jeudi 18 mai 2017

#PierreMartial, journaliste et chroniqueur et bloggeur. Rejoignons-le

#lire #bibliothèque lire lisons lisez

Hier j'ai conté. J'ai conté "La petite Marie" et son échappée de bastide sudouestine jamais nommée.
J'ai conté ce conte-moovie extrait d'émotions personnelles
Conter me rapproche de mon père, si peu fréquenté et dans ce si peu, à chaque fois trop douloureusement.
Nous avons tous une petite Marie en tête et pour le moins, la dite mère de Jésus ou encore celle, délicate,  de Francis Cabrel
Conter cette petite Marie me rapproche de mon père, puisqu'il a quitté la bastide tout comme elle, pour se réfugier dans la région où je vivais.
Mon père aimait lire, aimait me lire.
J'ai eu la chance de partager l'intimité de la lecture et surtout celle de l'écoute, le soir auprès de lui.
J'ai eu la chance de partir en promenade en sa compagnie, bras dessus bras dessous.
J'ai eu la chance, malicieuse, de glisser ma main dans sa poche, comme si de rien n'était et d'y découvrir de minces et longs tubes,
en clair déjà des stylos ;
ou encore d'y deviner des crayons à papiers aux formes étoilées sous mes doigts,


ou encore son beau stylo à encre, noir, lisse, et tout ventru reconnaissable à sa pince soupçonnée dorée, qu'il accrochait parfois à la poche intérieure de sa veste. Qu'il m'interdisait, celle-ci. Par jeu, plus que par goût de l'autorité.
Mon père est encore aujourd'hui un homme doux. Il ne m'a jamais frappée*
Doux comme sont doux ceux qui lisent

Parfois encore, dans la poche extérieure de cette veste, une gomme. Parfois même un taille crayon. Oh pas les taille-crayon que les enfants connaissent aujourd'hui. Non un taille-crayons de professionnel. Jetons ce terme "professionnel" lancé à la tête de tous  en un temps où nombreux sont ceux qui n'ont plus le privilège de l'être. Choisissons plutôt celui d'amateur de mines bien épointées, de mines si fines que l'écriture m'en paraissait miraculeuse. Un taille-crayons avec un manche de bois et une drôle de lame arrondie et facettée-biaisée
J'ai eu la chance qu'il y en ait toujours eu un, pour moi, celui qu'il me disait de prendre, au hasard, excepté son stylo à encre,
www.todabasura.com
son doux sourire aux lèvres faisant semblant  de croire qu'il n'avait rien vu. Jouant le jeu de mes découvertes, de mes envies, de mes petits vols par lui consentis, il me caressait la tête en disant "ah ma chipie de fille !"
Mon père ne m'a jamais frappée*
Il est encore aujourd'hui un homme doux.
Celle avec laquelle il vit lui a enlevé tous ses livres.
Sa dernière phrase récente regard levé vers moi "il faudra bien que cette histoire finisse un jour" doux sourire sur ses 94 ans.
Mon père, un homme doux qui ne m'a jamais frappée.
Rendez-vous douceur obligatoire.
Eprouvante conscience soudaine.


mercredi 17 mai 2017

#Comptine comptée à la balle jolie balle...

Mémoire mémoire, paroles, chansons, comptines 
les jolies balles
montent descendent
roulent dans la nuit du sol à mes mains
et la comptine me revient
Me faut un mur, un mur s'il vous plaît... 

Je joue à la balle
Contre la muraille,
Un peu plus haut
Je casse un carreau,
Un peu plus bas
Je tue mon chat.
La balle roule
Dans un fossé,
Un homme passe,
Me la ramasse,
La met dans sa poche
Et puis s'en va.
Je monte à ma maison :
Mon père lisait,
Ma mère cousait,
Mon p'tit frère dormait,
Et moi je pleurais.
Mon père me dit :
"Pour ta pénitence,
Tu feras
Trois tours de France.
Un, deux, trois.

