lundi 29 août 2016

Pourquoi les haricots ont-ils la ligne ? Conte de Boudepaille, Brezh et Harry Cau (ou plus classique Bout de paille, Braise et Haricot)

Il était une fois 
parce qu’une fois suffit bien…. Boudepaille, Braise et Harry Cau


Dans un petit village éloigné de nulle part vivait la Rozenn une vieille très vieille femme sans trop grands biens. 
Un matin dans son jardin, à la fraîche du jour, elle a ramassé ramassé ramassé des haricots verts pour les faire cuire à l'eau bouillante et les servir préparés ail de Garonne pilé et beurre fondu Guérandais aie seigneur le délice hummmmmm..

En ce temps-là il n'y a pas de gaz, il n'y a pas de cuisinière. La vieille femme cuit sa nourriture dans la cheminée. 

La Rozenn prépare son feu. Quatre bûchettes, trois branchettes, deux bûches, une bonne poignée de paille, l'allumette enflamme le tout et le feu huuuuuum il s'allèche. 
La Rozenn verse l’eau dans la marmite noire à l'intérieur cuivré. 
Quand l'eau  plaque 
ploque bloque ploque donc 
quand l'eau ploque à gros bouillons Rozenn la Vieille elle y plonge les haricots verts. Mais dans le mouvement qu'elle fait, la Rozenn, un haricot vert s'échappe et tombe sur le sol. 


 Il vient voisiner auprès d'un bout de paille qui y était précédemment tombé.


Peu après, il est suivi par l'éclat noir jais et rouge rubis d'une braise qui s'installe à leurs côtés.

 

Un bout de paille, un haricot, une braise...
Une telle réunion invite à la conversation. 
C'est BoudePaille qui l'entame.

Bonjour les amis, je m’appelle BoôdePaille et je dois vous dire que j'ai eu chaud dites-donc, un peu plus et vous m'appeliez Jeanne d'Arc. Figurez-vous que j'ai chuté avant de me mêler au  bûcher. Ouf la chance. J'ai échappé au foyer !   Et vous, d’où venez-vous vous?

Bonjour Boudepaille !
Je me présente je m’appelle Braise et je dois dire que moi aussi j'ai eu chaud et figurez-vous que j'ai eu envie de bronzer  je me suis installée quand soudain j'ai compris que j'étais en train de brûler. Alors ma petite voix m'a dit :"allez hop, ma Braise, un salto arrière s'il te plaît sans cela c'est rendez-vous avec l'Anjou et ta mort.  Je l'ai dit je l'ai fait et c'est ainsi que merci la Chance adieu la mort,   j'ai eu la vie sauve. 

"Bravo, j'applaudis, je m'incline et je dis à mon tour "Vive la Chance"   bonjour Boudepaille, bonjour Braise,
je me présente, 
j'm’appelle Harry 







Harry Caux et quand j'y pense, si la vieille femme m'avait jeté dans la marmite, je n’aurais pas pu vous parler. Dans son lancé j'aurais atterri j’aurais atterri dans la marmite, j’y aurais dit trois pauvres bloup bloup bloup, et couac c'était rendez-vous avec Hel, ou Yama ou Mictlantecuhtil* j'étais bouillu, mais n’en parlons plus. J'ai filé entre les maigres doigts de la Rozenn ! J'ai eu de la chance ! Merci la Chance, sans toi, j'étais cuit cuit d'chez cuit ! 

Et maintenant qu'est-ce qu'on va faire  ? 
C’est Braise qui pose la question

Harry Caux prend  la parole « C’est simple nous avons échappé  à la Mort, restons ensembles, soyons amis, partons d’ici ! Gagnons un autre pays, échappons définitivement au malheur ! »

Braise et Boudepaille sont d'accord, ils répondent d'une seule voix  
« Bonne idée, pressons, partons d’ici ! » 


Et c’est ainsi que les trois nouveaux ami Boudepaille, Braise et Harry Cau se sont mis en marche vers l'aventure. 
Ils ont marché marché mais bientôt un ruisselet les a arrêtés. Un ruisselet qui n’avait ni passerelle ni caillou pour rejoindre l’autre côté, pour traverser même à cloche-pied. 
Deux d'entre eux sont perplexes. Mais alors qu'ils se questionnent dans leur tête,  comment je vais faire pour traverser le ruisselet, le troisième leur répond comme s'ils les avaient entendus.  : 
« C'est simple,  comptez sur moi ! »

"A quoi penses-tu Boudepaille ?" 

« Regardez !"  Sous les yeux de ses nouveaux amis Boudepaille s'allonge d'une rive à l'autre du ruisselet et comme leur tête l'amusent, Boudepaille se met à chanter Ah ça » répond Boudepaille la voix rieuse, «Traversez, c’est un ordre ! ».

Le temps d'un quart de tour,   ils découvrent que Boudepaille s'est allongée de tout son long d’un bord de rive à l’autre du ruisselet et qu'elle les invite en chantant  à traverser sur son dos si je puis l'écrire. En tout cas elle chantonne 
 "allons passe passe passe allons passe donc"
allez passez... vous vouliez un pont, vous l'avez passez
et elle se remet à chantonner
"allons passe passe passe allons passe donc..."

OK Boudepaille c'est une idée généreuse, répond Braise
"Généreuse Braise, peut-être mais dangereuse oui ça c'est sûr" répond Harry Cau "Mais vois-tu si...."
Braise le coupe
Il n'y a pas de "Mais vois-tu si... car avec des vois-tu si, justement on ne voit rien. C'est tout réfléchi,  moi j'y vais...."

Braise est hardie et enthousiaste. Elle n'y va pas, elle y court. Mais au milieu de la traversée elle s'arrête : et si je tombais dans les remous du ruisselet ?

GROS POINT D'INTERROGATION

La lenteur de la réponse est mortelle. Braise qui ne se savait pas amoureuse de Boudepaille l'enflamme. Boudepaille craque. Elle s'enflamme. Ruisselet emporte les  deux passionné-e-s en quelques tourbillons.
Affaire classée ?
Pas encore.

L'étonnante disparition des deux amis laisse Harry Cau stupéfait.  Il pense que c’est bien triste. Mais qu'après tout c’est de leur faute. Il les avait  prévenus.  Finalement l'histoire le fait rire. Mais Harry Cau rit si fort qu’à la fin, il se fend en deux de rire, des pieds à la tête tout le long du dos.

Et il aurait pu disparaître comme ses nouveaux amis si un jeune hérisson n'avait  été attiré par son rire. Il a salué Harry Cau
« Bonjour, je suis Héry Çon tailleur de  métier, comment tu t’appelles, pourquoi ris-tu ? »
Ça se voyait qu'il était tailleur, à sa taille pendaient des bobines de fil et une paire de ciseaux ; sur son dos se dressait tout un choix, d'aiguilles. 
Harry rit encore. Il répond l'air essoufflé 
« Je m’appelle Harry Cau, je ris parce que..." et il raconte tout ce que vous savez.
Héry Çon remarque sa blessure. 
« Tu es blessé, il faudrait suturer, laisse-moi faire, je vais te recoudre »  
Héry Çon prend un fil noir dans une bobine accrochée à sa taille et une aiguille sur son dos. Fil dans l'aiguille, il dit 
« Inspire courbe-toi expire ! » 
et dessous dessus dessous dessus, passe l'aiguille, tire le fil 
inspire courbe-toi, inspire souffle 
et dessus, dessous, dessus dessous passe l'aiguille, tire le fil
inspir expir 
inspir expir
Héry Çon le tailleur dit bientôt « C’est fini »
et Harry Cau lui répond
« Je te remercie Héry Çon»

Qu’est devenu Harry Cau ? Il a une très grande famille. 
L’un des signes de reconnaissance est le long trait vert noir foncé 
ou blanc ou rouge que chacun porte dans le dos. 
Doutez-vous de mes mots ? 
Observez un haricot. 
Vous saurez  que cette histoire n’a rien de faux. 

