samedi 14 juillet 2018

#Abécédaire d'une variation titrée de textes de #contes. (Contes des 5 Continents - #GRUND)

Si l'
Amour inconstant par le
Bateau volant entre
Colibri et cigognes s'éloigne
De la malédiction paternelle
Entre bonheur et malheur... il doit
Fuir hors du labyrinthe sur le Tamis à
Grains quand la
Hache montre la route à la Bouche le bras et la
(I)
Jambe, chassant loin du
Kazakstan le
Lapin en or de l'Azerbaïdjan. Alors les
Métamorphoses insolites du forgeron Sogum lui feront connaître qui est le père de son
Néant. Obligation : suivre le Chemin en
Or et apprendre comment
Petite tête et petite
Queue se rencontrèrent à la
Recherche du père. Au
Sabbat des sorcières la
Traversée du lac sera impérative. Du
Royaume des morts, l'amour pèlerin de l'au-delà, sortira la
Vérité de l'araignée.
WWoublement réelle, de l'
X à l'
Y Grec





jeudi 12 juillet 2018

RangeR RetRouveR coRRigeR #çamanquepasdair #aujourd'hui #écrire #copeaux

cRayon de CouleuR

Bien épointé
du bout du crayon rouge
pré vert

bien taillé
du bout du crayon noir
coquelicot solitaire

bien affiné
du bout du crayon jaune
désir léger du tendre bleuet

bien facetté
du bout du crayon bleu
douce écume 
des blés d'or gonflés

bien découpé
du bout du crayon arc en ciel
lourdes grappes engorgées

bien dessinant
du bout du crayon blanc
gourmande troupe d'oies 

jaune bleu arc-en-ciel blanc tous emmêlés
 du bout de leurs copeaux  
un mot vient


Il s'est taillé.

De la Vendange
N'était point l'heure.

@Lania 2018 






mardi 10 juillet 2018

#CaféAssociatif #GuyRopartz : on y entre à #trottinette

Elle s'appelle.... je vais garder son incognito. Je vais l'appeler Elle. Elle n'est pas venue depuis les dernières vacances dites "de Pâques". Elle est ravie : ça se voit à son grand sourire qui illumine son doux visage.
Elle range sa trottinette, la jolie fillette.
Un jus d'orange Elle ?
J'arrive avec le jus d'orange et quelques livres, apportés pour Elle.

Elle en feuillette un et s'étonne à trouver dedans, comme une carte, une souris verte (elle chantonne), une sourire rouge, une souris bleue, une souris grise.

Veux-tu que je te lise où veux-tu lire Elle ?
Ele éclate de rire et répond qu'elle ne sait pas lire encore.
Alors je te lis, tu écoutes.
Je lis à Elle "La poule qui pond des pommes de terre" de Michel Piquemal 
On se marre bien et Elle garde en mémoire les mots 
"croupion" "couver" 
l'expression "sinon je te passe à la ??? Elle rieuse poursuit le jeu  : 
"à la casserole" 

Bien sûr Elle m'interroge "On peut jouer à cache cache ?"
Bien sûr je joue le jeu. Le rideau du mur, gris jusqu'à l'infini, c'est coton. Il cache bien. Pourtant, Elle gagne.

Je dépose 5 doudous sur une table : elle m'y rejoint, intriguée par une petite assiette en bois de tilleul sur laquelle repose en vrac quatre poulettes.
Il manque la boule motrice ou moteur. Alors on incline le poignet et les poulettes picorent picorent picorent puis ne picorent plus. C'est bien : Elle, elle parle :

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"Il était une fois une girafe à la langue bleue.




Elle était triste.
Pourquoi ?
 car elle n'avait pas d'amis.
Pourquoi ?
parce que sa langue était bleue
Et alors ?
Alors elle part,  à la recherche d'amis.
Et alors ?
Elle marche, marche et dans un champ, elle rencontre Lelapin.

Tu as l'air bien triste Girafe pourquoi ?
Parce que je n'ai pas d'amis

Pourquoi ?
Parce que ma langue est bleue et pas rouge comme toutes les langues !

et bien tu as un ami maintenant, c'est moi.

