vendredi 23 février 2018

Lecture à voix haute : y a pas d'âge

Une Délicieuse lecture à voix haute :  sans vous obliger... et toutefois...clikez sur ce lien pour ne pas passer à  côté




Merci d'être passé.

mercredi 21 février 2018

Ecole Guillevic Rennes : Intervention sous le préau


Auprès d'élèves et de parents d'élèves.
Thème "Contes des Cinq Continents"
On est tous
montés dans l'avion ; on a bien mis nos ceintures de sécurité, -clic clac, un p'tit coup d'croco- on est parti droit direct en Afrique, faire connaissance avec la gourmande et courageuse Diabou N'Dao, foi de lion ;

On a tous
remis nos ceintures -clic clac un p'tit coup d'croco- l'aviateur a remis les gaz et hop là direct l'Irlande, pour rencontrer Setanta le fils de la belle Detchiré petit héros fabuleux -je reviendrai vous le raconter- ;

On a tous re-remis nos ceintures de sécurité et on est arrivés au Maroc pour rendre son chapeau de mariage, juste à temps, à L'oiseau Chapeau (randonnée extraite à ma façon, du livre "Histoires autour d'un brin de Halfa" recueillies par Véronique LAGNY DELATOUR ;

On a re-re-repris l'avion et re-re-remis nos ceintures de sécurité -et clac, un p'tit coup de crocodile chanteur- pour débouler au Vietnam et comprendre que les enfants, sont INTELLIGENTS. Foi de Tigre et de Buffle. Et celle-là ce n'est même pas moi qui l'ai dite. Ils l'ont mimée.

Je les remercie tous.
Nous avons tous oublié la chaleur et le préau : nous avions les pieds dans l'eau.
Le conte... ça rafraîchit.
Promis la prochaine fois.... je reviens avec mon baobab.

 

Si tu veux la paix pose d'abord les armes

Il était une fois un soldat. IL s’appelait Eustache et un jour il était tombé dans un trou.
Dans sa chute il avait fermé les yeux ; quand il les a ouvert une étoile traversait la nuit.
Le soldat s’est extrait du trou. Il a secoué la poussière de ses vêtements, et cherché son fusil. « Où est-il mon fusil, mais où est-il ? Ah te voilà fusil ! » Le soldat qui s’appelait Eustache a a tourné derrière un buisson, il ramassé son fusil et il s’est mis au garde à vous en déclarant : 
« Soldat Eustache,…. assommé au cœur de la bataille
mais de nouveau … prêt au combat ! »
Raide comme un piquet, il attend un long moment, il attend à l’affût d’un ordre mais aucun ordre ne vient troubler le silence de mort. Prudemment, il tourne la tête à droite puis à gauche : la plaine est si vide qu’il pense qu’on l’a oublié…
Un grand froid l’envahit. Il se met à trembler puis à se dire qu’il ne doit pas rester planté comme un poireau. Alors pour se donner du courage il commence à chanter : 
Je suis un p’tit soldat,
Toujours prêt, toujours là,
Un petit fier à bras
Courageux et tout ça.
Dodi dodelida
Et corne démoula.

il se met en route à pas cadencés, bien décidé à retrouver la guerre.
Marche qu’il marche, quand le jour se lève il rencontre enfin quelqu’un. Il l’interpelle
« Bonjour Citoyen ! Je cherche la guerre.
Pouvez-vous me dire où elle se trouve ? »
« La guerre ? » lui répond l’homme qui est aveugle, elle est par ici… elle est par là… Pourquoi tu m’interroges, Ne vois-tu pas qu’elle est partout où tu vas, soldat de malheur ? »
« Comment savez-vous que je suis soldat ?
Vous ne voyez pas ! »
« Apprends, Soldat, qu’on voit aussi avec le cœur et peut-être plus sûrement qu’avec les yeux » et sur cette parole…. l’aveugle s’éloigne dans la brume du petit matin. 

