni la reine ne reconnaissent leur enfant en l’homme qui revient chez lui.

De joyeux qu’il était… le voilà triste De volubile, le voilà muet. Son visage rieur n’exprime plus que la déception, la perplexité.  Il est déçu, accaparé par ses pensées. La reine se met au petit soin pour lui : veux-tu du chocolat ? ton thé préféré ? de nouvelles épées ? Un voyage sur mars ? des vidéos en 3D ?
Du chocolat, du thé, des épées, un voyage sur mars, Mère…. à quoi pensez-vous ? je ne veux rien, lui répond-il Rien ne convient au jeune prince.

LE PRINCE ROSARIO DEMANDE AUDIENCE

Un jour, la reine reprend espoir. Rosario lui demande audience.

« Mère », dit-il, "j'ai une idée, j’ai besoin de vous ! »
« Je suis à votre écoute Don Rosario ! » 
« Mère, je voudrais que vous fassiez se rassembler toutes les jeunes filles du royaume"
"Vous voulez dire "toutes les princesses du royaume"  mon cher fils ?
"Non mère je veux dire ce que je vous ai dit, faites s’il vous plaît se rassembler toutes les jeunes filles du pays, j'ai quelque chose à leur dire et à leur offrir ! »

Ses yeux brillent de malice. La reine, est heureuse de voir les yeux de son fils témoigner tant de pétillance mais elle le reprend « … à leur dire et à leur offrir » dites-vous et elle interpelle le Grand Chambellan
« Chambellan notre jeune prince veut que nous fassions rassembler toutes les jeunes filles du royaume, sans exception, veuillez faire connaître la nouvelle, veuillez faire tendre calicots et banderoles en grand nombre et envoyez, pour annoncer la nouvelle, les meilleurs crieurs publics  par tout le pays, villes, villages,  hameaux, avec mission de n’oublier aucune maison isolée. Aucune !


Le chambellan chambelle, 
les crieurs se répandent à travers le pays
et ils crient la nouvelle dans chaque hameau, village et ville et 
jusqu’au dernier crieur….. qui la crie tout essoufflé tant le chemin accédant à la dernière de ses maisons était difficile. Il faut dire que la dernière maison est modeste et courageusement accrochée au flanc du Pic Nikagoo. Cependant des géraniums aux couleurs bruyantes illuminent son balcon et ses fenêtres.
La visite est étonnante. D'ordinaire personne ne passe, personne ne s’arrête. En entendant le crieur, tout le monde sort de la maison.
Un homme tenant sabot et outil à la main
Une femme relevant la pointe de son tablier pour s’essuyer les mains mouillées par la lessive,
Une jeune fille stupéfaite qui répète « le prince veut me rencontrer ? » Et pendant que le crieur hoche la tête en guise de réponse, 
un jeune homme qui se tord de rire « Dorotea , as-tu seulement une robe pour te vêtir afin que le Prince puisse te jeter un regard ? »
Dorotea fait la sourde oreille. Elle décide d’ ignorer les quolibets de son frère  et disparaît dans la demeure. Quand elle réapparaît elle porte une jolie tresse noire sur le côté .
La tresse tombe sur une blouse blanche aux larges manches brodées d’un fil rouge au point de croix et touche un bustier lacé, qui met en valeur la jolie taille de Dorotea. Autant que les plis lourds et ronds de sa jupe de chanvre mettent en valeur quand elle marche ses chevilles et ses jolis sabots de hêtre, oeuvre de son père et dernier cadeau d’anniversaire. Tous les regards se tournent vers elle et seuls ceux d’Eusebio traduisent sa jalousie, qu’il exprime ainsi
« Autant ne rien porter Dorotea, 
Avec ces vêtements, le Prince ne te remarquera même pas !»

Balivernes, Dorotea n’écoute plus son frère, elle suit le crieur.

Trois jours plus tard, elle arrive au palais. 
Devant ses murs, les files de jeunes filles s’allongent. Dorotea remarque leurs vêtements.  Ils sont faits de tissus somptueux, ils sont parfois soulignés de dentelles de Bruxelles, de Venise ou d’Alençon et la beauté des demoiselles est elle-même rehaussése de bagues, bracelets, colliers et dormeuses d’or dont elles ne semblent pas manquer. Les demoiselles bavardent entre elles. Quand elles l’aperçoivent, elles lui jettent un regard teinté d’une grande commisération. Dorotea décide de se tenir en retrait. Quand on annonce l'arrivée du Prince, elle ouvre grand les yeux : il est si beau, il lui plaît ; il est sympathique. Il a belle allure derrière le roi et la reine. Ceux-ci lui cèdent la place. 
Les conversations diminuent.  Le prince parle. C’est le silence. Sa voix est ferme mais douce.  L’attention est à son comble.