Et sans prévenir Lelapin saute aussitôt au cou de Girafe pour l'embrasser.  Mais  il saute trop vite, trop haut, trop fort  et Girafe s'étale par terre dans un nuage de poussière
Lelapin est ennuyé. Il ne sait pas quoi dire.
Girafe se redresse

"Ce n'est pas grave" lui dit-elle "Mais la prochaine fois, au lieu de me sauter au cou pour de vrai, Lelapin saute-moi au cou mais pour de faux et suis-moi maintenant mon ami !"




Et alors ?
Alors lGirafe et Lelapin, deux nouveaux amis, arrivent au bord de la mer. Le soleil étincelle, la mer chante et jette sa musique sur le sable. Et qui rencontrent-ils





Deux pinces, deux petits yeux noirs  et une carcasse rouge marron bleue et une petite voix qui salue
Bonjour je m'appelle Albert LeKrabe et je t'aime
et vlan Albert s'avance vers Girafe. Il entoure une de ses patte  d'une de ses pinces.
Et Girafe surprise crie "Aie, tu m'as pincée" 

Albert LeKrabe est tout penaud. Il ne sait pas quoi dire

"Ce n'est pas grave" lrépond Girafe, "Mais au lieu de me pincer pour de vrai, la prochaine-fois, pince-moi pour de faux !  Et suis-moi maintenant avec LeLapin. vous êtes mes amis !" 

Et alors ?



Alors Girafe, Lelapin et LeCrabe remontent le long de la plage.


Ils rencontrent Pieuvre. elle porte un maillot de bain rouge à points blancs et ses 9 tentacules longs longs longs et agités.



"Comment tu t'appelles ?" Je m'appelle Pieuvre  et je t'aime Girafe, dit Pieuvre, en lançant sur elle deux de ses tentacules pendant qu'elle n'en lance qu'une sur LeLapin et LeKrabe.

Tu serres beaucoup trop dit Girafe :-(
Tu serres trop dit Romain LeLapin :-(
Tu serres trop dit Abert Lecrabe :-(

"Je ne serre pas je vous embrasse" PieuVre  fait la tête : un oeil à l'endroit, un oeil à l'envers, elle a l'air bien triste.


Ne sos pas vexée Loeuvre, tu n'as pas fait exprès" dit Girafe "Ce n'est pas grave, j'aime que tu m'aimes" lui dit Girafe, mais au lieu de nous embrasser  pour de vrai la prochaine fois, serre-moi, serre-nous nous pour de faux ! Et Girafe éclate de rire. Et tous éclatent de rire.

Et si on se baignait les amis ? propose Pieuvre
Mais voilà, Girafe, Lapin et LeKrabe répondent chacun l'un après l'autre : "je ne sais pas nager !"

"Ce n'est pas grave" répond Pieuvre, et de dire "les amis, accrochez-vous à mes tentacules"


Sous le soleil Girafe, Lelapin et Lecrabe goûtent l'eau avec plaisir, chacun accroché à une tentacule-bouée de Pieuvre.

Bonnes vacances et bons bains les amis, dit Elle qui a imaginé l'histoire.

FIN de l'histoire, ce 10 juillet 2018

Comme en Écosse le surnaturel devient normal.

Il fait beau
dans l'eau du Bosphore Memet frappe la mer.
il frappe la mer avec un gourdin.
Au même moment, Kadir fait son footing. Bientôt il s'arrête, 
attiré par une forme humaine dans l'eau jusqu'aux cuisses. 
Avec le gourdin la forme humaine soulève des éclats de vague. 
Khadir est intrigué.
Memet, que fais-tu dans l'eau ce matin ?
Tu le vois bien, je bats la mer !
Tu bats la mer , mais pourquoi faire ?
Pour faire du lait !
On ne fait pas du lait avec la mer Memet !!!

Ah bon... et si c'était possible.
Memet se remet à battre la mer.