Eustache continue sa route. Le soleil fait une timide apparition.
Apprends, Soldat, qu’on voit aussi avec le cœur et peut-être plus sûrement qu’avec les yeux »
« Apprends, Soldat, qu’on voit aussi avec le cœur et peut-être plus sûrement qu’avec les yeux » «
Apprends, Soldat, qu’on voit aussi avec le cœur et peut-être plus sûrement qu’avec les yeux »
Les mots de l’aveugle résonnent dans sa tête.
Il croise une mère avec ses enfants.
« Bonjour Madame ! » dit-il à une mère qui vient vers lui avec ses enfants « Je cherche la guerre. Pouvez-vous me dire où elle se trouve ? » 
La femme lui répond vertement
« Laissez-nous en paix ! »
Vous nous avez déjà tout pris !
Honte sur vous ! »
Les paroles de la femme blessent le soldat Eustache. Que faire ? et quoi ? Il décide d’avancer pour caresser la tête du petit.
Mais l’enfant réagit violemment : il mord Eustache qui hurle
« Aie ! mais tu m’as mordu jusqu’au sang petit ! » 

Le ciel se couvre. Les enfants et leur mère ne sont plus là. Eustache, seul, recommence à chantonner doucement

Pourquoi suis’j un soldat ?
Je ne le sais même pas.
À quoi ça rime tout ça ?
Je ne le sais même pas !
Dodi dodelida
Et corne démoula.

Il continue sa route. De premières gouttes de pluie commencent à tomber. Il pense à ses camarades de régiment. Où sont-ils maintenant ?
Il pleut à verse. Il ne voit presque plus rien.
il bute sur quelque chose, un caillou, une branche ? Le voilà trébuchant étalé dans la boue. Le tonnerre gronde, un éclair déchire le ciel.
Tout à coup, devant lui, surgit une forme menaçante qui l’interpelle d’une voix grave :
« Et alors, Soldat, on a perdu la boussole ? »
Eustache bredouille
Euh… Je cherche la guerre… »
Ha ha ha, tu es donc si pressé de mourir ? s'esclaffe le nouveau venu ! Regarde-moi bien, Soldat : avant, j’étais comme toi, avant… Ne m’oublie pas, Soldat, ne m’oublie pas… »
Ah ah ah ! la forme menaçante s'efface derrière le rideau de pluie.

L'orage est loin. Eustache est trempé jusqu’aux os. Il marche comme un automate.
Il tâte son épaule à la recherche de son fusil. Il l'a perdu. Eustache ne le cherche plus. Il continue de marcher, de marcher, de marcher…
Marcher ça fatigue, marcher ça épuise, Eustache est fatigué-épuisé. Il aimerait bien se reposer. Ce serait bien si... La chance se présente à lui sous la forme d’une maison en ruines. 




Les fenêtres vont de travers, la porte est de guingois mais la cheminée tient debout. Autour, il y a même du petit bois et un gros tronc d’arbre, tout pour faire un bon feu. Et même des allumettes sur le manteau de la cheminée. Eustache se réchauffe ; il aperçoit un levier en fer forgé : il le monte- descend : dans l’évier l’eau coule, froide, Eustache fait un brin de toilette et même un brin de lessive. Un fil à hauteur d’homme traverse le lieu : Eustache accroche ses vêtements. « Vous voilà prêts à sécher amis de route, moi je vais me reposer » Il y a un banc, Eustache s’étend et s’endort profondément. Ça s’entend. Il ronfle.
Une odeur particulière le réveille : celle du "fumé" comme on dit dans le 81, celle du brûlé. Et pour cause : ses pantalons, son tricot de peau et sa chemise sont tout calcinés. Il n’a plus, pour se vêtir, que son caleçon. Eustache hausse les épaules et reprend sa route en caleçon et le pas léger.
Il chante à tue-tête :