A la balle
jolie balle
d’une main
de l’autre
des deux
sans rire
sans bouger
d’un pied
de l’autre
partie simple
petite tapette : claquer les mains devant
grande claquette : claquer les mains derrière
petit moulinet : faire un moulinet en avant
grand moulinet : croiser les bras sur la poitrine
Par devant
Par derrière
petit rouleau,
petit pieu,
saute en l'air,
et tourbillon !!!!
un, deux, trois : ma boule
quatre, cinq, six : qui roule
sept, huit, neuf : jusqu'à
dix, onze, douze : Toulouse
ma boule qui roule jusqu'à Toulouse

Mémoire mémoire, les balles roulent dans la nuit du sol à mes mains et la comptine me revient
Me faut un mur, un mur s'il vous plaît...
ou un sol... 
ou un cours que voilà

samedi 22 avril 2017

Conte persan, du Portefaix devenu Devin

CONTE PERSAN

Conte du Portefaix devenu Devin


C’était il y a longtemps, bien des siècles avant notre siècle.
1ère partie 

Bain au hamam de la femme du Portefaix : l’humiliation

Un jour où il fait chaud, très chaud et où Amina, la très belle femme d’un portefaix, entre dans un hammam.
Elle ôte ses vêtements dans le vestiaire et pour les ranger, les emmaillote dans son beau et grand châle de cashmere.

Alors de sa main droite, elle soulève une lourde tenture. Trois pas lui suffisent pour se couler dans l’eau du bain, parfumée, quel bonheur,  à l’essence de rose. 

Allongée sur le dos notre baigneuse goûte à son bonheur lorsque soudain une vague la submerge. Elle se redresse avec maladresse ; elle se demande  la cause de cette submersion inattendue. Elle suffoque en remarquant un grand nombre de femmes rassemblées autour d’une autre femme d’une laideur et d’une grosseur étonnantes. Sûrement que cette femme est une femme pour le moins, de qualité. Notre baigneuse quitte le bassin à regret. 

Mais dans le vestiaire,  elle regrette ses vêtements. Où sont-ils passés ? « il n’est pas là, il n’est pas ici, où pourrait-il être ? » Elle relève la lourde tenture et pousse un cri ! Son ballot de cashmeere… prend son dernier bain, et peu à peu s’enfonce sous l’eau du bain à la rose ! »

« C’est la femme du Devin du Shah qui l’y a jeté » A cette voix notre baigneuse se retourne : et découvre derrière elle une jeune servante qui poursuit sa phrase : 
« Ne cherchez pas madame, la femme du devin du Shah a jeté votre ballot dans l’eau parce qu’elle est jalouse de votre trop belle beauté !!!! » 


L’humiliée

La belle beauté rattrape son ballot, l’ouvre, enfile ses vêtements et quitte l’établissement. Quelques rues plus loin elle entre dans sa demeure… dé gou li nan te ! Elle enrage !!!  et enrage ! « Ce n’est pas parce que je ne suis pas une femme noble qu’on peut faire n’importe quoi avec mes vêtements, ce n’est pas parce que … ce n’est pas parce…E de « un ce n’est pas » à un autre « un ce n’est pas », à son retour, son mari retrouve l’épouse débitant des mots intraduisibles et hurlant de plus en plus fort. Au moment où il veut comprendre, il n’a pas le temps de dire« Mais que… » que la colère de la jeune femme reprend de plus belle

« Il n’y a pas de mais… monsieur mon mari. Plus jamais je ne me ferai insultée, plus jamais je ne serai pauvre, je suis bien trop belle ! 



Dès demain tu vends tes planches et tes cordes de portefaix et tu deviendras DEVIN !!!!!!!!!!!!

Une vocation imposée

« »DEVIN !!!!! reprend-il mais tu n’y penses pas !!! »

« Si, j’y pense, demain tu seras DEVIN ! un point c'est tout ! Sinon ….» Il lève la tête : « Sinon je te quitte » Point, c’est dit !

La nuit était belle toute grand bleu Waterman, belle et grillons chantants. Le candidat à l’art divinatoire prend sa femme par la main et  la mène dans leur chambre,  là où il est certain de l’emmener au 7ème ciel. Mais nuage après nuage, quoi qu’il fasse il comprend que la belle Amina ne changera pas d’avis.







2ème partie 


ET LE LENDEMAIN 

le portefaix époux de la belle Amina se rend au souk. Son pas est lourd et ses épaules alourdies. Qui voudra acheter sa planche et ses cordes, le matériel du parfait portefaix ? A-t-il parlé à voix haute ? « Moi » dit une voix. Combien ? 
L’affaire est faite.
Quelques instants plus tard, l’ex portefaix devenant devin achète au souk  à son tour
  • un plateau en bois d’olivier
  • deux dès et
  • une chaîne sur laquelle sont accrochées des pendeloques : lunes, croix, compas, lion, oeil égyptien, étoiles à 5 pointes et d’autres encore…. et dans la foulée du retour, quelques quartiers d’Ispahan plus loin, il loue
  • une échoppe.


