jeudi 20 juillet 2017

Petit conte de la petite princesse qui me disait qu'elle était grande.

Je passais devant le square.
il y avait des enfants et des adultes qui riaient parlaient et jouaient ;
il y avait des ateliers divers et variés, des enfants qui dessinaient des moque-page, une sorte de mini golf ;
il y avait deux amies et leur bibliothèque de rue. Je me suis arrêtée. Il y eut la petite princesse.
Et la conversation de la petite princesse "de bric et de broc, tout de go"
"J'ai une carte de bus"
Je devine
"c'est tout nouveau ?"
"Oui, je suis grande."
"Tu as comme ça ?"
 J'ouvre ma main et ses cinq doigts.
"Non" me dit-elle" "j'ai comme ça" et elle ajoute le second pouce. Et ce nouveau commentaire souligné d'un joli sourire
"je suis grande"
Elle finirait par m'en persuader. Il doit bien y avoir une raison. Vous aussi qui lisez l'apprendrez plus tard.
Elle veut bien écouter. Deux enfants plus jeunes la rejoignent. Elle écoute. Parfois elle ponctue. D'un "je suis grande", souriant. Son désir, sa volonté, sa certitude m'émeuvent.
Histoire d'un papillon qui danse trop, elle se prête à mon jeu de la danse ;
Histoire de Fanny qui a perdu son collier ;
Histoire de Djakoumba qui aime les noix et ne craint pas de désobéir à Maman, pas plus qu'à Papa, pas plus qu'à son frère et n'a pas peur des petits chats.  Mais c'est un loup qui vient, et il avale Djakoumba dans la nuit ; alors Djakoumba sort... et elle avale le loup qui sort.... et avale Djakoumba qui décide que ça va, ça c'est trop, tout ça doit cesser et elle avale le loup pour la dernière fois. Mais l'histoire n'est pas finie.....
Et si vous aviez été présents dans le square vous en eussiez entendu la fin.


Peut-être eussiez-vous dit "Trop bien" comme a dit Samantha.
A laquelle j'ai lu, parce qu'elle a choisi le livre elle-même,
l'histoire d'un enfant qui avait trouvé un oiseau blessé. Qu'est-ce quelle bougeait cette histoire.
Justement : "bougé" C'est vrai que je bouge les mains quand je conte : l'enfant refaisait tous mes gestes. Impressionnante recherche.
"Tu peux monter là-bas ?"
Elle me montre une structure avec des échelles et des entremêlements de plateaux et de barres. "Heu !"
"T'as quel âge ?"
"150 ans, je suis trop vieille pour monter dessus !"
"Et bien moi j'ai six ans, je peux, je suis grande" Et elle fonce. Et elle s'arrête. Et elle me regarde.
Je m'approche.
"J'ai peur...!"
Soudain je m'interroge : m'a-t-elle choisie pour escalader sa première fois ?
Forte de sa confiance, je soutiens un de ses pieds. Ouf elle réussit. Y a plus qu'à descendre. Périlleuse descente mais parfaite réussite.
"Je t'ai jamais vue ici, tu reviendras ?"
J'ai même pas pu répondre, elle avait disparu.
Mais je sais la raison de "je suis grande" plusieurs fois de suite.
Sa Maman lui prépare une petite soeur...


samedi 24 juin 2017

Les deux grenouilles

Il état une fois deux grenouilles vivaient au bord d'un étang.
Une fois elles sautaient.
Une fois elles nageaient.
Une autre fois elles se reposaient dans un nénuphar.
Un autre jour voilà ce qui s'est passé.


J'en ai assez  adit l'une sauter, nager, me reposer ça m'ennuie, je m'ennuie  c'est décidé je pars en voyage, je veux découvrir le monde
"Je te suis" dit l'autre "je m'ennuie moi aussi, je veux découvrir le monde comme toi !"
et zioup elles sautent de l'eau... dans l'herbe
et zioup elles sautent.... du chemin vert au chemin blond et suivent le chemin de terre.
Où va-t-il le chemin de terre Grenouillette ?
Je n'en sais rien Grenouillet, suivons-le il finira bien par arriver.