A bientôt

* Mitclantecuthil : Mictlantecuhtlisignifie littéralement en nahuatl "Seigneur du domaine de la mort" est le dieu qui règne avec son épouse Mictecacihuatl sur le Mictlan, le royaume des morts.

Images empruntées à Pixabay
Ecrit par Lania, le 31 août 2016

Contes dans le cadre "Les dimanches au Thabor" : dernier dimanche le 4 septembre 2016

Lieux répertoriés où se placeront les conteurs et conteuses pour des actions de 20 mn en 20 mn
Pour ma part, Lania, histoires malicieuses en zone 6 auprès de la grande pelouse dès 15 h  actions de 20 mn en 20 mn en compagnie de la conteuse Annick Guyot
et en zone 7 pour des Légendes d'Amour, dans l'allée qui se situe au-dessus de la roseraie, idéal fraîcheur s'il venait à faire très chaud.

Alors... à dimanche 4 septembre 2016.
Lania - conteuse pro : siret - ape
pour la contacter
 07 70 34 0 72
Répertoire varié
0-3 ans - et au-delà jusqu'à 99 ans 
Tout anniversaires centenariat
 Mille et une nuits, européen, slave-sibérie
Cuba-Vénézuéla-Brésil
Thèmes : nature, fleurs, pomme de terre, 
fer, forge, forgeron
moyen-âge
peinture, couleur, Eros...
Boxe !


dimanche 28 août 2016

La Gifle ? Un film célèbre mais aussi un conte qui me revient en mémoire. Je j'ai découvert dans

"TOUR DU MONDE DES CONTES sur les ailes d'un oiseau" 
de Catherine Gendrin et Laurent Corvaisier chez Rue du Monde

Je l'ai lu et lu et relu et re re lu. Pourquoi me revient-il en tête aujourd'hui ?
Autant qu'il m'en souvienne ce conte serait africain et précisément du Sénégal. Ce pays aimé de mon père qui aimait à dire "Je suis de là-bas" A la vérité, il est vrai que s'il se met au soleil, il devient couleur chocolat en deux temps trois expositions. Mon père est un conteur ou tout au moins un menteur.

Je reviens au conte.
vQuand... j'y pense
mon coeur s'allonge 
comme une éponge
que l'on plonge
dans un gouffre
où l'on souffre 
tant de tourments... 
que... quand j'y songe
mon coeur s'allonge
comme une éponge
que l'on plonge
dans un gouffre
où l'on souffrent 
tant de tourments...
que... quand j'y songe 
mon coeur s'allonge
comme une éponge
que l'on plonge
dans un gouffre
où l'on souffre
tant de tourments


Il était une fois dans un royaume lointain, un roi terrible, terrifiant.
Son peuple en avait peur.
Le roi s'appellait Dicktatro
Son peuple le craignait.

Colportait-on aux oreilles de ce roi une rumeur à propos d'un homme qui réfléchissait à la qualité du pouvoir du roi et à la liberté de son peuple ? Le roi, convoquait son premier ministre et d'une main vive, soulignait son menton en sa direction.
Lequel premier ministre  faisait réunir le peuple sur la place publique, la place Karana et devant le roi qui se désopilait déjà rien qu'à l'idée, le premier ministre faisait voler la tête de l'audacieux d'un sabre tranchant. Et le roi rit. Rires de Dicktatro oh ho ho ah ah ah.
Le peuple craint le roi. 
Le peuple a peur du roi. 
Il faut dire que si le roi a envie de rire plus que d'ordinaire, c'est simple. Il fait réunir son peuple sur la place, et désigne quelqu'un au hasard dans la foule. Les gardes s'approchent et du souligné que vous savez, sur l'estrade toujours en place le sabre tranche, et la tête roule.
Le peuple craignait le roi. Le peuple  avait peur du roi.

Le roi a une armée, oui le roi a une police, oui le roi a des juges et des espions. Et tous ne savent faire qu'une seule chose pour le roi : lui vouer obéissance. Le roi ordonne. Armée, police, juges, espions,  tous obéissent au roi. C'est tout ce qu'ils savent faire, craignant trop de perdre la tête s'ils faisaient autrement. Obéissants au doigt et à l'oeil.

Le peuple ne doit pas être supérieur aux militaires, aux policiers, aux juges et aux espions. Le roi veille. Comment ?  en s'occupant des écoles, elles sont inutiles. Qu'on les détruise !!! La voix du roi résonne par-delà les couloirs de son somptueux palais.

LES ECOLES

Et les écoles sont détruites.
Les enfants n'apprennent plus à lire.
Connaître savoir comprendre ils ne sauront plus.

LES LIVRES

Mais un jour Dicktatro surprend quelqu'un qui lit un livre au bas d'un arbre, il lit un livre à des enfants !
les enfants n'apprennent plus la lecture mais on la leur fait ? La lecture est dangereuse !
Devant le danger le roi ordonne
"Faites brûler les livres !"
La voix du roi résonne par-delà les couloirs de son somptueux palais.
Et les livres sont réquisitionnés et brûlés. Ils ont brûlé le jour, ils ont brûlé la nuit. Ils ont brûlé plusieurs jours, jours et nuit.
Le peuple se tait. Il craint le roi. 
Le peuple a peur du roi. 

LES LECTEURS

Le roi Dicktatro réfléchit. Il n'y a plus de livres mais il y a le lecteurs. Ce lecteur est dangereux. Au lendemain d'une nuit insomniaque il ordonne au ministre
"Premier ministre, souligné d'un doigt sous le menton, faites perdre la tête au lecteur !" La voix du roi résonne par-delà les couloirs du somptueux palais.
Et la tête du lecteur a roulé sur la place Karana. Mais les autres lecteurs aussi sont dangereux.
"Premier Ministre que toutes les têtes de lecteurs tombent !"
Et d'autres têtes de lecteurs ont roulé. Sur  la place Karana les têtes s'amoncelaient.
Le peuple est silencieux. Il craint le roi. 
Le peuple a peur du roi. 