Demoiselle, dit-il je vous remercie d’être venues aussi nombreuses. Je vous ai réunies pour donner à chacune de vous un pot de terre. Dans ce pot de terre j’ai fait mettre une graine. Je demande à chacune de vous d’apporter à cette graine les meilleurs soins. Je vous donne rendez-vous d’ici un an et un jour.  Celle qui aura réussi à obtenir la plus belle des plantes deviendra mon épouse. 


Certaines des demoiselles font la tête ; elles n'aiment pas toucher la terre. Elles sont persuadées que "la terre c'est sale et ça sali les mains comme les vêtements !" leurs mains reculent déjà à l’idée
D'autres sourient : elles aiment la nature, elles aiment les plantes, leurs fleurs et la proposition leur plaît. Elles se réjouissent. Leurs mains imaginent qu’elles caressent déjà leurs feuilles
Dorotea est l’une d’entre elles.

Le jeune prince fait un geste : « Grand Chambellan »
Le grand Chambellan en fait un autre « Jardiniers » 
Quarante jardiniers interviennent suivis de quarante autres, suivi de quar… les demoiselles sont nombreuses. Mais au bout d’un temps, grâce à la flopée de jardiniers,  tous les pots sont distribués. Les jardiniers disparaissent. Les demoiselles, princesses ou jeunes filles de petite famille, ou simplement pauvresses, disparaissent à leur tour.


LES SOINS QUE DOROTEA APPORTE À SON POT DE TERRE

La jeune Dorotea, porterait-elle une couronne royale sur un coussin de velours rouge et or, son geste ne serait pas davantage élégant. Il cache mille précautions. De retour, et de jour en jour elle porte attention à la graine. A la qualité de la terre. Elle gratte la surface pour l’aérer ; elle place le pot au soleil, elle le protège des froidures, l'arrose sous grande surveillance, s’attarde… chaque jour… à surprendre la petite pointe verte qui s'apprêtera à prendre forme. 
Mais que nenni, 
semaine après semaine, 
mois après mois, 
malgré tous ses soins, aucune pointe verte ne perce la terre du pot. Dorotéa court dans sa petite alcôve et laisse couler sa peine loin des siens. ne parvient pas à cacher sa déception. Elle laisse aller son chagrin. Mais à chaque fois, image du prince aidant,  l’espoir revient si farouche qu’elle redonne à son pot les meilleurs soins.

D’un lendemain au lendemain suivant,  elle ne comprend pas pourquoi dans le pot rien ne pousse, rien ne pointe, rien n’émerge, elle ne comprend rien.
Le temps avance, le temps passe, ses pleurs abondent. La date fatidique approche. Peut-elle rejoindre le palais ? Va-t-elle se rendre au rendez vous du prince ? Elle aura l’air ridicule avec son pot vide ! Peut-être sera-t-elle la seule à avoir un pot sans plante, sans fleur, alors elle aura honte, alors elle n’ira pas.
Mais un an moins deux jours, la date du départ est là. Dorotea partira, après tout elle le mérite, ses  soins ont été nombreux, réguliers et attentifs. Malgré le pot de terre sans plant, sans fleur et malgré le fait qu’il y ait de quoi pleurer, Dorotea partira. Elle se rendra tout de même et malgré tout au palais.

Dorotea prépare son départ. Elle recouvre tout doucement le pot de terre afin que la terre ne tombe pas. Son frère la regarde faire. Il se moque d’elle.. 
« Pourquoi protéger ta terre Dorotea, c’est inutile, tu n’as pas réussi à faire pousser la plante, tu n’as pas besoin de te présenter au palais, comment le jeune prince pourrait-il épouser celle qui n’a obtenu ni plante ni fleur ? »
"Qu'en sais-tu Eusebio,   de toutes façons moque-toi de moi autant que tu voudras rien ne pourra m’empêcher de me rendre au palais : et surtout pas toi » 




Eusebio marmonne
"J'en sais ce que j'en sais, 
puisqu’aucune plante n'est apparue 
et que tous tes soins ont étés inutiles, le prince ne t’épousera pas, 
voilà ce que j'en sais" 

« Personne ne sait » lui dit-elle et sur ses mots,elle s'en va.