Un chemin finit toujours par arriver
Le chemin entre dans la cour d'une ferme,
saute sauti sauta nos deux grenouilles traversent la cour et s'arrêtent à l'entrée de la grange.

Qu'est-ce que c'est que Ça ? dit Grenouillet
Qu'est-ce que c'est que Ça ? dit Grenouillette ?

Les deux grenouilles font le tour de Ça !
"Je ne sais pas" dit Grenouillette ? "Ça, brille !"
"Je ne sais pas" dit Grenouillet. "C'est gris !"
"C'est haut !" dit Grenouillette "grimpons"
Plus facile à dire qu'à faire, il faut imaginer les glissades répétées. Au début elles sont amusantes, mais ensuite elles sont fatigantes
"Si nous sautions nous saurions ? dit Grenouillons
"Bonne idée Grenouillet, sautons !" dit Grenouillette. "Sautons et nous verrons ! Nous verrons bien, nous verrons mieux...."


Et nos deux sauteuses sautent.

Saute sauti sauta sauta sautons sauti, nos deux grenouilles sautent une fois, sautent deux fois : à la troisième fois, plouf, gloups, elles disparaissent au fond de ce qui était un grand pot de lait en fer blanc.

bleup bleup bloup Grenouillette remonte la première. Elle attend Grenouillet et se met à nager.
bleup bleup bloup "Ah te voilà Grenouillet !" Grenouillet apparaît. "Il faut sortir d'ici, sautons !
Grenouillette saute mais le rebord du pot est trop haut, elle retombe.
Grenouilles s'y met aussi; Mais le rebord du pot est trop haut, il retombe.
Nageons Grenouillet, dit Grenouillette, au moins ça nous pouvons le faire.
Quelques fois je nage... quelques fois j'essaie de sauter, les deux grenouilles nagent et sautent mais au bout d'un moment...

Grenouillette je me fatigue...

Grenouillette encourage Grenouillet :
"Courage Grenouillet, nous devons sortir d'ici nage petit frère"
Grenouillette et Grenouillet nagent dans le blanc lait"

Grenouillette je me fatigue, je ne peux plus bouger mes pattes
(emprunté à : perseverance
d'après Natha Caputo (contes des quatres vents)

"Courage Grenouillet nous devons sortir d'ici nage comme moi, ne cesse surtout pas, il ne faut pas abandonner.
Grenouillette et Grenouillet nagent dans le blanc lait.

"Gre heu heu nou nou illette je suis fatiguée, je n'arrive plus à bouger !" 

"N'abandonne pas Grenouillet, persévère, on va s'en sortir, courage. 
Grenouillet ? Gre nouill et !!!!" Grenouillet se tait, Grenouillet ne répond plus, Grenouillet a disparu au fond du pot de lait.

Plouf, sans attendre davantage Grenouillette plonge. Grenouillette disparaît à son tour.

Un deux trois Grenouillette réapparaît : elle porte son Grenouillet sur le dos. "Accroche-toi et surtout tiens toi bien, moi je nage"

Grenouillet obéit à Grenouillette. Grenouillette nage et nage, elle agite bras elle agite jambes . Elle pense "Je n'abandonnerai pas, non  je n'abandonnerai pas, je veux sortir d'ici je nous sortirai d'ici !"

Soudain, que se passe-t-il ? Sous les pattes de Grenouillette le lait n'est plus liquide, le lait n'est plus blanc. Le lait est est ferme et dur, le lait est jaune !  "Oh Grenouillet tu es sauvé ! Je n'ai pas nagé, j'ai baratté, j'ai obtenu du beurre, Grenouillet, souris, on va sortir, attention ça va être le grand saut !


Heureuse Grenouillette pose ses pattes sur le beurre et 1, plié, 2 tendu,  3 sdétente, elle sau au au au te si bien qu'elle sort du pot de lait et chute au sol.