LES CONTEURS

Mais le roi doutait. Lui obéissait-on bien ?
Le roi décida de vérifier  par lui-même. Il n'y avait plus de lecteur. Mais en rentrant au palais il remarqua un homme assis au bas d'un arbre, et assis, lui faisant face, une palanquée d'enfants aux oreilles d'or. Ils écoutaient. Les oreilles étaient grandes ouvertes et le seul mot que disaient les enfants étaient "encore" et le conteur, c'était un conteur- commençait une nouvelle histoire.  Ainsi donc la parole d'un homme pouvait réunir autant d'oreilles. L'homme est un conteur.
Le roi réfléchit.  Des oreilles qui écoutent c'est pire qu'apprendre à lire, ou que lire un livre aux enfants. C'est un acte qui ne laisse aucune trace, enfin..., allez savoir ce que peuvent faire les mots dans les mémoires ? L'écoute est dangereuse. 
Devant le danger le roi Diktatro ordonne
"Décapitez-moi ce conteur.... et tous les autres conteurs aussi !" La voix du roi résonne par-delà les couloirs du somptueux palais.
Et de jour et de nuit, le le sabre, telle une virgule, souligne souligne, et sur la place Karana les têtes s'accumulent.
Le peuple est muet. Le peuple craint le roi. 
Le peuple a peur du roi. 

LES FEMMES

Le roi Diktator est content. Il a supprimé les écoles, il a supprimé les livres, il a supprimé les lecteurs, les tchatcheurs, les raconteurs, les conteurs. Il est heureux. Et il se promène dans son royaume avec contentement : tout est tranquille, même le bourreau et le premier ministre ont moins de travail. Tout va bien.

Mais un soir, alors qu'il passe devant une maison le roi Dicktator  entend murmurer. Quelqu'un raconte une histoire.  C'est une femme. Qui dit "l'histoire est finit, bons rêves les enfants !"

Bon rêve ! Le roi n'aime pas les rêves, ils sont pleins de musiques et d'amour. Les rêves sont dangereux. Il va faire tuer les mères.

Tuer les mères ? Le premier ministre est abasourdi -qui adore retourner chez sa mère l'écouter quand elle dit  "les babouches d'Abu Hacem" ou "le conte du mensonge le plus doux"- si vous voulez tuer les mères je pense que votre peuple se retournera contre vous, les mères sont essentielles au monde !!!

D'accord a dit Dicktator à regret d'accord, je ne vais pas les faire tuer, mais je vais les faire disparaître Et il a ordonné de sa voix de stentor "Tailleur Royal, crée donc une tenue qui ne laisse apparaître des femmes que leurs yeux et leurs mains" Et le tailleur a obéit. Et hi hi hi ha ha ha le rire de Dicktator s'éparpillait au-dessus des femmes dont il ne voyait plus désormais que les mains et les yeux

Dicktator était rassuré. Au moindre écart de ses administrés leurs têtes tombaient. Installé dans son hamac, l'immensité du ciel lui offrant le triangle de l'été il dégustait son bonheur.

LA VIEILLE RIDÉE

Mais un jour le roi Kicktator apprend qu'une vieille femme non seulement raconte des histoires aux enfants mais en plus, à l'aide d'un bâton, elle les dessinait sur le sable. Puis elle laisse à la vague le soin de les effacer quand la vague est là ou les efface elle-même.

Dicktator hurle "Qu'on l'amène sur la place Kanara et le peuple aussi, j'y serai !"

La vieille femme est amenée devant le roi Dicktator. Elle porte un voile. Il le  lui arrache. Un visage portant près de cent ans de sourires en rides apparaît.   "C'est donc toi Vieillarde Ridée qui ose transmettre tes savoirs et tes connaissances aux enfants en dépit de mes interdictions"

ô Diktator que puis-je transmettre quand mes connaissances ne sont que gouttes d'eau face à l'océan des connaissances

Diktator répète gouttes d'eau dans l'océan des connaissances et bien vérifions cela. Je vais te poser une devinette. Tu y réponds tu as la vie sauve, tu n'y réponds pas tu perds la vie et les enfants auxquels tu veux apprendre à lire et réfléchir mourront à leur tour... Es-tu prête ?

La vieille femme baisse la tête. Elle acquiesce.

Regarde.
Il se tourne vers un foyer aux braises rougeoyantes. Il saisit l'une d'elles au moyen d'une pince attrape une braise entre deux pinces et il la jette dans une vasque pleine d'eau. Les éléments se rencontrent et chaque personne présente dans la pièce entend un chuchotis.

L'as-tu entendu aussi la vieille ? alors écoute bien, voici ma devinette "qui de la braise ou de l'eau a émis le bruit ?"

La vieille pince les lèvres, réfléchit et répond "je suppose que ce sont les deux ensemble ?"
Peut-être ou sûrement mais ce que je veux savoir c'est en quelle proportion l'un plus que l'autre ?

Comment savoir ?
La pauvre femme s'interroge.
Que répondre ? Elle n'en sait fichtrement rien. la seule chose qu'elle sache c'est que sa dernière heure s'approche. La chose est sûre, elle  va mourir. Mais si elle meurt, les enfants mourront aussi ! Cette responsabilité fait monter en elle une sourde colère. Alors qu'elle s'incline humblement vers le roi en signe de reconnaissance, son bras droit se soulève et sa main esquisse dans l'air une courbe qui se termine splash en ce bruit sur la joue du roi Dicktator.
Elle vient de gifler le roi ! Que va-t-il faire ? Le temps suspend son vol ! Elle en profite
"Roi, en proportion, dis-moi qui de ma main ou de ta joue a fait splash ?" 

Le roi est abasourdi, sidéré, tétanisé, à peine s'il peut passer  une main sur sa joue endolorie. Que va-t-il dire ? Que va-t-il faire ?

Le peuple est plus rapide. Il éclate de rire, puis il fonce et se précipite sur Diktator, son premier ministre, les juges, et les militaires et les voilà tous mis à nus, emportés, attachés à des poteaux. La nuit tombe. Chacun entend des bruits effroyables. Le lendemain il ne reste pas même un seul éclat d'ivoire.

L'histoire assure que depuis ce jour, dans ce royaume, on apprend aux enfants pauvres que le rire et la colère sont des armes efficaces.

Le peuple n'est plus  muet. Le peuple ne craint plus le roi. 
Le peuple est debout. 

Quand... j'y pense
mon coeur s'allonge
comme une éponge
que l'on plonge
dans un gouffre
où l'on souffre
tant de tourments...
que... quand j'y songe
mon coeur s'allonge
comme une éponge
que l'on plonge
dans un gouffre
où l'on souffrent 
tant de tourments...
que... quand j'y songe 
mon coeur s'allonge
comme une éponge
que l'on plonge
dans un gouffre
où l'on souffre
tant de tourments




jeudi 18 août 2016

Conte et goûter sur le lieu de la Prairie Nicolas à Quimperlé

C'était le mardi 16 août.

Il faisait très chaud. Les enfants auraient-ils terminé leur sieste ? Leurs parents et grands parents auraient-ils le courage de se déplacer malgré la chaleur ?