Je n’suis plus un soldat.
Je ne veux plus faire ça :
Toujours marcher au pas.
Ne comptez plus sur moi.
Dodi dodelida corne démoula.
Sur le chemin une enfant surgit d’un buisson en éclatant de rire. « Oh la la la tu es drôle toi, tu t'en vas tout nu ! Qui es-tu ? »
Eustache surpris dans un geste réflexe se met aussitôt au garde-à-vous
« Soldat Eustache, toujours prêt au com… » il ne termine pas sa phrase : il se rappelle qu’il n’a plus de fusil, plus de chemise, plus de tricot de peau, plus de pantalon : il s’arrête net et éclate de rire.
« Un soldat, c’est pas comme ça ! » dit la petite. « Tu ressembles plutôt à un clown ! »
« C’est vrai , je ressemble à un clown mais je ne suis pas un clown. Et en fait... Sous les yeux de l'enfant Eustache pose un doigt sur ses lèvres... réfléchit et poursuit sa phrase ainsi « En fait je ne sais plus très bien qui je suis. »
« Moi, je sais, je m’appelle Anastasia et je ramasse du bois pour ma mère Irina. On va faire du feu et surtout du pain. Tu veux nous aider ? »
« Je n’ai jamais fait de pain, je ne sais pas comment ça se fait ! »
« Ce n’est pas grave si tu ne sais pas comment on fait du pain, il suffit surtout que tu veuilles apprendre à en faire, es-tu prêt à apprendre ? »
« Je ne sais pas com.... ment on fait », dit Eustache.
"Je sais tu l’as déjà dit, mais…. veux-tu apprendre où ne veux-tu pas ? » "Si tu veux, suis-moi.. tu finiras bien par prendre la bonne décision ! »
Eustache suit la petite sur le chemin qui mène à la maison. Le soleil descend lentement sur l’horizon. Il chantonne sa chanson.
« Tu chantes encore la chanson ? »
« oui, je l’aime bien. »
Devant la maison la porte s’ouvre et Mère Irina apparaît«
l’enfant sautille et lui dit
« Maman ! Maman !" dit l'enfant en sautillant " C’est Eustache. Il veut apprendre à faire du pain. »
La maman regarde Eustache, regarde sa fille, regarde Eustache : finalement au lieu de parler... elle éclate de rire.
Eustache rougit : il se souvient qu’il n’est pas habillé. Qu’il ne porte sur lui que son caleçon décoré de champignons. Il bafouille des excuses
« Ex- excu- excusez-moi Madame Irina, j’ai brû, brû, brûlé mes vêtements. »
« Ne vous excusez pas. Je préfère vous remercier, il y a si longtemps que je n’avais pas ri d’aussi bon cœur. Entrez et attendez-moi, je vais vous trouver des habits. »
Quelques temps plus tard Eustache, vêtu de nouveaux vêtements, apprend en riant à faire du pain : il mélange le levain, la farine et l’eau… Pendant que la pâte repose, la petite s’endort. Eustache et la mère parlent toute la nuit au coin du feu.

L’aube approche.
C’est le moment préféré de la petite : elle malaxe, elle triture, elle aide sa mère à diviser la pâte en trois pâtons : ça l’amuse beaucoup : Anastasia pousse des cris de joie quand la porte du four se referme sur les trois pâtons.
Elle imagine les flammes crépitant joyeusement.
Pendant ce temps Eustache sort un instant. Tout aussitôt une odeur de pain chaud qui flotte déjà dans l’air du petit matin chatouille ses narines.
Eustache respire profondément. Il pense "Une belle journée commence aujourd'hui, plus jamais de fusil !" 

Parfois adapté de
Le Petit Soldat qui cherchait la guerre
Mario Ramos
Paris, l’école des loisirs, 1998