"Ça va Grenouillet ?"
Grenouillette est inquiète, où es-tu Grenouillet je ne te vois plus ?

Je suis là Genouillette !
La voix de Grenouillet tombe de haut. Grenouillette lève la tête. Quelle surprise : Grenouillet a atterri sur la branche d'un tilleul.

"Saute et descend de là" dit Grenouillette "ça tu sais faire !"

"Et oui je sais faire Grenouillette ma Soeurette merveilleuse mais maintenant, retournons à l'étang, veux-tu ?"

Grenouillette a bien voulu.

Aux dernières nouvelles -c'est papillon Blanc qui me l'a dit- Grenouillette et Grenouillet passent du bon temps au bord de l'étang.
Une fois elles sautent.
Une fois elles nagent.
Une fois elles se reposent dans le creux d'un nénuphar. Une autre fois... ah une autre fois c'est une autre histoire. Pour celle-ci, elle finit ici.

Vive l'OR-ALITÉ 
Ce texte est celui de Kaella, qui l'a dit pour la première fois, oralement aujourd'hui 23 JUIN 2017 en pensant au conte que j'avais moi-même raconté il y a 5 semaines : le conte a mijoté dans sa tête : elle a "vu" son conte. Elle lui a donné des images et traité, non seulement la persévérance, mais surtout devant son impossibilité d'accepter la disparition de l'ami grenouilles elle a prit le choix de ne pas l'abandonner et de  l'aider à survivre. Emouvant. 
Bravo Kaella. 
Bravo à Flora qui a conté toute seule "les deux grenouilles" avec une voix rare, celle d'une comédienne : excellent.
Bravo aussi à Félix, Shanna, Selma qui ont conté à trois voix où seul. 
Bravo à Violette qui a raconté, courageusement seule aussi, le conte merveilleux de "La reine des Korrigans" en donnant les mots de sa propre version jusqu'au bout. Violette, Chapeau.
Bravo et chapeau aussi à Chloé et à Théo qui, gêné par la chaleur, a réussi a somnoler, tout en écoutant. 
Bravo aussi aux Intrus qui, lisant, tournaient parfois la tête vers ceux qui disaient, parce que leurs Z'Oreilles le voulaient.

Les Oreilles sont étonnantes : on croirait qu'elles ne font rien et pourtant, elles travaillent : elles Z'écoutent.   Il faut prendre soin des Oreilles.   
les Oreilles  Z'ADORENTécouter les mots et le silence.
Pendant les vacances faites-les travailler : 
faites Z'écouter vos Oreilles.
A l'année prochaine, si vous le voulez bien. 
Chers enfants je vous souhaite de passer  de belles vacances à revenir avec des Z'Oreilles pleines de soleil, de ciel bleu, de plages, de sables ou de cailloux, de chemins verts ou dorés, de chants d'oiseaux ou de pommiers ou de cascades de forêts, bref de toutes sortes de musiques, instruments à cordes ou à cuivre... ou à pinces, comme en ont les sauterelles, les grillons ou les hannetons ... et pourquoi pas jusqu'au chant du ver de terre s'il se trémousse sous la pluie. 
Bel été à vous tous. Lania 07 70 34 90 72






dimanche 11 juin 2017

La fête de l'été au Grand-Cordel à Rennes

Adhérents ou pas adhérents
Parents ou amis, au singulier comme au pluriel, au féminin comme au masculin -non je ne défigurerai pas les mots même par des traits d'union sympathiques- se sont mis en quatre pour préparer ou pour déguster. Au propre comme au figuré. C'était hier 10 juin  et hier, c'est déjà bien.

