mercredi 30 août 2017

Lara la belle - Conte brésilien

Ainsi que le dit le conteur
S'il fait chaud, mets un chapeau
s'il fait froid, protège tes doigts
si tu dois écrire un conte
prends-toi à mentir, prends-toi à mentir

c'est une vieille vieille histoire
Peut-être même qu'elle n'a jamais été jeune
d'où la tiens-je, qu'importe, je la tiens et m'en vais vous la donner telle qu'on me l'a dite

On dit d'elle qu'elle s'appelle Layara  Elle est indienne, long cheveux noirs brillants et peau couleur cannelle, dès l'enfance, on dit d'elle c'est Layara la belle. 

Dès l'enfance, Layara qu'on appelle la belle, dort entre sol et toit de feuilles de bananiers, dans un hamac de fils crochetés dont la légèreté éloigne d'elle tous les animaux et les insectes et la rapproche des étoiles. Layara belle rêve.

Elle grandit, rieuse, capable, courageuse, batailleuse, rapidement meilleure sous les yeux de son père que ses trois frères.
"Bravo belle Layara, je te félicite" dit le père
"Bravo, Magnifique Layara, qui pourrait faire mieux que toi ! Pas même tes frères" 
"Bravo Layara  disent ceux de la tribu et ils ajoutent "Layara est la plus merveilleuse des filles"
Et le père, regarde ses fils, avec désespoir. 

Mais les frères de Lara n'acceptent pas d'être humiliés. Et de jour en jour ils jalousent cette soeur  que leur père leur préfère. 
Layara par ci, Layara par là... Layara par ci, Layara par là... 
Layara par ci, Layara par là... Layara par ci, Layara par là... 
Layara comprend la déception de ses trois frères. Layara attristée redouble de gentillesse auprès de chacun d'eux.
Chaque fois que son père dénigre ses trois frères Layara vante les mérites de chacun d'eux auprès de lui.  Comme le père se moque d'eux, Layara rend à ses frères toutes sortes de services : elle leur confectionne des parures de plumes pour aller à la chasse, toutes différentes mais très colorées. Elle tisse leurs carquois ; elle prépare leurs flèches. Mais en faisant cela, elle ne fait qu'exacerber leur ressentiment envers elle.

Une nuit sans lune, une nuit profondément noire alors que tous ceux de la tribu dorment profondément dans leurs hamacs et sous les différents toits de feuilles, des chuchotis, des murmures réveillent Layara.  Layara a l'ouïe très fine. Elle n'a pas besoin de tendre l'oreille pour reconnaître la voix ! C'est celle de son frère aîné !

Il dit que ça ne peut plus durer et qu'ils doivent se débarrasser de Layara!
Ses frères veulent se débarrasser d'ell !. Layara sursaute mais elle n'est pas au bout de ses surprises parce qu'une seconde voix se fait entendre. Elle la reconnaît aussitôt, cette fois, c'est celle de son frère cadet ! 

 "tu as raison, tuons-là !"
La tuer, deux de ses frères veulent la tuer ! Layara manque trébucher. Elle reprend son équilibre. Ses sourcils se sont rejoints et soulignent son front d'une ligne horizontale. Mais ce n'est pas fini. Cette fois la voix de son frère benjamin conclue "Exécutons-la dès maintenant, c'est le bon moment par cette nuit sans lune !"

Cette fois c'est une fois de trop. Layara pense rapidement "Ils vont voir mes trois frères" et plus rapide que le jaguar peut l'être elle prend d'un bond ses frères par surprise et plus habile dans son geste que le singe le plus adroit, un, deux, trois, elle leur tranche la gorge ! 

La chose faite, troublée, tremblante, Layara pense à leur père sorcier, le plus fort de tous les sorciers du territoire. Quelle sera sa réaction ? Que dira-t-il, que fera-t-il ? Layara n'ose imaginer. Layara prend la fuite. Mais dans la nuit profonde elle heurte une deux trois marmites. Tant pis pense-t-elle, qu'elles restent au sol, je n'ai pas le temps de les relever 
et Layara fuit
Fuit fuit Layara Layara fuit

Le heurt des marmites entre elle a réveillé le père de Layera; Il saute de son hamac et trébuche aussitôt sur les trois corps emmêlés de son fils. Il sent sur son propre coeur un liquide chaud et gluant. Le liquide sent le sang, le sang de ses trois fils. Le sorcier père pousse un hurlement
LaYaRa a tué ses trois frères
Le père-sorcie se trouble, il répète LaYaRa a tué ses trois frères
LaYaRa a tué ses trois frères LaYaRa a tué ses trois frères
je vais la suivre, je vais la rattraper mais aussitôt il pense

Mais par où sera-t-elle parti ? Par où a-t-elle fui ?

La nuit est si noire qu'il pense avec raison que seul il n'arrivera à rien
Cette fois comme un fou, le père- sorcier passe d'une hutte à l'autre et réveille celui-ci, celui-là, cet autre encore et encore cet autre
Peu à peu tous les hommes de la tribu se réveillent et écoutent leur sorcier-père leur apprendre la nouvelle.
"Ma fille Layara a égorgé ses trois frères, nous devons la retrouver, aidez-moi !"
Il est le chef de la tribu, le grand sorcier, tous les hommes de la tribu  partent en chasse pour rattraper Layara la belle, longs cheveux noirs brillants et peau couleur cannelle.