Oui, et si c'était possible.





vendredi 6 juillet 2018

#Rennes #Cancale, en #IlleetVilaine, une p'tite bourriche d'#huîtres s'il vous plaît

Le temps n'est pas beau beau beau à se baigner
Nous sommes le 2 juillet.
T'en penses quoi de rejoindre Cancale ou la Guimaurais est à partir à 17 h ?
"Que du bien" répond-Elle, et ce sera Cancale.

Personne sur la route. Elle veille sur mes amendes "Tu es à 117 c'est à 110"La batterie se recharge.

Elle ne connaissait pas la descente par la côte.
Bingo ! Elle découvre et s'en réjouit : les couleurs, merveilleuses, du bleu clair à l'émeraude en passant par le céladon ; le Mont, là-bas tout là-bas au loin, tu peux te garer là ? Ah non, pas de parking, nous traversons Cancale étonnamment les parkings sont vides; Mais bon, normal, nous ne sommes que le 2 et c'est un mardi... Tu pourras marcher un peu ?
"Pas'prablème !"

Alors nous nous garons sur les hauts de Cancale là où il y a la statue qui me fait toujours penser  à Rio, et les belles maisons 1935-60, leurs niches en murs pour abriter des personnages Bretons ou Bretonnes en faïences vernissées et la descente sur le parc à huîtes.

Aux marchés aux huîtres, quelques stands sont encore ouverts.
Tout au bout, un grand jeune homme nous propose "un service ?" : nous commençons par deux huîtres, pour Elle, moi je n'en consomme pas ; elles me rendent malade.

Mais comme disait ma mère "Faut pas dire : fontaine je ne boirai pas de ton eau".
Un échantillon titille un désir d'y revenir. Nous y revenons : là, assiette pleine, citron, huîtres creuses et plates fines se fréquentent. Nous dégustons.
C'est ça le bien-être... non loin, tout prêt une mouette (goéland n'aurait pas rimé mieux avec "être") lorsque soudain... tout comme dans le conte de La Rose Bleue de Chine sur celle de l'Empereur, quelqu'un pose la main sur mon épaule. José m'interpelle ainsi d'un geste affectueux "ça vous dit un petit verre de vin blanc frais ?"
Un visage ouvert, une chevelure brune, des yeux rieurs et pétillants me font face... Auriez-vous refusé ? Moi pas.  Il s'excuse "Bon c'est un verre pour deux..." je pense c'est parfait, surtout que voilà le verre remplit à bord. Mais comment pourrait-t-on refuser ? J'adore cette spontanéité  dénuée de tout interprétation négative. Ahhh la belle histoire de Saad et Saadi, ou, traduction offerte par ma délicieuse amie Nora, de la Chance et la Joie.

Et suivront près de trois quart d'heure et voire, bien plus que davantage, d'un échange entre Étrangers Padissi. Français et Françaises mâtinés matinées d'origines Russe, Espagnoles, Polonaises et Ch'ti : pas banal et très intéressant. La parole est à l'honneur et les conseils  fusent de notre par à toutes deux : faut visiter Brocéliande : expositions, randonnées dans la belle forêt, miroir aux fées, arbre d'or, tombeau et fauteuil de Merlin et conteurs. Nous parlons quotidien aussi, travail, familles, secrets... tiens dans la foulée, à propos de secret, je conte à Isabelle l'histoire du roi March' et de son cheval Morvarch. On est si bien ensemble qu'on a presque du mal à nous séparer. Alors José et Isabelle, avez-vous suivis nos conseils ? Ou bien nous direz-vous ce qui vous a inspiré dans notre Ille et Vilaine si agréable et si belle.

Merci beaucoup à tous deux pour votre générosité et pour ce beau moment. Et allez savoir les doués de Douai car On ne l'oubliera pas cher José, c'est vrai, Onénénus... Onénénus alors à notre tour, un jour, là-bas dans votre Nord et... ! vive les Ch'ti

samedi 23 juin 2018

#Vent quel vent oh la la quel #vent

Vent quel vent oh la la quel vent !