Il y eut trois déplacements chorégraphiques, dont 

  • un solo, présenté par Oscar Lassius sur une chorégraphie de Sylvie Tertre, danseuse chorégraphe ;
  • sur l'herbe, une belle et généreuse démonstration de style, danse africaine. Danser sur la pelouse, ou plutôt le champ, aurait relevé pour moi de l'exploit. Les danseuses, toutes triangles imprimés sur les hanches, pieds nus et vêtements noirs,  s'en sont bien tirées. Et si bien qu'au point d'emporter le public nombreux dans une danse rieuse.
  • dans la salle de spectacle mais public sur la scène, le plus émouvant d'hier : des gestes qui fusent, sous leurs yeux, s'élancent et se propulsent, se poursuivent, des corps qui dansent et dansent encore, dansent sans jamais se heurter, ni provoquer de heurt sinon des sourires, des silences, des échappées de bonheur... Pas si simple : certains danseurs, certaines danseuses sont en fauteuil roulant. A chacune et chacun d'entre eux, un immense bravo. Tous en improvisation, a précisé l'une : encore plus étonnant. 

La Fête de l'Èté du Grand Cordel pour signer la fin des ateliers de l'année, se sont succédés les ateliers théâtre, enfants et adultes, que je n'ai pas vus mais dont j'ai saisi le plaisir sur le visage des jeunes comédiennes quand elles partageaient leurs émotions. 
Un regret : il en faut... ne m'être pas déguisée pour me faire photographier à travers les services de, d'une, comment le dire,... je me lance, d'une carotte, oui, j'ai bien écrit carotte "bouton pression" lié au déclencheur de l'appareil photo qui était sur son pied : amusant.

Sinon, journée détente dans le pré derrière le #GrandCordel et promenades dans le projet-jardin : une bien belle journée qui aurait plu à Cézanne. Quand je suis arrivée j'ai su que Cézanne ou Renoir, ou Monnet ou d'autres manquaient. Certains jouaient aux cartes sous le cerisier, d'autres se la "pêtaient" sieste tranquille sur des plaids et coussins, les enfants pouvaient tourner les pages de nombreux livres, où gravir la "montagne" ou la "termitière" ou admirer les mobiles suspendus aux branches, légères oeuvres d'art triangulaire ou rose, vert, bleu, jaune. La matière ? De simples pailles découpées et montées en figures géométriques : harmonieux, sympathique, léger comme un instant printemps se rêvant déjà été. 

N'oubliant pas que tous nous pouvions être "ventres affamés", et donc sans oreille... 
-hope là je n'aurais pas entendu dire que c'était l'anniversaire de Gabriel, je n'aurais pas pu lui raconter l'histoire de l'enfant qui voulait dire avant même sa naissance qu'il savait tout sur tout et que déjà ses parents se tromperaient en ne l'écoutant pas - 
... il y eut le SB ou Super Buffet au prix qu'on désirait : des deux gaspachos froids, (gaspachaud-froid, à l'oreille ça me fait déjà sourire) tomate-poivron, ou menthe petit-pois jusqu'aux minies minies brochettes pommes-cerises DuChamp 😉, ou cakes pomme-rhubarbe (DuJardin et DuChamp) passant par l'hoummous aux pois chiches d'Ailleurs, le barbecue et les brochettes légumes marinés à la menthe des lieux... jusqu'aux mises en terre plantes et fleurs, jusqu'à l'arrosage, y compris du pavot de Californie*, le tout était d'un fait "maison-voisins-voisines" réussie. 

Bref, une belle journée. De belles rencontres à poursuivre. Au café associatif "le gast-à-Chaud" dans le hall de la Salle de Spectacle Guy Ropartz -j'y suis chaque mardi jusqu'à fin juin- ou ailleurs (vers les LonChamps par exemple.

Une belle journée Grand-Cordel, à ébruiter.