Mais Layara court, Layara vole, Layara fend la forêt de ses pieds qui la connaissent par coeur, Layara court vers le fleuve. Parfois elle s'accroche aux lianes pour aller de l'avant de l'une à l'autre. Plus vite Layara plus vite. Parfois elle se tord les chevilles sur les racines qui affleurent. Puis se reprend un instant après et reprend sa course en direction du grand fleuve. Court court Layara Layara court vers le grand fleuve. Et soudain elle ralentit Layara, se trompe-t-elle ou est-ce bien la voix de son père qu'elle vient d'entendre. Il crie et harangue ses guerriers ; plus vite guerriers, rattrapez-la.... rattrapez Layara 

Court court Layara Layara court
La nuit blanchit court court Layara tu vas arriver au fleuve, tu prendras la pirogue ! 
La pirogue est là à trois pas, l'eau mouille déjà les chevilles de Layara
Layara saute, saute Layara dans la pirogue

Mais voilà Layara rattrapée par les guerriers les plus rapides de la tribu. Ils collent Layara au sol, joue dans l'eau. Layara se débat. Lâchez-moi, vous m'aimiez bien, mes amis, lâchez-moi !

Mais son père sorcier ordonne "ne la lâchez pas !"
"Père, écoutez-moi !"
"Non, ne dis plus rien, tais-toi, et d'insister en regardant les hommes de la tribu "elle a tué ses trois frères"
Layara insiste "Père, écoutez-moi ! il faut que je vous dise" Mais le sorcier tourne la tête. Il ne veut rien savoir.
Et les guerriers qui aimaient tant LaYaRa à leur tour ils ne veulent rien savoir . Elle les supplie : ils détournent leurs regards. Ils restent silencieux en attente de l'ordre que le sorcier va leur donner !

"Guerriers, jetez Layara dans le fleuve !"  Le sorcier n'a aucun sanglot dans sa gorge.

Les guerriers saisissent LaYaRa, la soulèvent et la font tournoyer dans les airs une fois, deux fois, encore et soudain ils la lâchent. Layara échoue au plein milieu du fleuve géant, là où les eaux noires rejoignent les eaux marins. Layara lutte, elle se débat, mais peu à peu elle ne se débat pus et soudain disparaît dans une vague de mousse ou une mousse de vague, dans un tourbillon puissant.

Les hommes guerriers et le père sorcier sont retournés au village de huttes et aux hamacs tendus d'un poteau à un autre poteau.

Et pendant ce temps dans la rivière, dans le fleuve gigantesque, des poissons du fond des eaux ont ramené à la surface le corps de Layara. Elle n'était plus humaine ; elle était sirène.

Depuis ce temps, toutes les nuits Layera hante le fleuve et elle chante d'une voix merveilleuse. Les hommes résistent difficilement à la voix mystérieuse qui les appelle. Certains cèdent. Ils se précipitent dans les eaux et ne reviennent jamais. Plus personne n'entend parer d'eux;
Certains résistent. Mais ils ne rêvent qu'à retourner au bord du fleuve, qu'à écouter, qu'à entendre la voix merveilleuse. Leurs femmes les retiennent, les retiennent, les retiennent et parfois ne les retiennent plus.


Hommes qui venez d'écouter, si vous allez dans ce pays, si vous traversez la tribu, si vous cheminez vers ce fleuve, sachez-le LaYaRa vous appellera de son chant merveilleux. Résistez. On est si bien ici à écouter des contes à l'Artiste Assoiffé.


lundi 21 août 2017

Quand le cèpe Petinou fait la guerre aux champignons (conte russe)

Dans la petite isba, sous les deux épicéas, derrière les rondins de bois,  auprès du poêle de faïence,  Babouchka est assise sur un fauteuil noir. Elle s'apprête à parler.
va parler. Elle porte sur les épaules un magnifique châle rouge frangé, tout fait d'une soie bordée et brodée d'or et argent : boules de fleurs et épis d'or se répartissent en ses quatre coins.
"Il est merveilleux ton châle Babouchka" dit l'un des enfants.

"Aussi merveilleux que les yeux de la chouette, mon enfant" dit-elle en se penchant et en continuant "Chut... Une chouette vole, tête de folle ; elle vole, vole, 
se pose, repose la queue, écarquille les yeux, repart ; 
elle vole vole, se pose, remue la queue,
 écarquille les yeux, ceci n'est pas le conte, 
ceci n'est que le début...."

Silence dans l'isba. la voix de Babouchka reprend

En ce temps-là le Tsar Petit Pois faisait la guerre aux champignons. Il cessait si peu de faire la guerre aux champignons qu'un matin il inspire de ses faits guerriers le Cèpe Petinou. Celui-ci  se décide  à ordonner aux champignons de lui faire la guerre.