Et de ses petits pas précieux, pot de terre en mains soigneusement porté, trois jours plus tard Dorotéa arrive au palais. 
« Oui, messieurs,  "J'apporte sous ce tissu la plante que le Prince désire voir, laissez-moi passer ! » 
Cela fait déjà trois fois que les gardes du Palais lui en interdisent l’entrée.
Les gardes insistent :
« Nous avons des ordres Demoiselle, nous devons voir la plante.  Et h hi hi ha ha ha les gardes se moquent d'elle. Dorotéa ne se démonte pas.
"Seul le Prince a le droit de la découvrir" 
Devant sa ténacité les gardes reculent. Ils  la laissent passer. 

Les jambes de Dorotéa tremblent en montant le grand escalier. Quand elle pénètre dans la grande salle du Palais, le Prince a commencé la revue des pots de fleurs. Dorotea retient ses pleurs : 
"Ne coulez pas mes larmes, ne coulez pas"  
Et en même temps son regard découvre une forêt de plantes, une forêt de fleurs. De l’une à l’autre des candidates, les potées sont toutes plus florissantes les unes que les autres : bougainvilliers roses fuchsia,  fleurs d’ananas aux inflorescences impertinentes, hibiscus splendides, orangers merveilleux, vanilles sensuelles, mimosas éclatants, jasmins et chèvrefeuilles aux parfums entêtants toutes les plantes s’épanouissent sous ses yeux plus belles que belles en émergeant des pots avec somptuosité. Un seul des pots n’exhibe rien. 
C’est le sien. 
Toute sorte d’idée se bousculent dans sa tête 
« Je n’aurai aucune chance, Eusebio avait bien raison de se moquer de moi, il était bien inutile que je me déplace au palais » Elle décide de tourner les talons…… Mais quand elle les tourne, la voix du prince résonne à ses côtés. Et c’est à elle qu’elle s’adresse. "Mademoiselle, s'il vous plaît, montrez-moi votre pot de fleur » 
Dorotéa retient ses larmes.
"Ne coulez pas mes larmes, surtout ne coulez pas"  
Et en même temps elle pense
"il faut que je parte, il faut que je retourne chez moi" mais les mots du jeune prince résonnent à son oreille. Alors, elle soulève le tissu qui protège le pot de fleur.

Le jeune prince fait un geste 
« Chambellan appelez un jardinier ! »
Le Chambellan appelle 
« Pedro, montre ce pot de fleurs aux yeux de tous» Pedro prend le pot de terre et l'élève à la hauteur des yeux de tous et de toutes. La honte s’empare de Dorotéa. Elle est à l’instant de perdre le souffle. Elle va s’effondre mais à ce moment-là une main saisit la sienne. La main est celle du jeune prince.
« Quel est votre prénom, demoiselle ?» Comme sa voix est douce

Elle répond. Lui aussi : 
Dorotéa c’est un très joli prénom Demoiselle. Il est parfait. Il est facile à dire, il roule dans la bouche, il fond comme un gâteau blanc parfumé amande-citron Voulez-vous bien me suivre ?" 
Dorotea esquisse un sourire. 
Le prince pense qu'il a rarement vu un aussi beau sourire et il se déplace rapidement en direction du roi son père et de la reine sa mère. Les autres demoiselles dans la forêt de plantes et de fleurs enragent. Devant le roi et la reine les deux jeunes gens s'arrêtent et le prince déclare 
"Chers Parents, j'ai trouvé aujourd'hui la demoiselle digne de partager ma vie." 
"Mais" disent le roi et la reine "son pot de terre n'a donné naissance à aucune plante cher Fils"
"Vous avez raison chers Parents mais la ténacité se lit sur le visage de Dorotéa ; et je devine dans son regard combien les larmes de la déception quotidienne ont coulé sur ses belles joues. Et combien de courage il a fallu à cette demoiselle pour venir jusqu’à nous. C’est ce courage et cette ténacité qui m’émeuvent chers parents car ils étaient inutiles. Sachez-le, ce pot était le seul et unique pot à posséder une graine stérile et par conséquent dans l’incapacité de germer quels qu'aient étés les bons soins apportés » 

La Reine accueille Dorotéa. Le roi claque des mains
« Maître-queux, cuisiniers, préparez le repas de mariage ! »



Dire que les noces sont belles est inutile, elles le sont. 
Les parents de Dorotéa sont là, Eusébio est là. Ses lèvres sont moqueuses mais peut-être pas. Les demoiselles jardinières sont là aussi. Chacune offre en cadeau de mariage la plante dont elle s'est occupée.
On mange, on chante, on danse, comme on mange, chante et danse en Espagne castagnettes en mains y trabalenguas en boccas. 