Réponse positive.
Les uns ont accompagné les autres et les autres étaient une bien bonne trentaine.
Le thème "Voulez-vous monter dans mon bateau ?"était d'actualité puisque une 2CV remontait le courant de la Laïta
Je m'installe et pose devant moi le tapis de mon "Royaume Noiréor" sur lequel je dépose un crabe, une pieuvre, un homard ou une crevette, un papillon.
"Elle va lire un livre ?" "ça me plairait !"
J'écoute tout en faisant. J'entends. Je commente. "J'en ai toujours un sur moi"
je précise :
"Chers enfants je ne vais pas lire, je vais dire ; je ne suis pas conteuse parce que j'ai entendu des gens conter, je suis conteuse parce que j'ai lu très tôt, beaucoup lu et j'ai inventé plein d'histoires et tant d'histoires qu'on me disait des choses gentilles comme "Tais-toi" me disait-on "Tais-toi, tais-toi, mais faites-la taire ! Mais où va-t-elle chercher tout ça !" Heureuse je finissais dans ma chambre à lire davantage. Chers enfants, oui, j'ai des livres partout, la preuve, j'en ai un aujourdhui-même dans ma tortue." La Tortue leur plaît beaucoup.
Par quoi je commence ?
Par la pieuvre me répond une enfant qui a fort envie de saisir la mienne. J'en profite :
"Bonjour Eric Satie, la pieuvre est dans la caverne, elle s'amuse avec un crabe....
Puis je dis une introduction conteuse polonaise, histoire de poursuivre illico presto dans la fantaisie, celle d'une poésie russe dans laquelle toutes sortes de bateaux sont nommés et où de barque en radeau on s'en va chez Maman qui fait de bons gâteaux,... si jamais on m'offre un cadeau.
Ensuite la chanson, avec le même titre, bien connu des Maman et Mamie dont l'oeil s'enchante.
et je me laisse aller à l'imaginaire d'un enfant qui me propose un ingrédient auquel je n'avais pas pensé.  Va pour l'ancre.
En même temps, leçon de grimaces parce que ce sont des grimaces*

  • que je veux durant le refrain difficile à apprendre "Ton bateau l'est pas beau"
  • que fait Albert LePaPillon en se réveillant un matin devant la goutte de rosée
  • que le papa, la maman et le grand frère de DJakoumba font, alors que DJakoumba écrase des gnioules sur la grande pierre avec des petites pierres afin de mieux les croquer. Elle en mange beaucoup trop, c'est sûr elle va être dévorée par le Lion, "il arrive", dit Maman, "il s'approche" dit Papa ; "il est là" et il va te manger dit Grand Frère ! 

Suspense et grimaces sur le front de tout un chacun chacune. Belle réactivité des enfants, filles ou garçons. Et ouf, super, Djakoumba va devenir conteuse.
Il est justement l'heure du goûter dans la prairie Nicolas. Je dis FIN
J'entends "On a tout notre temps Lania !"
J'essaie l'alternative "Conte court ou conte long ?"
Surprise : l'adhésion est totale au conte long.
J'en profite
"Toundra, Taïga, Nef Volante et Vaniouchka" Voulez-vous monter dans mon bateau recommence. Après bien des rencontres vive le mariage. Vive le repas, la fourchette dans le dos du porc à la peau rosée. J'y étais. Albert aussi. Qui m'a dit "Monte sur mes ailes, je t'emmène dans la Prairie Nicolas, tu verras une 2cv  remonter la Laïta et des enfants qui veulent écouter tes histoires. Des histoires, ça alors mais je n'en connais pas.
Croyez moi, croyez moi pas, j'ai raconté des histoires dans la prairie Nicolas. La preuve est là :
Photo de Monsieur Flescher - extraite du journal Le Télégramme


* vite, concours de grimaces - photos.

Conte et goûter sur le lieu de la Prairie Nicolas à Quimperlé

C'était le mardi 16 août.

Il faisait très chaud. Les enfants auraient-ils terminé leur sieste ? Leurs parents et grands parents auraient-ils le courage de se déplacer malgré la chaleur ?

Réponse positive. Les uns ont accompagné les autres et les autres étaient une bien bonne trentaine.
Le thème "Voulez-vous monter dans mon bateau ?"était d'actualité puisque une 2CV remontait le courant de la Laïta
Je m'installe et pose devant moi le tapis de mon "Royaume Noiréor" sur lequel je dépose un crabe, une pieuvre, un homard ou une crevette, un papillon
"Elle va lire un livre ?" "ça me plairait !"j'entends. Je commente. "J'en ai toujours un sur moi"
je précise : "Chers enfants je ne vais pas lire, je vais dire ; je ne suis pas conteuse parce que j'ai entendu des gens conter, je suis conteuse parce que j'ai très tôt beaucoup lu et inventé des histoires et tant d'histoires que je faisais l'unanimité "Tais-toi" me disait-on "mais où va-t-elle chercher tout ça , mais tais-toi, mais fais-la taire !" et heureuse je finissais dans ma chambre à lire davantage. Chers enfants, oui, j'ai des livres partout, la preuve, j'en ai un aujourdhui-même dans ma tortue." La Tortue leur plaît beaucoup.
Par quoi je commence ? Par la pieuvre me répond une enfant qui a fort envie de saisir la mienne. Bonjour Eric Satie, la pieuvre est dans la caverne, elle s'amuse avec un crabe....
Puis je dis une introduction conteuse polonaise, histoire de poursuivre illico presto dans la fantaisie, celle d'une poésie russe dans laquelle toutes sortes de bateaux sont nommés et où de barque en radeau on s'en va chez Maman qui fait de bons gâteaux,... si jamais on m'offre un cadeau.
Ensuite la chanson, avec le même titre, bien connu des Maman et Mamie dont l'oeil s'enchante.
et je me laisse aller à l'imaginaire d'un enfant qui me propose un ingrédient auquel je n'avais pas pensé.  Va pour l'ancre.
En même temps, leçon de grimaces parce que ce sont des grimaces*

  • que je veux durant le refrain difficile à apprendre "Ton bateau l'est pas beau"
  • que fait Albert LePaPillon en se réveillant un matin devant la goutte de rosée
  • que le papa, la maman et le grand frère de DJakoumba font, alors que DJakoumba écrase des gnioules sur la grande pierre avec des petites pierres afin de mieux les croquer. Elle en mange beaucoup trop, c'est sûr elle va être dévorée par le Lion, "il arrive", dit Maman, "il s'approche" dit Papa ; "il est là" et il va te manger dit Grand Frère ! 

Suspense et grimaces sur le front de tout un chacun chacune. Belle réactivité des enfants, filles ou garçons. Et ouf, super, Djakoumba va devenir conteuse.
Il est justement l'heure du goûter dans la prairie Nicolas. Je dis FIN
"J'entends "on a tout notre temps Lania !"
J'essaie l'alternative "Conte court ou conte long ?"
Surprise : l'adhésion est totale au conte long.
J'en profite
"Toundra, Taïga, Nef Volante et Vaniouchka" voulez-vous monter dans mon bateau recommence. Après bien des rencontres vive le mariage. Vive le repas, la fourchette dans le dos du porc à la peau rosée. J'y étais. Albert aussi. Qui m'a dit "Monte sur mes ailes, je t'emmène dans la Prairie Nicolas, tu verras une 2cv  remonter la Laïta et des enfants qui veulent écouter tes histoires. Des histoires, ça alors mais je n'en connais pas.
Croyez moi, croyez moi pas, j'ai raconté des histoires dans la prairie Nicolas. La preuve est là :
Photo de Monsieur Flescher - extraite du journal Le Télégramme


* vite, concours de grimaces - photos.

vendredi 12 août 2016

RDV à La Prairie à Quimperlé , ce 16 août à 16 h : Goûter conté avec Lania (conteuse-vidéo Office du Tourisme Quimper)

Un bon moment en perspective
Des repères ?
Chapelle, la Maison brûlée, les trois fleurs, le football, les pierres du diable, :-(, le Belon, un fest Noz.
Avez-vous dit Quimperlé ? Je l'écris.