Ça s'est passé un beau matin sous un grand chêne, entouré d'épicéas. Un beau matin un beau matin et pourtant ce matin-là le Cèpe Petinou a l'humeur à la querelle. Il ouvre les yeux, regarde autour de lui et il aperçoit qui ? Vous n'étiez pas là les enfants je vous le dis, il aperçoit les nonettes (encore appelées les nonettes voilées) mignonnettes. Elles  ressemblent à des craquelins unijambistes et bretons tant elles sont, comme eux,  toutes rondes du chapeau et dorées.



Le cèpe Petinou se précipite vers les Nonettes. Il s'arrête, bombe son torse, claque entre eux le talon de ses bottes noires. Puis il leur crie.  

"Nonettes, faites-moi la guerre ! c'est un ordre !"

Les Nonettes sont jeunettes. Elles viennent à peine d'ouvrir l'oeil. Leurs lamelles ne sont pas encore entrebâillées. Elles s'étonnent, à leur façon, avec de petites voix : 
"Qu'est-ce que vous dites Cèpe Petinou ? Avons-nous bien compris ? Vous voulez que nous vous fassions la guerre, la guerre ? Nous ne vous ferons pas la guerre Cèpe Petinou ! Nous avons bien d'autre chose à faire que la guerre ! Par exemple, nous préparons notre concours de descente la plus rapide en toboggan" Et elles lui tournent le dos pour préparer les dossards, les équipes, les cadeaux. 

Cèpe Petinou s'est retrouvé tout bête. 
"Tant pis pour vous  Nonettes qui ne pensez qu'à jouer, 
vous n'êtes pas les seules champignones au monde !" 
et il a tourné la tête. 

C'est jour de chance pour Cèpe Petinou. Devant lui se tiennent justement quelques individus Palomets. Plutôt sur pied blanc et coiffés d'un chapeau vert pâle (encore appelés russule verdoyante.) ils se tiennent les uns ici les autres par là : le sourire monte aux lèvres de Cèpe Petinou. Il s'approche d'eux, 

 s'arrête, bombe son torse claque entre eux les talons de ses bottes noires puis il leur crie

"Palomets, vous voilà bienvenus, déclarez-moi la guerre, c'est un ordre !"

Qui parle ? Les Palomets lèvent la tête. 
"C'est vous Cèpe Petinou ! Vous qui nous q ordonnez de vous déclarer la guerre ! Vous avez perdu la tête ? Pourquoi nous déclarerions-vous la guerre, ne savez-vous pas que nous sommes de riches propriétaires terriens. Nous sommes si tristes d'avoir tant perdu de terres que nous n'allons pas rajouter la tristesse d'essuyer une nouvelle guerre. Ne comptez pas sur nous pour vous battre, n'y comptez pas !" Et les Palomets pieds blancs chapeau lisse et blanc vert tournent le dos à Cèpe Petinou.


"Tant pis pour vous palmés, je ne changerai pas d'idée et vous n'êtes pas les seuls ici, je veux qu'on me déclare la guerre on me la déclarera !" Cèpe Petinou bougonne "Si ce n'est pas avec les Nonettes, si ce n'est pas avec les Palomets ce sera avec d'autres, ce sera, ce sera... ce sera avec les Coulemelles, et d'ailleurs en voilà !" Il ne se trompe pas. C'est vrai, aux pieds du Cèpe Petinou, des Coulemelles belles se tiennent
ainsi qu'elles sont, longues et fines, chapeau arrondi, frisotti-frisotta, réunies en petits groupes, par cinq ou six par là. Cèpe Petinou ne se retient pas. Sourire aux lèvres il s'approche d'elles, s'arrête, bombe le torse, claque entre eux les talons de ses bottes noires puis il leur hurle  :

"Coulemelles, déclarez-moi la guerre ! C'est un ordre." 

Les Coulemelles se retournent avec allure. Pffff c'est Cèpe Petinou. Elles lui répondent 
"Cèpe Petinou, c'est donc vous qui nous haranguez ainsi ! Que nous vous déclarions la guerre ? A quoi pensez-vous ?  Nous avez-vous bien regardées, oubliez-vous notre allure altière, nos bonnes manières, nous n'avons rien à faire à  faire la guerre, nous ne vous la ferons pas, tenez-vous le pour dit !" 


Cette fois Cèpe Petinou est soufflé ! Comment osent-elles ! N'est-il pas le Grand Cèpe Petinou ! Ça ne va pas se passer comme ça ! Il y aura bien il y aura bien.... les Chanterelles pourquoi les Chanterelles appelées aussi girolles 

photo "chanterelles ou girolles-cantal-envied'autrement"

ne lui feraient-elles pas la guerre, pourquoi ne lui obéiraient-elles pas ! Surtout qu'elles sont là, à trois pas de lui, merveilleux tapis jaune. À trois pas de lui ! Comme pour les Nonettes,  les Palomets,  les Coulemelles Cèpe Petinou hurle aux Chanterelles 

"Chanterelles déclarez-moi la guerre ! C'est un ordre !"