jeudi 15 février 2018

"Cognie" naissance d'un journal mensuel des enfants

Bonjour tout le monde, ici Kristin Vesterälen -une amie conteuse, à la belgitude légitime et à la Normanditude élective :-)-
Le voilà sorti, le 1er numéro du Journal mensuel des enfant
« Cognie, le petit écureuil malin et ses amis » 
un monde ludique et éducatif qui leur est réservé.
Ce journal est édité en simultané pour les 3-6 et 7-11 ans par l’association 
Le Petit Paradis de Mussy (Luxembourg)
Il est réalisé avec la collaboration d'amoureux du monde de la culture (écrivains, illustrateurs…), de pédagogues. Il comprend une trentaine de pages et pour certains textes, en plusieurs langues.
Le jeune lecteur y retrouvera chaque mois 
de la poésie, 
des contes, 
des astuces, 
des jeux, 
des concours, 
des récits, 
de la BD, 
des illustrations, 
des peintures, 
du sport, des coloriages… 
L’enfant pourra aussi y participer activement.
Que vous soyez 
libraires, bibliothécaires, associations, enseignants, parents
… vous pouvez vous le procurer pour la modique somme de 5 € (frais de port inclus) en envoyant un mèl à cognie2018@gmail.com
Vous souhaitez vous y abonner ? 
Remplissez le bulletin d'abonnement et renvoyez le à 
cognie2018@gmail.com

mercredi 20 décembre 2017

Conte dans le conte : "La Petite Marie" un de mes premiers spectacles (je le ponctue de textes entre chaque étape)




Une enfant voulait du pain
C'était un matin
Elle avait descendu quatre à quatre l'escalier de chêne, senti le parfum du lait quand il s'apprête à bouillir,  découvert la panière au tissu rouge vichy,  et les petits pains déjà présents et frais du jour. Elle a demandé à sa mère si elle pouvait en prendre un.
Savez-vous ce que sa mère lui a répondu ?
Ben non, suis-je sotte,  vous n'étiez pas là. 
Elle a répondu "D'abord ramène-moi le lait !"
L'enfant est surprise. Elle répète à voix haute "le lait, quel lait, celui qui est sur la cuisinière ?"
"Non" a dit sa mère, "le lait de la vache de la ferme du Noyer !"

L'enfant a fait la grimace, tout en ajoutant que la ferme du Noyer "c'était pas tout près !!!!"
A quoi sa mère lui a répondu qu'elle ne disait pas faux, que oui la ferme du Noyer, ce n'était pas tout près, et elle a ajouté
"Mais si toi tu veux du pain, sache que moi je veux du lait !" 
Jamais l'enfant n'a vu le front de sa mère autant froissé. Il était évident que sa mère ne changerait pas d'avis.  Elle a traversé la grande cuisine, ouvert la porte, dévallé la rue par la droite, tourné à gauche, dévallé la rue tout droit et, sur la droite de la maison dite "hantée", elle a pris  le chemin des marronniers.
Et soudain elle s'est mise à rire. Car elle se rappelait qu'elle allait passer devant la maison du garde-chasse, que devant la maison du garde-chasse il y avait un abreuvoir et qu'auprès d'un abreuvoir il y a toujours une vache. 
Poussée par la certitude, l'enfant prend ses jambes à son cou et vroummmmmmm elle tourne raide à 45° et s'arrête net devant l'abreuvoir. Les plantes qui surgissent d'entre les moellons de pierre offrent leurs ombres. Mais à part les sangsues et les lentilles d'eau,  il n'y a pas l'ombre d'une vache auprès de l'abreuvoir. 