Correction auprès de Julie, de Christelle et d'autres encore :
les quatre buissons aux fleurs jaunes et nés tout seuls font bien partie de la famille Pavot
et par conséquent j'en justifie par meilleur que moi-même (WIKIPEDIA bonjour) :
Nom scientifique : Eschscholzia californica
Rang : Espèce
Sous-famille : Eschscholzioideae
Famille : Papaveraceae
:-( CERTITUDES vous vous en allez à reculons DEFINITIVEMENT :-)

Vive la danse, toutes les danses, le jardin, tous les jardins, les escholtzias, tous les escholtzia fussent-ils pavots. :-) A bientôt.


mercredi 7 juin 2017

Formation conteurs de juillet à octobre 2017 par le CLIO

FW: CMLO : Formations de Juillet à octobre

Isabelle Cerrito - CMLO 7 juin 2017 à 16:44
À : InscriptionsSite7

Bonjour,

Ci-dessous le planning des formations de juillet à octobre.

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au 9 juillet
Le conteur et l'hypnose par Catherine Contour, artiste/exploratrice.          
Découvrir les liens étroits qui existent entre l’hypnose et l’art du conte et apprendre à utiliser certains outils propres à la technique hypnotique.
   
10 au 14 juillet 
Randonnée Contée par Marc Aubaret                                                                                                
Quatre randonnées pour percevoir les logiques de pensées qui nourrissent les contes et les légendes et mettre en application la perception de ces logiques.

20 au 22 juillet
Contes de femme et femmes de conte par Emmanuelle Saucourt et Marine Pitra
Se relier à la force féminine et créatrice en nous, en résonance avec les contes, par une pratique corporelle du Qi Gong et du mouvement. C’est en mêlant des temps dans le corps et des temps dans les contes que nous explorerons les multiples figures de femmes dans les histoires et interrogerons notre propre part de féminité dans l’acte de raconter.
 
29 au 30 septembre
Conter en secteur protégé par Véronique Aguilar
Il s'agit d'une initiation au conte comme outil d’animation et de médiation auprès de personnes âgées.

12 au 14 octobre
Contes, Rituels et Initiations par Emmanuelle Saucourt 
L’objectif de cette formation est de permettre à tous d’entrer en relation avec la complexité des trajets initiatiques dans les contes merveilleux au regard des contes initiatiques traditionnels, leurs rôles tant au point de vue individuel que collectif. Bref, de se saisir d’un imaginaire et d’un outil de transformation étonnant.

************************
Dossiers de formation sur simple demande ou sur site http://www.euroconte.org/fr-fr/cmlo/formations.aspx.

Je reste à votre disposition,
Cordialement,

Isabelle CERRITO
Assistante de Direction
Centre Méditerranéen de Littérature Orale (CMLO)
15 quai Boissier de Sauvages
30100 ALES
Tél 0466 56 67 69
Fax 0466 56 50 38
site: http://www.euroconte.org

Pour ne plus recevoir de mail, merci de nous le signaler à : isabelle.cerrito@euroconte.org
Structure financée par : 
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Les Formations du CMLO :
Formation de base à la littérature orale par Marc Aubaret : Prochaine Session – 3 ans – Nouvelle session Octobre 2017 – inscriptions ouvertes

Les Formations invitées 2017
“Le conteur et l’hypnose” animée par Catherine Contour – 7 au 9 juillet
“Contes de femmes et femme de conte” par Emmanuelle Saucourt et Marine Pitra – 20 au 22 juillet Conter en secteur protégé” par Véronique Aguilar – 29-30 sept
“Contes, Rituels et Initiations” animée par Emmanuelle Saucourt – 12 au 14 octobre 

jeudi 18 mai 2017

#PierreMartial, journaliste et chroniqueur et bloggeur. Rejoignons-le

#lire #bibliothèque lire lisons lisez

Hier j'ai conté. J'ai conté "La petite Marie" et son échappée de bastide sudouestine jamais nommée.
J'ai conté ce conte-moovie extrait d'émotions personnelles
Conter me rapproche de mon père, si peu fréquenté et dans ce si peu, à chaque fois trop douloureusement.
Nous avons tous une petite Marie en tête et pour le moins, la dite mère de Jésus ou encore celle, délicate,  de Francis Cabrel
Conter cette petite Marie me rapproche de mon père, puisqu'il a quitté la bastide tout comme elle, pour se réfugier dans la région où je vivais.
Mon père aimait lire, aimait me lire.
J'ai eu la chance de partager l'intimité de la lecture et surtout celle de l'écoute, le soir auprès de lui.
J'ai eu la chance de partir en promenade en sa compagnie, bras dessus bras dessous.
J'ai eu la chance, malicieuse, de glisser ma main dans sa poche, comme si de rien n'était et d'y découvrir de minces et longs tubes,
en clair déjà des stylos ;
ou encore d'y deviner des crayons à papiers aux formes étoilées sous mes doigts,