 Hum elles ont bon goût les petites capsules pastel offertes par Monsieur Jean !
 Petite sirène d'Andersen en quartier Bellangerais à Rennes
 Ces deux dernières photos ont été prises -en mes tout débuts- par
mon ami Franck Hamel aujourd'hui devenu photographe culinaire.
A très bientôt Enfants de Quimperlé 
et de tout partout puisque ce 12 août 2016 offrira une pluie d'étoiles au bout de la Journée des Enfants. 

Devant la fameuse pluie d'étoiles du jour permettez que je vous conte 
une histoire de lune

Si je peux la raconter 
c'est parce qu'un jour Nazreddine, le benêt ou le savant, tout dépend du moment, Nazreddine avait grand soif ;

Donc un soir, Nazreddine avait eu grand soif. Pour boire en ce temps-là fallait faire monter l'eau du puits. Il fallait donc avoir un seau. Nazreddine ce soir-là a pris un seau et s'en est allé au puits. Et c'est alors qu'au moment où il arrivait à accrocher le seau à la corde de la poulie, il a aperçut la lune dans le puits !  
"Oh mice alors" a-t-il dit,  la lune est tombée dans le puits ! il faut que je la rende au ciel. Il regarde son seau. Il constate que visiblement, son seau n'est pas assez grand pour contenir la lune.I l fait un demi-tour sur lui-même et le sable continue de crisser sous ses pieds pendant qu'il court à la recherche d'un seau plus grand. Après une vérification satisfaisante, oui ce seau-là conviendra parfaitement pour contenir la pauvre lune tombée dans l'eau, Nazreddine retourne au puits, accroche le seau à la corde et tire sur la poulie. Mais il tire si fort qu'il tombe au sol. Le voilà tout groggy. Il met un petit temps à se relever, il a tant d'étoiles dans la tête que, tant qu'à faire, il essaie de les compter. Il n'a pas fini de les compter qu'il s'appuie sur ses mains, en arrière, pour se relever. C'est là qu'il bascule la tête en arrière et découvre qui ? Oui, vous avez trouvé, il trouve la lune, à sa place, dans le ciel.
Nazreddine se réjouit. Relevé, il frotte son cartable, pardon, je voulais écrire "ses fesses" et il commente :
"C'est sûr, je me suis fait mal, mais j'ai tout de même réussi à remettre la lune en place"

dimanche 7 août 2016

Conte régional Midi-Pyrénées "Las Nueits de Tolosa" ou "les nuits de Toulouse"

Dans l'Ariège il était une fois, parce qu'une fois suffit bien.

Deux garçons. L'un s'appelle Laurent, l'autre s'appelle Guillaumet. Ils habitaient un petit village accroché aux Pyrénées et appelé Les Bazerques d'Ax 


et ils avaient même parents. (photo prise par JP. Pomiès)

Vous venez de le deviner : ces deux gars sont frères. L'aîné s'appelle Laurent. Et c'est une crème : un brin tranquille, gentil comme tout, toujours prêt à rendre service on dit de lui "Oh le Laurent, une vraie crème ce petit gars !" Le second s'appelle Guillaumet, c'est le cadet et il n'a rien à voir avec l'aîné. Dès qu'il a su parler il a dit : "un jour je partirai et je ferai fortune" On disait de lui "c'est un casse cou, c'est un aventurier, il le dit, il le fera !"

Il l'a fait. Il n'a pas attendu longtemps. A quatorze ans, non je me trompe 13 ans et 9 mois il a dit "au revoir maman au revoir papa au revoir mon frère, je pars faire fortune !"
Trois voix en une seule ont dit "Et tu pars où ?" 
"Je pars à Toulouse pardi !"
Et oui, c'est connu dans le monde entier, c'est à Toulouse qu'on fait fortune.  
Ils n'ont plus eu qu'à le regarder partir besace sur le dos.

Pardi, ça a fait un vide dans le pays comme on dit ; c'est qu'il était pas méchant le Guillaumet, c'est seulement qu'il avait du tempérament et du coup, té, il prenait de la place.
Et le temps a passé.
Au village Laurent a continué à aider ses parents, à aider les voisins, les amis, à écrire parfois à son frère, lui envoyer parfois ces cocos blancs qui font le bon cassoulet, ceux de Tarbes précisément ;  et le temps a vraiment passé, il s'est marié, une gentille épouse, deux enfants, le choix du roi, un gars, une fille et puis....
Et puis il y a eu la maladie.
Un hiver, une fièvre à tout emporter et surtout, les parents, la femme, et les enfants. Le Laurent il était devenu veuf té pardi !

Il était triste Laurent. Les voisins s'occupaient bien de lui mais il était triste. Il était si triste que l'idée lui est prise d'écrire à son frère. Ce frère a bien compris que son Laurent était triste. Il l'a invité à venir à Toulouse. Et c'est ainsi que, oh pas tout de suite bien sûr, après bien des échanges épistolaires, un jour, chemin faisant dans la pensée, Laurent a ouvert la penderie. Il y avait son costume de mariage. Il l'a enfilé. Le velours lui serrait un peu aux entournures, veste ou pantalon, et autour du cou au-dessus de la chemise, le col blanc lui serrait de même et je crois que les souliers, ses souliers de marié lui serraient aussi. Mais pour aller à Toulouse, fallait faire ce qu'il fallait faire. Toulouse c'était la grande ville tout de même.

"Au-revoir Laurent alors voilà que tu t'en vas, voilà que tu nous quittes, et qu'allons-nous faire sans toi Laurent ?" lui disaient ceux du village, "tu vas nous manquer ! Et où vas-tu Petit ?"
En serrant des mains et en souriant il répondait 
"Je vais à Toulouse ! je vais rejoindre le Guillaumet !" Et tout le monde lui souhaitait bon voyage.

En ce temps-là, même à pied on voyageait. Laurent voyageait à pied.
Il a marché il est arrivé à Foix,  il a traversé la grande allée devant le château. Il a croisé quelqu'un. Tous deux ont levé leur béret. 
"Bonjour, je cherche mon frère, Guillaumet, vous le connaissez ?"
L'autre s'est étonné, et roulé de galets de Garonne en bouches,  il lui a demandé
"Et où il travaille votrrrrre frrrrrèrrrreuh ?"
Il s'est étonné de la réponse "A Toulouseuh ? Au Capitoleuh ? Ôh mon pauvretttt, mais Toulouse c'est pas ici !
Et Laurent de s'étonner à son tour
 "Comment ça Toulouseuh c'est pas ici ? Mais c'est où ici ?"
"Ici c'est Foix petit gars, tu reconnais pas le château, tu n'as jamais entendu parler de Gaston Phoebus ? !"
"A Foix  ? Et Toulouse alors c'est par où ?"
L'homme s'est tourné d'un quart et d'un grand bras tendu il a montré la direction  "C'est par là, tout droit"
Puis chacun a repris son chemin.

