dimanche 19 novembre 2017

Les "patates biélorusses" de la soirée conte par Sylvie de Berg "L'art du Secret"

Touchés. Touchées. Applaudissements nourris. 
Dans une simplicité rare Sylvie de Berg a offert aux oreilles écouteuses, des contes qui les ont emportées. Comment ? En utilisant un "vous" qui prend des allures de "tu", si bien que les coeurs présents ont tous, chacun, vibrés. Du secret du premier  tambour au secret du premier amour. Tout un art exposé la voix souriante et tranquille, entre doute et certitude. Pas besoin du tambour, le mot suffit, pas besoin de plumes, l'aigle s'envole. L'amour est là.



Comme étaient là, au comptoir convivial, cidre jus de fruits et petits gâteaux et les patates Biélorusses (mon côté maternel) faites, avec amour, par votre servante. 
Je l'ai dit, je le fais. 
Voici  la vraie recette de ce que je remarque, nommée page 49 de l'ouvrage "La cuisine totalitaire" (de Vladimir et Olga Kaminer - chez BABEL)  Tarte "Petite patate"

Ingrédients : 
300 g de pâte à biscuits 
(ça commence ????? Kezaco ? ça c'est mon côté 
paternel français du sud-ouest)
100 g de crème pâtissière (facile à réaliser avec de la poudre de pudding)
(ça continue ??? De la poudre à pudding. 
Mais où vais-je trouver ça, sinon en 
3 cuillères à soupe de vodka 
Cacao et sucre glace : 2 cuillères à café de chaque.

Préparation :
faire cuire la pâte à biscuit, laisser refroidir et émietter !
Mélanger les miettes obtenues à la crème pâtissière et à la vodka.
Diviser le tout en plusieurs tas pour former de petites pommes de terre.
Réserver 30 mn au réfrigérateur.
Mélanger le cacao au sucre glace et rouler les petites patates dans cette poudre.

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------La qualité d'une conteuse -ou d'un conteur- étant de ne jamais être prise au dépourvu, je pousse cette qualité jusqu'au bouchon.
Je n'ai pas de pâte à biscuit. Comment faire ? TaKa acheter des biscuits bretons Lania et tu les émietteras ! Wouhaou, bonne idée, l'intelligence de la conteuse sourd ! 
Jamais entendu parler de poudre à pudding. Comment faire ? TaKa acheter de la crème pâtissière Lania ! Wouhaou coup sur coup une bonne idée : rarissime. Félicitations Lania.
(Pendant que je vous écris, à OO h 13 mes voisins du dessus, qui adorent les musiques 
des années 80, s'en donnent à coeur joie : pour un peu je croirais qu'ils battent le tambour. 
Je sens que je vais monter et m'inviter : c'est tout de même mieux que de les "eng...ler"
Donc en vrai, voilà comment je m'y suis prise pour que vous puissiez goûter, semble-t-il avec plaisir, les "patates biélorusses" de cette soirée contes.

1) J'ai acheté 300 g de palets bretons et je les ai émiettés. Comme j'ai fini par me fatiguer à le faire à la main,  j'ai pensé à glisser les gâteaux dans une poche plastique et à les écraser en passant par- dessus  le rouleau à pâtisserie ! (Marvelous idea, very easy, very easy)
2) j'ai cherché s'il existait de la crème pâtissière en poudre : bingo, elle existe du côté de mon oncle ANCEL Dr Oetker: il m'a suffit de suivre son mode d'emploi
3) je n'avais pas de vodka :-( j'ai mis du cognac.

Observations : 
- émietter les palets plutôt grossièrement ;
- ne pas hésiter à laisser reposer la pâte plus de 30 mn dans le réfrigérateur : elle sera plus facile à façonner en "pitites patates" aurait dit ma maman biélorusse ;
- prévoir quelques palets de plus si nécessaire pour que la pâte ne soit pas trop trop molle.

Voilà, c'est fini. Désolée je n'ai pas pensé à faire une photo de mon beau plateau de petites patates. Mais j'ai gardé un peu de pâte pour en faire d'autres à l'adresse de ma fille. Je ferai la photo.