Sous la harangue, le tapis de petites Chanterelles, encore appelées Girolles, frémit par vagues successives. Elles rentrent du marché. Elles portent des paniers pleins à ras-bords de plants de poireaux, de betteraves crues, de pommes de terres, de céleris-raves, de navets, de salades. En découvrant Cèpe Petinou les jaunes Chanterelles ne se troublent plus. Elles lui répondent avec fermeté 
"Qu'avez-vous dit ? Vous faire la guerre ? Nous pourrions, nous sommes si nombreuses mais il n'en est pas question. Tôt levées, depuis l'aurore, nous ne préparons qu'une seule guerre, la guerre que nous déclarons chaque jour à nos fourneaux. Et il nous la rendront bien. ne savez-vous pas que nous sommes les plus merveilleuses des cuisinières du château  ?" Et sur ce, paniers débordant en mains elles passent sous son nez et poursuivent leur chemin".

Cèpe Petinou est plus pantois que pantois* -et j'ai pas écrit "putois"-
Comment les Chanterelles osent-elles ! Mais tout aussitôt il se redresse, furète, cherche et aperçoit, les Mousserons 



rassemblés, "en rond de sorcières", par milliers voire par millions au plein milieu du pré derrière un buisson pour rimer avec Mousserons ou bataillons. Bataillons !!! Le rêve militaire s'empare de Cèpe Petinou. Les Mousserons sont formés à la bataille, ils lui obéiront.  Cèpe Petinou n'a aucun doute, Cèpe Petinou se régale par avance  : un grand sourire aux lèvres il s'approche des Mousserons, il s'arrête, il bombe le torse, il claque entre eux les talons de ses bottes noires et il hurle  l'oeil sévère d'un côté comme de l'autre


"Mousserons, déclarez-moi la guerre !" 

Le Cèpe Petinou n'a pas le temps de comprendre qu'il a rencontré plus fort que lui.  Les Mousserons, invités à la chose,  foncent sur lui avec détermination : la guerre, ça les connait les Mousserons. En escadrons aux  rangs serrés et bataillons motivés, les Militaires Mousserons entourent si vite  Cèpe Petinou qu'ils l'écrasent sans autre forme de procès.
Ceci précisons-le, s'est passé au temps où le Tsar Petit Pois faisait, il est vrai, la guerre aux champignons"

Adaptation fantaisiste et personnelle du texte-randonnée N° 38 intitulé "Les champignons" in Maison-Neuve Larose, "Les contes populaires russes"réunis par Afanassiev

* pantois : Qui est suffoqué, interloqué par la surprise : Cette réponse m'a laissée pantoise.

* des betteraves crues : dire de plus en plus rapidement au moins huit fois
"Fruit frais, fruit cuit, fruit cru" ou encore 
"Bon pain, banc peint, bain plein"




vendredi 4 août 2017

Cueillettes de champignons : attention danger.