Il est tout étourdi. Il a une échoppe. Il a l’ambiance du parfait devin : coussins de soie sur divan, babouches sur tapis, plateau d’olivier sur table basse, chandeliers allumés, senteurs et fumerolles d’encens à la rose, Fastoche fastoche, ma belle épouse avait raison, devenir Devin c’est fastoche ! Il n’a plus qu’à apprendre.

Mais il n’a pas le temps de chercher un maître, que déjà, à contrejour, sur le seuil de son échoppe apparaissent trois caravaniers enturbannés et à la parole vive

« Regardez ce que la chance nous offre les amis, un devin vrai de vrai, nous ne pouvions mieux tomber, -notre devin se pince le bras: rêve-t-il ?- « Devin nous avons perdu notre mule. La mule encore, c’est presque rien, mais les deux sacs plein à ras bord d’argent destinés au trésor du Shah, c’est plus que rien, c’est Tout.  Si nous ne les portons pas au Shah, nous mourrons : un sabre et pschent nos têtes rouleront comme elles roulent sur la place Djamah el Fnaââh » Et celui qui parle s’accroche au bras droit du nouveau devin « Nous avons besoin de ton aide, retrouve notre mule Devin, Aide-nous, aide-nous ! »

Le plateau d’olivier, les deux dès, la chaîne…. l’ex portefaix devenu devin voit le plateau d’olivier, les deux dès, la chaîne, son matériel professionnel, mais il ne croit pas à sa capacité de les utiliser : comment faire ?

Aide-nous Devin aide-nous !


ida-victoire.fr


Sursaut de vie

Le Devin-Portefaix n’a aucune idée du lieu où se trouve la mule. Il sait qu’il ne peut aider personne. Il sait seulement que l’heure de sa mort approche.  Il sent le sabre approcher de sa nuque. Il est prêt à défaillir quand dans un sursaut de vie, et à son grand étonnement, il s’entend répondre une chose ahurissante :

D’accord je vais vous aider
« Achetez 1 kg de pois chiches et 1 kg de raisin sec et mangez-les l’un après l’autre 
un pois chiche
un raisin sec
un pois chiche
un raisin sec
un pois chiche
un raisin sec
Vous avancerez peut-être jusqu’au dernier pois chiche ou même avant le dernier raisin sec mais de cette façon vous retrouverez  votre mule ! »
Le nouveau devin tremble de peur mais il n’en montre rien.

« Combien devin, combien veux-tu ? »

« Que ça ? Tu en auras le centuple » et sur ses paroles les caravaniers s’en vont au marché faire leurs emplettes.

« Rien n’est moins sûr, rien n’est moins sûr » pense le nouveau devin.Et se tordant déjà les mains d’une future douleur, il répète « Rien n’est moins sûr »

PERSONNE N’EST JAMAIS SÛR DE RIEN

Notre nouveau devin pas plus que quiconque voilà pourquoi il ouvre de grands yeux et ses grandes oreilles en voyant revenir les caravaniers précédés de leur mule et des deux sacs plein d’argent à ras-bords destinés au Trésor du Schah et en entendant tomber des pièces d’or dans ses mains

« Voilà pour toi Devin, tu es impressionnant, nous avons retrouvé notre mule bien avant d’avoir tout mangé ! Tu es un vrai devin ! Merci »

Merci beaucoup mais racontez-moi ! Ahmed, c’est son nom est curieux d’apprendre

C’est Yeunice, le plus joyeux des caravaniers qui raconte. Au fur et à mesure de ses paroles, le devin ouvre grand les oreilles , écarquille les yeux et quand les heureux caravaniers s’éloignent il ferme aussitôt sa boutique et court conter l’événement à son épouse. Qui lui répond avec sourire

« Tu vois, j’avais raison, je ne me suis pas trompée,  tu n’avais plus rien à faire à rester portefaix, tu t’y éreintais, tu vieillissais avant l’heure alors qu’aujourd’hui seulement assis tailleur sur un coussin soyeux tu as gagné et comment ta journée » Et elle conclue « Je te le dis et je te le redis tu dois être devin et devin tu seras sinon…