Il est O h 33 et mes voisins du dessus se marrent comme des moules :  au moins ça fait plaisir à entendre à me le dire, si vous le voulez bien; Cette vidéo date de 2008 si mes propres souvenirs sont exacts.



mercredi 15 novembre 2017

Mardi 14 novembre salle Guy Ropartz 1ère du film "Les Rumeurs de Babel"

Réalisatrice-documentariste : Brigitte Chevet, sans oublier aucun membre de son équipe "sans lequel ce film ne serait pas son film", pour FR3
Ecrivain : Yvon Le Men, celui qui nous invite  à "Ouvrez la porte au loup" et à sentir  "Le poids d'un nuage"entre autres, dont "Les Rumeurs de Babel", ouvrage écrit à l'occasion d'une résidence dans le quartier Maurepas "centre de Rennes" devenu, dit-il.

Quatrième de couverture

ici c’est chez vous
et chez moi aussi
chez nous
parce que vous
l’avez bien voulu
pour notre bien
dû aussi
au mal que vous avez fait
chez nous
à cause
de certains parmi nous
qui nous ont fait du mal
malgré
certains d’entre vous
qui nous voulaient du bien

18 h 30 et quelques minutes supplémentaires, -je quitte une heure conte en école- d'où petit retard. J'entre. Me voilà happée par l'assistance venue... en nombre.  Je ne vais pas avoir de place.  Tous-les-gradins-sont-occupés. "Bonjour Florence... je cherche un siège, sinon je reviens m'asseoir dans l'escalier auprès de toi"
Finalement, je dois ma place à la gentillesse de quatre personnes au milieu desquelles trône un fauteuil qui s'énervait à m'attendre.

Quelques paroles plus tard, de chacun et chacune sur la scène -le producteur, le représentant de la chaîne TV FR3, Yvon Le Men et Brigitte Chevet*, discrètement présente- je plonge, comme tous et toutes, dans l'obscurité d'un beau silence.

Je croyais connaître Maurepas. Je découvre de nouvelles pelouses,  un quartier vu des toits, -Brigitte Chevet utiliserait-elle un drôle ?- je goûte à des prises de vue soufflantes : Vone chantant des paroles "que vous ne comprendrez pas" dit-elle lors d'un moment lecture avec Yvon Le Men dans le local associatif de "Rue des Livres" Oui je n'ai rien compris, mais l'émotion fait que je devine ou soupçonne ou invente. Qu'est-ce que ne pas comprendre ?

Je découvre un quartier aux nuits bruyantes, certes, mais terriblement vivant, où l'on se reconnaît et s'épaule, où l'on se soutient amicalement.

Pourquoi n'avez-vous pas parlé du quartier du Gast ?
Quartier du Gast ? Ce que  j'y ai vécu ne me donne pas envie, pour ma part, d'en parler. Quoique : quelques anecdotes amusantes pourraient être dites.

Bref une soirée "must", forte en découvertes et en contenu, apparemment autant d'un côté de la scène que de l'autre, pour en avoir entendu parler cet après midi, alors que j'assistais à un "décrochage joyeux", celui de l'exposition de la délicieuse  photographe "amateur" dit-elle avec sérieux, j'ai nommé @CathyLeScolan.

Vous savez presque tout. Est-il utile de tout dire ? Pour avoir votre propre point de vue guettez donc le passage du film sur FR3. Si je me souviens bien, il sera projeté après l'édition de la nuit, le vendredi 23 Novembre. Je vais vérifier de ce pas.


Brigitte Chevet camerawoman

mercredi 8 novembre 2017

Conte indien de l'Inde : si vous vouliez la fin, :-) demandez-la moi :-)

- CONTES INDIENS - 

Arkbal Birbal et les 10 idiots

Dix idiots à trouver ? Quelle drôle d'idée? ……………………….


