mercredi 8 novembre 2017

Conte indien de l'Inde : si vous vouliez la fin, :-) demandez-la moi :-)

- CONTES INDIENS - 

Arkbal Birbal et les 10 idiots

Dix idiots à trouver ? Quelle drôle d'idée? ……………………….


Arkbal était un riche et puissant empereur
Il vivait dans un immense palais
  au milieu
D’un millier de fenêtres
D’un millier d’escaliers
D’un millier de balcons embalustradés
D’un millier de jardins en bosquets fleuris
D’un millier de fontaines joyeuses et de rosiers parfumés
D’un millier de servantes et de serviteurs
Mais de seulement neuf sages…
Neuf sages qui l’ennuyaient profondément

Je me trompe. 
Pas neuf, huit 
et le neuvième, qui s’appelait Birbal, n’ennuyait pas l'empereur Arkbal. Pourquoi, vous demandez-vous ?
Parce que Birbal parlait, -pensait l’empereur Arkbal-, avec des mots qui n’étaient pas des mots mais des clefs pour ouvrir le monde. Et ces clefs étaient importantes pour l’empereur Arkbal.  Figurez-vous que l’empereur Arkbal, tout empereur qu’il était, ne savait ni lire ni écrire.
L’empereur Arkbal, tout empereur qu’il était, était un illettré.
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Voilà qu’un jour
Arkbal convoque Birbal. Birbal se rend à la convocation. Il est persuadé qu’il y rencontrera les 8 autres ministres. Mais que nenni. Quand Birbal entre dans la grande salle du conseil il se rend compte qu’il est tout seul. Il est intrigué. Pour quelle raison Arkbal son empereur l’aurait-il convoqué ?


Quand Birbal l’apprend, il n’en revient pas. C’était clair, l’empereur s’interrogeait. Et ça se voyait
Il était assis sur un petit siège capitonné,
son turban bleu pâle incliné 
son coude droit appuyé sur sa cuisse gauche pour mieux faire brain gym,  traduisez « pour mettre ses neurones en connexion »
et son menton, tendu en avant, reposait lui sur son majeur. 
il est clair qu’il s’interrogeait
et il y a de quoi s’interroger. Birbal, sous l’annonce s’interroge à son tour : 
Comment un empereur peut-il avoir envie qu’on, pardon, qu’il…. lui ramène les dix hommes les plus….. Zidiots  de l’empire !
Comment un empereur peut-il penser que dans son empire il existerait dix idiots !!!!!



Arkbal lit l’étonnement de son sage préféré sur son visage. Il s'empresse de le rassurer en lui disant qu’il ne doit pas faire la tête, qu’il a un mois pour trouver les dix idiots mais qu’après un mois, il… ? Arkbal ne termine pas sa phrase 
Mais Birbal oui. 
À voix basse il se dit "Après ça je serai jeté aux fauves, pendu, décapité » et toutes ses possibilités l’effraient… et ce, non sans raison, puisqu’il voit l’empereur souligner sa gorge d’un trait. 
Birbal a la réponse. Il peut…. craindre pour sa vie. Il craint pour sa vie. 

Birbal rassure l’empereur, il lui donne rendez-vous avant la fin du mois et il se retire….. les mains jointes sur la poitrine, la tête courbée et à reculons, en signe de déférence, et en répétant  « Seigneur, il sera fait selon ton désir » et il s’incline régulièrement en s’éloignant en s’éloignant en s’éloignant

Et il dévale les escaliers à toute allure, 
traverse aussi vite le hall immense et plus encore du fait de ses hautes colonnes de marbre blanc, sort du palais, de même et s’arrête net 
en se prenant à croire
à la chance.


Parce qu’à moins que ses yeux ne le trompent, son premier idiot 
il se tient là devant lui.  
En effet, comment appeler autrement cet homme qui lui répond que s’il porte un fagot sur son turban rouge, lui-même posé sur sa tête c’est parce que l’animal ne supporterait pas de porter leur double charge ! 
Birbal retient son rire et s’adresse au drôle de cavalier:
«Ton cheval a de la chance 
et toi tu es un grand chanceux, 
Suis-moi parce que l’Empereur  
veut te voir ! »

« L’empereur veut me voir ?… » Etonnement du drôle de cavalier.
« Oui il veut te voir » 
et Birbal poursuit son chemin cheval et cavalier sur les talons tout en se frottant les mains et en pensant
plus que 9 idiots à trouver. 
Quelle chance, quelle chance, quelle super chance ! 

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quand soudain des cris l'attirent. 
Il tourne la tête. Il aperçoit des bras qui s’étirent… au-dessus d'un fossé et d'un turban bleu
Un homme dans un fossé, il est peut-être blessé, il doit l’aider. Birbal se précipite.  Mais quand il veut attraper les mains de l’homme celui-ci se met à hurler
« Pas par les mains ! Pas par les mains ! »
Birbal a le sens de la fête, il s’adapte. Il saisit l’homme par la taille et l'extirpe  hors du fossé. Mais alors que l’homme est sauvé, il garde toujours ses bras bien tendus et ses mains bien écartées. Pourquoi ?  La réponse qu’il obtient lui enseigne qu’il a trouvé là son deuxième idiot. En effet, comment appeler autrement cet homme qui répond qu'il garde les bras tendus et les mains écartées pour ne pas perdre la dimension de la marmite que sa femme lui a demandé d’acheter au marché ?

 Birbal retient son rire ; il dit seulement 
« Ta femme a bien de la chance 
et toi tu es  un grand chanceux, 
suis-moi, l’Empereur  veut te voir ! »
 L’homme marmonne : l’empereur veut me voir 
l’empereur veut me voir
pendant que Birbal poursuit son chemin 
cheval, cavalier 
et hommes aux mains écartées sur les talons et se frottant les mains
plus que 8 idiots à trouver. 
Quelle chance, quelle chance, quelle super chance ! 