C’est lui qui termine sa phrase : « Sinon tu partiras… je le sais tu partiras Amina , lui dit-il,  pourtant, laisse moi te le dire, écoute bien, ces 5 écus, que tu soupèses encore dans ta main ne sont que le fruit du hasard et le hasard ne se présente pas deux fois de suite…il faut que je reste portefaix, il faut que je retourne au bazar d’Ispahan, ma présence y est écrite dans le ciel depuis longtemps, 
mon père travaillait au bazar d’Ispahan, 
le père de mon père travaillait au bazar d’isfahan
le père du père du père du grand-père de mon père travaillait au … et de toute façon…. inutile de remonter aussi loin, je sais que demain je ne devinerai plus rien, je sais que dès demain nous mourrons de faim !

Alors Amina interrompt brutalement son mari
« Tais-toi Ahmed tais-toi, tu n’es qu’un poltron, 
je veux que tu sois devin et tu seras devin 
et même davantage 
demain, je te le dis, tu seras… GDDS Grand Devin Du Shah » 

La nuit était belle toute grand bleu Waterman, belle et grillons chantants. Le candidat à l’art divinatoire prend sa femme par la main et  la mène dans leur chambre,  là où il est certain de l’emmener au 7ème ciel où tout s’oublie.   Mais nuage après nuage, et quoi qu’il fasse, il sait que la belle ne changera pas d’avis.


3 ème partie 


Le lendemain Hamed se rend à l’échoppe.
A son grand étonnement du monde attend devant sa porte. Et quel monde : le maire, l’adjoint au maire, le chef de la police. le chef de la police ! C’est pour l’arrêter, pour exercice illégal de l’art divinatoire ou pour usurpation de compétences… Aussitôt son coeur s’affole, ses jambes flageolent : si ces trois-là sont là c’est pour l’arrêter !!! Mais alors pourquoi se retournent-ils vers lui et lui sourient-ils ? C’est à n’y rien comprendre.

Ils s’écartent pour le laisser passer, le saluent mains sur poitrine et turbans baissés, il ouvre la porte, il entre, ils le suivent, ils s’installent sur les coussins sur le tapis et le maire se met à parler

Devin, nous sommes venus pour t’annoncer que l’or du Trésor du Shah a été dérobé depuis 40 jours déjà, tout le monde le cherche y compris le Grand Devin du Shah qui ne le retrouve pas. or toi, nous le savons tu as retrouvé la mule des caravaniers, alors…
https://.fr.dreamstime.com/photo 


Alors niet, rien de rien, mais pourquoi les caravaniers ont-ils parlé, plié en deux de peur, le maire, son adjoint et le chef de la police pensent qu’il les honore de son salut pendant qu’il ne sent qu’une seule chose : les lanières de cuir lui lacérer la chemise et son dos sous la pénitence.

Cette fois il ne pourra rien et il pense à Amina 
« Dans quel pétrin m’as-tu fourré ma femme, qu’Allah te pardonne et surtout qu’Il me protège !!!!!!! »

Un bruit de métal résonne à son oreille, une bourse de cuir apparaît sous ses yeux. C’est celle que le maire lui tend en précisant « ces cinq cent écus d’or ne sont qu’une avance Devin ! »

Ahuri Ahmed s’entend répondre « Partez et revenez demain à la même heure ! »

Et il jubile en les regardant s’éloigner. Il n’a jamais pris de bon temps ; il prendra le dernier qui lui restera, avant d’assumer les sueurs froides du lendemain. Il allume des encens ; il s’allonge ; il sourit ; il rêve éveillé ; il goûte la détente.


4ème partie … Comment Ahmed se tirera-t-il de ce mauvais pas ?
(A suivre et si vous le voulez bien dites-le moi :-)


samedi 1 avril 2017

Conte original et ariégeois pour Elle, née à Toulouse.


Les “Prestous” ou LES “Vacairols” 


Bonjour, extrait de RECITS & CONTES POPULAIRES DES PYRENEES  - réunis par Jean-Pierre Piniès dans le pays de FOIX NRF (Racontes et contes del pais de Fois - GAILLARD - 1978

Il était une fois, l’Emile. 
Outre d’élever des araignées, il tenait en métayage une ferme perchée sur une colline des Petites Pyrénées, au pays d’Ariège*. Il avait dans son étable une jolie paire de vaches, deux magnifiques génisses et un beau taureau à l’oeil vif. La grange avait été tassée de bon foin qui avait bien mûri au soleil et dont la coupe et le séchage avaient été réussis. Mais les bêtes avaient bon appétit et, depuis le mois de décembre qu’elles mangeaient au râtelier, elles avaient vidé presque entièrement la grange.