Et cette rencontre, elle s'est passée à Varilhes, elle s'es passée à Pamiers, à Saverdun, et là tout de même, le Laurent... il a pris peur. Depuis le temps qu'il marchait il n'y avait jamais pensé, mais là, il s'est retourné et il a regardé ses "petites", ses "préférées", entendez ses  Pyrénées. 
"Oh la la mes pitchounes, comme vous vous éloignez mes belles m, hé bé, c'est loin Toulouse, ah Pyrénées chéries, vous me manquez déjà." Et il s'est mis à chanter. Pour ne pas pleurer.

ça c'est passé aussi à Cintegabelle, au moment où les orgues fêtaient un mariage auquel tout le village participait ; 
ça c'est passé à Auterive, où laurent s'est encore retourné mes chéries"oh bon sang de bon sang mes toutes belles vous avez disparu,  je ne vous vois plus mes chéries !" Laurent à cet instant il retient autant qu'il peut son envie de pleurer. A vrai dire, un larme perle à son oeil droit ; 
et ça c'est passé à Toulouse. Après le Pont Neuf, Laurent a salué quelqu'un dont la réponse l'a inquiété "Coment ça on n'est toujours pas à Toulouse ici ?"
"Si, rassurez-vous, vous êtes à Toulouse, et je vous souhaite la bienvenue, mais là où nous nous tenons, ce n'est pas la place  du Capitole, c'est la place Esquirol. Si vous voulez retrouver votre frère place du Capitole, il vous suffit de faire quelques pas en arrière et de prendre la première rue sur votre droite, c'est la rue St Rome, elle est un peu commerçante mais l'heure est à la fermeture, descendez tout dret et au bout, vous découvrirez la Place du Capitole"

Laurent n'attend pas, "au-revoir monsieur" et s'il descend la rue St Rome à tout allure du style "je vais revoir mon frère, je vais revoir mon frère" tout au bout de la rue, il s'arrêt net ! 
"Oh comme elle est belle cette place", et en tournant le regard, il s'esbaudit davantage sur le long bâtiment qui court sur sa droite 



"oh la la la mais on croirait la mairie des Bazerques !" Et il s'avance au milieu de la place. Et il se dirige jusqu'au trottoir à l'angle de la rue de Rémuzat* et il se tient debout et il se dit et se répète "oh comme elle est belle cette place !" et alors qu'il se demande s'il va trouver son frère, quelqu'un lui met une main sur l'épaule. Il s'est retourné. C'était un inconnu. mais l'inconnu s'est esclaffé comme s'il se moquait de son air perplexe
"Ben alors Laurent, tu ne reconnais pas ton frère Guillaumet !"

La surprise ! 
"Comme tu as changé Guillaumet, on croirait un monsieur, té, on croirait le notaire d'Ax !" 

"Qu'est-ce que tu racontes Laurent, allons allons, je suis ton frère, tout simplement, allez viens, entre" !"

Encore une vraie surprise. "Oh la là c'est que tu as un beau café Guillaumet ! les banquettes rouges et les miroirs"
"ça va Laurent, je me défends bien mais ça n'a pas été facile tu sais, avant j'ai mais tiens assieds-toi, tu as sûrement envie de boire qu'est-ce que je te sers ? Tu dois avoir la pépie ! Attend, on m'appelle !"

Guillaumet s'est levé comme un ressort. quand il est revenu il était accompagné. "Je te présente ma femme, Laurent ! Elle s'appelle Clémence !"

La surprise de sa vie au Laurent, une femme comme il n'en existait pas une seule aux Bazerques, une femme de notaire ou de docteur comme à Ax! Laurent s'est levé, timide et si timide qu'il a demandé où était le coin pour... et pendant ce temps la femme de Guillaumet elle a froncé les sourcils et elle a dit "C'est ton frère, on dirait un paysan et tu as vu ses vêtements comme ils sont anciens, je te le dis Guillaumet, il ne doit pas rester chez nous, il va nous faire perdre notre clientèle !"

Guillaumet n'a rien dit. Quand son frère est revenu le repas était prêt, ils ont mangé, échangé des souvenirs, Guillaumet a demandé des nouvelles du Baptiste, du Tonin, de la Marguerite et de la grand-mère Jeanne qui tricotait si bien sur le pas de sa porte l'été . Mais après la prune, Guillaumet a emmené Laurent sous les combles au troisième étage, dans un tout petit cagibi où il n'y avait qu'un lit en fer, une sorte de table de nuit et en guise de chaise un prie-dieu. Il a dit "Surtout Laurent, ne fait aucun bruit, la clientèle n'aime pas être dérangée. Repose-toi surtout, demain matin c'est moi qui viendrais te réveiller, surtout ne bouge pas !"



Il a refermé la porte et il a descendu les escaliers.
Laurent s'est déshabillé et il s'est couché. Il avait de quoi rattraper question fatigue.
Mais au milieu de la nuit il s'est réveillé. on n'entendait pas un seul bruit. Il faisait noir noir noir. Il a un peu réfléchi, il s'est rappelé son voyage, sa traversée, puis il s'est recouché et rendormi. Mais au bout d'un temps il s'est encore réveillé. ça devait être l'heure de se lever. Pourtant personne ne bougeait. C'était le silence. Il a eu comme une crainte. Il a pensé "hé bé, qu'est-ce qu'elle est longue la nuit toulousaine" pour la raccourcir, il s'est mis à dire une prière. D'ordinaire il la disait toujours à l'envers. Etait-ce la crainte, voilà qu'il la disait à l'endroit. "Ah ma pauvre mère," des heures... elle avait passé avec lui à essayer de lui faire retenir les mots, "toi qui a eu tant de mal à me l'apprendre tu serais contente ce soir de me l'entendre dire, n'est-ce pas !"  et il a levé le regard au plafond. Tout ce noir, c'était étrange, la nuit devait être finie maintenant. "En tout cas si elle n'est pas finie elle est bien longue la nuit toulousaine !" Comme il s'ennuyait et qu'il se remettait à bailler, il s'est allongé et endormi. Combien de temps ? De nouveau réveillé, debout, il a presque pris peur, il n'avait plus qu'une seule envie, sortir, retrouver le jour. Vraiment comme elle est longue la nuit toulousaine ! Il a cherché sur le mur, il a tâtonné, il a fait glisser ses mains à plat pour ne rien manquer,  une fenêtre, sa poignée, une éclaircie, un interstice. Rien, net ! Les bras lui tombent "Hé bé elles sont bien longues ici les nuits toulousaines !"  Il n'y avait rien d'autre à faire qu'à se rendormir. Le Laurent s'est rendormi.