El cielo está enladrillado. 
¿ Quién lo desenladrillará ? 

El desenladrillador que lo desenladrille, buen desenladrillador será. 

vendredi 1 janvier 2016

Voeux 2016, façon recherches conteuses

Le nombre Seize, la Maison Dieu Tarot du Sépher de Moïse®, arcane majeur du livre de Thoth : la Maison Dieu, Nombre 16, lettre hébraïque Haïn.
La Maison Dieu.
Le Nombre 16.
Tarot d'Oswald Wirth (JPG)

Oups là 
...... Le meilleur moyen de se prémunir contre le fléau du Nombre Seize, c’est bien évidemment la pratique de la Tempérance, 
oups là ça va mieux, mais surtout celle de cette Vertu la plus emblématique de la sagesse, je veux parler de l’Humilité, 
oups ça va beaucoup mieux dont ce Nombre est l’expression de la toute puissance. Car si le Nombre Quinze est celui du libre arbitre, cette liberté ne peut durablement s’exprimer pour qui sombre rapidement sous la domination des désirs, passions, émotions ou vaniteuses ambitions. L’Humilité, comme nous avons eu maintes fois l’occasion de le voir tout au long des précédents chapitres traitant de l’Enseignement des Tables de la Loi, libère et supprime le poids du fardeau des servitudes qui découlent de la vanité et de la présomption, c’est aussi la marque incontournable de la divinité de l’âme-de-vie car, comment celui qui accède à la pleine conscience des réalités de la Divine Création, ne pourrait-il pas faire preuve de la plus grande Humilité signe que, toute proportion gardée, il est devenu semblable par son discernement à son Créateur. Dans la Bhagavad Gîta nous avons cet admirable verset qui résume toute la symbolique du Nombre Seize et de la Tour Dieu du livre de Thoth :
Verset : 13.8,
-  L’humilité, la modestie, la non-violence, la tolérance, la simplicité, l’acte d’approcher un maître spirituel authentique, la pureté, la constance et la maîtrise de soi ; le renoncement aux objets du plaisir des sens, l’affranchissement du faux ego et la claire perception que naissance, maladie, vieillesse et mort sont maux à combattre ; le détachement d’avec sa femme, ses enfants, son foyer et ce qui s’y rattache, l’égalité d’esprit en toute situation, agréable ou pénible ; la dévotion pure et constante envers Moi, la recherche des lieux solitaires et le détachement des masses, le fait de reconnaître l’importance de la réalisation spirituelle, et la recherche philosophique de la Vérité Absolue, - tel est, Je le déclare, le savoir, tout ce qui va contre l’ignorance.


SINON, au choix

  • Nombre d'années qui ont été nécessaires à l'écriture des quatre évangiles ;

  • Les seize pétales du chakra Visuddha situé sur le devant de la gorge ; instrument essentiel de la voix)

  • 16 incarnations successives du Karmapa, qui s'étendent sur une durée de plus de 800 anset qui auraient eu jusqu'à présent des effets "bénéfique pour tous les êtres vivants" Ouf, ça fait du bien
  • Les seize dons particuliers de l'Avatar
  • les seize plantes sacrées de l'antiquité : 
  • plante de la vitalité : la cataire ;
  • plante de conteuse, celle des enchantements : la centaurée 
  • plante du triomphe : la chélidoine (et pour cause)
  • plante du salut : le gui ;
  • plante de la sincérité : l'héliotrope ;
  • plante de mort : la jusquiame ;
  • plante de la sympathie :  la langue de chien ;
  • plante de la manifestation : le lys ;
  • plante du réconfort : la mélisse ; 
  • plante de la bravoure : l'ortie ;
  • plante de la fidélité : la pervenche ; 
  • plante de l'initiation : la rose ;
  • plante de la vie : la sauge ;
  • plante du fluide : la serpentaire ; 
  • plante de l'Amour : la verveine ; 
  • plante de la fécondité : la virgo pastoris.

  • 16 : somme des quatre premiers nombres impairs : 1+3+5+7 = 16, qui par addition théosophique donne 1+6=7
  • le carré magique utilisant les seize premiers chiffres est associé à la planète Jupiter et a pour somme 34
  • Jupiter a 16 satellites
Il est 16 h, j'arrête là mes recherches conteuses. Belle et bonne année donc à vous tous et toutes qui se seraient arrêté-e-s sur lcomlania.