Arkbal était un riche et puissant empereur
Il vivait dans un immense palais
  au milieu
D’un millier de fenêtres
D’un millier d’escaliers
D’un millier de balcons embalustradés
D’un millier de jardins en bosquets fleuris
D’un millier de fontaines joyeuses et de rosiers parfumés
D’un millier de servantes et de serviteurs
Mais de seulement neuf sages…
Neuf sages qui l’ennuyaient profondément

Je me trompe. 
Pas neuf, huit 
et le neuvième, qui s’appelait Birbal, n’ennuyait pas l'empereur Arkbal. Pourquoi, vous demandez-vous ?
Parce que Birbal parlait, -pensait l’empereur Arkbal-, avec des mots qui n’étaient pas des mots mais des clefs pour ouvrir le monde. Et ces clefs étaient importantes pour l’empereur Arkbal.  Figurez-vous que l’empereur Arkbal, tout empereur qu’il était, ne savait ni lire ni écrire.
L’empereur Arkbal, tout empereur qu’il était, était un illettré.
—=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

Voilà qu’un jour
Arkbal convoque Birbal. Birbal se rend à la convocation. Il est persuadé qu’il y rencontrera les 8 autres ministres. Mais que nenni. Quand Birbal entre dans la grande salle du conseil il se rend compte qu’il est tout seul. Il est intrigué. Pour quelle raison Arkbal son empereur l’aurait-il convoqué ?


Quand Birbal l’apprend, il n’en revient pas. C’était clair, l’empereur s’interrogeait. Et ça se voyait
Il était assis sur un petit siège capitonné,
son turban bleu pâle incliné 
son coude droit appuyé sur sa cuisse gauche pour mieux faire brain gym,  traduisez « pour mettre ses neurones en connexion »
et son menton, tendu en avant, reposait lui sur son majeur. 
il est clair qu’il s’interrogeait
et il y a de quoi s’interroger. Birbal, sous l’annonce s’interroge à son tour : 
Comment un empereur peut-il avoir envie qu’on, pardon, qu’il…. lui ramène les dix hommes les plus….. Zidiots  de l’empire !
Comment un empereur peut-il penser que dans son empire il existerait dix idiots !!!!!



Arkbal lit l’étonnement de son sage préféré sur son visage. Il s'empresse de le rassurer en lui disant qu’il ne doit pas faire la tête, qu’il a un mois pour trouver les dix idiots mais qu’après un mois, il… ? Arkbal ne termine pas sa phrase 
Mais Birbal oui. 
À voix basse il se dit "Après ça je serai jeté aux fauves, pendu, décapité » et toutes ses possibilités l’effraient… et ce, non sans raison, puisqu’il voit l’empereur souligner sa gorge d’un trait. 
Birbal a la réponse. Il peut…. craindre pour sa vie. Il craint pour sa vie. 

Birbal rassure l’empereur, il lui donne rendez-vous avant la fin du mois et il se retire….. les mains jointes sur la poitrine, la tête courbée et à reculons, en signe de déférence, et en répétant  « Seigneur, il sera fait selon ton désir » et il s’incline régulièrement en s’éloignant en s’éloignant en s’éloignant

Et il dévale les escaliers à toute allure, 
traverse aussi vite le hall immense et plus encore du fait de ses hautes colonnes de marbre blanc, sort du palais, de même et s’arrête net 
en se prenant à croire
à la chance.


Parce qu’à moins que ses yeux ne le trompent, son premier idiot 
il se tient là devant lui.  
En effet, comment appeler autrement cet homme qui lui répond que s’il porte un fagot sur son turban rouge, lui-même posé sur sa tête c’est parce que l’animal ne supporterait pas de porter leur double charge ! 
Birbal retient son rire et s’adresse au drôle de cavalier:
«Ton cheval a de la chance 
et toi tu es un grand chanceux, 
Suis-moi parce que l’Empereur  
veut te voir ! »

« L’empereur veut me voir ?… » Etonnement du drôle de cavalier.
« Oui il veut te voir » 
et Birbal poursuit son chemin cheval et cavalier sur les talons tout en se frottant les mains et en pensant
plus que 9 idiots à trouver. 
Quelle chance, quelle chance, quelle super chance ! 