On était arrivé aux derniers jours de mars. Le froid avait disparu et il ne restait plus, de ci, de là, que quelques plaques de neige. Les jachères commençaient à reverdir au soleil qui se faisait chaque jour un peu plus chaud. Le brave métayer  pensa qu’il allait pouvoir bientôt faire paître ses bêtes dans l‘herbe qui poignait partout. Aussi, le 28 mars il leur remplit le râtelier avec les dernières brassées de foin. Cela fait il eut l’orgueil et la témérité de sortir sur le seuil de son étable et de narguer le temps en ces termes : 
“Al despièt de març e de marselhetas, Ei escapat mas vacas e mas bedèlhetas” soit “En dépit de mars et de “marseillettes” j’ai sauvé mes vaches et mes génisses”
Mais qu’a...vai...t-il.... dit.... là......, le malheureux !
- Ah ah, fit le mois de mars, cet homme plein d’orgueil croit avoir sauvé son bétail ? Nous allons voir si ce sera vrai !
Et ce faisant, Mars se tourne vers Avril, son petit frère et il lui dit :
- “Abril Gentil, Présta m’en un, pressa-m’en dos, E dos, qu’en teni faràn quatre ; le bestià d’en pages faèm pérnabatre !”
“Abril Gentil Prête m’en un (jour), prête m’en deux et deux que je tiens (encore) cela fera quatre ; Nous ferons trembler de froid le bétail du paysan”
En frère obligeant, le mois d’avril consentit à cette demande et accorda ses deux premiers jours à mars. Et aussitôt celui-ci se déchaîna dans toute sa fureur. Dans la nuit du 29 au 30, le vent d’ouest se mit à souffler en charriant de lourds nuages noirs qui ouvrirent leurs écluses sur la terre. 
Le lendemain matin, à cette pluie froide succéda la neige qui recouvrit bientôt tout le pays. Et la tempête dura quatre jours. Au 3 avril, champs, prairies, jachères, pâturages, tout était enseveli sous une épaisse couche blanche. 

 
Photo du gîte du HOO

Le paysan ne put faire sortir ses bêtes et le râtelier était vide depuis plusieurs jours ; l’homme s’arrachait les cheveux de désespoir.
A la fin de la semaine suivante les deux vaches et les deux génisses moururent d’épuisement. Seul le taureau vivait encore, mais il tenait difficilement sur ses pattes. Alors le métayer pis les deux poignées de paille qu’il avait dans ses sabots et il les donna au taureau. Celui-ci put vivre ainsi quelques jours de plus. Puis la neige fondit et la bête put être sauvée.
C’est depuis ce temps-là que les deux derniers jours de mars et les deux premiers jours d’avril, les “Prestous*” et les “Vacairols**”, comme on les appelle, montrent leur mauvaise humeur, et que la pluie, et même la neige font se blottir bêtes et gens après les belles journées de la première quinzaine de mars.

Po Lania- @Laniaconteuse

* Les Prestous : vient de pressera = prêter
** Vacairols : vient de vaca = vache

jeudi 30 mars 2017

"Je suis Vieille, la vieille" Vous avez-dit plus vite... plus vite ?

Je suis Vieille, la vieille.
LA VIEILLE
Chut, ne me demandez pas mon nom
Je suis La Vieille
La Vieille vieille
Je suis la vieille Vieille
et je veille
sur les corneilles
les treilles, les groseilles,
la verte oseille et les perce-oreilles
Je suis la vieille Vieille
et je veille les corneilles, les treilles
les groseilles
l’oseille, les perce-oreilles
les teilles*
Je suis la vieille Vieille
La photo appartient à la mairie de...

et je veille
les corneilles, les treilles
les groseilles, l’oseille, les perce-oreilles, les teilles
la salse-pareille
Je suis la vieille Vieille
je veille
les corneilles, les treilles, les groseilles, l’oseille
les perce-oreilles, les teilles , la salse pareille
l’orseille *
je veille
Dormeuse de poids
dans mon berceau de verre je vous surveille
je vous veille
Et quand j’égreille **
je vous réveille et vous émerveille.
Vous souriez. Il est temps.
Je suis la Vieille
La vieille Vieille qui, gens de Chateaugiron,
sur vous, veille.
Moi Henriette *, dormeuse de poids.
@Lania-conteuse