J'avoue que je n'ai pensé à rien d'autre. Rien d'autre qu'à cette seule certitude :  déguster, seule - parfois l'égoïsme a du bon-  une belle omelette bio en voyant dans le pré vert les délicieux petits rosés tout frais. Frais du jour, frais de rosée, délicieusement frais. 
Non, je n'ai pas pensé du tout à passer par la pharmacie.
Oui je les ai tous cueillis. Heu non, j'en ai laissé trois. Pas si égoïste, finalement.
Non, je ne les ai ni lavés, ni pelés.
Oui, je n'ai fait cuire que les têtes.  Les queues -ne riez pas- je les ai déposées dans la terre de mon yucca pour cueillir d'autres petits rosés tout frais et quasi bios,  "bios de chez Bios" au pied de ma porte, cet automne, comme il m'arrivait antan, au pied de ma demeure Corse, de cueillir des girolles ou des trompettes de la mort.
Et alors ?
Alors je vous raconte. La dégustation a eu lieu le vendredi soir. 
Mais le lendemain samedi, je m'apprête à conter dans l'après midi.   Dès 15 h je me prépare. J'enfile une robe longue, noire, j'en décore le col  d'une broche rigolote au style très picassien (de Picasso)  Quand je ressens d'étranges choses : des tremblements, une vision troublée, des nausées et zioup ce à quoi j'étais à dix mille lieues de m'attendre se produit. Pas grave, ça va passer. Allonge-toi, couvre-toi, lis... que nenni, impossible de lire une seule phrase, les mots dansent sous mes yeux.... et zioup, ça recommence de plus belle. Cékoiça qui se passe ? 
Stoïque j'attends de voir. 16 h je commence à m'effrayer. Je pense à Emma Bovary. Mais pourquoi Emma Bovary, vraiment, aucune idée ne me transperce les neurones. Cependant, pourquoi elle ? Je ne vois qu'une seule réponse :  comme ça, pour rien, surtout que je ne l'ai croisée sur aucune étagère depuis, depuis combien d'années au fait ? Non sans blague, tant que ça ? "Comme le temps passe" aurait dit ma mère.  Je réfléchis. Se pourrait-il que... ?
Comme un fantôme, la poêle fait une apparition. J'entends le beurre crépiter, je vois les champignons fondre de plaisir,  j'ai l'eau à la bouche à l'idée de ma prochaine émotion gustative.  Quand il me revient m'être étonnée sur l'étrange couleur que prenaient les lamelles de champignons. Une drôle de sorte de gris un peu verdâtre.  Gris vert à faire peur, peur à m'effrayer. 
Comment se fait-il que mon intuition ne m'ait pas interpellée davantage ? Je ne me suis pas arrêtée du tout sur mon intuition. J'ai juste ajouté quelques 2-3 gousses d'ail et quelques minutes plus tard j'ai tout fait tomber dans mon assiette. J'étais réellement contente, mieux j'étais parfaitement heureuse.
Et ce à quoi je crains de faire face se reproduit. J'épargne les détails mais ils m'effraient réellement. Dois-je appeler quelqu'un ? Ma fille ? Non, je n'ai pas pensé à SOS médecins. Et puis ma fille c'est mieux. Bang, elle est en courses et pas tout près. Bien sûr je me fais un peu houspiller. Que dire ? Rien faire autre qu'attendre.
Entre temps le téléphone sonne. L'amie de ma fille est très aimable. Très gentille. Elle me questionne comme une professionnelle. L'amie de ma fille est peut-être médecin ou journaliste. En tout cas, elle n'habite pas Rennes. Elle est gentille de prendre de mes nouvelles, mais pourquoi elle me dit qu'il va falloir que je sois hospitalisée. Hospitalisée, moi, mais pourquoi ? Je ne tiens pas bien debout, j'ai peine à rester assise, je ne comprends pas que je fréquente le destin d'un culbuto. L'amie de ma fille me dit qu'avec les photos ils feront les vérifications, mais elle veut les photos. 
(photo non contractuelle, prise par la rédactrice du délicieux blog sur son Gers si beau : Gersicotti-Gersicotta : merci à elle)
Les photos ? Quelles photos ? Ils, elle... je n'y comprend plus rien.
Et je vais raccourcir car oui, je dois être hospitalisée ; mais oui d'abord il faut donner ce qu'il me reste des champis et aller photographier ce qui reste de la famille Champi dans le petit pré vert. Tiens, il n'y a pas que moi qui ai cueilli des petits  rosés des près. Et oui Maman, ce n'était pas une amie, au bout du téléphone, j'ai appelé le centre anti-poison.... Tu as fait quoi ? Oui Maman, c'était bien une responsable du centre anti-poison d'Angers. Ah bon !!!! Anti-poison... anti-poison....
Et je vais raccourcir et plaisanter sur du vrai
"Oui", répond l'infirmière au téléphone en me regardant, "la dame aux champignons est bien là mais j'ai rarement vue une personne subissant un empoisonnement et le supportant aussi bien" Elle n'a pas tort,  j'ai belle allure dans ma robe noire et ma mère m'a bien appris à me contrôler. Cependant ma tête tourne pour de vrai et je lui ordonne de bien se tenir.
Le reste se mesure à la crainte de côtoyer la Mort parce que je l'ai moi-même cherchée. Pourvu que mon âme ne lui plaise pas. Pourvue que je ne sois pas encore inscrite sur ses registres.
En fait l'histoire m'aura coûté un tête-à-tête avec une pendule qui, jusqu'aux secondes ne désirait pas avancer d'un iota. "Comme elles sont longues les nuits à Rennes, dites-moi sont-elles aussi longues qu'à Rennes, les nuits des Gayeulles ?" A me prendre pour Laurent héros de mon conte toulousain préfèré "Las nuits de Tolosa". Un tête-à-tête et des douleurs dont franchement jusqu'ici je ne mesurais pas l'existence.
Finalement tout s'est bien fini qui finit bien.  
14 h, le lendemain,  j'apprends que les deux sommités mycologues sont sûres d'elles ou d'eux : je ne suis plus en danger. Je peux partir. Ouf.

Ce qui me donne envie de partager pour la seconde fois une histoire (un petit conte dit "de randonnée") sur le thème des CHAMPIGNONS (article suit) A tout de suite.

lundi 24 juillet 2017

Il était une fois la chance

Olà, bonjour, j'ai de la chance. Je suis bien née. 
Un 21 juin. Du soleil, de la brise, de la chaleur, quelques jours plus tard à peine couverte, mes gambettes à l'air libre,  je "zieute les points rouges... du cerisier et déjà je ne les confonds pas avec les points noirs de mon éventail, ni avec les points noirs de la coccinelle qui fait le tour d'une feuille verte. et m'invite à "borborythmer". 
J'ai de l'acuité et je ne sais pas que je vais le payer cher alors mes gambettes, elles continuent de faire des claquettes.


J'ai de la chance. Huit ans plus tard, ni moi, ni mon frère, ni ma soeur, ne connaissent  mer ou  l'océan,  nos parents pratiquent l'égalité entre nous. Pourtant rien n'étant immuable, j'ai de la chance et c'est à moi qu'on propose d'aller à la rencontre de l'Océan. Ce sera Mimizan. Enigme : pourquoi moi, puisque mes hôtes ne sont autres que les parrains et marraines de mon frangin ?
J'ai de l'acuité et je ne sais pas que je vais le payer cher. Je découvre la mer. Je découvre l'espace. Je découvre la longue plage,  l'immensité marine qui se confond avec le ciel.  Je découvre l'aller et le retour  des vagues. Surtout le retour. Je deviens craintive. J'appréhende. Face à la blanche dentelle, face à ma peur d'être par elle, avalée, je détale.. 