Vent, vent oh la la la Quel vent ! 


Sur un balcon il Y AVAIT UNE FOIS
Fiyette.
Elle jouait avec son poupon. 
Dans un geste maladroit, Poupon perd un bras. 
ôh Pauvre poupon ! pense Fiyette.
ôh bravo à toi ! pense LeBras qui ne veut pas rester là
Comme le vent se met à souffler Poupon Lebras interpelle Vent.
« Vent Vent qui souffle fort, emporte-moi en voyage »

D’accord, dit LeVent est obéissant. Il aime bien la voix de Poupon Lebras. Alors fiousch  Vent souffle souffle fort et Poupon Lebras s’envole.


le vent s'emmêle et hop là 
le mène mène emmêle, 
le tourne-mène, l’emporte où ? Jusqu’où ? 
Sur la plus haute tour de l’immeuble Colombia


Sur la place Columbia, il y a une fontaine. Sur le rebord de la fontaine, un jeune enfant y danse danse, les bras tendus. « Bravo l’enfant » Poupon Lebras  applaudit l’enfant, à sa façon, d’un seul bras en tapant sur sa poitrine comme il taperait sur la peau d’un tambour.







Mais déjà le vent s'en mêle, 
hop là, mène mène, 
tournemène-emporte Lebras jusqu’où ? 
Sur la plus haute pointe de la montagne Himalaya


Nez au frais, joues rosies, Poupon LeBras regarde le Gange, célèbre fleuve indien. Il descend des neiges éternelles, il saute de rocher en rocher et file, paisiblement, à travers les plaines pour se marier d’un Delta à l’Océan Indien.



Poupon Lebras désire faire comme le Gange. Il veut sauter de rocher en rocher.







Mais déjà le vent veille, Poupon Lebras pourrait tomber
Vent s’en mêle, 
hop là, mène mène, 
tournemène-emporte Lebras haut très haut, haut jusqu’où ? 
Jusqu’au dernier étage de Miss Toureiffel



"Belle demoiselle joliment tête en l'air, donne-moi un baiser" dit Lebras. 
Miss Toureiffel rit en découvrant Poupon Lebras. Puis  elle se penche et dépose un baiser de feu de fer sur la joue rosie de Poupon Lebras. 
"Merci belle demoiselle joliment TêtenLair" dit-il en regardant le tout Paris, "c'est beau par ici" 


Mais déjà le vent s'en mêle, hop là, mène mène, 
tourne-mène-emporte Poupon Lebras qui s'en va loin très loin, 
plus loin, au-dessus, au-delà, 
dans le port de New York, jusqu’où ? 
Sur le livre que tient dans sa main la Statue de la Liberté. 
« Bonjour, petit Français de Paris" dit la femme enflammée, 
"Chatouille-moi s'il te plaît il y a longtemps que je n'ai pas ri" 
Poupon Lebras Petit Breton rennais de Paris devenu, chatouille la belle grande dame verte. Les chatouilles l’enchantent. Et le petit fripon de Breton aimerait bien rire aussi quand



le vent s'en mêle, hop là, mène mène, 
tourne-mène-emporte Lebras qui s'envole vole jusqu’où ? 
Jusqu’en Amérique du sud, sur  les terrasses du Machu Pichu »

« Ho ho, comme c'est haut ici" dit Poupon Lebras « je peux toucher les nuages, j’ai le vertige » alors il descend un par un les escaliers en tournant le dos au vide et en s’appuyant parfois de son seul bras. C’est un exploit.
Pachamama, la déesse de la Terre rit pour saluer cet exploit d’un seul bras !

Les rires de Pachamama éclatent d'un roc à l'autre. Poupon Lebras rit à son tour.
Autour du Machu Pichu leurs rires se répercutent du plus profond des vallées jusqu’au plus haut des sommets. 
Comme une valse d'échos qui ne s’éteignent jamais.
















Mais déjà le vent s'en mêle, hop là, mène mène, 
tourne-mène-emporte Poupon Lebras jusqu’où ? 
Jusque sur le bord des chutes du Niagara. 

