lundi 11 juillet 2016

I - "Vaniouchka et la Nef Volante", conte russe- Introduction inspirée de Per Jakez Helias

#PerJakezHelias la tenait de son père qui la tenait lui-même de son grand-père, qui la tenait lui-même de son grand-père qui la tenait lui-même.... il y a longtemps
il était une fois,
Petit Bonhomme Petit Vieux viens-t'en vite viens-t'en voir marron qui veut devenir myrtille. Je sais le Breton
Quel breton ?
Breton de pierre !
Quelle pierre !
Pierre à tique
Quelle Tique ?
Tiques de pain !
Quel pain ?
Pain de fuseau !
Quel fuseau ?
Fuseau de lavande !*

Quelle lavande ?
Lavande du village
Quel village  ?
Village de terre
Quelle terre ?
Terre jaune !
Quel jaune ,
Jaune d'oeuf !
Quel oeuf ?
Oeuf de poule !
Quelle poule ?
Poulette blanche avec sa crête comme une toque sur sa tête et plus brillante que l'argent...
Le conte vient maintenant....
*Après tout peut-être que l'arrière, arrière, arrière, arrière grand-père de Per Jakez Hélias 
connaissait-il le village de Montcuq où l'on cultive aussi la lavande, 
où plus près de la profonde Bretagne le quartier du Gast à Rennes, 
où il en pousse sur les bordures de trottoirs.

Le conte vient maintenant.... et c'est
L'un de mes tout premiers.

Vaniouchka et la nef volante



Il était une fois, dans le 7ème royaume au bout de la 7ème vallée Piotr le moujik, Nadedja sa femme Yvan, Vassili et Vaniouchka leurs trois fils. 

Un jour dans leur village est passé un tambourinaire. Il s'est installé au milieu de la place du village et dès les premiers roulements de ses baguettes sur la peau du tambour tararara tararararatatata, enfants femmes et hommes l'ont entouré. Vassili et Yvan se sont précipités à leur tour. Ils sont suivis par leur petit frère Vaniouchka, qui n'en voulant rien montrer se cache dans la foule derrière leur dos.

A la fin des roulements le tambourinaïre déroule dans le silence un parchemin. Il lit le texte à voix haute :
"Moi, votre Tsar Dimitri j'ai décidé de marier ma fille la jolie tsarine Anastasia. J'invite tous les jeunes gens, jeunes hommes, hommes dans la force de l'âge ou pas que je marierai la belle tsarine Anastasia à une seule condition : qu'il sache me ramener une nef volante" et tararara tararararatatata les roulements de tambour reprennent et cessent, la foule s'éloigne et les deux frères se  frottent les mains.  "Viens Vassili, l'un de nous deux épousera la jolie tsarine, on va la trouver la nef volante, allons annoncer notre départ à notre mère !" Ils s'éloignent. Vaniouchka s'éloigne à son tour.

"Où étais-tu ?" dit sa mère, "petit vaurien"
"Où étais-tu,  grand fainéant ?" dit le père

Vaniouchka est le souffre douleur de la famille, père, mère et frères. Il ne répond rien. Il regarde sa mère préparer deux besaces : dedans elle glisse du vin, du fromage, de belles brioches fondantes, gonflées et dorées. Enfin elle embrasse ses fils et auprès de leur père elle les regarde s'éloigner et disparaître à l'horizon. "Bon retour mes fils"

Ils marchent, marchent. Bientôt ils croisent un homme âgé, si âgé que tout courbé "Bonjour mes fils, j'ai faim vous aurez bien quelque chose à partager avec moi" leur dit-il. Les garçons sont sans pitié, même l'unique dent tremblotante du vieillard ne les émeut pas. Ils répondent froidement 
"Vieillard, nous ne pouvons rien partager, nos besaces ne contiennent que des pommes de pin" 
Le vieil homme grommelle "soit des pommes de pin" Vassilli et Yvan  poursuivent leur chemin. Quelques temps plus tard, Soleil au zénith, les deux frères ressentent soif et faim. Ils s'installent au bord de la route. Ils ouvrent leurs besaces et poussent des cris de désespoir. Les besaces ne contiennent que des pommes de pin. Au revoir la nef volante, adieu la jolie Anastasia, bonjour maman, les deux frères retournent chez leurs parents. Ils pleurent.