Et il s'est redressé comme un ressort quand il a entendu frapper et reconnu la voix de son frère "Alors Laurent, tu as bien dormi, dépêche-toi, on va descendre, tu vas déjeuner, mais tu as l'air bizarre Laurent, qu'est-ce que tu as ?"
"Ce que j'ai ? C'est que...  Dis-moi Guillaumet, elles sont bien longues les nuits de Toulouse dis-donc !"
"Comment ça elles sont bien longues, elles sont aussi longues que les nuits des Bazerques !" Et en même temps il se marre en pensant que Laurent vient de dormir deux nuits et un jour d'affilée dans un cabinet qu'il savait hermétique au possible. 
"Allez, dépêche-toi, descendons, tu vas déjeuner, que veux-tu des chocolatines ou du pain aillé ? Quand tu auras fini je te montrerai le Bazacle, La Grave, le marché Arnaud-Bernard, la tour du Capitole, le Grand Rond, les Amidonniers, tu verras comme c'est beau Toulouse !
Allez va, tu dois avoir faim avec tous ces kilomètres dans les jambes... mais qu'est-ce que tu as Laurent, pourquoi  tu me regardes comme ça, qu'est-ce qui te prend ?" 
"Il me prend Guillaumet que je ne vais pas visiter Toulouse, que je ne vais pas rester ici, que je vais partir, te remercier pour le café, pour les chocolatines et le pain frais, mais oui, non non je ne vais pas rester, au revoir mon frère, je m'en retourne aux Bazerques"
"Mais pourquoi  Laurent ? Tu viens d'arriver, il y a si longtemps que je ne t'ai pas vu !"
"C'est vrai, si longtemps, mais ici les nuits sont beaucoup trop longues mon frère, un vrai supplice ces nuits de Toulouse,  elles n'en finissent jamais, elles durent bien trop longtemps Guillaumet, je ne les supporterai pas, pas même une nouvelle ! Un supplice vrai de vrai mon frère ! Adiciats"

Et de sortir de l'établissement, de débouler sans demander son reste sur la place du Capitole, 

de la traverser en diagonale, de remonter la rue st Rome où déjà 

les capelhou se promènent parce que 

bien avant midi  le soleil tape dru


  sous les yeux de belles dames


 qui le suivent du regard 


  mais qu'il ne remarque guère
Laurent veut seulement rentrer aux Bazerques, rentrer aux Bazerques. Au revoir la place Esquirol, au revoir l'hôtel d'Assézat, Au revoir Clémence Izaure pour marcher il marche le Laurent, et de passer le Pont des Catalans, moins vieux que le Pont-Neuf, le plus vieux des ponts toulousains.

et d'avancer, d'avancer et de marcher le pas ferme, en s'interrogeant  "ah mes Bazerques où êtes-vous, vous reverrais-je ? Au revoir Auterive, le voilà à la tombée de la nuit arrivé à Cintegabelle. A la première auberge éclairée, "L'auberge du Jauspin" il pousse la porte. Quelques hommes sont au comptoir, dans un coin quatre autres jouent aux cartes et demandent "Alors Lionel c'est d'accord tu ne veux pas jouer au Trompe-Couillon avec nous ?" 
Un homme de fort mauvaise humeur et cheveux blancs leur répond que non, il ne veut pas, il l'a dit, il le répète. Laurent s'approche, le salue et lui dit "Je prendrais bien une chambre mais avant je veux savoir ..." 
"Demandez-moi, si je peux vous dire je vous dirai !"
"Hé bé voilà Aubergiste, je veux savoir si les nuits de Cintegabelle sont aussi longues que les nuits de Toulouse ?" Devant une question aussi saugrenue, le Lionel retrouve le sourire et répond 
"Bien sûr mon ami, nuits de Tolosa, nuits de Cintegabelle, sont également longues, comment pourrait-il en être autrement ?"
"Alors excusez-moi, je ne dormirai pas ici ce soir" Et jetant un  "bonsoir messieurs" à la cantonade le Laurent disparaît aussi vite qu'il était entré, laissant là quatre hommes répétant autant qu'ils peuvent  car mourants de rire 
"Dites l'aubergiste, elles sont aussi longues qu'à Toulouse les nuits de Cintegabelle ?"

Et de marcher de marcher et de parvenir à Saverdun. Et de s'arrêter à la première auberge et d'interroger l'aubergiste qui lit un journal
"Bonsoir Monsieur l'aubergiste, dites-moi les nuits de Saverdun sont-elles aussi longues que les nuits de Toulouse ?"
La réponse fuse, identique à celle de Cintegabelle et Laurent de dire "Alors excusez-moi, je ne vais pas dormir ici ce soir, bonsoir messieurs" et il quitte l'établissement laissant l'aubergiste tout étonné.

Et de marcher de marcher, et de parvenir à Pamiers, ciel bleu couleur watterman,  étoilé au possible, étoiles filantes ici et là. C' est au moins le 12 d'août.
Et d'entrer dans la première auberge allumée de Pamiers. Et de s'entendre dire "Vous avez de la chance j'allais fermer"
Mais de demander  "Je voudrais bien dormir aubergiste, mais avant il me faut vous poser une question !"
"Posez-la, posez-la mon ami votre question"
"Alors voilà, est-ce que les nuits de Pamiers sont aussi longues que les nuits de Toulouse ?  "
"Bien sûr que oui, mon ami, elles sont aussi longue les unes que les autres, cependant cette-nuit-ci risque d'être plus courte vu l'heure qu'il est !"
"Plus courte, parfait, alors donnez-moi une chambre s'il vous plaît, mais n'oubliez pas de venir me réveiller à six heure et demie, c'est l'heure à laquelle je me réveille"
"Entendu mon ami. Suivez-moi" -ils montent des escaliers, un seul étage, et la chambre est grande et il y a une fenêtre- "Bonne nuit. A tout à l'heure" Laurent, doublement rassuré, plonge dans un sommeil réparateur.

Dehors, quelques roses effilochées annonçent l'aube. Forcément quand l'aubergiste vient frapper à la porte du Laurent celui-ci a du mal à ouvrir les yeux. Quand l'aubergiste a dit "C'est l'heure !"  Laurent ronchonne "Quel drôle de pays tout de même ici, alors à Toulouse les nuits n'en finissent jamais et ici elles ont à peine commencé qu'elles sont déjà terminées !" 
Il s'habille et sans même prendre le temps de déjeuner "les oeufs sont du jour mon ami et la confiture de rhubarbe elle est maison c'est ma femme qui l'a faite, comme le pain d'ailleurs !" Laurent ne veut rien savoir
"Vite mes Bazerques que je vous retrouve, au revoir Monsieur l'aubergiste, merci"

Laurent ne marche plus, il court, si bien qu'au détour d'un virage, quelques heures plus tard, quand il aperçoit le clocher des Bazerques c'est tout juste s'il ne défaille pas

Et quand il croise le Baptiste et que celui-ci heureux de son retour le salue et lui donne l'accolade "te voilà de retour Pitchou ?" Laurent ne retient pas son plaisir : il défaille. Puis il  joint les mains sur sa poitrine et il dit en regardant le clocher 
"Ah mes Bazerques mes Bazerques, 
petit rien qui vaut tant 
tu vaux mieux que rien !"


@Lania - 6 août 2016 - inspiré de Les Nuits de Toulouse - Contes ariégeois.