LES CHUTES DU NIAGARA 

Quelle humidité, quelle fraîcheur, quels tourbillons dans l’eau, quel ronflements dans la chute des eaux ! Elles moussent sans cesser.



Poupon Lebras enfile un imperméable et un chapeau ciré de couleur jaune -n’est pas breton qui vent, vive les Terre-Neuvas. 
Poupon Lebras descend des escaliers, encore des escaliers, toujours des escaliers, et s’arrête enfin pour observer de plus près le petit bateau qui tourne-danse-remue au plein milieu des tourbillons de mousse blanche. ça mousse tant que l’eau ruisselle sur son visage. Poupon Lebras s’essuie et applaudit d’un bras sur sa poitrine comme il ferait sur la peau d’un tambour. S’il prenait un billet pour aller dans le bateau.









Mais Vent veille. Vent s’en mêle 
« N’y pense pas petit, tu pourrais tomber dans le creux des vagues ! »
et  hop là,
  mène mène, tournemène-emporte Poupon Lebras qui vole s’envole
s'envole jusqu’où ? 

Sur un balcon où il y avait une fois Fiyette qui jouait avec son poupon




Fiyette est là. Elle somnole. 
Fiyette se réveille. Elle baille. Elle dit, la bouche grande ouverte, 
"J'ai fait un beau voyage Maman, écoute ça, tu ne vas pas me croire, j’ai vu 








Et Fiyette dit à sa mère tout ce qu’elle a vu 
La plus haute tour du Colombia
Le plus haut sommet de l'Himmalaya
la Tour Eiffel
La statue de la Liberté
Les terrasses du Machu Pichu
Les chutes du Niagara
et ton balcon maman, j’ai tout vu Maman tout vu tout vu tout ça ! » 

« Jolie menteuse » a dit la Maman de Fiyette, « si tu me dis avoir vu tout ça, pourquoi ne te croirais-je pas
Moi, je me tenais là sous le balcon, j’ai tout écouté, tout entendu, tout écrit. Voilà pourquoi aujourd’hui je vous l’ai tout dit.

Et ri ri, la petite souris a tout pris. 
Voilà le conte fini.

jeudi 3 mai 2018

Lauzerte, Hasard Bar-Bars ... bien vieux déjà tout ça, mais plus récent... l'......


article sur @YanickJaulin (emprunté sur son FB) sans son autorisation il est vrai, qu'il me pardonne (voleurs... les conteurs pour force de vérité)


article de Mathieu Lebreton (extrait d'un papier général sur Mythos 2018)
Jour 10. 15h35, lettre d’amour à une langue qui meurt
Dimanche, on s’est mis au vert en allant voir un des spectacles de la programmation accueillis dans d’autres communes que Rennes. Yannick Jaulin, qui jouait les deux jours précédents au théâtre de la Parcheminerie, présentait à Comper, en pays de Brocéliande, “ma langue maternelle va mourir et j’ai du mal à vous parler d’amour”. Un spectacle découvert l’été dernier à Parthenay, et qui a depuis su mûrir avec bonheur. Déclaration d’amour aux cultures minoritaires, à la langue régionale, à toutes ces identités constitutives écrasées par l’injonction au creuset républicain ou à la norme dominante, cet objet conté est un petit bijou de bout en bout. Drôle, touchant, éclairant, il travaille au plus près ce qu’est le rapport éminemment affectif à la langue maternelle, celle qui construit, et à cet égard l’inclusion de moments musicaux admirablement servis par Alain Laribet est plus que pertinente. Un vrai plaisir à vivre, et des prises de conscience qui infusent ensuite durablement.


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.... En plein questionnement Champs Libres sur l'étrange notion de l'étranger, lettres en G, l'être (d')anger, l'être rangé, je me suis retrouvée il y a longtemps, avenue Janvier, dans un bar. J'ai attrapé au hasard un livret publicitaire culturel et d'un pouce curieux j'y ai glissé un oeil. M'ont sauté aux yeux les mots "Haute-Garonne et Tarn et Garonne " Je me suis arrêtée et j'ai feuilleté. 