L'enfant poursuit sa route sur un chemin de pierres si  caillouteuses que par  trois fois elle s'y tord les chevilles. Mais elle ne perdait pas espoir car au bout du chemin elle savait qu'il y avait un second abreuvoir et qu'auprès d'un abreuvoir il y a toujours une vache.
Sait-on toujours ? L'enfant voit l'abreuvoir, les sangsues, le pommier mais pas l'ombre d'une vache.  Sans perdre espoir, elle fait trois pas en avant et c'est une bonne idée. Car dans le virage elle aperçoit tout au bout du bout, la ferme du Noyer et dans le pré la vache en train de brouter. L'enfant porte ses jambes à son cou et court si vite que le noyer s'interroge : "Qu'est-ce que c'est que je viens de voir passer qui soulevait tant de poussière"
Quant à la vache elle répond "D'abord donne-moi de l'herbe !"
"De l'herbe, quelle herbe", dit l'enfant
"L'herbe du Grand Pré de Vignals !"
L'enfant ne peut pas s'empêcher de répondre "Mais c'est pas tout près"
"C'est vrai c'est pas tout près Fillette, mais si tu veux ton lait, sache que moi je veux mon herbe !"
L'enfant a poursuivi son chemin. Elle est passée devant la petite maison aux volets verts dont on disait qu'elle appartenait à une sorcière qui avait neuf chats noirs. Deux grands pins, vert foncé à presque noir, montaient la garde et derrière chacune des neuf fenêtres, deux yeux d'or observaient, immobiles. L'enfant est arrivée frissonnante de peur au Grand Pré de Vignals. Quand elle lui a demandé de l'herbe il a répondu
"D'abord ramène-moi la tondeuse de Marty !"
"Marty c'est qui ?" a-t-elle dit
"C'est le forgeron du foirail, pardi !"
"Mais il faut que je refasse tout le chemin à l'envers Grand Pré !"
"C'est vrai Petite, mais si tu veux ton herbe, sache que moi je veux la tondeuse de Marty !"
Il avait l'air déterminé le Grand Pré à ne pas changer d'avis. Elle devait donc se remettre en route. Elle est passée devant la maison de la sorcière les yeux fermés ; devant la ferme du Noyer, la vache à l'étable ; devant le cimetière en se figeant quand la grosse voix a crié  
"Cure-moi la dent petite, il y a sept ans qu'elle ne l'a pas été !"
Elle a trop eu peur. Imaginez que vous ayez entendu la voix rauque et éraillée, vu les croix de pierre au-dessus du mur qui se découpaient sur un ciel qui s'apprêtait à devenir nuit, ajoutez à cela le hululement soudain de la chouette.  Vous comprenez que Petite se soit bouché les oreilles de ses deux index et qu'elle ait mis ses jambes à son coup. Quand elle s'est arrêtée, elle se trouvait devant la forge de Marty, le forgeron du Foirail. 
Quelle forge ! 
Quelle fenêtre toute rougeoyante ! 
Quelle porte de bois immense et massive ! Allait-elle oser frapper ?
Elle a si bien osé Fillette, que la porte s'est ouverte.. sur Marty le Géant. Sa grosse voix a demandé
"A quoi pensent-ils tes parents à te laisser courir seule par la nuit, entre donc, tu écouteras un conteur breton !"
Elle s'est assise au bout d'un banc et elle a découvert le conteur breton. 
Il portait une petite barbe et un bonnet rouge sur la tête. 
il racontait l'histoire marrante d'un roi qui n'aimait pas 
que ses sujets traitent tout le monde de menteurs. Alors un jour 
il était allé écouter les contes que racontaient ses sujets 
Il et il leur avait dit que jamais il ne traiterait personne de menteur. 
 avait même demandé qu'on le mette au défi de le faire.
 Et quelqu'un l'avait fait.
Forcément à la fin tout le monde a applaudi de plaisir et tout le monde est parti. Il n'est plus resté que l'imposant Marty, son tablier de cuir et la Petite. Quand il s'est rendu compte de sa présence, il  lui a dit
"Que fais-tu là, tu ne rentres pas chez toi ?"
"Si monsieur mais avant je voudrais...
Tu voudrais quoi ?
Je voudrais votre tondeuse !"
Il lui a répondu 
"D'abord ramène-moi la graisse, j'en ai besoin pour la nettoyer !"
Elle était estomaquée "La graisse" a-t-elle répétée "quelle graisse ?"
Il a répondu "la graisse du petit cochon de Bouloc !"
Elle a fait un grand sourire et elle a dit 
"je sais où trouver ce village, j'y vais souvent à Bouloc avec mon papa, à pied et on s'arrête au café, il prend un verre avec ses copains et il demande toujours "avec un peu de gnole Elise s'il te plaît" et quand il ne me regarde pas je trempe un sucre dedans pour y goûter aussi. J'y vais Forgeron te la chercher ta graisse !"
Et dans le jour qui se lève sur les serres, dans les effilochées du ciel, rose tendre, violet rose thyrien  mêlé de jaunes orangés teints de bleus légers le forgeron  a regardé l'enfant s'envoler, repasser devant la maison de la sorcière, traverser le pont de Vignals et monter la route serpentante et débouler sur le plateau où de nos jours les parachutistes font leurs exercices. Elle est allée droit à l'église du petit village et elle a trouvé au pied de ses murs, l'auge du petit cochon
Il lui a répondu 
"D'abord ramène-moi les glands"
"Quels glands, tu en as tout plein à tes pieds de cochon !"
"Pas ceux-là, ceux du Grand Chêne  de Beaucaire ! au-dessus de la demeure des Rantaux"
Ça l'a inspirée : "je sais je sais" a-t-elle dit, " j'y vais, j'y cours !" et elle y est allée en repassant devant la ferme de la Raterie, en repassant devant le petit hameau de Beaucaire droit dressé sur son piton, au-dessus du ruisselet bordé de peupliers dans lequel son père aimait poser les balances pour capturer les écrevisses
Mais quand elle est arrivée dans le champ de pierres blanc crayeux, quand elle a vu l'immense Grand Chêne elle est devenue toute timide. Allait-elle oser lui parler ?
Quand elle s'est souvenue qu'elle voulait son pain, sa mère son lait, la vache son herbe, le pré sa tondeuse, le forgeron sa graisse, le petit cochon ses glands elle a foncé. Elle a levé la tête et elle a dit.
Il a répondu "D'abord souffle-moi le vent de l'Océan !"
Kezaco le vent de l'Océan ? Elle connaissait le vent du sud, le vent du nord, le foehn, le vent d'autant,  le mistral, la tramontane, le zéphyr mais elle ne connaissait pas le Vent de l'Océan. Comment faire ? Elle fait comme il lui arrivait parfois de faire quand elle ne savait pas, ne savait rien, ne savait plus. Elle a fermé les yeux et elle a tourné sept fois sur elle-même les yeux fermés. Quand elle s'est arrêté, quand elle les a ouverts elle est partie dans la direction où, sans bouger la tête, ses yeux regardaient.