-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-







quand soudain des cris l'attirent. 
Il tourne la tête. Il aperçoit des bras qui s’étirent… au-dessus d'un fossé et d'un turban bleu
Un homme dans un fossé, il est peut-être blessé, il doit l’aider. Birbal se précipite.  Mais quand il veut attraper les mains de l’homme celui-ci se met à hurler
« Pas par les mains ! Pas par les mains ! »
Birbal a le sens de la fête, il s’adapte. Il saisit l’homme par la taille et l'extirpe  hors du fossé. Mais alors que l’homme est sauvé, il garde toujours ses bras bien tendus et ses mains bien écartées. Pourquoi ?  La réponse qu’il obtient lui enseigne qu’il a trouvé là son deuxième idiot. En effet, comment appeler autrement cet homme qui répond qu'il garde les bras tendus et les mains écartées pour ne pas perdre la dimension de la marmite que sa femme lui a demandé d’acheter au marché ?

 Birbal retient son rire ; il dit seulement 
« Ta femme a bien de la chance 
et toi tu es  un grand chanceux, 
suis-moi, l’Empereur  veut te voir ! »
 L’homme marmonne : l’empereur veut me voir 
l’empereur veut me voir
pendant que Birbal poursuit son chemin 
cheval, cavalier 
et hommes aux mains écartées sur les talons et se frottant les mains
plus que 8 idiots à trouver. 
Quelle chance, quelle chance, quelle super chance ! 

Quand soudain Birbal entend un hurlement. 
Il relève la tête. Un homme se précipite sur eux turban jaune safran  en tête. Aucun doute à avoir, l'homme va les heurter.  Birbal tend les bras en avant pour amortir le choc tout en pensant que la chance l’accompagne et qu’il n’est pas loin de rencontrer son troisième idiot. Car en effet, comment ne pas appeler idiot 
cet homme qui lui répond que s’il ne crie pas...
fort 
et s’il ne court pas...
vite 
la mesure de la portée de sa voix sera faussée !   

Birbal retient son rire et répond simplement  
« Tu es réfléchi toi, et tu es chanceux,  
suis-moi, l’ Empereur veut te voir ! 

L’empereur veut me voir 
l’empereur veut me voir
Pendant que le crieur  s’étonne que l'empereur veuille le rencontrer,
Birbal se frotte les mains et pense  
«  Chance pour moi 
plus que 7  idiots à trouver »


Birbal poursuit son chemin avec sur ses talons
  • cheval et cavalier à pied pour ne pas fatiguer sa monture
  • homme mains écartées aux mesures d’une marmite
  • homme qui crie fort et court vite pour ne pas fausser la portée de sa voix

Un peu plus loin la petite troupe arrive au bord d’un grand parc. L’entrée est une porte de fer travaillée avec merveille : diamants et émeraudes, rendent éblouissante, sous le soleil,  la roue d’un paon. Un paon sur chacun des deux battants. Devant cette porte immense, deux hommes  aux turbans l’un vert l’autre violet,  tiennent une discussion visiblement houleuse aux mouvements des deux turbans. Du style index pointants alternativement et formule répétitive
« c’est toi !
non c’est pas moi… c'est toi" 
Birbal retient un double sourire : assurément le voilà en présence de deux idiots d’un coup ?  
En effet, comment ne pas appeler 
idiots…. 
deux amis qui répondent que s’ils se…. 
disputent 
c’est parce que l’un a demandé aux dieux de lui obtenir un buffle qu’il fera travailler quand l’autre a demandé un tigre qui, mangeant le buffle de l’un l’empêcherait de travailler !!! 
Birbal retient son rire. La dispute s’interrompt. Il en profite pour dire avant qu’elle ne reprenne 
« Faites plutôt la paix vous deux 
et suivez-moi vous êtes chanceux, 
l’Empereur  veut faire votre connaissance ! »

L’empereur veut faire notre connaissance
l’empereur veut faire notre connaissance. 
Les deux hommes s’étonnent.
Birbal se frotte les mains. Il  pense  
«  Deux idiots d’un coup
Chance pour moi 
plus que 5  idiots à trouver »

Et Birbal poursuit son chemin avec sur ses talons
  • cheval mais cavalier à pied pour ne pas fatiguer sa monture
  • homme mains écartées, aux mesures d’une marmite
  • homme qui crie fort et court vite pour ne pas fausser la portée de sa voix
  • deux amis qui se disputent toujours pour savoir qui, du tigre ou du buffle, mange l'autre .