Le bar toulousain de mon fils ne faisait pas partie du festival Bar-Bars, mais le bar de la place de mon village fétiche, Lauzerte, oui. Alors "Boudu con ! c'est où Bar*Bars ?" :

c'est surtout à "Le Puits du Jour" Place des Cornières -non loin de l'emplacement de ma boulangerie préférée au petit pain double chaud et sucrée de la même place- dont je rappelle le souvenir grâce à La Petite Marie en Ille et Vilaine ou ailleurs. Alors, trois générations plus tard, tous dans le Tarn&Garonne. Garonne les 28, 29 et 30 novembre, ou ailleurs et auprès de tous les autres (voir carte et site : Morbihan, Mayenne, Maine et Loire, Loire Atlantique)


Et pour parler d'un conteur quercinois : il me donna ce conseil "Tu devrais conter ta région avec ton accent, le développer, le peaufiner, l'accen-tuer !" 
Pire que tout : qu'entendais-je,  que me disait-il : que je "devrais être" ce que moi-même je n'identifiais pas chez moi. 
Y arriverais-je ? Pas si sûr. Mince alors. 

Qu'est-ce qui avait été dit  à la conférence, ah oui, qu'en matière d'étrangeté, l'étranger c'est celui qui n'est pas comme soi. 
Je connais beaucoup d'étrangers, ils vivent là où j'habite aujourd'hui et je les considère comme d'ici : je fais une belle erreur alors ?  

Il est évident que je m'amuse en écrivant cela. 
Il est évident que je n'ai jamais voulu être identifiée par cet accent, pas plus que par ma taille, ou mon côté, "diva". 

Tout ça étaient des désignations dont je n'avais pas conscience.
J'ai souvent déménagé et vécu ailleurs : Ariège, Corse, Beauce, Vénézuéla.  Il n'y a qu'en Bretagne, que dis-je, qu'à Rennes, que mon appartenance à un territoire régional (et tout de même français) éloigné a été relevée.  
Quand on sait que j'ai été élevée, que j'ai entendu toute mon enfance -sans le savoir, oui, c'est à dire sans en avoir conscience- une mère me parler français avec son accent russe,  on peut penser que l'international, passé l'Oural, m'ait touchée aussi. 
Des "o" et des "a" seraient slaves, dans ma façon de parler, a diagnostiqué, une metteuse en scène d'un "Vous avez un accent" à la certitude sans appel.
J'ai éclaté de rire et et je l'ai rassurée en répondant  
"En effet, oui, j'ai l'accent toulousain !" 
Elle m'a déstabilisée par un efficace et professionnel
"Pas du tout ! Vos "o" et vos "a" sont slaves !"
De quoi me bouleverser.   Puis de trouver cela normal : retour à la mère, rien d'étrange finalement. Pas même une aptitude : je suis incapable de simuler un accent russe, mais au milieu d'un millier de personnes je reconnais entre mille la voix qui parle russe.

Cette histoire ramène soudain, à ma mémoire et en matière d'accent, l'inquiétude d'une professeure des écoles à propos de ma fille : "Il faudrait  qu'elle ait des séances avec une orthophoniste !" E moi de m'étonner
"Pourquoi donc, elle parle bien !"
"Oui, mais elle met des "e" partout à la fin des mots !"
"Des "e" partout ?" 
Comme je suis sûre que ma fille est un petit génie, je m'étonne. Comme  je ne voyais pas où la professeure voulait en venir, j'étais un peu léthargique. La professionnelle me réveille  d'un exemple:
"Votre fille  écrit fleur"e" quand moi je ne dis que "fleur" !"
Je me réveille. Je comprends tout et je ne peux m'empêcher d'éclater de rire : 
"en effet, ma fille met des "euh" partout mais vous savez pourquoi ?" 
Elle me répond "non !"
J'exagère un brin : 
"Vous ne comprenAIS PAS ?" J'exagère un peu. 
Cette fois elle comprend et je confirme sa découverte 
"Bien entendu elle écrit mon accent ! Votre histoire, son écriture, fleurent bon mon accent !" 
La professeure des écoles n'avait pas pris conscience de mon accent. 
Finalement, tout ça, n'est qu'une question d'oreille, qu'une illusion. Bonne ou pas.  Quel est l'intérêt de s'arrêter à un accent sinon de faire comprendre à l'autre qu'il n'est pas comme vous ! Il est différent et tant mieux.
Quand on sait, on comprend mieux. Il suffit de savoir. Donc... de demander. 