Quel voyage : 

  • un pont toujours pas terminé, appelé le Valentré
  • un village tout rouge perdu dans le brouillard où se croisent les Quatre Mousquetaires
  • une ville en émoi pour son festival de juillet, ses rues sont envahies, Petite s'y fraye un chemin à travers les stands de baladins, plus intéressants les uns que les autres et jusqu'à un merveilleux jardin à la roseraie éblouissante. Quelle drôle d'idée a-t-elle eu de respirer le coeur des pétales les uns après les autres. Aurait-elle elle ne se sentirait pas plus étrangement bizarre. Elle lève la tête. Elle aperçoit une pancarte. Dessus est écrit,... elle déchiffre avec peine "rou-te de Lo Lor-Lorient !"
Son visage irradie de bonheur : elle répète  "Lorient, Lorient... ça va avec Vent de L'Océan Lorient !" et elle se décide "je vais aller par là" et comme la pancarte se déplace, Petite la suit.
La voilà sur une grande route. Elle y marche, elle y court, elle va de plus en plus vite et si vite qu'elle arrive au bout du bout du Morbihan. 
Là où il y a la petite chapelle de pierre ! La porte est ouverte ; l'enfant entre au pas de course et s'arrête net ! Comme il est beau le plafond bleu étoilé de la petite chapelle,   comme ils sont beaux les bateaux et catamarans suspendus dans les cieux, comme il est beau le bel autel, comme ils sont émouvants les ex-votos. Yoann, Yvon, Galahan, Yvonnic, Mathieu et Pierric mousses et marins perdus corps et âme en mer démontée, étranges prénoms d'elle inconnus. 
Elle est émue. Que fait-elle ici ? Elle se souvient, elle cherche le vent de l'Océan, mais où est-il l'Océan. Elle quitte la petite chapelle pour partir à sa recherche.  Elle ne voit Vent de l'Océannulle part. Elle n'a pourtant pas fait tout ce chemin pour rien ! 
Et si l'Océan se cachait derrière la petite chapelle. Elle y court et le découvre se déroulant de tout son long derrière la petite chapelle. 
Elle croirait voir la Méditerranée? Pourquoi est-il aussi calme ? Que regarde-t-il ? Petite suit le regard de l'Océan. Elle découvre une femme qui n'arrête pas de parler, qui parle parle parle sans cesse, sans même prendre le temps de boire. Petite se demande ce qui se passerait si elle arrêtait de parler ? Pire ou mieux, si on lui interdisait de parler ?
Tout se précipite à cet instant précis :
Vent DeLOcéan souffle sur le Grand Chêne
Grand Chêne   donne ses glands
Petite les porte au Petit Cochon
Petit Cochon donne sa graisse
Petite la porte au Grand Forgeron Marty
Marty donne sa tondeuse
Petite la porte au Grand pré
Grand Pré donne son herbe
Petite la porte à Vache
Vache donne son lait
Petite porte le lait à sa Mère
sa Mère lui donne son pain, le double petit pain doux chaud et sucré de Monsieur Larroque, Camille, le boulanger de la place des Cornières. 
Petite descend dans le jardin.
Elle mange son pain, pose le quignon sur le bord de la margelle du puits. Pie arrive et l'emporte. C'est depuis ce jour qu'on chante