Soudain un homme surgit. Il porte sur sa tête un turban rose et sur le turban rose une jarre d’huile. Il connaît les deux amis qui se disputent toujours. Il stoppe la troupe et conseille Birbal 
«Promis juré, ne prends surtout pas 
ces deux-là au sérieux. 
Ils ne cessent, n’ont cessé et ne cesseront jamais de se disputer » Et il ajoute 
"Que mon sang se répande comme cette huile que je porte si ces deux hommes arrêtaient de se battre ! » 
Mais dans le mouvement qu'il fait la jarre bascule offrant toute l’huile à la terre qui s’en régale. L’homme est déconfit. il se met à pleurer ! »

Birbal pense qu’il a trouvé son 5ème idiot !
Il retient son rire et dit  au porteur d’huile
« Tu n’es pas chanceux l'ami, 
mais arrête de pleurer car tu l'es tout de même : 
suis-moi, l’Empereur veut faire ta connaissance ! »

L’homme litanise : 
l’empereur veut faire ma connaissance, 
L’empereur veut faire ma connaissance 
Birbal lui…. visualise en se frottant les mains 
«  Chance pour moi plus que 4 idiots à trouver


Brilla Le Sage poursuit son chemin avec sur ses talons
  • cheval mais cavalier à pied pour ne pas fatiguer sa monture
  • homme mains écartées, aux mesures d’une marmite
  • homme qui crie fort et court vite pour ne pas fausser la portée de sa voix
  • deux amis qui se disputent toujours pour savoir, du tigre ou du buffle, lequel mange l'autre .
  • homme à la jarre d’huile, qui rapporte à propos d’autrui


-=-=-=-=-=—=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=—=-=-=—=-=-=-=-=-


Soit derrière Birbal le sage tout réjouit d’avoir trouvé en un seul jour six idiots, un choeur de six hommes, répétant esbaudis 
-vous qui lisez ou vous qui écoutez pouvez en faire autant-
« l’empereur veut faire ma connaissance
l’empereur veut faire ma connaissance 
l’empereur veut faire ma connaissance
l’empereur veut faire ma connaissance 
l’empereur veut faire ma connaissance 
l’empereur veut faire ma connaissance» 
et le sage Birbal se réjouit que cette recherche puisse lui demander moins d'un mois.  D’ailleurs, à ce rythme-là, ....  peut-être vaut-il mieux reprendre la direction du palais ?

 Soudain inspiré, Birbal Le Sage, emprunte un raccourci droit direction le palais.

samedi 4 novembre 2017

Sur le magazine "Les Rennais nov-déc17 : manger une tour Eiffel

ça donne envie
"une tour Eiffel en crêpe, de la purée en forme de carotte... et bien autres choses encore grâce aux l'imprimante 3D du Cercle Culinaire Contemporain sis à Rennes.
 moi, contant dans un lieu  si magique que la parole s'y dédouble
 le chemin allant vers la bastide
 la bastide
 conteur au repos
 Petite Marie au bout du bout du bout du Morbihan
 à trois pas de la célèbre petite chapelle
 entremets exquis en peau dès l'enfance jusqu'au  pain

Et me reviennent l'étonnement et le rire des spectateurs et trices quand je clôture l'enchaînement conteur de "Elle court, elle court la petite Marie, mais où court-elle ?" en disant 
"Aujourd'hui, c'est ainsi qu'on obtient le pain.... par imprimante" 
Et que je poursuis en faisant dire à la petite-fille de la grand-mère " 
"Maman donne-moi des céréales de Tatie Muesli !"
Concluant 
"Ainsi les enfants, filles ou garçons déjeunent-ils aujourd'hui" 
Je pratique la visualisation. 
Je fais du "conte éveillé" et parfois "réveillé"
Ce texte, je l'ai écrit en 1998. Et je l'ai dédié à Monsieur Larroque, anciennement le très célèbre boulanger de la place des cornières d'une bastide qui me fut chère et le devient pour un tas d'oreilles qui pensent,  (universel, bonjour) au village et au boulanger de leur enfance et viennent me le dire. Emotion. D'autant plus que le jour où je suis entrée dans ce village pour le contacter et dire à ce boulanger ainsi qu'à son épouse, la magie du goût de son "petit pain doux chaud et sucré", des cloches sonnaient une sorte de fin d'enterrement : le sien. Fin, émue.