ou encore son beau stylo à encre, noir, lisse, et tout ventru reconnaissable à sa pince soupçonnée dorée, qu'il accrochait parfois à la poche intérieure de sa veste. Qu'il m'interdisait, celle-ci. Par jeu, plus que par goût de l'autorité.
Mon père est encore aujourd'hui un homme doux. Il ne m'a jamais frappée*
Doux comme sont doux ceux qui lisent

Parfois encore, dans la poche extérieure de cette veste, une gomme. Parfois même un taille crayon. Oh pas les taille-crayon que les enfants connaissent aujourd'hui. Non un taille-crayons de professionnel. Jetons ce terme "professionnel" lancé à la tête de tous  en un temps où nombreux sont ceux qui n'ont plus le privilège de l'être. Choisissons plutôt celui d'amateur de mines bien épointées, de mines si fines que l'écriture m'en paraissait miraculeuse. Un taille-crayons avec un manche de bois et une drôle de lame arrondie et facettée-biaisée
J'ai eu la chance qu'il y en ait toujours eu un, pour moi, celui qu'il me disait de prendre, au hasard, excepté son stylo à encre,
www.todabasura.com
son doux sourire aux lèvres faisant semblant  de croire qu'il n'avait rien vu. Jouant le jeu de mes découvertes, de mes envies, de mes petits vols par lui consentis, il me caressait la tête en disant "ah ma chipie de fille !"
Mon père ne m'a jamais frappée*
Il est encore aujourd'hui un homme doux.
Celle avec laquelle il vit lui a enlevé tous ses livres.
Sa dernière phrase récente regard levé vers moi "il faudra bien que cette histoire finisse un jour" doux sourire sur ses 94 ans.
Mon père, un homme doux qui ne m'a jamais frappée.
Rendez-vous douceur obligatoire.
Eprouvante conscience soudaine.


mercredi 17 mai 2017

#Comptine comptée à la balle jolie balle...

Mémoire mémoire, paroles, chansons, comptines 
les jolies balles
montent descendent
roulent dans la nuit du sol à mes mains
et la comptine me revient
Me faut un mur, un mur s'il vous plaît... 

Je joue à la balle
Contre la muraille,
Un peu plus haut
Je casse un carreau,
Un peu plus bas
Je tue mon chat.
La balle roule
Dans un fossé,
Un homme passe,
Me la ramasse,
La met dans sa poche
Et puis s'en va.
Je monte à ma maison :
Mon père lisait,
Ma mère cousait,
Mon p'tit frère dormait,
Et moi je pleurais.
Mon père me dit :
"Pour ta pénitence,
Tu feras
Trois tours de France.
Un, deux, trois.

A la balle
jolie balle
d’une main
de l’autre
des deux
sans rire
sans bouger
d’un pied
de l’autre
partie simple
petite tapette : claquer les mains devant
grande claquette : claquer les mains derrière
petit moulinet : faire un moulinet en avant
grand moulinet : croiser les bras sur la poitrine
Par devant
Par derrière
petit rouleau,
petit pieu,
saute en l'air,
et tourbillon !!!!
un, deux, trois : ma boule
quatre, cinq, six : qui roule
sept, huit, neuf : jusqu'à
dix, onze, douze : Toulouse
ma boule qui roule jusqu'à Toulouse

Mémoire mémoire, les balles roulent dans la nuit du sol à mes mains et la comptine me revient
Me faut un mur, un mur s'il vous plaît...
ou un sol... 
ou un cours que voilà