Y a une pie, dans l'jardin j'entends la pie qui chante
Y a une pie, dans l'jardin j'entends la pie chanter 
chanter chanter j'entends la pie qui chante
chanter chanter  chanter chanter j'entends la pie chanter.


samedi 2 décembre 2017

Samedi 2 décembre 2017 - Rennes - Nouvelle soirée conte à la Maison du Ronceray

Toujours au même endroit
la maison du Ronceray 110 Rue de la Poterie, 35000 Rennes

GPS Lania accent toulousain  : 
rond pouint du Carrefour City, soit à droite soit à gauche des stations essence, côté rue

On peut venir : à pieds, en voiture, en métro Terminus Poterie et bus 2. Descendre au rond point.

Toujours l'entrée aux mêmes prix :  
5 euros      : pour ceux qui ne sont pas encore adhérents 
2.50 euros : adhérents, étudiants et carte sortir et gratuité pour les enfants jusqu'à 12 ans

Toujours un comptoir convivial
gâteaux souvent faits maisons, cidre et jus de fruits tout gracieusement gratuit et échanges de paroles bienvenues


Toujours de nouvelles voix. 
Ce 2 décembre 2017 pour entrer en froidure rien de mieux que des contes de nos cousins du Québec et en musique s'il vous plaît par les conteurs de l'association CONTILÈNE Alors.... venez nombreux. 
Heu, au plus tôt car les assises sont limitées : petite jauge, voir moyenne : 72 officiellement

A vous revoir, vous reconnaître, vous rencontrer pour vous retrouver sur ces soirées proposées par l'association rennaise "Les Tisseurs de Contes La Filois" en 2018

A vous voir, avec plaisir, bienveillance et bonhommie

SAM 2 DEC 2017

Les voyageurs de la Gatineau : Contes et chants du Québec

Contilène vous emmène pour un voyage dans la belle province en conte et musique.
Laissez vous entraîner à courir la Chasse galerie, charmer par le chant du Huard,
goûter aux plaisirs de la saison des sucres, découvrir, sacatabi, sacatabac,les secrets de la Hotte du colporteur
.


 

dimanche 19 novembre 2017

Les "patates biélorusses" de la soirée conte par Sylvie de Berg "L'art du Secret"

Touchés. Touchées. Applaudissements nourris. 
Dans une simplicité rare Sylvie de Berg a offert aux oreilles écouteuses, des contes qui les ont emportées. Comment ? En utilisant un "vous" qui prend des allures de "tu", si bien que les coeurs présents ont tous, chacun, vibrés. Du secret du premier  tambour au secret du premier amour. Tout un art exposé la voix souriante et tranquille, entre doute et certitude. Pas besoin du tambour, le mot suffit, pas besoin de plumes, l'aigle s'envole. L'amour est là.