* Aujourd'hui à cet endroit on y boit encore, on peut y déguster des Cam Ryfleu et il pourrait bien y avoir un long bouffon tout habillé de jaune et de rouge. Bref un Mc ???

vendredi 5 août 2016

Conte Urbain - 5 août 2016

Il était une fois car une fois suffit bien, Princesse avait passé une belle soirée.
Le champagne avait coulé à flots, la musique avait été très souvenir disco,
avec tous ses amis elle avait bien ri.
Tant ri qu’elle n’avait pas entendu les douze coups de minuit.
Ni le coup de 1 h ni ceux de 2 trois et 4 h.
Il fallait bien partir.
Stupeurs successives : au bas de l’escalier, aucun carrosse ;
au bas de l’escalier aucun prince.
Princesse n’a perdu aucun chausson. Les célèbres semelles rouges
courent courent, rien n’est perdu. Elles prendront le dernier métro.
Dans la nuit noire aux luminaires ensoleillés Princesse court,
court et claquent les chaussons sur le macadam.
Stupeur ! La station de Métro a enfilé son bustier de fer.
Depuis qu’elle court, Princesse est fatiguée. Va-t-elle paniquer ?
Princesse est de naturel optimiste. Princesse s’organise.
Princesse sait qu’il paraît que... enfin, qu'elle a entendu dire...
bon, qu'elle n’a jamais mais... Elle se décide à appeler une appli
qui n’ira jamais au REBU. Mais le temps d’effleurer la poche
où se trouvent ses clochettes d’appel en cristal, ....
un carrosse s’arrête à ses pieds. Après tout, parfois il suffit juste
de penser à..., pour entrer au 7ème ciel. Comme dans
le Conte du Mensonge le plus doux. Et, chance,
ce que l’on désire apparaît.
Un cocher REBU ! La voilà la chance !
Pas tant que ça, malchance, il s’en va satisfaire un autre client.
Sur le visage de Princesse (celle qui a des lunettes)
apparaît un grand smile à l’envers.
Princesse est si belle que le cocher craque.
Ses clochettes de cristal tintent à leur tour.
Il raconte une salade à l’interlocuteur qui tend l’oreille
au bout des clochettes, une histoire inattendue, la rupture
d’un rayon de roue qui l’oblige à se rendre chez
le forgeron du Foirail.
Il ne pourra mettre son carrosse à disposition.
Il annule sa course.
Et d’un smile somptueux il enlève Princesse.
Intuitif, il charge sa vidéo préférée
il lui offre ses choux préférés, sa boisson préférée,
il prévient son plus cher désir.
Il la dépose devant son palais. Comme elle sort sa bourse d’or
en cuir de Poméranie, il s’offusque.
Avec simplicité, il la remercie d'un souriant
"Permettez-moi de vous dire que ce fut un plaisir"
Il s’éloigne en pensant que Princesse était 
délicieusement mignonne (toujours celle qui a les lunettes)
et qu’il aurait bien pris le numéro de ses clochettes. Il pense :
le hasard faisant bien les choses, qui sait, un jour, peut-être....
Pendant que Princesse, endormie, rêve d’un cocher, 

bien belle personne, dont elle aurait bien pris le numéro des clochettes ;
mais le hasard faisant bien les choses, qui sait, une autre nuit....
Dans son rêve un sourire s'esquisse sur ses lèvres entrouvertes.
@Lania 5 août 2016

mercredi 3 août 2016

Conte de "La Roue tourne" histoire de génération.

C''était ou ?
C'était quand ?

C'était dans l'île des Humains, ceux qui naissent en étant portés puis avancent dans la vie sur leurs genoux, sur leurs deux jambes et la terminent sur trois pattes, canne en mains.

Dans l'île des Humains ou de père en fils, de père en fils, de père en fils la vie s'affile. Ou pas.

Dans cette île il y a longtemps, il était une fois car une fois suffit bien, un humain avait épousé une humaine ; à tous deux ils avaient eu un enfant ; l'enfant était devenu un homme et l'homme lui-même à son tour avait épousé une humaine et à tous deux ils avaient eu un enfant. La roue tourne.  

Sur le premier humain nommé, peu à peu le temps marquait son ouvrage. Les rides s'installaient : sur le front, au coin des yeux, au bord des lèvres et cela se voyait quand celles-ci tentaient de rire ou de sourire. Peu à peu le temps marquait son oeuvre. Le dos se voûtait, le corps s'affaissait, les pieds avaient de moins en moins d'ancrage : les pas, rétrécis,  se soulevaient avec difficulté. Le vieil homme trébuchait. Risquant la chute à chaque instant. Parfois il tombait. Et les mains qu'il avançait pour se protéger, le protégeait de moins en moins. Elles avaient grossi et devenaient malhabiles. Elles tremblaient et les objets leur échappaient.  
Un jour le bol de soupe aux choux, cette soupe qu'il aimait tant, il le porta à sa bouche. Ses mains qui tremblaient  lâchèrent le bol avant même qu'il atteigne ses lèvres. La soupe a tout éclaboussé à l'entour. La belle fille a poussé un cri : "Jules ça ne peut plus durer, il faut faire quelque chose !". Son mari a regardé son père ou plutôt l'air triste que portait son visage. Un air apeuré. Le liquide recouvrait son pantalon de velours et tombait sur le sol, goutte à goutte. La belle-fille a crié encore "Jules, il faut faire quelque chose, il me donne trop de travail ! Si tu ne fais rien je le ferai moi ! Jules n'a pas répondu !"
Quelques jours plus tard, l'homme s'est assis à la table. Son fils avait une assiette, sa belle fille avait une assiette, son petit-fils, silencieux avait une assiette, chacun avait un verre une fourchette, une cuillère un couteau mais lui, le grand-père, père, beau-père, le vieux, lui il n'avait rien. D'unevoix tremblante il a dit "Où est mon assiette, je n'ai n'ai pas pas d'as d'assiette !"
"C'est normal Grand-Père, désormais vous mangerez dans la cheminée, ou nous vous inscrirons à la maison de retraite. Il y en a une tout à côté, elle vient d'être construite, elle est toute neuve, vous vous y ferez des amis Grand-Père, choisissez !" Elle lui souriait.
Il a tourné la tête de droite à gauche et il s'est levé. Puis il s'est assis auprès de la cheminée, sur la chaise basse. Son bol, de plastique épais, était tout près. Il l'a saisi et il a mangé petit à petit. Lichée après lichée. De plus en plus lentement.

L'enfant ne disait mot. Il s'est levé. "
"Où vas-tu ?" a dit le père
"Je reviens" a dit l'enfant.
Il est revenu. Avec des pointes et des planchettes.
"Tu fais quoi ?"  a dit son père.
"Je te prépare l'assiette de bois pour le jour où tu feras tomber l'assiette de porcelaine, quand tu te mettras à trembler !"

Le père a regardé sa femme. Elle fronçait les sourcils. Mais rien ni personne n'aurait pu l'empêché de faire ce qu'il allait faire. Il s'est levé et il a ramené son père à table. "Nous ne lui ferons plus un seul reproche" a dit le mari a sa femme. Et se tournant vers l'enfant il a ajouté 
"Merci Fiston pour la leçon que tu m'as donnée (d'après Grim mais à ma façon)

Et comme on dit en Eurasie
Tarak-Turok, la pie au nid, 
au dessus des vertes prairies
le conte est fini 
(emprunté à http://feeclochette.chez.com/theorie.htm)





Photo #FranckHamel au manoir des Colombes, il y a... longtemps