C'est pas fini.
Je sais tout juste faire du vélo et Frédérique me propose de partir en ballade.  J'accepte et la mère de ma nouvelle amie nous conseille  "de faire bien attention et de ne pas oublier que nous nous promènerons sur une base militaire" 

Nous partons

Nous roulons en devisant gaiement, pendant que  soleil s'éloigne et que la nuit tombe, comme dirait Abdou le conteur posant sa devinette. 
Il fait doux. Il fait bon. Je roule de mieux en mieux. Le jour s'amenuise beaucoup. Nous décidons d'un commun accord d'arrêter la promenade et de retourner à la maison. C'est alors qu'une voix forte retentit dans notre dos "Halte là qui vive". Le ton ferme me pétrifie. Pourtant je tente un regard par-dessus mon épaule. La silhouette noire qui se détache sur les ultimes bleus blancs des cieux tiens un fusil tendu vers nous, vers moi !!! Je bascule par-dessus mon guidon, je me relève jambes guimauves. Mon coeur bat la chamade, mes oreilles se troublent sous ses saccades effrayantes.   Et pourtant dans cette trouille folle j'arrive à détaler. La phrase revient à l'oreille "faire bien attention et de ne pas oublier que nous nous promènerons sur une base militaire" Une base militaire, le soldat, le fusil... c'est clair s'il tire je meurs, il faut que tu t'arrêtes. Facile à écrire. Combien de fois ai-je trébuché ?
Un score encore inégalé. La phrase revient à mes oreilles et je la comprends. Au jeu de la statue j'aurais gagné. le soldat écoute Frédérique; Elle est la fille du colonel. Ouf.

J'ai de la chance et de l'acuité...
Un jour l'acuité s'est érodée. J'ai perdu ma chance . Puis je l'ai retrouvée. Perdue, retrouvée. Perdue, retrouvée... Il faut savoir lire sa chance. Il faut comprendre la chance.  

Ce matin je promène Titou le gentil fauve. Il me fait rire. Soudain, la laisse se détend. Que se passe-t-il ? Je lève les yeux, une silhouette humaine se détache sur le blanc bleu du matin. Lente, très lente, elle vient vers nous. Elle nous croise. Nous salue timidement. Je réponds par un sourire et un bonjour. J'ai de l'acuité, je sens la silhouette en peine. Nous nous éloignons. Mon fauve et moi croisons des copains, des copines, échangeons trois mots, libérons les chiens, ils s'apprécient, jouent, nous repartons. Je cours.  Titou adore courir. Il court, oreilles à l'horizontale, façon papillon mais il est Bichon et ça me fait rire. Depuis combien de temps n'ai-je pas couru ? Nous repartons en sens inverse et en courant, chien devant.  

Dans ma main la laisse s'amollit. Titou s'est arrêté. Sa tête est relevée.  La silhouette "en peine" s'est s'arrêtée aussi. Elle abaisse une main. Caresse mon fauve sur le dos avec douceur, tendre sourire aux lèvres mais larmes aux yeux et langue étrangère. J'écoute. 
Silence. 
Elle relève la tête "gentil chien"
J'interroge. Doucement. L'âme est géorgienne. L'âme est en peine. Elle  fait un geste en boucle sur sa poitrine et lâche des mots français. 
"Mon fils, poitrine, hôpital, docteur... oncologie" 
Ai-je de l'acuité. En tout cas j'ai de l'"irréflexion" : je pose ma main sur son épaule et je prononce le mot "espoir" Elle pleure. Nous nous étreignons respiration commune. 
Petits sourires. Séparation. 
J'ai de la chance.
Bonne journée.

jeudi 20 juillet 2017

Petit conte de La Petite Princesse qui me disait qu'elle était grande.

Je passais devant le square.
Il y avait des enfants et des adultes qui riaient parlaient et jouaient.
Il y avait des ateliers divers et variés, des enfants qui dessinaient des marque-page, une sorte de mini golf ;Iil y avait deux amies et leur bibliothèque de rue. Je me suis arrêtée. Il y eut La Petite Princesse.
Et la conversation, de la petite princesse "de bric et de broc, tout de go"
"J'ai une carte de bus"
Je devine
"c'est tout nouveau ?"
"Oui, je suis grande."
"Tu as comme ça ?"
 J'ouvre ma main et ses cinq doigts.
"Non" me dit-elle" "j'ai comme ça" et elle ajoute le second pouce. Et ce nouveau commentaire souligné d'un joli sourire
"Je suis grande"
Elle finirait par m'en persuader. Il doit bien y avoir une raison.
L'amie l'interpelle "Tu veux écouter une histoire ?"
Elle arbore un grand sourire joyeux et des yeux rieurs. Elle veut bien écouter. Deux enfants plus jeunes la rejoignent. Chacun écoute. Elle écoute et ça se voit, mais parfois, elle réinstalle son corps, repose ses doigts sur son petit sac et ponctue d'un  "je suis grande". Son désir, sa volonté, sa certitude m'émeuvent.
Histoire d'un papillon qui danse trop : elle se prête à mon jeu de la danse ;
Histoire de Fanny qui a perdu son collier ; elle se prête au jeu de la répétition ;
Histoire de Djakoumba qui aime les noix et ne craint pas de désobéir à Maman, pas plus qu'à Papa, pas plus qu'à son frère et n'a pas peur des petits chats.  Mais c'est un loup qui vient, et il avale Djakoumba dans la nuit ; alors Djakoumba sort... et elle avale le loup qui sort.... et avale Djakoumba qui décide que ça va, ça c'est trop, tout ça doit cesser et elle avale le loup pour la dernière fois. Mais l'histoire n'est pas finie.....
Et si vous aviez été présents dans le square vous en eussiez entendu la fin.