Vaniouchka déclare " à mon tour de partir, je trouverai la Nef Volante, " ah ah ah ses frères pouffent. Il les ignore et poursuit   "j'épouserai la jolie Anastasia et votre vie deviendra meilleure" Le rire secoue Vassili et Yvan qui se moquent de Vaniouchka 
"On n'a pas besoin de toi ah le benêt, ah le simplet" disent-ils. Mais Vaniouchka ne change pas d'idée, il se tourne vers sa mère et lui demande "Mère préparez-moi une besace pour la route !" 

Elle rit elle aussi, elle essaie de le détourner de son projet, mais il insiste alors dans la besace elle range  une bouteille d'eau, un trop vieux fromage, et des brioches de la semaine passée qu'elle réservait au cochon, brûlées  brûlées qu'elles étaient par la mauvaise cuisson au four. Puis, le père, la mère, les deux frères ont regardé Vaniouchka s'éloigner et disparaître à  l'horizon en se moquant de lui "N'oublie surtout pas de revenir et de nous présenter ta femme !"ah ah ah et de s'écrouler de rire tous les quatre

Vaniouchka marche marche. Bientôt il croise un vieillard si âgé qu'il a le dos bien courbé. Le vieillard le salue. 
"Bonjour jeune homme, j'ai faim,  partagerais-tu ton repas avec moi ?" 
Vaniouchka se rappelle les brioches brûlées, il aperçoit la seule et unique dent tremblotante du vieil homme. "Ce que j'ai n'est pas bon pour toi Vieil Homme, tu pourrais y perdre ton unique dents, je suis désolé, je suis obligé de te refuser un quelconque partage ! Reçois mes excuses !"   "Je ne veux pas tes excuses, je veux partager ton repas, partageons-le !" et au grand étonnement de Vaniouchka le vieil hommes s'assoit et lui fait un signe de la main our qu'il s'assoit à son tour. "Assieds-toi, et partageons ton repas, je te le demande" Vaniouchka  s'assoit à ses côtés et ouvre sa besace. Quelle surprise, les brioches sont délicieuses, le fromage est parfait, l'eau d'une fraîcheur sans égale et le sourire du vieil homme sans équivoque. Il est content. La gentillesse de Vaniouchka lui plaît beaucoup. 

"Vaniouchka" lui dit-il, "tu es un garçon généreux et prévenant, écoute ce que j'ai à te dire. Dans quelques temps sur ton chemin tu trouveras un bâton. Ramasse-le. Plus loin, tu apercevras une forêt. Frappe le premier arbre de ton bâton.  Entre dans la forêt et  allonge-toi face contre sol dans la première clairière. Cache ta tête dans les herbes et quoi que tu entendes, ne la relève pas. Sauf quand tu n'entendras plus rien."

Le vieil homme s'arrête de parler. Vaniouchka veut le remercier. Mais il a beau chercher le vieil homme à la dent qui tremble a disparu.  Marche que je marche c'est en marchant que je fais du chemin, Vaniouchka se remet en marche. Il trouve un bâton, il le ramasse, il en frappe le premier arbre, il entre dans la forêt, il s'allonge dans la clairière face contre sol et se bouche les oreilles tant le bruit devient assourdissant. Le bruit de la scie, celui du rabot, celui du marteau, le bruit de la masse, que peut-il bien se passer ? Vaniouchka ne relève pas la tête sauf lorsque  le silence s'installe. 

Les mots manquent à Vaniouchka. Au beau milieu de la clairière se dresse un magnifique bateau de bois, avec un mât immense et deux autres à peine moins. Le vent caresse et gonfle doucement trois voiles d'un merveilleux bateau. La stupeur frappe Vaniouchka. Le bois est merveilleux. Il ne peut s'empêcher de poser la main dessus. Au même moment  une échelle de cordes tombe au sol et le bâtiment de bois tressaille davantage.  Vaniouchka grimpe  à l'échelle. Le voilà sur le pont. Le bateau tressaille encore, les voiles se gonflent, le bâtiment s'élève au-dessus de la clairière, bientôt le bateau vogue par dessus la forêt d'épicéa et Vaniouchka rit. Comme le monde est beau, comme le monde est grand...

Mais soudain il s'étonne.... (à suivre)






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