lundi 30 octobre 2017

Petite histoire de non-violence -Rennes- Landrel, "La Flamme et le Souffle, Mouvement de la Paix Bretagne

 Petite histoire de non-violence lors d’un vernissage à ciel ouvert dans un quartier rennais
Non-violence : un concept pas si facile à exploiter. 
Entrer au Mouvement de la Paix, quartier du Blosne, square de Galicie, c’est tout de
même rejoindre l'Histoire,
un historique et une opinion politique et accepter l'utilisation d'un comportement. 
Non violent par exemple. Et justement, à ce propos, un fait “divers” m’a beaucoup 
interrogée sur moi-même au début de l’été.
Le projet de Victor Cova Correa, conteur, sur un quartier voisin du Blosne. Si voisin,
que j’y ai retrouvé l'enfant avec lequel le fait divers s’était produit. Quand il m'aperçoit l'ahurissement se lit sur son visage. Il se questionne; Que va-t-elle dire ? Que faut-il 
que je fasse ?

Je m'approche. Lui parle. Lui demande de m'apprendre à dire "bonjour" ainsi qu'il le
fait avec ses copains. Je lui dis que d'un endroit à un autre on peut être différent et
qu'on peut décider d'être au mieux partout ailleurs. Depuis... ? Quand il me rencontre
sur son visage naît un sourire éblouissant auquel j'offre le mien.

Je l’ai retrouvé lors du vernissage de LA Fresque (par l'association
#LeSouffleetlaFlamme et ses partenaires) à la peinture de laquelle il a participé. Il y
avait des gâteaux, des bonbons, des boissons. Je servais, avec le conteur... 
tout en écoutant les musiciens





... lorsque trois enfants sont venus me demander .... des ciseaux.
Des ciseaux, ici ? Pourquoi faire ?
Pour couper un ballon !
Couper un ballon ? Pourquoi faire ?
Là, moment d’hésitation de tous, puis reprise de parole, maladroite, par l’un
des trois
“Pour faire une fronde”
Regards menaçants des deux autres envers celui qui vient de me répondre et
étonnement de ma part
“Une fronde ! avec un ballon ? Je vous reprends les ciseaux les enfants, 
une fronde, même avec un ballon, c’est une arme et à la Maison de la Paix, 
que vous côtoyez, vous le savez, les armes ne sont pas les bienvenues ! 
Vous êtes d’accord ?”
Ils ont tous hoché de la tête. Ils se sont éloignés. Un, brin dépité. Deux, mécontents.
Quelques instant plus tard, je raconte le petit événement. Une enfant écoute. Elle
s’immisce d’un air mi-grave-mi-rieur
“Ils l’ont quand même faite, la fronde, Lania !”
Naïve : “Ah bon ?”
“Hé oui " me répond-elle, rieuse”
Elle est délicieuse. Je lui ai donc expliqué ma façon de penser.
L’important était d’avoir posé un interdit. Le respecter, ou pas, leur appartenait.
Dans le second cas, s'il arrivait quelque chose, ils devraient assumer
la responsabilité de leur refus .

Fin de l'Instant
26 10 17

jeudi 5 octobre 2017

Aïka et Bêk ... au 30 avril en forêt de Sibérie

C'est curieux, ce matin 5 octobre me voilà arrêtée au 30 avril.
C'est ça, par la magie de la lecture.