Comme étaient là, au comptoir convivial, cidre jus de fruits et petits gâteaux et les patates Biélorusses (mon côté maternel) faites, avec amour, par votre servante. 
Je l'ai dit, je le fais. 
Voici  la vraie recette de ce que je remarque, nommée page 49 de l'ouvrage "La cuisine totalitaire" (de Vladimir et Olga Kaminer - chez BABEL)  Tarte "Petite patate"

Ingrédients : 
300 g de pâte à biscuits 
(ça commence ????? Kezaco ? ça c'est mon côté 
paternel français du sud-ouest)
100 g de crème pâtissière (facile à réaliser avec de la poudre de pudding)
(ça continue ??? De la poudre à pudding. 
Mais où vais-je trouver ça, sinon en 
3 cuillères à soupe de vodka 
Cacao et sucre glace : 2 cuillères à café de chaque.

Préparation :
faire cuire la pâte à biscuit, laisser refroidir et émietter !
Mélanger les miettes obtenues à la crème pâtissière et à la vodka.
Diviser le tout en plusieurs tas pour former de petites pommes de terre.
Réserver 30 mn au réfrigérateur.
Mélanger le cacao au sucre glace et rouler les petites patates dans cette poudre.

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------La qualité d'une conteuse -ou d'un conteur- étant de ne jamais être prise au dépourvu, je pousse cette qualité jusqu'au bouchon.
Je n'ai pas de pâte à biscuit. Comment faire ? TaKa acheter des biscuits bretons Lania et tu les émietteras ! Wouhaou, bonne idée, l'intelligence de la conteuse sourd ! 
Jamais entendu parler de poudre à pudding. Comment faire ? TaKa acheter de la crème pâtissière Lania ! Wouhaou coup sur coup une bonne idée : rarissime. Félicitations Lania.
(Pendant que je vous écris, à OO h 13 mes voisins du dessus, qui adorent les musiques 
des années 80, s'en donnent à coeur joie : pour un peu je croirais qu'ils battent le tambour. 
Je sens que je vais monter et m'inviter : c'est tout de même mieux que de les "eng...ler"
Donc en vrai, voilà comment je m'y suis prise pour que vous puissiez goûter, semble-t-il avec plaisir, les "patates biélorusses" de cette soirée contes.

1) J'ai acheté 300 g de palets bretons et je les ai émiettés. Comme j'ai fini par me fatiguer à le faire à la main,  j'ai pensé à glisser les gâteaux dans une poche plastique et à les écraser en passant par- dessus  le rouleau à pâtisserie ! (Marvelous idea, very easy, very easy)
2) j'ai cherché s'il existait de la crème pâtissière en poudre : bingo, elle existe du côté de mon oncle ANCEL Dr Oetker: il m'a suffit de suivre son mode d'emploi
3) je n'avais pas de vodka :-( j'ai mis du cognac.

Observations : 
- émietter les palets plutôt grossièrement ;
- ne pas hésiter à laisser reposer la pâte plus de 30 mn dans le réfrigérateur : elle sera plus facile à façonner en "pitites patates" aurait dit ma maman biélorusse ;
- prévoir quelques palets de plus si nécessaire pour que la pâte ne soit pas trop trop molle.

Voilà, c'est fini. Désolée je n'ai pas pensé à faire une photo de mon beau plateau de petites patates. Mais j'ai gardé un peu de pâte pour en faire d'autres à l'adresse de ma fille. Je ferai la photo.

Il est O h 33 et mes voisins du dessus se marrent comme des moules :  au moins ça fait plaisir à entendre à me le dire, si vous le voulez bien; Cette vidéo date de 2008 si mes propres souvenirs sont exacts.