Peut-être eussiez-vous dit "Trop bien" comme a dit Samantha.
A laquelle j'ai lu, parce qu'elle a choisi le livre elle-même,
l'histoire d'un enfant qui avait trouvé un oiseau blessé. Qu'est-ce quelle bougeait cette histoire.
Justement : "bougé" C'est vrai que je bouge les mains quand je conte : la Petite Princesse répétait tous mes gestes de ses doigts. Ce fut la fin des paroles conteuses.
"Tu peux monter là-bas ?"
Elle désigne une structure avec des échelles et des entremêlements de plateaux et de barres.
Je dis "Heu !" peu motivée.
Elle a de l'acuité, elle m'interroge
"T'as quel âge ?"
"150 ans, je suis trop vieille pour monter dessus !"
"Et bien moi j'ai six ans, je peux, je suis grande" Et elle fonce. Et elle s'arrête. Le regard tourné vers le mien j'en déduis qu'elle sollicite ma présence.
Je m'approche.
"J'ai peur...!"
Soudain je m'interroge : m'a-t-elle choisie pour escalader la structure pour sa première fois ?
Forte de sa confiance, je soutiens un de ses pieds. Ouf elle réussit. Y a plus qu'à descendre. La descente est périlleuse mais parfaitement réussie.
"Je t'ai jamais vue ici, tu reviendras ?" un pied prêt au départ.
Elle n'a pas attendu ma réponse. Elle avait disparu.
Mais j'ai appris la raison du "je suis grande" récurrent.
Sa Maman lui prépare une petite soeur...


samedi 24 juin 2017

Les deux grenouilles

Il état une fois deux grenouilles vivaient au bord d'un étang.
Une fois elles sautaient.
Une fois elles nageaient.
Une autre fois elles se reposaient dans un nénuphar.
Un autre jour voilà ce qui s'est passé.


J'en ai assez  adit l'une sauter, nager, me reposer ça m'ennuie, je m'ennuie  c'est décidé je pars en voyage, je veux découvrir le monde
"Je te suis" dit l'autre "je m'ennuie moi aussi, je veux découvrir le monde comme toi !"
et zioup elles sautent de l'eau... dans l'herbe
et zioup elles sautent.... du chemin vert au chemin blond et suivent le chemin de terre.
Où va-t-il le chemin de terre Grenouillette ?
Je n'en sais rien Grenouillet, suivons-le il finira bien par arriver.

Un chemin finit toujours par arriver
Le chemin entre dans la cour d'une ferme,
saute sauti sauta nos deux grenouilles traversent la cour et s'arrêtent à l'entrée de la grange.

Qu'est-ce que c'est que Ça ? dit Grenouillet
Qu'est-ce que c'est que Ça ? dit Grenouillette ?

Les deux grenouilles font le tour de Ça !
"Je ne sais pas" dit Grenouillette ? "Ça, brille !"
"Je ne sais pas" dit Grenouillet. "C'est gris !"
"C'est haut !" dit Grenouillette "grimpons"
Plus facile à dire qu'à faire, il faut imaginer les glissades répétées. Au début elles sont amusantes, mais ensuite elles sont fatigantes
"Si nous sautions nous saurions ? dit Grenouillet
"Bonne idée Grenouillet, sautons !" dit Grenouillette. "Sautons et nous verrons ! Nous verrons bien, nous verrons mieux...."


Et nos deux sauteuses sautent.

Saute sauti sauta sauta sautons sauti, nos deux grenouilles sautent une fois, sautent deux fois : à la troisième fois, plouf, gloups, elles disparaissent au fond de ce qui était un grand pot de lait en fer blanc.

bleup bleup bloup Grenouillette remonte la première. Elle attend Grenouillet et se met à nager.
bleup bleup bloup "Ah te voilà Grenouillet !" Grenouillet apparaît. "Il faut sortir d'ici, sautons !
Grenouillette saute mais le rebord du pot est trop haut, elle retombe.
Grenouilles s'y met aussi; Mais le rebord du pot est trop haut, il retombe.
Nageons Grenouillet, dit Grenouillette, au moins ça nous pouvons le faire.
Quelques fois je nage... quelques fois j'essaie de sauter, les deux grenouilles nagent et sautent mais au bout d'un moment...

Grenouillette je me fatigue...