"Dans les forêts de Sibérie" par Sylvain Tesson
Un livre qui m'accompagne depuis... peut-être deux mois. Un livre dont je recule l'instant d'arriver à la fin parce que je ne veux pas arriver à la fin. Un livre que je goûte, presque à chaque mot jusqu'au mot "soûler" que je déteste. Comment ne pas déposer un extrait ?
J'hésitais, j'avais la flemme, il y a tant d'extraits possibles, sur lesquels je me suis arrêtée.  Mais ce matin, l'arrêt s'impose. Au risque de me répéter, à celui de vous ennuyer, me voilà au 30 avril et je ne vous dirai pas combien de fois je l'ai déjà lu.
Pourquoi ?
Comme je le dis aux enfants, les "pourquoi ?" ne m'intéressent pas. Je ne connais pas toujours -d'ailleurs peut-être jamais- la réponse aux "pourquoi ?" Je leur préfère les "comment ?"
Et ne me demandez surtout pas pourquoi !

Donc l'arrêt s'impose, ce 4 octobre 17, rennais, gris, mat, plat, humide, silencieux, volubilis, papyrus et ficus sur mon balcon, ces deux derniers pour donner une touche verte et violette à ce texte signé #SylvainTesson,  p.170-171 #Gallimard.

30 avril
La taïga est noire. La neige disparaît des branches des arbres. Les montagnes sont frappées de taches sombres. Aïka et Bêk se précipitent sous la fenêtre aux lueurs de l'aube. Quand deux petits chiens vous fêtent au matin, la nuit prend la saveur de l'attente. La fidélité du chien n'exige rien, pas un devoir. Son amour se contente d'un os. Les chiens ? On les fait coucher dehors, on leur parle comme à des charretiers, de temps en temps, vlan ! une baffe dans les côtes. Ce qu'on leur offre en coups, ils nous le rendent en bave. Et je comprends soudain pourquoi les hommes ont fait du chien leur meilleur ami : c'est une pauvre bête dont la soumission n'a pas à être payée en retour. Une créature qui correspondait donc parfaitement à ce que l'homme est capable de donner.

Nous jouons sur la plage. Je leur lance l'os de cerf déniché par Aïka. Ils ne se lassent jamais de me le rapporter. Ils en mourraient. Ces maîtres m'apprennent à peupler la seule patrie qui vaille : l'instant* Notre péché à nous autres, les hommes, c'est d'avoir perdu cette fièvre du chien à rapporter le même os. Pour être heureux, il faut que nous accumulions chez nous des dizaines d'objets de plus en plus sophistiqués. La pub nous lance son "va chercher !" Le chien a admirablement réglé le problème du désir.

Contes dits avec les merveilleux instants musicaux de Cyprien Bole 
dans le cadre d'une collaboration avec Emilie Maj ethnologue

Longue marche jusqu'au cap des Cèdres du Sud avec les petites bêtes. Le ciel est en charpie et le vent s'est levé. A travers les nuages, des rayons balaient la taïga de traînées fauves et y plaquent des empiècements d'or... Les chiens s'arrêtent net devant une zone gorgée d'eau. Ils gémissent, refusent d'avancer et je m'engage à pas prudents pour leur montrer qu'ils peuvent passer. Un aigle tournoie, hors de portée. Le vent soulève des gerbes de paillettes. Elles deviennent poussière de pyrite quand elles croisent un rai de soleil. La forêt gronde sous les rafales. Les forces du printemps sont là. Je les sens, prêtes à l'attaque, n'osant pas encore la reconquête.

Le ciel est fou, ébouriffé d'air pur, affolé de lumière. Des images d'une intense beauté surgissent et disparaissent. Est-ce cela l'apparition d'un dieu ? Je suis incapable de prendre la moindre photo. Ce serait double injure : je pêcherais par  inattention : j'insulterais l'instant.

Quand nous arrivons au cap où je voulais.....

* l'un de mes blogs s'intitule ainsi. La capacité de goûter à l'instant m'enivre de plus en plus, de jour en jour ... et si bien, qu'à me soûler. :-)

"Dans les forêts de Sibérie" - Gallimard - Sylvain Tesson
Et de me permettre ce lien http://www.enfancesnomades.com 
et de préciser que les contes de Sibérie sont un de mes thèmes de prédilection : pour les enfants ou pour les adultes, dans les écoles, bibliothèques ou autres sites, ils sont prêts à l'écoute. Pour me contacter
lcomlania@gmail.com
07 70 34 90 72