Quand soudain Birbal entend un hurlement. 
Il relève la tête. Un homme se précipite sur eux turban jaune safran  en tête. Aucun doute à avoir, l'homme va les heurter.  Birbal tend les bras en avant pour amortir le choc tout en pensant que la chance l’accompagne et qu’il n’est pas loin de rencontrer son troisième idiot. Car en effet, comment ne pas appeler idiot 
cet homme qui lui répond que s’il ne crie pas...
fort 
et s’il ne court pas...
vite 
la mesure de la portée de sa voix sera faussée !   

Birbal retient son rire et répond simplement  
« Tu es réfléchi toi, et tu es chanceux,  
suis-moi, l’ Empereur veut te voir ! 

L’empereur veut me voir 
l’empereur veut me voir
Pendant que le crieur  s’étonne que l'empereur veuille le rencontrer,
Birbal se frotte les mains et pense  
«  Chance pour moi 
plus que 7  idiots à trouver »


Birbal poursuit son chemin avec sur ses talons
  • cheval et cavalier à pied pour ne pas fatiguer sa monture
  • homme mains écartées aux mesures d’une marmite
  • homme qui crie fort et court vite pour ne pas fausser la portée de sa voix

Un peu plus loin la petite troupe arrive au bord d’un grand parc. L’entrée est une porte de fer travaillée avec merveille : diamants et émeraudes, rendent éblouissante, sous le soleil,  la roue d’un paon. Un paon sur chacun des deux battants. Devant cette porte immense, deux hommes  aux turbans l’un vert l’autre violet,  tiennent une discussion visiblement houleuse aux mouvements des deux turbans. Du style index pointants alternativement et formule répétitive
« c’est toi !
non c’est pas moi… c'est toi" 
Birbal retient un double sourire : assurément le voilà en présence de deux idiots d’un coup ?  
En effet, comment ne pas appeler 
idiots…. 
deux amis qui répondent que s’ils se…. 
disputent 
c’est parce que l’un a demandé aux dieux de lui obtenir un buffle qu’il fera travailler quand l’autre a demandé un tigre qui, mangeant le buffle de l’un l’empêcherait de travailler !!! 
Birbal retient son rire. La dispute s’interrompt. Il en profite pour dire avant qu’elle ne reprenne 
« Faites plutôt la paix vous deux 
et suivez-moi vous êtes chanceux, 
l’Empereur  veut faire votre connaissance ! »

L’empereur veut faire notre connaissance
l’empereur veut faire notre connaissance. 
Les deux hommes s’étonnent.
Birbal se frotte les mains. Il  pense  
«  Deux idiots d’un coup
Chance pour moi 
plus que 5  idiots à trouver »

Et Birbal poursuit son chemin avec sur ses talons
  • cheval mais cavalier à pied pour ne pas fatiguer sa monture
  • homme mains écartées, aux mesures d’une marmite
  • homme qui crie fort et court vite pour ne pas fausser la portée de sa voix
  • deux amis qui se disputent toujours pour savoir qui, du tigre ou du buffle, mange l'autre .

Soudain un homme surgit. Il porte sur sa tête un turban rose et sur le turban rose une jarre d’huile. Il connaît les deux amis qui se disputent toujours. Il stoppe la troupe et conseille Birbal 
«Promis juré, ne prends surtout pas 
ces deux-là au sérieux. 
Ils ne cessent, n’ont cessé et ne cesseront jamais de se disputer » Et il ajoute 
"Que mon sang se répande comme cette huile que je porte si ces deux hommes arrêtaient de se battre ! » 
Mais dans le mouvement qu'il fait la jarre bascule offrant toute l’huile à la terre qui s’en régale. L’homme est déconfit. il se met à pleurer ! »

Birbal pense qu’il a trouvé son 5ème idiot !
Il retient son rire et dit  au porteur d’huile
« Tu n’es pas chanceux l'ami, 
mais arrête de pleurer car tu l'es tout de même : 
suis-moi, l’Empereur veut faire ta connaissance ! »

L’homme litanise : 
l’empereur veut faire ma connaissance, 
L’empereur veut faire ma connaissance 
Birbal lui…. visualise en se frottant les mains 
«  Chance pour moi plus que 4 idiots à trouver


Brilla Le Sage poursuit son chemin avec sur ses talons
  • cheval mais cavalier à pied pour ne pas fatiguer sa monture
  • homme mains écartées, aux mesures d’une marmite
  • homme qui crie fort et court vite pour ne pas fausser la portée de sa voix
  • deux amis qui se disputent toujours pour savoir, du tigre ou du buffle, lequel mange l'autre .
  • homme à la jarre d’huile, qui rapporte à propos d’autrui


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Soit derrière Birbal le sage tout réjouit d’avoir trouvé en un seul jour six idiots, un choeur de six hommes, répétant esbaudis 
-vous qui lisez ou vous qui écoutez pouvez en faire autant-
« l’empereur veut faire ma connaissance
l’empereur veut faire ma connaissance 
l’empereur veut faire ma connaissance
l’empereur veut faire ma connaissance 
l’empereur veut faire ma connaissance 
l’empereur veut faire ma connaissance» 
et le sage Birbal se réjouit que cette recherche puisse lui demander moins d'un mois.  D’ailleurs, à ce rythme-là, ....  peut-être vaut-il mieux reprendre la direction du palais ?

 Soudain inspiré, Birbal Le Sage, emprunte un raccourci droit direction le palais.
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