Grenouillette encourage Grenouillet :
"Courage Grenouillet, nous devons sortir d'ici nage petit frère"
Grenouillette et Grenouillet nagent dans le blanc lait"

Grenouillette je me fatigue, je ne peux plus bouger mes pattes
(emprunté à : perseverance
d'après Natha Caputo (contes des quatres vents)

"Courage Grenouillet nous devons sortir d'ici nage comme moi, ne cesse surtout pas, il ne faut pas abandonner.
Grenouillette et Grenouillet nagent dans le blanc lait.

"Gre heu heu nou nou illette je suis fatiguée, je n'arrive plus à bouger !" 

"N'abandonne pas Grenouillet, persévère, on va s'en sortir, courage. 
Grenouillet ? Gre nouill et !!!!" Grenouillet se tait, Grenouillet ne répond plus, Grenouillet a disparu au fond du pot de lait.

Plouf, sans attendre davantage Grenouillette plonge. Grenouillette disparaît à son tour.

Un deux trois Grenouillette réapparaît : elle porte son Grenouillet sur le dos. "Accroche-toi et surtout tiens toi bien, moi je nage"

Grenouillet obéit à Grenouillette. Grenouillette nage et nage, elle agite bras elle agite jambes . Elle pense "Je n'abandonnerai pas, non  je n'abandonnerai pas, je veux sortir d'ici je nous sortirai d'ici !"

Soudain, que se passe-t-il ? Sous les pattes de Grenouillette le lait n'est plus liquide, le lait n'est plus blanc. Le lait est est ferme et dur, le lait est jaune !  "Oh Grenouillet tu es sauvé ! Je n'ai pas nagé, j'ai baratté, j'ai obtenu du beurre, Grenouillet, souris, on va sortir, attention ça va être le grand saut !


Heureuse Grenouillette pose ses pattes sur le beurre et 1, plié, 2 tendu,  3 sdétente, elle sau au au au te si bien qu'elle sort du pot de lait et chute au sol.

"Ça va Grenouillet ?"
Grenouillette est inquiète, où es-tu Grenouillet je ne te vois plus ?

Je suis là Genouillette !
La voix de Grenouillet tombe de haut. Grenouillette lève la tête. Quelle surprise : Grenouillet a atterri sur la branche d'un tilleul.

"Saute et descend de là" dit Grenouillette "ça tu sais faire !"

"Oui oui je sais faire, Grenouillette Soeurette merveilleuse mais maintenant, retournons à l'étang, veux-tu ?"

Grenouillette a bien voulu.

Aux dernières nouvelles -Papillon Blanc me l'a dit- Grenouillette et Grenouillet passent du bon temps au bord de l'étang.
Une fois elles sautent.
Une fois elles nagent.
Une fois elles se reposent dans le creux d'un nénuphar. Une autre fois... ah une autre fois c'est une autre histoire. Pour celle-ci, elle finit ici.

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Vive l'OR-ALITÉ 
Ce texte est celui de Kaella, qui l'a dit pour la première fois, oralement aujourd'hui 23 JUIN 2017 d'après le conte qu'elle avait elle-même entendu sous ma voix 5 semaines auparavant. Le conte a mijoté dans sa tête : elle a "vu" son conte. Elle lui a donné des images et traité, non seulement la persévérance, mais aussi sa propre impossibilité d'accepter la disparition de l'ami grenouillet. 
A l'inverse du conte breton initial. 
Généreuse, elle a fait le choix de ne pas l'abandonner et de  l'aider à survivre. Emouvant. 
Bravo Kaella. 
Bravo à Flora qui a conté toute seule "les deux grenouilles" avec une voix rare, celle d'une comédienne : excellente.
Bravo aussi à Félix, Shanna, Selma qui ont conté à trois voix où seul aussi pour Félix. 
Bravo à Violette qui a raconté, courageusement seule, le conte merveilleux de "La reine des Korrigans" en donnant les mots de sa propre version jusqu'au bout. Violette, Chapeau.
Bravo et chapeau aussi à Chloé (et à Théo qui, gêné par la chaleur, a réussi a somnoler, tout en écoutant) 
Bravo aussi aux Intrus qui, lisant, tournaient parfois la tête vers ceux qui disaient, parce que leurs Z'Oreilles le voulaient.

Les Oreilles sont étonnantes : on croirait qu'elles ne font rien et pourtant, elles travaillent : elles Z'écoutent.   Il faut prendre soin des Oreilles.   
les Oreilles  Z'ADORENTécouter les mots et le silence.
Pendant les vacances faites-les travailler : 
faites Z'écouter vos Oreilles.
A l'année prochaine, si vous le voulez bien. 
Chers enfants je vous souhaite de passer  de belles vacances à revenir avec des Z'Oreilles pleines de soleil, de ciel bleu, de plages, de sables ou de cailloux, de chemins verts ou dorés, de chants d'oiseaux ou de pommiers ou de cascades de forêts, bref de toutes sortes de musiques, instruments à cordes ou à cuivre... ou à pinces, comme en ont les sauterelles, les grillons ou les hannetons ... et pourquoi pas jusqu'au chant du ver de terre s'il se trémousse sous la pluie. 
Bel été à vous tous et toutes. 
Lania 07 70 34 90 72
pour les responsables d'écoles
de bibliothèques
de maisons de retraite....