* (écorce du chanvre)
** *(pure invention pour remplacer égraine)

jeudi 23 mars 2017

Jean Tardieu de chats en chats

Tardieu en chat-pitres


Les aventures d’une famille de chats


Le chat brun, dans le salon
A beau tourner en rond,
Ça ne fait qu’un seul chat brun, 

Une fois un, un.


Le chat fait la grimace,
Car il est furieux
De voir un autre chat dans la glace ! 

Une fois deux, deux.

Chat et chatte, heureux comme des rois, 

Regardent leur petit qui boit,
Une fois trois, trois.


Les chats font semblant de se battre 
Une fois quatre, quatre.



Puis, grimpés sur le toit de zinc, 
Une fois cinq, cinq.

Ils pourchassent les souris, 
Une fois six, six.

Et sautent après les alouettes,
 Une fois sept, sept.

Sur le toit, ils passent la nuit, 
Une fois huit, huit.

Alors que leur bon lit d’étoffes, 
Une fois neuf, neuf.

En bas, les attend chez Clarisse, 
Une fois dix, dix.

Jean TARDIEU dédicacé à Joëlle Ginoux-Duvivier  qui côté chats, chattes et chatons s'y connaît. Une fois fait, parfait.

samedi 18 mars 2017

Vidéo Lania conte... Café Associatif "Gast à Chaud" à écouter et à lire .... Merci Maurepas Web Ty Vis


Dans le devenu fameux et historique café associatif,
dit "Le Gast à Chaud"
au sein du quartier Maurepas-Le Gast
dit "Sensible",
"j'ai" dit un texte pour évoquer l'actuelle  transformation de ce quartier rennais, sa pleine évolution et l'apparition de ses deux futures stations de métro. En m'appuyant sur un conte d'origine japonaise.

J'ajoute, en ce qui concerne le café associatif,  

  • que sa fréquentation s'étoffe, 
  • que personne n'y rechigne à prendre une adhésion à hauteur de 1 € et que celles-ci se multiplient, 
  • que nombreux sont celles et ceux qui poussent la porte en disant "aujourd'hui j'ose, il y a longtemps que ça me démange"
  • que chacun-chacune repart sourire aux lèvres parce que, comme au Ritz -ne pas craindre la dérision, plutôt la développer- nous tenons la porte qu'il y ait ou pas, une canne, des paquets, un fauteuil roulant ou un landau : vive Nina et Marcel nos deux "avenirs" et ma délicieuse Simone, mon rendez-vous du mardi matin avec une fidèle mémoire du quartier.... 

La générosité intergénérationnelle finit par faire un tabac. Il faut dire que les bénévoles -Brigitte, Catherine, Cécile, Hervé, Mireille, Monique et j'en oublie sûrement qu'ils et elles m'excusent- ne retiennent ni leurs sourires, ni leur écoute attentive.
précisons que le Café Associatif ne propose pas d'alcool et que malgré cela la clientèle masculine elle aussi n'hésite pas  pousser la porte. Bienvenue à tous et toutes.

Photo NinaSmarty
Précision et nouvelle habitude ::: les transformations prochaines de la DDG, autrement dit la Dalle du Gast, font disparaître les commerces un à un. La disparition de la boulangerie en consterne plus d'un. Le Café Associatif @GastaChaud n'échappe pas à la chose. 
Vous pourrez donc pousser une nouvelle porte dès le lundi 3 avril 2017  : ce sera celle du Hall de la salle de spectacle @GuyRopartz

Salle Guy Ropartz - Photo Rennes Métropole 

Une nouvelle habitude,... à prendre dès aujourd'hui pour y découvrir l'actuelle exposition de @JoséphineLesmond. L'artiste c'est aussi elle sur son site, s'est promenée dans les rues de votre quartier et vous offre celui-ci à travers son regard coloré. Allez-y, c'est gratuit.

Voulez-vous écouter la vidéo ?
YaKaKliKer sur le texte qui suit, souligné :

J'en profite pour remercier la délicieuse et élégante équipe de la Maurepas Web Ty Vis