A cette désignation j'ai manqué m'accen-tuer. Je suis en passe de l'accepter. Et de l'assumer, comme une légitimité à laquelle les Zautres s'attendraient. 

Alors, contes du Sud-Ouest bonjour et bienvenue : vous serez entremêlés de contes de l'Ouest et de l'Est et du Sud ou de brocéliande. Humaine locataire du monde.  
Puisque nous sommes tous des étrangers tant que nous ne nous arrêtons pas les uns sur les autres. 
De tout temps ma mère s'arrêtait sur les autres.
De tout temps elle s'oubliait pour parler d'eux. Ou d'elles. Sans rien dire d'elle-même. Rien du tout, l'étrangère qui avait tant fait pour devenir française. Partie sans rien dire, sauf cette terrifiante petite phrase qui résonne dans mon coeur tant l'actualité m'y ramène.
"Je n'ai pas demandé à venir ici !" 

Laissons les célèbres pigeons lauzertins méditer sur le sujet; Eécoutons-les roucouler, c'est de saison. 


dimanche 29 avril 2018

Scène ouverte du dernier mercredi de chaque mois à @Rennes : surprise. Changement de lieu.

Ce fut un peu inattendu.
L'@ArtisteAssoiffé, opérant des transformations dans son local, tenait porte fermée.

Heureusement le propre de tout conteur ou conteuse étant de ne jamais le laisser surprendre, l'improvisation fut immédiate et prise en charge par Kevin KKK le Ki Gniark Konteur*. Il frappe  à la porte du @BistrodelaCité à deux pas de l'Artiste.
Ce bar est d'habitude destiné aux concerts.
Le personnel a très aimablement accepté, au pied levé, que déboulent dans leur petite cour, pas si petite finalement, les conteurs et une nouvelle clientèle.
Nous -l'association rennaise @lestisseursdecontes-lafilois- les remercions chaleureusement.

Quand je suis arrivée, Ki GniarK Konteur ouvrait la séance.


J'ai pris immédiatement compte du succès de l'improvisation : une trentaine de paires d'oreilles est présente et les verres sont sur les tables.   L'entrée est libre.
Je n'ai pu m'empêcher de penser que l'improvisation était de bon augures.

Les pigeons nous ont accompagnés et c'était parfait car ils ont pu croiser leurs pairs :
Un perroquet effrayé -conté par Antoine-



Un oiseleur chargé de retrouver pour le roi Dailleurs un chant d'oiseau merveilleux  -conté par moi- Le troisième fils du vieil homme qui mécontente son père parce qu'il ne lui offre pour plus beau des cadeaux que des instruments de musique -celui-ci conté par Anne-Marie-


Le son, le chant était le thème du moment sans que les conteurs ne se soient mis d'accord.
Ainsi va la magie du conte.
Et après ?
Certains et certaines sont resté restées et les conversations et échanges ont traîné et se sont entraînées  pour le plaisir d'une autre parole. Celle de l'amitié.
Le tout en entrée libre et plaisirs du silence et de l'écoute.
Prochain RENDEZ-VOUS à noter sur les agendas : mercredi 30 mai, lendemain de la saint-Aymar et par conséquent jour de la Saint-Ferdinand.

* Merci Kevin d'accepter que l'ex-toulousaine que j'étais te "So'Briquette" ainsi (référence à la conteuse et contée brique toulousaine. Je te vois rose d'émotion et je t'en remercie)